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	<title>Mohamed Slim Ben Youssef | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>Mohamed Slim Ben Youssef | Research Media</title>
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		<title>Youssef Chahed : néolibéralisme et tentation autoritaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 16:32:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Chahed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Youssef Chahed est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="font-weight: 400;">Youssef Chahed est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. </span>Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en Sciences Politiques à l’Université IEP d’Aix en Provence nous propose sa lecture de son parcours.</em></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Chef du gouvernement sortant, Youssef Chahed a quitté le parti Nidaa Tounes qui l&rsquo;a hissé au pouvoir, suite à un conflit ouvert avec son directeur exécutif Hafedh Caïd Essebsi. Ses soutiens ont fondé le parti Tahya Tounes dont il est devenu président le 1er juin 2019. Durant cette campagne présidentielle, il est accusé par ses détracteurs d&rsquo;instrumentaliser les moyens de l’État à des fins de conquête personnelle du pouvoir. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Responsable d’un bilan politique désastreux pour les un.es, rempart contre les lobbies de l’argent pour les autres, Youssef Chahed est une personnalité clivante.</span></p>
<h4><b>L’ingénieur, l’expert et l’universitaire </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Youssef Chahed est l’un des trois candidats, avec Mehdi Jomâa et Hamadi Jebali, ayant reçu une formation d’ingénieur. Poursuivant des études d’ingénieur agronome à l’Institut national agronomique de Tunisie, le chef du gouvernement obtient son premier diplôme en 1998 en major de promotion. Il décroche par la suite un DEA en économie de l’environnement, puis un doctorat en agroéconomie en 2003. Sa thèse, portant sur la mesure de l’impact de la libéralisation des marchés agricoles sur les échanges et le bien-être, révèle son orientation politique libérale. M. Chahed mène une carrière universitaire en France entre 2003 et 2009 en enseignant à l’Institut supérieur d’agriculture LaSalle, tout en travaillant comme professeur visiteur dans d’autres universités dans le monde. </span><span style="font-weight: 400;">Dans le même temps et jusqu’à 2015, Youssef Chahed s’attèle également à l’expertise en agriculture et en politiques agricoles, notamment pour le département de l’Agriculture des États-Unis et la Commission Européenne. Il y travaille notamment sur l’introduction des OGM en Tunisie.</span></p>
<blockquote><p><strong>Sa thèse, portant sur la mesure de l’impact de la libéralisation des marchés agricoles sur les échanges et le bien-être, révèle son orientation politique libérale.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette trajectoire rend compte de l’univers cognitif et idéologique derrière son positionnement politique, surtout en matière d’orientations économiques. Gravitant autour d’institutions qui prônent le libre-échange, M. Chahed appliquera par la suite des réformes néolibérales recommandées par les bailleurs de fonds internationaux. </span></p>
<h4><b>Une entrée récente dans le champ politique </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Petit-fils de la militante féministe destourienne Radhia Haddad et neveu de Hassib Ben Ammar, cofondateur de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, figure du Mouvement des Démocrates socialistes et proche de Beji Caïd Essebsi. Ces origines dévoilent l’univers familial de M. Chahed: tunisois (beldi), politisé et imprégné du modernisme bourguibiste. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce n’est qu’après la révolution que Youssef Chahed prend part à la vie politique tunisienne. Il participe en avril 2012 à la fondation du parti Al Joumhouri, fusion de plusieurs partis centristes et socio-libéraux. Très vite, il rejoint le bureau exécutif de Nida Tounes à un moment où ce parti était en pleine expansion sous l’effet de la polarisation anti-Ennahdha. Après le tournant électoral de 2014, le candidat occupe deux postes ministériels : nommé le 6 février 2015 comme secrétaire d’État chargé de la pêche dans le gouvernement de Habib Essid, il devient ministre des Affaires locales à la faveur du remaniement de janvier 2016. Propulsé par Béji Caïd Essebsi sur les devants du pouvoir, M. Chahed deviendra en août 2016 et pour une période de 3 ans, l’un des acteurs majeurs de la scène politique tunisienne. </span></p>
<h4><b>Une tentation autoritaire?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">La pratique de pouvoir de M. Chahed est très controversée. En 2016, le chef du gouvernement engage une vague d’arrestations à l’encontre d’hommes d’affaires impliqués dans des affaires de corruption et de contrebande. Salué par un large spectre du champ politique, il est toutefois accusé de favoriser des clans par rapport à d’autres. Des reproches renforcées par le fait qu’il ne soit pas allé jusqu’au bout dans sa lutte annoncée contre la corruption. M. Abbou, qui fonde toute sa stratégie discursive sur la lutte contre la corruption, dénonce le positionnement du candidat de Tahya Tounes dans ce domaine, en pointant son attitude conciliante à l’égard de ses proches. </span></p>
<blockquote><p><strong>Salué par un large spectre du champ politique, il est toutefois accusé de favoriser des clans par rapport à d’autres. Des reproches renforcées par le fait qu’il ne soit pas allé jusqu’au bout dans sa lutte annoncée contre la corruption. </strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Par ailleurs, c’est le candidat qui, en plus d’être accusé d’instrumentalisation de l’administration au profit de sa campagne électorale, est également décrié pour son immixtion dans la justice. L’arrestation controversée une semaine avant le début de la campagne électorale, de Nabil Karoui, a été attribuée à Youssef Chahed par plusieurs de ses rivaux et contradicteurs. Par ailleurs, sa convocation des directeurs régionaux et délégués à des meetings a beaucoup rappelé les méthodes benalistes d’inféodation de l’administration au parti quasi-unique et à sa personne. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une tentation autoritaire est perceptible, mais le risque qu’elle devienne hégémonique est endigué par les forces qui lui sont opposées. </span></p>
<h4><b>L’austérité pour bilan de gouvernement</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Ses trois années comme chef du gouvernement ont été ceux de l’austérité  et, corrélativement, de la déliquescence manifeste des services publics. Les coupes budgétaires et les gels des recrutements dans la fonction publique dans des secteurs aussi importants que la santé, l’éducation et l’enseignement supérieur, sapent la capacité redistributive de l’Etat. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Des deux points de vue, économique et politique, la trajectoire de Youssef Chahed parle d’elle-même. D’un côté, c’est l’universitaire qui a fréquenté des milieux de l’expertise néolibérale américaine et européenne. D’un autre côté, une pratique politique sur laquelle pèsent de sérieux soupçons de “règlement de comptes”, au prix d’une instrumentation de l’administration et de l’appareil judiciaire. </span></p>
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		<title>Kais Saïed: un légaliste conservateur?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 15:58:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Carthage]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[juridicité]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kais Saïd est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;"><em>Kais Saïd est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en Sciences Politiques à l’Université IEP d’Aix en Provence nous propose sa lecture de son parcours.</em></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La candidature de Kaïs Saïed aux élections présidentielles anticipées incarne plusieurs choses à la fois. D’abord l’entrée de l’universitaire, juriste qui plus est, dans le champ de la concurrence politique. Caricaturé pour sa manière de s’exprimer, le rapport à la parole de l’assistant en droit constitutionnel dévoile également un rapport étroit à la </span><i><span style="font-weight: 400;">fosha </span></i><span style="font-weight: 400;">(la langue arabe littéraire) et est révélateur de sa position d’intellectuel. Au-delà des stigmatisations et des glorifications, M. Saïed est “malgré lui” l’un des candidats qui, de par son rapport au droit, porte un discours juridiciste sur le politique, c’est à dire qui ne prend en compte que l’aspect juridique d’une règle, exclusion faite de toute autre considération, qu’elle soit sociologique, ethnographique ou politique. </span><span style="font-weight: 400;">Mais quelle vision politique ce discours soutient-il ?</span></p>
<h4><b>Kaïs Saïed et le rapport au droit </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Diplômé d’un DEA de droit international et chargé de cours à la faculté de Tunis et à celle de Sousse, Kaïs Saïed déclare que toute sa vie tourne autour du droit constitutionnel. </span><a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/762621/politique/presidentielle-en-tunisie-dix-choses-a-savoir-sur-kais-saied-deuxieme-dans-les-sondages/?fbclid=IwAR0c3KW1Yyr-bitJ9GQvMgTP9-a3RG7aaimdOmyaQzR62p2OcJTjUL2z8r4"><span style="font-weight: 400;">Marié à la présidente de la chambre civile du tribunal de première instance de Tunis</span></a><span style="font-weight: 400;">, toute sa famille est ainsi socialisée au langage juridique. Une socialisation qui trouve écho dans un discours procédurier et juridiciste, qui ne conçoit le politique qu’à travers le prisme du droit. Ce rapport étroit au droit (constitutionnel) est conforté par sa trajectoire académique. Kaïs Saïed est secrétaire de l’Association tunisienne de droit constitutionnel entre 1990 et 1995. Il occupe par la suite le poste de chef de département de droit public à l’Université de Sousse entre 1994 et 1999 et avait comme supérieur hiérarchique M. Abdelkarim Zbidi, président de cette université à l’époque. Il a également occupé des postes d’expert en droit constitutionnel, notamment au sein du secrétariat général de la Ligue arabe entre 1989 et 1990, puis à l’Institut arabe des droits de l’homme de 1993 à 1995. Rappelons que Kaïs Saïed a été sollicité à plusieurs reprises par les médias pour donner son avis juridique à plusieurs moments de la transition politique. Notons tout de même ceci : le constitutionnaliste a refusé de faire partie d’une commission d’experts sur l’ISIE en 2013 pour “</span><a href="https://www.leconomistemaghrebin.com/2013/04/24/kais-said-sexplique-sur-son-refus-dintegrer-la-commission-de-relecture-de-la-constitution/?fbclid=IwAR3FDiADZU78seVBr3ZordKMv4X3BTwbMubYGEJI8l5K7a9Atvx93kxsukw"><span style="font-weight: 400;">ne pas légitimer les choix politiques qui ont été faits</span></a><span style="font-weight: 400;">”. </span></p>
<h4><b>Une alternative démocratique ? </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Dès les premières années post-révolutionnaires, adepte d’une décentralisation renforcée, Kaïs Saïed a considéré que l’élection d’une assemblée nationale constituante émerge d’une conception centraliste du pouvoir. Il prône “l’inversion du sablier du pouvoir politique”. À savoir : un processus électoral qui part du bas vers le haut. </span></p>
<blockquote><p><strong>Dans cette réorganisation politico-administrative repose sur un outil inspiré des principes de la démocratie directe : la révocabilité des élu.es.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Commencer par élire les conseils locaux, à partir de quoi naîtront les conseils régionaux. Les directeurs régionaux des administrations centrales assisteront aux réunions de ces conseils, ce qui permettra de dégager un plan de développement régional représentatif des aspirations locales. Dans cette réorganisation politico-administrative repose sur un outil inspiré des principes de la démocratie directe : la révocabilité des élu.es. Ces mesures constituent sans conteste la démarcation du candidat par rapport à ses concurrents. Comment mettre en pratique ces idées, surtout que le système politique a déjà été mis en place ? Le candidat propose un référendum pour réviser la constitution.</span></p>
<h4><b>Un candidat conservateur</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Néanmoins, certaines prises de position de M. Saïed défraient la polémique pour leur caractère conservateur. Il s’agit de trois positions importantes. D’abord, son refus de “l’expression publique” de l’homosexualité, favorisée, selon le candidat par certaines “parties étrangères”. </span><span style="font-weight: 400;">M. Saïed est également pour le maintien de la peine de mort. Pourtant, la sacralité du droit à la vie a été soulignée par la constitution, sans compter tous les arguments avancés en faveur de l’abolition de cette peine. Troisième prise de position polémique, le refus de l’égalité dans l’héritage. Kaïs Saïed, en se basant sur une argumentation souverainiste et culturaliste, rejette tout le débat sur l’égalité dans l’héritage, suscité notamment par le rapport de la Commission des libertés individuelles et de l&rsquo;égalité (Colibe). Ainsi, l’universitaire retraité se positionne clairement dans ce qui a été appelé “la question sociétale”. </span></p>
<blockquote><p><strong>L’universitaire retraité se positionne clairement dans ce qui a été appelé “la question sociétale”.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Au regard d’une frange de la société civile œuvrant pour la protection et la consolidation des acquis démocratiques et citoyens, ces prises de position ne sont pas saluées. </span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/kais-saied-candidat-elections-fr/">Kais Saïed: un légaliste conservateur?</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Nabil Karoui, une stratégie de conquête</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 15:02:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[caritatif]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nabil Karoui est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="font-weight: 400;">Nabil Karoui est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. </span>Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en Sciences Politiques à l’Université IEP d’Aix en Provence nous propose sa lecture de son parcours.</em></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nabil Karoui, président du parti “Qalb Tounes” et prétendant au Palais de Carthage, est le candidat le plus décrié de ces élections présidentielles. Il est non seulement actuellement en détention provisoire pour une suspicion d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent, mais il est aussi souvent accusé par ses détracteurs de transformer une notoriété acquise dans le caritatif en capital politique, ce qui lui vaut des accusations de populisme. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2017 la fuite d’enregistrements, dans lesquels on entend Nabil Karoui menacer l’ONG I-Watch, alimente une image très controversée du personnage. Cette organisation a en effet révélé l’affaire de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale pour laquelle Karoui est poursuivi. On l’entend demander à des journalistes de Nessma de s’attaquer directement aux familles des représentants de cette organisation et à les diffamer .</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Apparu dans les sondages en décembre 2018, le fondateur de Nessma TV voit sa cote augmenter de jour en jour. Il déclare sa candidature à l’élection présidentielle à la fin du mois de mai et devient une source de préoccupation pour ses rivaux. </span></p>
<blockquote><p><strong>« Son “intrusion” s’effectue par la suite subrepticement dans un champ politique qui ne l’a jamais reconnu comme un “professionnel” du politique.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Son arrestation le 23 août, une semaine avant le début de la campagne électorale, suite à l’émission d’un mandat de dépôt contre lui et son frère Ghazi dans une affaire instruite depuis 2016, a profondément divisé l’opinion. Au-delà de la signification de cette arrestation, certains observateurs de la scène politique qualifie la démarche de Nabil Karoui de “populisme caritatif”.</span></p>
<h4><b>Nabil Karoui, l’outsider total ?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Le patron de l’agence de communication Karoui &amp; Karoui est issu d’un milieu modeste. Né en 1964 à Bizerte, son père était un employé et sa mère femme au foyer. Il échoue à obtenir son bac en Tunisie et décide d’aller le passer à Marseille, puis y entame des études supérieures. Son rapport à la famille est très étroit : aîné de sa fratrie, il invite son frère et sa sœur à venir poursuivre leurs études en France. Dans une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=obnDW4w7cE0&amp;t=1107s">interview accordée à France 24</a> en juillet 2019,</span><span style="font-weight: 400;"> il explique que tout jeune il rêvait déjà de devenir milliardaire alors qu’il commençait à peine ses études supérieures. Toujours dans la même interview il explique que cette ambition va se heurter à l’oligopole qui caractérise le marché tunisien. En effet ses segments les plus juteux sont contrôlés par quelques familles d’une bourgeoisie commerciale et industrielle bien installée. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Peu après son expérience avec Canal + Horizons, au moment où il fonde l’entreprise de communication “KNRG”, qui deviendra par la suite “Karoui and Karoui world”, les Karoui ont du mal à se positionner sur le marché tunisien et ils en sont frustrés. Ils s’orientent donc vers le Maghreb et installent des bureaux au Maroc, en Algérie, et en Mauritanie, puis créent la chaîne Nessma TV en 2009 en partenariat avec le producteur de cinéma Tarek Ben Ammar et Silvio Berlusconi. Entre 2003 et 2010, les licences de diffusion étaient données dans l’opacité totale pour les proches du pouvoir <a href="https://books.google.tn/books?id=2lLdHkIvT7EC&amp;pg=PA55&amp;lpg=PA55&amp;dq=Nabil+karoui+canal+Horizons&amp;source=bl&amp;ots=CozMQMSaYT&amp;sig=ACfU3U1eKKFD6k-PoILYf6qz9iXbiZLm1g&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwjJ-eqK_s3kAhXPJVAKHQOECZw4ChDoATAKegQIBBAB#v=onepage&amp;q=Nabil%20karoui%20canal%20Horizons&amp;f=false">selon une étude sur le développement des médias en Tunisie</a></span><span style="font-weight: 400;">.  Toutefois, les Karouis se sont forgés une réputation de “mauvais payeurs” dans le milieu de la production selon plusieurs témoignages.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’outsider fait ainsi son entrée sur le marché tunisien et commence à sécuriser ses intérêts économiques. Mais son “intrusion” s’effectue par la suite subrepticement dans un champ politique qui ne l’a jamais reconnu comme un “professionnel” du politique. Il le dit clairement dans la même interview de France 24 : “je ne suis pas un homme politique”. </span></p>
<h4><b>La “com” et les médias au service d’un agenda politique</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Pourtant, il s’agit bel et bien d’un acteur majeur, quoique plus ou moins discret, des jeux et interactions de pouvoir de la période post-révolutionnaire. Le film Persepolis, diffusé en 2012 par Nessma, a contribué à alimenter le clivage “islamistes VS modernistes” dans un climat de pré-campagne électorale. La même année, il faisait partie des fondateurs de Nida Tounes, le parti qui remportera les élections législatives de 2014 et qui a pu constituer un contrepoids à l’hégémonie d’Ennahdha. M. Karoui utilise Nessma TV pour faire campagne au profit du parti Nidaa Tounes, mais également pour exposer les luttes internes dans lesquelles il est partie prenante, notamment celle avec Hafedh Caïd Essebsi. Il se présente également comme l’un des chefs d’orchestre, avec Slim Riahi, de la rencontre à Paris entre Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi, scellant le fameux “consensus”. </span></p>
<h4><b>Les déshérité.es au cœur du discours politique </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Si sa position sociale actuelle est celle d’un homme d’affaires, la stratégie de conquête politique de Nabil Karoui s’adresse aux plus démuni.es. Peu après la mort de son fils Khalil en 2012, il au devant “Khalil Tounes”, une association caritative fondée en 2012. Contrairement au cliché de “distributeur de pâtes”, Karoui fait bien plus que cela : il sillonne les régions pauvres du pays, rencontre les populations marginalisées et les écoute. Il propose un accès aux soins, à des formes d’éducation&#8230; bref, à des services qui sont censés être dispensés par l’État. À cet égard, l’ex patron de Nessma révèle l’effritement des services publics de l’État et de sa capacité redistributive. </span></p>
<blockquote><p><strong>Cette théâtralisation s’accompagne d’un discours de plus en plus politisé et aboutit à la formulation d’un objectif politique : l’éradication de la pauvreté.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Nabil Karoui met en scène ses actions dans les régions déshéritées, tout en utilisant la grande visibilité que lui garantit sa chaîne, et ce en dépit des décisions de la HAICA. Une mise en scène d’autant plus efficace que, comme on le sait, le magnat des médias est un professionnel de l’image : il sait quelles images sélectionner et comment les vendre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or, cette théâtralisation s’accompagne d’un discours de plus en plus politisé et aboutit à la formulation d’un objectif politique : l’éradication de la pauvreté.<a href="https://www.europe1.fr/international/presidentielle-en-tunisie-le-candidat-nabil-karoui-denonce-une-tentative-de-coup-detat-contre-lui-3904094"> Il déclare</a> s’inspirer de l’expérience de Lula da Silva au Brésil et appelle à un “front social-démocrate” de lutte contre la pauvreté.</span><span style="font-weight: 400;"> C’est parallèlement à ces actions que se fait sa montée dans les sondages : son édifice devient de plus en plus solide. Son “projet politique”, élaboré à la faveur de toute une série de subterfuges, d’infractions à la loi et d’irrespect des institutions, prend forme. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La conjoncture politique, la configuration institutionnelle, la désertion de l’État de ses périphéries paupérisées : autant de facteurs aidant dans la montée en puissance de Nabil Karoui. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Karoui est un acteur politico-économique dont la conquête du pouvoir ne peut se comprendre en-dehors de son positionnement sur le marché économique tunisien. Ses détracteurs craignent sa potentielle capacité d’instrumentation des institutions politiques à des fins d’accumulation du capital économique ou pour échapper à la justice.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/nabil-karoui-candidat-elections-fr/">Nabil Karoui, une stratégie de conquête</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>De quoi Abdelkarim Zbidi est-il le candidat ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Sep 2019 13:33:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[défense]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abdelkrim Zbidi est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="font-weight: 400;">Abdelkrim Zbidi est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. </span>Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en Sciences Politiques à l’Université IEP d’Aix en Provence nous propose sa lecture de son parcours.</em></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Peu après la mort de Béji Caïd Essebsi le 25 juillet dernier, les appels à M. Zbidi pour se porter candidat à l’élection présidentielle anticipée se sont multipliés. Le ministre de la Défense, proche du défunt président, est ainsi considéré comme son digne héritier par le parti Nida Tounes. Un constat partagé par plusieurs personnalités du spectre politique de “la famille centriste”. Dans un contexte d’intensification de la lutte entre les différents groupes d’intérêt pour contrôler les institutions de l’Etat, la candidature Zbidi a été soutenue et saluée par des segments larges de la scène politique. Mais qui est Abdelkarim Zbidi ? Pour un candidat qui n’a ni présenté un programme, ni exprimé une vision politique, que peut nous dire sa trajectoire politique de ce qu’il pourrait faire ou être s&rsquo;il accède à la magistrature suprême ?</span></p>
<h4><b>Zbidi: Le candidat malgré lui </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Rappelons que, dans un premier temps, M. Zbidi n&rsquo;avait pas exprimé d&rsquo;ambition pour être le prochain locataire de Carthage. Sa candidature est le fruit d’une construction d’une bonne partie des forces politiques “centristes” qui se réclament de l’héritage de Bourguiba. Par la suite, une nouvelle ceinture, formée par une frange de démocrates, a renforcé l’édifice. </span><a href="https://www.businessnews.com.tn/des-personnalites-signent-une-petition-de-soutien-a-la-candidature-de-abdelkrim-zbidi,520,90556,3"><span style="font-weight: 400;">Plusieurs universitaires, anciens ministres, hauts cadres et intellectuel.les soutiennent sa candidature.</span></a><span style="font-weight: 400;"> Leur argument ? M. Zbidi est au-dessus de la mêlée et sera un vrai rempart face à l’appétit politique rampant des “lobbies” qui menace les institutions de l’État. Selon cet argument, ce n’est plus seulement la démocratie naissante qui est en jeu : c’est la continuité même de l’État tunisien et de ses institutions. Mais pourquoi lui ? </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Sa candidature est le fruit d’une construction d’une bonne partie des forces politiques “centristes” qui se réclament de l’héritage de Bourguiba.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Ses partisans présupposent chez lui une capacité à transcender les luttes entre clans qui déchirent l’État. Ainsi, il apparaît comme un homme providentiel aux yeux de ses soutiens. Mais quels sont les attributs personnels de M. Zbidi qui confortent une telle appréciation ? </span></p>
<h4><b>Un médecin devenu ministre de la Défense</b></h4>
<p>Zbidi est titulaire d’un doctorat en médecine de l’université Claude Bernard de Lyon. Coordinateur de la formation des techniciens supérieurs à la faculté de médecine de Sousse entre 1981 et 1988, il est également, durant la même période, chef du département des sciences fondamentales.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le candidat à la présidentielle anticipée commence à occuper des fonctions ministérielles sous Ben Ali. Il est secrétaire d’État auprès du premier ministre, chargé de la recherche scientifique et de la technologie pendant une année en 1999. Il occupe successivement le poste de ministre de la santé publique en 2001, puis celui de ministre de la recherche scientifique et de la technologie en 2002. Il occupe le poste de ministre de la Défense nationale à deux reprises après la révolution : de 2011 à 2013, dans les gouvernements Essebsi et Jebali, puis fait son retour en septembre 2017 au deuxième gouvernement de Chahed. Tout comme Mohamed Abbou et Elyes Fakhfekh, Zbidi a fait partie de la Troïka, mais cette expérience de ministre régalien n’a pas été retenue contre lui. Discret, M. Zbidi s’est gardé de prendre part aux débats politiques durant cette période. D’un autre côté, sa trajectoire d’homme de la haute administration conforte pour son électorat la figure d’un homme d’État transcendant les luttes politiciennes.</span></p>
<h4><b>Un candidat “au-dessus de la mêlée” ? </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Son long parcours dans la haute administration lui vaut une réputation “d’homme de devoir”, celui qui ne déserte pas. L’absence d’affiliation politique officielle renforce cette image de commis de l’État. Pourtant, sa proximité personnelle de Béji Caïd Essebsi, sans appuyer la thèse d’une affiliation politique “cachée”, est le fondement d’une “proximité politique” qui ne dit pas son nom. D’abord parce que l’un des arguments de sa candidature, dans un premier temps, a été fondé sur son incarnation de l’héritage d’Essebsi. Mais aussi parce que ses propositions politiques s’en réclament. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Abdelkrim Zbidi n’est pas favorable au régime parlementaire actuel. Pour lui, dans ce régime, personne ne peut être tenu pour responsable des choix politiques effectués. Il reprend l’argument, partagé avec d’autres candidats, selon lequel la dyarchie de l’exécutif introduit une confusion sur les rôles dans la mise en place des politiques publiques. Bien qu’il défende l’option d’un référendum pour choisir le type de régime politique à instaurer, tout porte à croire qu’il est en faveur de l’option la plus centralisatrice du pouvoir exécutif : le régime présidentiel. Une option longtemps défendue par Béji Caïd Essebsi. Autre indice : M. Zbidi prône une “réconciliation globale”, plus particulièrement avec Ben Ali et ses collaborateurs. Or on sait combien le Président défunt a défendu son projet de loi sur la réconciliation économique, et surtout à quel point ce fut un catalyseur de luttes politiques. </span></p>
<h4><b>Une tentation autoritaire ? </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Les récentes déclarations de M. Zbidi sur les événements du 27 juin dernier révèlent un rapport à l’armée et à sa place dans la politique institutionnelle qui a posé problème à plusieurs observateurs. Sa prédisposition à utiliser les moyens de l’armée pour bloquer les activités du parlement dévoile une tentation autoritaire difficile à masquer. Alors même que les pro Zbidi saluent une attitude “d’homme d’État” face à une “tentative de putsch” (sic!). Le danger que fait peser cette réaction sur le fonctionnement démocratique des institutions politiques a été largement commenté. Mais ce n’est pas tout : c’est l’utilisation de cet “incident” comme argument de campagne qui est encore plus problématique. Que peut nous dire l’évocation de cet “incident” par M. Zbidi qui invoque la “raison d’État” ? Aux yeux du candidat ou de sa campagne, cet argument pourrait résonner avec une demande d’autorité. Dans un contexte où la puissance étatique est tiraillée par des luttes entre différents groupes d’intérêt, plusieurs candidat.es vendent un “État fort” dans leurs programmes. Mais cette demande laisse entrevoir le spectre d’une dérive autoritaire. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Sa prédisposition à utiliser les moyens de l’armée pour bloquer les activités du parlement dévoile une tentation autoritaire difficile à masquer.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, envisager d’instrumentaliser des moyens militaires pour empêcher une réunion de député.es, au moment même où peu d’informations filtraient sur l’état de santé du Président, peut difficilement s’apparenter à une action pour “empêcher un coup d’État”. Ce serait plutôt cette intervention par la force armée dans le fonctionnement des institutions élues qui serait qualifiable de “coup d’État” si elle avait eu lieu. </span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/zbidi-election-portrait/">De quoi Abdelkarim Zbidi est-il le candidat ?</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Abir Moussi: un rappel à l&#8217;ordre&#8230; ancien?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Sep 2019 15:19:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Abir Moussi]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abir Moussi est candidate pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="font-weight: 400;">Abir Moussi est candidate pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. </span>Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en Sciences Politiques à l’Université IEP d’Aix en Provence nous propose sa lecture de son parcours.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">“Candidate de l’ancien régime”, “populiste passéiste”, la présidente du parti destourien libre collectionne les étiquettes. Ces appréciations fondent leur analyse sur une idée simple : Abir Moussi caresse une certaine nostalgie pour le régime de Ben Ali. Mais au delà des étiquettes, Abir Moussi incarne quelque chose dont on ne peut saisir le sens qu’à la faveur d’une compréhension de son ancrage social et sa trajectoire politique. Tentons rapidement de faire le tour sur ce qui permet de comprendre son rapport à l’autorité, ses ressources politiques et son positionnement à l’égard de la révolution. </span></p>
<h4><b>Abir Moussi : la candidate de “l’ordre”? </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Plusieurs prétendants au palais de Carthage n’hésitent pas à brandir le slogan de “l’autorité de l’État”. Les exemples ne manquent pas : M. Zbidi et ses partisans déclarent vouloir mettre fin aux “fissures” (</span><i><span style="font-weight: 400;">Enkhiramât</span></i><span style="font-weight: 400;">) qui auraient touché la capacité de l’État à imposer son autorité. M. Jomâa pose également la question de l’autorité de l’État, nécessaire pour réaliser des réformes. D’autres candidats discutent ce problème, dont M. Abbou qui lie la question de l’autorité de l’État à celle de l’impunité et de la corruption. Par conséquent, la même thématique est saisie différemment, en fonction du background politique des candidats. </span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Abir Moussi fait de cette question de l’autorité une pièce<br />
maîtresse de son discours politique.</strong></p>
</blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Abir Moussi fait de cette question de l’autorité une pièce maîtresse de son discours politique.  Originaire de Jammal, petite ville sahélienne du gouvernorat Monastir, elle évolue depuis son enfance dans un univers imprégné d’un rapport étroit aux institutions et à l’autorité : son père travaillait dans la sûreté nationale alors que sa mère était institutrice. Ce que l’on sait de son parcours d’études témoigne également d’un attachement aux normes de la bonne conduite à l’école, à l’université, et par la suite au parti. Sa trajectoire universitaire de juriste évoque ce que disait Michael Béchir Ayari à propos des élites publiciennes du Sahel. Selon le politiste, ces élites bilingues et scolarisées, porteuses d’une conception méritocratique de la société, pouvaient se positionner au sein de l’appareil de l’État indépendant et occuper des postes de pouvoir. Ayant réussi le concours du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) en major de promotion, son parcours méritocratique ressemble beaucoup à une certaine frange des élites de l’indépendance. C’est la résonance entre sa trajectoire personnelle et son discours sur l’État bourguibiste qui fait la force de son projet politique. </span></p>
<h4><b>Ce que la candidate doit à l’avocate </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">La question des ressources politiques est une question importante. Elle permet de comprendre les atouts des candidat.es et de différencier ce qui les favorisent le plus les un.es par rapport aux autres. Abir Moussi est l’une des professionnel.les de la parole. Son sens du verbe qui apparaît lors de ses sorties médiatiques peut être expliqué par deux choses : sa trajectoire militante antérieure et sa profession d’avocate. </span></p>
<p><strong>Le problème est “le système 14 janvier”, dérive à la trajectoire historique de l’État tunisien moderne. La solution ? Elle.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Rappelons que le parcours politique de Mme Moussi ne date pas d’hier. </span><span style="font-weight: 400;">Abir Moussi était secrétaire générale adjointe au RCD chargée de la femme à partir de 12 janvier 2010. Elle a également été vice-présidente de la municipalité de l’Ariana et membre membre du forum national des avocats du RCD. Son rapport à la vie politique et à la parole publique est donc très ancré. Pour autant, cette compétence du verbe est canalisée au travers d’une stratégie rhétorique particulière, une stratégie de distinction qui fait “style”. Quelle est donc cette stratégie de discours ? Un diagnostic clair : le problème est “le système 14 janvier” (</span><i><span style="font-weight: 400;">mandhoumet arba’atach janvi</span></i><span style="font-weight: 400;">), dérive à la trajectoire historique de l’État tunisien moderne. La solution ? Elle : parce qu’elle n’a jamais fait partie de ce nouveau système, parce qu’elle est la digne représentante de l’État bourguibiste. </span></p>
<p><b>Abir Moussi, la révolution et le parti </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le positionnement de Abir Moussi à l’égard de la révolution ne peut s’expliquer qu’à l’aune de son rapport au Rassemblement Constitutionnel Démocratique, de sa trajectoire politique et de sa perception de l’événement révolutionnaire. Mme Moussi est nommée secrétaire générale adjointe chargée de la femme au RCD, presque une année jour pour jour avant le 14 janvier 2011. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un bel avenir politique lui était promis : elle faisait partie de la jeune élite politique du parti quasi-unique qui a commencé à gravir les échelons du pouvoir. Le 14 janvier était un moment brutal pour sa carrière politique, une coupure génératrice de désillusion et de frustration politique. Cela pourrait notamment expliquer ce qu’on peut considérer comme une certaine “cohérence” dans sa trajectoire politique, pré et post-14 janvier. Quelques mois après, elle défend contre vents et marées son parti et faillit se faire lyncher au tribunal en le faisant.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À un moment où le coût de la défense de l’ancien régime était le plus élevé, une telle attitude peut avoir des significations multiples. La défense de privilèges en train de disparaître? Une conviction politique aveugle? Une stratégie d’auto-légitimation dans un contexte où toute forme de légitimité est remise en cause? Peut-être tout cela à la fois. </span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/abir-moussi-un-rappel-a-lordre-ancien/">Abir Moussi: un rappel à l’ordre… ancien?</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>L’eau à Jilma: un reflet du rapport de la périphérie à l’Etat central</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Dec 2018 09:27:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Jilma]]></category>
		<category><![CDATA[Municipalité]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Sadri Khiari]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bouzid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>“Nous sommes en train de produire de la richesse, mais sans valeur ajoutée. C’est ça le problème de&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>“Nous sommes en train de produire de la richesse, mais sans valeur ajoutée. C’est ça le problème de Jilma. On produit de l’huile, on produit des légumes, on produit toutes sortes de produits agricoles, mais sans valeur ajoutée.[&#8230;] Donc, l’Etat central était oublieux de Jilma. J’espère que, dans le cadre de l’appui à la décentralisation, la situation de Jilma s’améliorera”, </em>confie Khaled Messaoudi, maire de Jilma.</p>
<p>Élu en mai 2018, ce professeur universitaire diplômé en génie civil de l’école nationale des ingénieurs s’est présenté comme “candidat indépendant” sur la liste d’Ennahdha qui a eu 6 sièges sur 18 lors des dernières élections municipales. Située à Sidi Bouzid au centre-ouest du pays, Jilma est l’une des villes historiquement paupérisées de la Tunisie. Négligée par l’élan <a href="https://wp.unil.ch/bases/2013/07/letat-developpementiste/">développementiste de l’Etat</a> post-colonial tunisien, elle partage les mêmes maux que d’autres zones de la “Tunisie profonde”. Chômage, pauvreté et marginalisation sont souvent les épithètes inhérents à cette région.</p>
<p>Dans cette région agricole, l’accès à l’eau témoigne de l’évolution de la relation conflictuelle entre l’Etat central et l’Etat “décentralisé” qu’incarne le nouveau conseil municipal élu. Au mois de mai 2018, dans la foulée des élections municipales, des protestations collectives ont éclaté à Jilma. En cause, le rejet du raccordement d’un nouveau puits au réseau de la SONEDE (Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux) par la population de Souaibia, quartier situé à l’entrée Sud de Jilma. Ces mobilisations ont fait plus d’une dizaine de blessés et se sont soldées par l&rsquo;abandon définitif du projet de raccordement, le puits étant désormais bloqué.</p>
<figure id="attachment_2788" aria-describedby="caption-attachment-2788" style="width: 984px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-2788" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/Jilma-eau-sadri-khiari.png" alt="" width="984" height="699" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/Jilma-eau-sadri-khiari.png 984w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/Jilma-eau-sadri-khiari-450x320.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/Jilma-eau-sadri-khiari-768x546.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/Jilma-eau-sadri-khiari-900x639.png 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/Jilma-eau-sadri-khiari-370x263.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/Jilma-eau-sadri-khiari-270x192.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/Jilma-eau-sadri-khiari-740x526.png 740w" sizes="(max-width: 984px) 100vw, 984px" /><figcaption id="caption-attachment-2788" class="wp-caption-text">« Mcha el Ma » (L&rsquo;eau est partie) Illustration Sadri Khiari pour Barr al Aman 2018.</figcaption></figure>
<h4><strong>“Jâ el mâ” (</strong>جاء الماء<strong>) : l’eau dans l’imaginaire collectif jilmien </strong></h4>
<p><strong>“</strong><em>Même le nom de cette ville est lié à l’eau. Au début c’était “Jâ el mâ” (</em>جاء الماء<em>), et après c’est devenu “Jilma”. Son nom bizantin? C’était Cilma. La légende racontée par nos ancêtres nous apprend qu’il y avait un groupe qui voulait attribuer  un  nom à ce bled. En même temps, ils étaient en train de forer un puits. Puis, quand ils ont découvert de l’eau, quelqu’un a crié “Jâ el mâ! Jâ el mâ!”, donc ils l’ont appelée Jilma.”, </em>confie Hafedh Derbali, animateur dans la maison des jeunes de Jilma et blogueur, aux micros de Barr Al Aman.</p>
<p>Au centre même du récit fondateur de Jilma, l’eau est non seulement une ressource économique indispensable à l’économie locale jilmienne fortement agricole, mais elle est aussi intimement liée à la mémoire ancestrale de cette localité déshéritée. Pourtant, elle se fait rare. Plusieurs quartiers (dont El Hayy el chamâli (quartier nord) et El Hayy el Janoûbi (quartier sud), agglomérations relativement denses démographiquement)  n’ont pas encore accès à l’eau potable, tandis que le débit consacré aux terres agricoles est de plus en plus faible.</p>
<h4><strong>Récit étatique développementiste VS narrativité locale contestataire </strong></h4>
<p>Sur ce dossier du puits de Souaibia, deux récits s’affrontent et donnent à voir un clivage entre une bonne partie de la population et le conseil municipal élu d’une part, et les autorités déconcentrées -locale et régionale-, représentantes du pouvoir central, de l’autre.</p>
<p>Zied Gaaloul, délégué de Jilma depuis le 14 octobre 2015, explique que le puits de la zone de Souaibia était déjà prêt en 2014, mais que la population a refusé son raccordement au réseau de la SONEDE, d’un coût estimé à 2,5 MDT (800.000€). Cela aurait pourtant servi à garantir l’accès à l’eau potable pour 400 familles à Jilma et pour plusieurs autres municipalités (Abayedh, Ouled Haffouz, Saiida), toujours d’après le délégué. Même après une série de débats en présence d’organisations de la société civile, “la position de la population ne bouge pas d’un iota,” selon lui. La résistance à ce projet est motivée par des revendications d’emplois et de ristournes d’une partie des bénéfices que le raccordement de ce puits pourrait générer.</p>
<p>Un “chantage” selon le délégué. A un échelon supérieur, le premier délégué du gouvernorat de Sidi Bouzid, Moncef Chelaghmia, adopte la même position et considère que l’affaire a été “politisée” par “certaines parties”. D’autant plus que ce puits se trouve sur le “domaine public”. Il nous confie que même une bonne partie du conseil municipal nouvellement élu s’est enrôlée dans la dynamique contestataire amorcée par la population en adoptant une posture séditieuse. Il pointe du doigt la “faible culture juridique” des nouveaux conseillers municipaux et leur incompréhension du principe de l’unité de l’Etat et du cadre légal régissant la décentralisation. En effet, au delà des soutiens traditionnels de ces mobilisations, tels que les syndicats qui ont décrété une grève générale le 15 mai pour protester contre “l&rsquo;usage excessif de la force par les unités de sécurité”, de nouveaux alliés au sein même de l’Etat sont entrain d’émerger, à savoir les nouveaux conseils municipaux élus, qui pourraient constituer une caisse de résonance pour des frustrations ancestrales ancrées dans l’histoire sociale du pays.</p>
<p>Comment on en est arrivé au point où un projet est contesté par les mêmes citoyens qui sont censés en bénéficier? Les mobilisations des populations de Jilma autour du puits de Souaibia sont-elles irrationnelles ? A première vue, tout porte à croire qu’elles le sont et qu’elles relèvent du simple chantage. Mais  à y regarder de plus près, si l’horizon des revendications demeure limité par rapport aux besoins de la région, ces mobilisations s’inscrivent aussi dans une renégociation des rapports à l’Etat central. En effet, ce cas banal de raccordement d’un puit au réseau national s’est transformé en un moment privilégié de <a href="https://www.webmanagercenter.com/2018/05/15/419939/sidi-bouzid-jelma-9-ou-le-puits-de-la-discorde-et-du-chantage/">renégociation pour un meilleur accès à l’eau pour la région, des emplois au sein de la SONEDE ou pour l’octroi de terres domaniales</a>. Loin d’être irrationnelles, ces mobilisations sont d’abord symptomatiques des ressentiments à l’égard du faible investissement historique de l’Etat et produisent un autre récit.</p>
<p><em>“Les autorités à Sidi Bouzid veulent transférer l’eau à la ville de Sfax. On n’a pas de problèmes, ni avec Sfax, ni Sousse ni n’importe quelle région. Mais, comme on dit chez nous, l’aumône ne devient possible que quand on est rassasié. Il y a des familles qui vivent ici depuis 30 ans, au centre-ville, et ça fait longtemps qu’elles ont déposé des demandes pour avoir accès à l’eau potable, et elles n’y ont pas encore accès&#8230;”, </em>se désole M. Derbali. Ainsi, en refusant que l&rsquo;accès à l&rsquo;eau pour d&rsquo;autres régions soit garanti au détriment de soi, cette réaction matérialise une remise en cause d’anciennes politiques de développement favorisant les régions de la côte. Une nouvelle forme de prise en charge des problèmes par l’Etat est aussi exigée.</p>
<p><em>“Le nouveau gouverneur de Sidi Bouzid a une politique de sanction à l’égard de Jilma parce qu’on a freiné le raccordement [du puits]. Le projet de l’hôpital régional catégorie B, programmé depuis 2011 [&#8230;], a été freiné”, </em>continue le blogueur, consterné. Au-delà des causes objectives, l’Etat central est non seulement considéré comme l&rsquo;orchestrateur de la dépossession mais aussi comme source de punitions iniques. Paternaliste, il châtie, mais qui n’aime point.</p>
<p>“<em>C’est une politique de punition collective”</em> selon  le maire de Jilma qui perçoit l’Etat comme un “châtieur”, alors que lui-même en est l’émanation. <em>“ Supposons que les protestations étaient la faute de quelques dizaines de personnes. </em>Il s’interroge:<em> Est-il normal que tout le monde en supporte les conséquences? ” </em></p>
<p><a href="https://www.researchmedia.org/ar-jilma-eau-peripherie-centre/">Traduit en arabe par Khayreddine Bacha</a></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/jilma-eau-peripherie-centre/">L’eau à Jilma: un reflet du rapport de la périphérie à l’Etat central</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Marché de Moncef Bey: genèse et évolution du « commerce parallèle »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Oct 2018 07:12:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Tunis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>“Ils sont venus et ils ont dit “On enlève les étalages, et on met tous les “nassaba” (vendeurs&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="line-height: 150%; background: white; margin: 0cm 0cm 18.0pt 0cm;"><span style="font-size: 13.5pt; line-height: 150%; font-family: 'Changa',serif;">“Ils sont venus et ils ont dit “On enlève les étalages, et on met tous les “nassaba” (vendeurs de rue, ndlr) ici à Moncef Bey”. C’était je pense en 1994. Ils ont amené les chiens, les agents de la BOP. Nous avons fui ici, nous avons mis nos étals ici en leur forçant la main.” Commerçant à Moncef Bey”</span></p>
</blockquote>
<h3><strong>Au commencement était l’exode   </strong></h3>
<p>Au début des années 90s, la prolifération progressive du commerce parallèle au centre-ville de Tunis coïncide avec l’intensification d’une vague migratoire issue du centre-ouest. L’afflux des “Jlâma” vers la capitale est chargé de significations. Ce groupe, une confédération tribale à l’origine, va initier sa quête du gain économique et du salut social loin de la “maison”, à quelques 265 kilomètres au nord. Issue de la ville de Jelma du gouvernorat de Sidi Bouzid, cette population a fui la pauvreté caractéristique des zones rurales “intérieures”, peu touchées par les politiques de développement de l’Etat post-colonial. Motivés par l’amélioration de leurs conditions de vie et par la réussite de l’expérience de leurs aïeux, les “Jlâma” ont vu dans le commerce parallèle le rêve d’une ascension sociale. Les aînés préparent le terrain aux jeunes, les anciens apprennent aux nouveaux venus le savoir-faire, les rouages et les astuces du métier, et les maîtres prennent des apprentis à leur charge. La solidarité des liens du sang se transforme en collectif de travail.</p>
<blockquote><p>“J’étais apprenti chez mon oncle dans la rue Jazira, quand il y avait des “nassaba” dehors, dans les rues.”</p></blockquote>
<p><span style="font-family: 'Changa',serif; color: #5e5e5e;">Mais les commerçants qui étaient disséminés avant la formation de l’espace Moncef Bey se sont regroupés et ont concentré leurs activités dans un territoire restreint de manière plus ou moins durable. Et à l’origine de cela, une contrainte : l’Etat.</span></p>
<h3><strong>Entre les chiens de la police et les permis d’exploitation</strong></h3>
<p style="line-height: 150%; background: white; margin: 0cm 0cm 18.0pt 0cm;"><span style="font-family: 'Changa',serif; color: #5e5e5e;">Le travail dans le commerce parallèle pose des contraintes, surtout que l’espace de travail, c’est l’espace public. Il est soumis au contrôle étatique.</span></p>
<blockquote><p>“Tu sais qu’avant, la police était beaucoup plus sévère qu’aujourd’hui. Ils lâchaient les chiens sur nous, c’était très normal”, raconte Hassen*</p></blockquote>
<p>Ce commerçant, qui a aujourd’hui sa patente de Moncef Bey, se souvient encore de la violence policière des débuts et des négociations qui ont suivies. Progressivement, la force a cédé la place à la négociation dans la gestion de cette activité. Le groupe a réussi à obtenir un arrangement négocié afin d’exercer son métier dans des conditions plus ou moins organisées.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">“Bref, nous nous sommes rassemblés. Mon oncle est allé&#8230; il a parlé un peu avec… à l’époque, le président des marchés étaient Hsan Touil, celui du marché central. C’est lui qui était chargé du marché à l’époque. Mon oncle lui a dit “Si tu veux que je ramène tout le monde ici à Moncef Bey pour les rassembler, tu nous donnes des permis de la part de la municipalité, et nous vous payons une somme d’argent symbolique…”, et eux ils ont fait des subdivisions, des carreaux 2m/1.5 m, chacun avait un carreau.”</p>
</blockquote>
<p>Paradoxalement, réprimer ce commerce parallèle a donc été à l’origine de sa territorialisation. Et c’est ainsi que le processus d’installation organisée s’est dessiné. Au milieu des années 1990s, il n’y avait qu’une poignée de commerçants qui y vendaient des produits divers : moutons, fripes, lunettes, gasoils etc. Mais progressivement, un double processus de spécialisation et de gentrification a transformé profondément la vocation et la structuration de l’espace Moncef Bey.</p>
<h3><strong>Moncef Bey : d’une fourrière d’animaux à une fontaine de richesses </strong></h3>
<p style="line-height: 150%; background: white; margin: 0cm 0cm 18.0pt 0cm;"><span style="font-family: 'Changa',serif; color: #5e5e5e;">Avant les années 1990, la rue Abderrazak Chraibi, accueillant aujourd’hui de nombreuses boutiques commercialisant des produits électroménagers, avait une autre vocation. Il n’y avait ni gare routière, ni locaux commerciaux dont les fonds de commerce se louent à des centaines de milliers de dinars:</span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">“Quand on est entré, on a trouvé des vaches qui meuglent. Or, dans les règlements municipaux, quand ils trouvent un agriculteur qui promène son troupeau dans les terres collectives, ils lui réquisitionnent le troupeau et le mettent ici. C’était la fourrière des animaux ici, puis le monsieur concerné vient, on lui fait un procès verbal et il paie une amende, ensuite il reprend ses animaux.”</p>
</blockquote>
<p>Placé sous la gestion de la municipalité de Tunis, cet espace accueillait donc les animaux réquisitionnés des contrevenants. A la marge du centre-ville, l’actuelle place marchande de Moncef Bey ne connaissait alors que l’intervention de deux groupes d’acteurs : la puissance publique (municipalité et police) et les commerçants nouvellement installés. Petit-à-petit, les affaires fleurissent. Portés par une économie morale du commerce et un esprit de solidarité communautaire, les “Jlâma” étendent progressivement leur quasi-monopole sur toute la zone marchande de Moncef Bey. Un certain savoir-faire commercial, acquis et accumulé au fil des années et transmis aux jeunes par les aînés, leur a permis d’accumuler des richesses et de réaliser leur ascension sociale.</p>
<blockquote><p>“Et d’ailleurs tu peux trouver quelqu’un dans la vingtaine qui est propriétaire de sa maison dans les Mourouj. Nous sommes des bosseurs, nous sommes de gens qui… sont sortis de la misère. Des gens qui vivaient dans des conditions difficiles, ils viennent ici pour travailler avec acharnement. Et heureusement dieu nous a aidés. Et le commerce, comme tu le sais, c’est une voie où il faut de la crédibilité pour réussir, et de la confiance. Et chez nous, il y a de la crédibilité et de la confiance. C’est ce qui nous a aidé à gagner dans notre commerce”.</p></blockquote>
<p>*Nom d&#8217;emprunt</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/moncef-bey-commerce-parallele-slim-ben-youssef/">Marché de Moncef Bey: genèse et évolution du « commerce parallèle »</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Des commerces parallèles à Moncef Bey</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Oct 2018 16:49:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Tunis]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Itinéraires et motivations de l’approvisionnement de marchandises En Tunisie, le commerce parallèle est un haut-lieu de représentations conflictuelles,&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Itinéraires et motivations de l’approvisionnement de marchandises</em></strong></p>
<p>En Tunisie, le commerce parallèle est un haut-lieu de représentations conflictuelles, de perceptions contrastées et souvent de malentendus. Zone d’ombre à assimiler et à “formaliser” pour les un.es, nœud d’illégalité et source d’enrichissement illicite à réprimer pour les autres, ou encore, pour certain.es, un gagne-pain qu’il faut tolérer, l’activité n’est pourtant débattue que de manière épisodique, à l’aune des subjectivités pures des un.es et des autres.</p>
<p>En 2017, à l’instigation de l’ex-gouverneur de Tunis Omar Mansour,  les rues et ruelles de la capitale ont été “débarrassées” des étals dits “anarchiques” qui y étaient disséminés. Saluée par une bonne partie de la population et décriée par les commerçant.es concerné.es, la décision du gouvernorat n’en a pour autant pas produit des effets durables : les activités liées au commerce parallèle ont repris de plus belle. Les espaces, provisoirement “propres”, ont été réinvestis par les commerçant.es en l’espace de quelques mois. C’est dire la persistance d’un phénomène socio-économique, souffrant pourtant d’une carence en termes de traitement journalistique. Or, il est pertinent de centrer la focale sur une activité qui, durablement installée dans le paysage économique, est directement concernée par l’action publique.</p>
<p>Barr Al Aman s’est saisi de cette thématique en s’intéressant à l’un des ancrages localisés de cette activité : l’espace Moncef Bey. Dans cette série d’articles, nous racontons l’histoire de cette zone marchande, tout en décrivant les dynamiques complexes qui font du commerce dans cette zone un ensemble cohérent.</p>
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		<title>Sidi Madhkour: une lutte continue</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/situation_socio-environnementale_sidimadhkour_slim_ben_youssef/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Oct 2018 08:56:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Nabeul]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Sidi Madhkour, quelques jours après l’inondation causée par l’ouverture du canal de Oued el Garaa, on peut&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À Sidi Madhkour, quelques jours après l’inondation causée par l’ouverture du canal de Oued el Garaa, on peut encore sentir les résidus olfactifs des relents causés par l’eau polluée. Pour rappel, l’eau polluée accumulée à Dar Allouche a été libérée dans le canal suite à la décision de la gouverneure de Nabeul et après proposition du maire de Dar Allouche. Oued el Garaa, réceptacle d’eaux usées provenant des maisons, des usines de transformation des tomates et des pressoirs d’huile d’olive, traverse les deux municipalités de Dar Allouche et de Haouaria. Quant à Sidi Madhkour, il s’agit d’un village à faible densité démographique relevant de la municipalité de Haouaria. L’équipe de Barr Al Aman s’est déplacée le 3 août 2018 afin de saisir les vécu des habitant.es du village.</p>
<blockquote><p>“Regarde là, l’Oued&#8230; et l’autre dit que la maison la plus proche du Oued est à 200 mètres !”</p></blockquote>
<figure id="attachment_2589" aria-describedby="caption-attachment-2589" style="width: 700px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-2589 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-700x467.jpg" alt="Oued el Garaa - Haouaria - Nabeul - 11 aout 2018 - Barr Al Aman" width="700" height="467" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-700x467.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-450x300.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-768x512.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-900x600.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-370x247.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-270x180.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-740x493.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691.jpg 3456w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption id="caption-attachment-2589" class="wp-caption-text">Oued el Garaa &#8211; Haouaria &#8211; Nabeul &#8211; 11 août 2018 &#8211; Barr Al Aman</figcaption></figure>
<p><strong>La proximité malveillante du canal</strong></p>
<p>“Regarde là, l’Oued&#8230; et l’autre dit que la maison la plus proche du Oued est à 200 mètres !”, dit Kamel, habitant de Sidi Madhkour, en contestant les déclarations de la gouverneure de Nabeul. En effet, les maisons de quelques familles du village, un peu à l’écart de la zone de densité résidentielle, donne directement sur le canal. Le 26 juillet, les habitant.es ont fait les frais de cette proximité vécue comme une épreuve quotidienne. La barrière levée étant à quelques centaines de mètres, la pression des eaux libérées a été forte. Et pour cause : le niveau des eaux polluées qui étaient bloquées à Dar Allouche a augmenté sensiblement avant sa libération dans le canal. Et on attribue cette augmentation à la “Meysra”, la période où la les usines de tomates travaillents à plein régime. L’ouverture de ce cours d’eau a été dévastatrice : l’eau déborde de son cours, inonde la piste reliant le village à la route principale et touche une partie des terres agricoles et des maisons. Mais cet épisode malheureux pour les habitants de cette zone n’est pas anecdotique. A chaque fois que l’eau polluée circule dans le canal, les habitant.es de Sidi Madhkour endurent les relents des déchets qu’elle porte.</p>
<p>D’un autre côté, le quotidien de ces habitant.es isolé.es de Sidi Madhkour est ponctué par cette proximité du Oued el Garaa. Et, plus précisément, ce sont les eaux du canal qui contaminent leur santé et leur bien-être. La qualité de l’eau potable, celle dont ils.elles boivent et prennent leurs douches, serait pour le moins compromise. Les traces des irritations cutanées et des piqûres de moustiques porteurs de microbes pathogènes sont visibles sur la peau. Certains diagnostics médicaux ont montré que les diverses maladies (respiratoires, allergiques, dermatologiques) sont dues au contenu potentiellement toxique de l’eau consommée. En effet, la contamination de la nappe phréatique par les déchets industriels et autres seraient, d’après eux.elles, à l’origine de tous ces problèmes de santé.</p>
<p>Mais l’impact des eaux de Oued el Garaa ne se réduit pas aux corps des habitant.es. Les maisons sont elles aussi menacées par l’écoulement souterrain de l’eau polluée. Certain.es habitant.es ont quitté leur logement à cause de l’état de délabrement avancé des murs. Les fissures parsèment une bonne partie des murs de ces maisons. Certaines pièces ont même été totalement vidées de leurs habitant.es humain.es, et sont désormais habitées par des hirondelles qui virevoltent, un peu comme prises au piège.</p>
<p>Une telle situation génère des frustrations et des colères, mais aussi des revendications, des protestations et des actions collectives.</p>
<p><strong>Contestations, revendications et luttes</strong></p>
<p>“Je ne désarmerai pas, je m’immolerai par le feu comme Bouazizi s’il le faut !”, se révolte une citoyenne de Sidi Madhkour en parlant de la situation de son quartier. Le jour même, le 3 août dernier, une manifestation a été organisée devant le palais de la municipalité de Haouaria à l’instigation de l’UGTT. Scandant des slogans anti-pollution et revendiquant le droit à un environnement sain, les quelques dizaines de manifestant.es se sont solidarisé.es avec leur conseil municipal. Dans le nouveau contexte qui s’installe après les élections municipales, les élu.es de Haouaria ont porté à bras-le-corps les revendications socio-environnementales des citoyen.nes de Sidi Madhkour.</p>
<blockquote><p>“Je ne désarmerai pas, je m’immolerai par le feu comme Bouazizi s’il le faut !”</p></blockquote>
<p>A Haouaria, il ne s’agit pas de la première mobilisation anti-pollution. Elle s’inscrit plutôt dans l’histoire d’une lutte intermittente menée par les citoyen.nes de Haouaria. Depuis des années, les habitant.es de Haouaria, et de manière plus spécifique ceux.celles de Sidi madhkour, ont multiplié les revendications à l’égard des autorités centrales. Ces revendications ont survécu à des contextes politiques très contrastés. En 2003 déjà, une lettre a été adressée au secrétaire général du comité de coordination du RCD. Cette lettre portait les revendications des habitant.es de Haouaria concernant le déversement des eaux polluées par les déchets domestiques et industriels sur la plage. Elle soulignait la menace que pose une telle situation à l’égard du tourisme et de l’agriculture. Dans le nouveau contexte post-révolutionnaire, les revendications environnementales des citoyen.nes de Haouaria se sont faites nombreuses. Le 21 Juillet 2011, une lettre adressée au ministre de l’agriculture et de l’environnement évoquait les problèmes de l’évacuation des déchets industriels et domestiques dans le Oued El Garaa.</p>
<figure id="attachment_2584" aria-describedby="caption-attachment-2584" style="width: 700px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-2584 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-700x467.jpg" alt="Socodal - Oued el Garaa - Dar Allouch - Août 2018" width="700" height="467" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-700x467.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-450x300.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-768x512.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-900x600.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-370x247.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-270x180.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-740x493.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766.jpg 3456w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption id="caption-attachment-2584" class="wp-caption-text">Socodal &#8211; Oued el Garaa &#8211; Dar Allouch &#8211; Nabeul &#8211; 11 août 2018 &#8211; Barr Al Aman</figcaption></figure>
<p>Les revendications concernaient la mise en place de stations d’épuration dans les usines environnantes de transformation de tomates (SOCODAL, BRIMA, STICAP et COMOCAP) et l’intervention de l’ONAS pour le traitement des eaux domestiques des municipalités de Dar Allouche et d’Azmour. Six ans après, les mêmes préoccupations animaient deux autres lettres, l’une adressée au ministre des affaires locales et l’autre au délégué de Haouaria. En Mars 2017, les citoyen.nes de Sidi Madhkour ont adressé leurs revendications au gouverneur de Nabeul de l’époque, et ce après avoir mené un sit-in devant le siège de la délégation de Haouaria. Leurs revendications ont porté entre autres sur la question des eaux polluées de Oued el Garaa, l’accès à l’eau, les infrastructures et les équipements collectifs. La lutte a fait intervenir plusieurs composantes de la société civile locale. Outre la mobilisation organisée le 3 août par l’Union Générale Tunisienne du Travail, la section de Kélibia de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme s’est aussi prononcée sur la question en Janvier 2018. Dans un communiqué datant du 18 Janvier 2018, la ligue a critiqué la “politique du report” des autorités concernées ainsi que les procès qui ont été intentées à l’encontre des citoyen.nes responsables du blocage du Oued el Garaa au niveau de Sidi Madhkour.</p>
<p>A ce jour, les revendications des citoyen.nes de Haouaria sont toujours d’actualité. L’issue de la lutte dépendre des interactions entre les protestataires, les autorités locales, les autorités centrales, les administrations concernées et les autres parties prenantes du secteur privé. La question est plus que complexe, compte tenu du nouveau contexte imposé par la mise en place des nouvelles collectivités locales. L’articulation des mouvements protestataires à l’action publique de ces nouvelles collectivités est posée à la lumière d’un problème épineux : la gestion des eaux polluées.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/situation_socio-environnementale_sidimadhkour_slim_ben_youssef/">Sidi Madhkour: une lutte continue</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Garaat Haouaria: aux origines d’une gestion publique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Oct 2018 03:39:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Nabeul]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 26 Juillet dernier, l’évacuation des eaux usées de Oued el Garaa a produit des effets pour le&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 26 Juillet dernier, l’évacuation des eaux usées de Oued el Garaa a produit des effets pour le moins négatifs sur les habitant.es de Sidi Madhkour de la municipalité de Houaria. La décision de la gouverneure de Nabeul, consistant en la levée de la barrière de terre qui bloquait le canal, a provoqué un tollé au sein de la société civile dans la région. Les répercussions politiques ne se font pas trop attendre : menace de démission du conseil municipal de Haouaria, démission effective du maire Naoufel Miladi le 2 août pour des raisons de santé et mouvements de protestation et de mobilisation citoyenne. Or les effets de cette décision dépassent de loin le cadre temporel restreint dans lequel elle a été prise. En effet, il faut questionner la gestion des ressources hydrauliques et de leur évacuation, assainissement et recyclage par les différentes parties prenantes pour comprendre pourquoi nous en sommes arrivé.es là. Cet incident est susceptible de révéler des logiques de gestion qui ne sont pas forcément saisissables à première vue. A partir du cas de Oued El Garaa, nous souhaitons comprendre la manière dont la question de l’eau est gérée en l’inscrivant dans le temps long historique. L’importance du cas de Garaat El Haouaria est sans commune mesure avec le traitement conjoncturel de l’incident du 26 Juillet : la gestion de l’eau touche non seulement à la question environnementale, mais aussi aux activités économiques auxquelles elle se greffe.</p>
<p><strong>La Garaa asséchée</strong></p>
<p>L’Oued El Garaa doit son nom à Garaat El Haouaria, une plaine où l’eau de pluie s’accumulait de manière naturelle. Située au nord-est du Cap Bon, Garaat El Haouaria est un vaste creux topographique appartenant aux deux délégations de Haouaria et de Hammam el-Ghezaz. Lieu d’accumulation naturelle de l’eau douce, la Garaa alimentait la nappe phréatique et permettait aux agriculteurs d’accéder à l’eau souterraine au bout de quelques mètres. Zone humide la plus importante du Cap Bon pendant longtemps, les ressources hydrauliques de la plaine en pâtissent depuis 50 ans. Au cours du siècle dernier, cette plaine a fait l’objet d’un processus d’assèchement mené à deux étapes. A un premier moment, le colonisateur français procède à l’assèchement de toutes les Sebkha tunisiennes à partir des années 30s afin de diminuer les risques épidémiques liés au paludisme<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>. Ensuite, l’Etat tunisien post-colonial met en place une politique de drainage de la Garaet el Haouaria durant les années 60s et 70s. Faouzi Maamouri, directeur du bureau de la WWF à Tunis (Fonds mondial pour la nature), nous raconte les contextes dans lesquels ont été prises ces décisions :</p>
<p>“A partir des années 30s, les Français ont mené une campagne pour assécher toutes les Sebkha à cause du paludisme, dans toute la Tunisie : Garaat Sejnane, Garaat Mabtouha… ils ont tout asséché. Après, aux années 60s, il y a eu des problèmes sociaux et la question de l’agriculture et tout ça. Du coup, ils ont mis en place un drainage. Ce sont des canaux artificiels destinés à conduire l’eau jusqu’à la mer, de deux côtés.”</p>
<p>Les conflits liés à l’appropriation des terres agricoles dans la région ont poussé l’Etat à proposer une location de longue durée des terres de la Garaa aux agriculteurs locaux. Concomitamment, l’Etat met en place des canaux afin de drainer l’eau de la Garaa vers les terres agricoles. Ces deux facteurs ont changé profondément la nature de la Garaa : d’un espace naturel d’accumulation des eaux de pluie, elle est devenue un espace asséché peu producteur d’eau. Au fil des années, d’autres transformations ont affecté Garaat El Haouaria et abouti à une situation dans laquelle la gestion de l’eau est génératrice de problèmes plutôt que de solutions.</p>
<figure id="attachment_2573" aria-describedby="caption-attachment-2573" style="width: 700px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-2573" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-700x467.jpg" alt="" width="700" height="467" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-700x467.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-450x300.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-768x512.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-900x600.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-370x247.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-270x180.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-740x493.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657.jpg 3456w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption id="caption-attachment-2573" class="wp-caption-text">Panneau au dessus du Oued EL Garaa séparant les municipalités de Dar Allouch et Haouaria (Nabeul). Août 2018</figcaption></figure>
<p><strong>Les répercussions de l’assèchement : coûts socio-économiques et environnementaux</strong></p>
<p>L’expérience de la gestion publique des eaux dans le cas spécifique de Garaat El Haouaria nous montre qu’elle n’est pas dénuée de conséquences. En effet, le drainage des eaux de la plaine par le biais de la mise en place de canaux d’irrigation et d’évacuation de l’eau a d’abord contribué directement à la baisse du niveau de la nappe phréatique. L’accumulation de l’eau de pluie étant désormais empêchée, l’alimentation de la nappe phréatique devient impossible. La raréfaction des eaux souterraines est due à cette rupture de l’alimentation en eaux de pluie d’une part, et à la surexploitation de ressources hydrauliques souterraines d’autre part. En effet, le taux d’exploitation de la nappe phréatique est, jusqu’en 2005, de 182%, et ce à cause de la densité importante des puits de surface<a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>. Ceci a provoqué une dépression piézométrique<a href="#_ftn3" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a> de plus de 10 mètres au centre de la Garaa.</p>
<p>Mais la transformation ne concerne pas que la quantité des eaux souterraines disponible. La qualité de l’eau a connu des modifications concomitantes de la baisse du niveau de la nappe phréatique. En effet, la salinité de l’eau a sensiblement augmenté dans la plaine. Cette salinisation croissante s’explique par les résidus des eaux évaporées et l’intrusion marine partielle, facilitée par la baisse du niveau de la nappe phréatique. Les eaux souterraines atteignent dans plusieurs zones de la plaine des niveaux de salinité qui varient de 4g/l à 5g/l, ce qui pose de sérieuses difficultés aux possibilités d’exploitation agricole. Or, ceci impacte directement les agriculteurs et leur gagne-pain. D’un autre côté, cette situation touche tout aussi bien à l’activité industrielle de la région, connue par la transformation agroalimentaire. Etant donné les contraintes qui pèsent sur l’agriculture, l’approvisionnement en tomates devient difficile<a href="#_ftn4" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a>.</p>
<p>Mais les répercussions de la raréfaction des eaux et la détérioration de leur qualité ne sont pas réductibles à l’aspect socio-économique. En effet, la biodiversité est menacée par l’assèchement de la Garaat El Haouaria. M. Maamouri nous livre sa lecture de l’impact environnemental de cet assèchement dans cet extrait :</p>
<blockquote><p>“C’était la plus grande station de repos des oiseaux migrateurs venus d’Europe. Les gens y pêchaient et y faisaient plein de choses, on a tout perdu.”</p></blockquote>
<p>Le cas de Garaat El Haouaria devrait attirer notre attention sur la manière dont l’Etat gère les ressources hydrauliques. Cette gestion révèle des décisions prises dans des contextes historiques antérieurs, mais qui continuent à produire leurs effets aujourd’hui. Ainsi, ce flashback nous permet de repérer et bien situer les dysfonctionnements. Dans ce cas précis, l’assèchement de la Garaat el Haouaria a ainsi été opéré dans des contextes qui le justifient, mais sans vision stratégique.</p>
<hr />
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Le paludisme a disparu en Tunisie depuis 1979. Voir le rapport réalisé par l’OMS et du Global Health Group : <a href="http://santenabeul.tn/media/programme-n/PALUDISME.pdf">http://santenabeul.tn/media/programme-n/PALUDISME.pdf</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Voir le rapport IWMI-USAID, “Les ressources en eaux souterrains de la plaine de Haouaria, Tunisie : Etat fragile, acteurs multiples et nécessité d’un changement intégré”. Lien : <a href="http://gw-mena.iwmi.org/wp-content/uploads/sites/3/2017/04/Rep.8-Groundwater-governance-in-Haouaria_final_cover.pdf">http://gw-mena.iwmi.org/wp-content/uploads/sites/3/2017/04/Rep.8-Groundwater-governance-in-Haouaria_final_cover.pdf</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Baisse du niveau de la nappe phréatique.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4"><sup>[4]</sup></a> Certaines usines, notamment SOCODAL, s’approvisionnent désormais de Jendouba et de Kairouan.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/haouaria_origine_gestion_slim_ben_youssef/">Garaat Haouaria: aux origines d’une gestion publique</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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