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	<title>Medenine | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>Medenine | Research Media</title>
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	<item>
		<title>Le dessalement d&#8217;eau de mer, loin d&#8217;être une solution miracle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Mar 2019 16:22:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Dessalement]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si le dessalement est une technique de production d'eau potable qui semble susciter l'engouement de responsables politiques en Tunisie, à travers le monde les avis sont plus réservés. Ainsi en janvier 2019, un rapport de l'ONU s'inquiétait des conséquences de cette technique. En Tunisie, les chercheurs n'ont pas un avis unanime, même si on les sent, pour la plupart, réticents.</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-3-fr/">Le dessalement d’eau de mer, loin d’être une solution miracle</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Barrages se vidant trop vite, pluie rare et besoins en eau grandissants. Pour résoudre cette équation compliquée la Tunisie semble avoir trouver la solution: dessaler l&rsquo;eau de mer et les eaux saumâtres. Dessaler pour produire de l&rsquo;eau potable.</p>
<p>En 2023 le pays devrait compter 25 stations de dessalement gérées par la Sonede (Société nationale d&rsquo;exploitation et de distribution des eaux), pour produire de l&rsquo;eau distribuée aux consommateurs. La technique doit permettre de répondre au problème du stress hydrique que le pays connait, du fait de sa situation géographique, des usages agricoles gourmands en eau, et d&rsquo;infrastructures de distribution détériorées.</p>
<p>Si du côté des responsables politiques et de la Sonede, la solution du dessalement semble être sollicitée sans retenue, les chercheurs ne font pas preuve du même engouement. En effet, différentes études internationales font état des inconvénients et impacts du dessalement, des résultats que les chercheurs ont bien intégrés. Le dessalement est une technique polluante, énergivore, coûteuse&#8230; et si elle apparait comme une solution dans certaines régions, les chercheurs soulignent que d&rsquo;autres efforts doivent être faits en Tunisie.</p>
<h4><strong>Le dessalement, une nécessité, mais pas la seule réponse à la pénurie d&rsquo;eau</strong></h4>
<p>Depuis son bureau de l&rsquo;Ariana, Amor Bayouli, consultant international, ingénieur de génie rural, eaux et forêts explique : « Le dessalement en Tunisie est une nécessité, mais pas la seule réponse à la pénurie d&rsquo;eau potable. »</p>
<p>Pour lui la Tunisie « va trop loin dans le dessalement. » M. Bayouli a participé, en 2016, à l&rsquo;étude stratégique « Eau 2050 » qui est l&rsquo;élaboration de la vision et de la stratégie du secteur de l’eau, et qui a pour but de « contribuer au développement socioéconomique, en sécurisant la disponibilité et l’accès à la ressource en eau pour la Tunisie à l’horizon 2050, de manière efficiente, équitable et durable, suivant une approche de gestion intégrée des ressources en eau ».</p>
<div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=https%3A%2F%2Fwww.africanwaterfacility.org%2Ffileadmin%2Fuploads%2Fawf%2FProjects%2FPCRs%2F2016_AWF_PAR_EN_Tunisie_Strategie_Eau2050.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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<p>De son point de vue, le dessalement est une réponse à la crise de l&rsquo;eau, mais une réponse qui a de nombreux désavantages. cite pêle-mêle le coût énergétique de la production d&rsquo;eau à partir d&rsquo;eau de mer, l&rsquo;émission de gaz à effet de serre, le coût financier de ces technologies, le manque de maîtrise de ces technologies qui sont fabriquées à l&rsquo;étranger, l&rsquo;impact des rejets de saumures qui n’est pas réellement mesuré en Tunisie, l’impact des rejets des produits chimiques utilisés en pré et post traitement de l’eau de mer&#8230;</p>
<p>Si aujourd&rsquo;hui les autorités penchent pour la solution du dessalement, afin de produire de l&rsquo;eau potable, « sans essayer d&rsquo;améliorer les défauts du système existant » c&rsquo;est presque par orgueil selon l&rsquo;expert : « Maintenant que nous n’avons plus de grands projets de prestige, comme de grands barrages à construire, on passe au dessalement&#8230; » déplore-t-il.</p>
<p>Pour lui la stratégie globale de la gestion de l&rsquo;eau ne doit pas s’arrêter à cette seule solution. Il estime que le travail qui doit être fait doit se concentrer sur la résorption des pertes du réseau de distribution d&rsquo;eau existant. C&rsquo;est en évitant de gaspiller de l&rsquo;eau que le pays pourrait lutter contre la soif.</p>
<p>Chiffres à l&rsquo;appui il montre  que les projets de dessalement sont principalement implantés dans les endroits où il y a un taux de perte d&rsquo;eau important sur le réseau de distribution de la Sonede.</p>
<p><strong>Une solution, qui ne doit pas être vue comme un miracle </strong></p>
<p><strong> </strong>De son côté Mohamed Salah Romdhane, responsable de <a href="http://www.inat.tn/fr/structures-de-recherche/unit%C3%A9-de-recherche/unit%C3%A9-de-recherche-%C3%A9cosyst%C3%A8mes-ressources-aquatiques">l’unité de recherche « Ecosystèmes et ressources aquatiques »</a> au sein de l’Institut National Agronomique de Tunisie est un peu plus modéré. Il considère que le dessalement est une solution parmi d’autres, mais qu&rsquo;elle ne résout que ponctuellement des problèmes d’approvisionnement en eau</p>
<p>Ce professeur à l&rsquo;INAT est spécialisé dans le domaine aquatique. Il a participé à la première étude d&rsquo;impact de la station de Gabès, réalisée en 1991. Selon lui à l&rsquo;époque, sur les trois solutions proposées pour répondre à la pénurie d&rsquo;eau potable, le dessalement arrivait en dernier, devancé par le transfert d&rsquo;eau du Nord au Sud du pays et par la solution d&rsquo;approvisionnement dans la nappe phréatique intercalaire profonde. « Mais on était à peine en train d&rsquo;achever notre étude que la décision politique avait été prise », se souvient-il.</p>
<blockquote><p>Lire aussi: <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-1-fr/">Dessalement / Djerba: de l&rsquo;eau de mer à boire pour étancher sa soif? </a></p></blockquote>
<p>Pour ce qui était des impacts de la station de Gabès le professeur explique qu&rsquo;à l&rsquo;époque le rejet de saumure en milieu naturel était une première en Tunisie et selon lui aucun problème n&rsquo;aurait été constaté. Pour la faune et la flore, il explique qu&rsquo;il faut prendre en considération la région : à Gabès l&rsquo;industrie du phosphate serait tellement considérable que le reste ne pouvait se mesurer. « On ne peut pas juger l&rsquo;impact des rejets du dessalement du fait des rejets importants de l&rsquo;industrie du phosphate », avance-t-il.</p>
<p>Questionné sur de possibles impacts environnementaux du dessalement il se souvient simplement que pour la station de Ben Guerdane une mauvaise estimation avait été faite de la capacité de l&rsquo;étang d&rsquo;évaporation, dans lequel les saumures ont été rejetées. Au bout d&rsquo;un an cet étang a débordé et il a fallu faire des rejets ponctuels dans une lagune de la région.</p>
<p>Des rejets de saumures qui auraient eu une retombée positive : « Dans cet étang on a retrouvé une petite crevette des eaux salées qui est très importante pour l&rsquo;aquaculture, qui s&rsquo;y est développée de manière importante du fait du fort taux de salinité », explique-t-il en attrapant un pot plein de ces oeufs de crevettes.</p>
<figure id="attachment_3423" aria-describedby="caption-attachment-3423" style="width: 4128px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-3423" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman.jpg" alt="" width="4128" height="2322" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman.jpg 4128w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-450x253.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-768x432.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-900x506.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-370x208.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-270x152.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-740x416.jpg 740w" sizes="(max-width: 4128px) 100vw, 4128px" /><figcaption id="caption-attachment-3423" class="wp-caption-text">Oeufs de crevette retrouvés dans l&rsquo;étang d&rsquo;évaporation à Ben Guardane. (Sana Sbouaï pour Barr al Aman)</figcaption></figure>
<p><strong>Un nécessaire travail d&rsquo;étude des impacts </strong></p>
<p>Mais comme Amor Bayouli, M. Romdhane a une réserve. Il sait bien que pour les projets des quatre futures stations de dessalement d&rsquo;eau de mer les études d&rsquo;impact, les plans de gestion environnementaux et les mesures d&rsquo;atténuation sont faits et projetés. Mais il s&rsquo;interroge sur la concrétisation de ces mesures de suivi. « En matière d&rsquo;environnement, si on ne fait pas de suivi, c&rsquo;est comme si les études n&rsquo;avaient pas été faites. Or, avec les industriels ce n&rsquo;est pas ce qui est regardé. Sur des projets pareils, on se penche plutôt sur la production et la rentabilité&#8230; » explique le professeur.</p>
<p>C’est donc aux autorités tunisiennes de s’assurer qu’il n’y a pas d’impacts négatifs de ces technologies sur l’environnement et la santé des consommateurs, continue-t-il.</p>
<p>En effet, souligne-t-il, « on sait que les rejets de saumures dans la mer, avec un tel taux de salinité, sont mortels pour la faune et la flore. La question de la diffusion des saumures dans les fonds marins doit donc être surveillée et réalisée de manière à avoir le moins d’impact sur les endroits. »</p>
<p>D&rsquo;après lui, la Sonede va réellement se mettre à mesurer les impacts sur le long terme. Mais M. Romdhane se demande tout de même comment ce suivi va être réalisé :  pour le moment la Sonede ne dispose pas d&rsquo;un département de recherche sur le dessalement.</p>
<p><strong>Une solution qui doit être accompagnée d&rsquo;autres initiatives</strong></p>
<p>En matière de recherche Béchir Hamrouni, lui justement, s&rsquo;y connait. Il est le président de<a href="http://www.attde.org/"> l’Association tunisienne de dessalement</a>, docteur ès sciences en chimie analytique, et directeur de l’Unité de recherche « Dessalement et traitement des eaux », qui a officiellement vu le jour en 2011.</p>
<p>Au sein de la Faculté de sciences de Tunis, le professeur Hamrouni travaille depuis le début des années 80 sur le dessalement de l’eau en Tunisie. Avec des collègues il avait réalisé à l&rsquo;époque un recensement de toutes les unités de dessalement que comptait le pays entre 1950 et 1981. La Tunisie était alors pourvue de 30 unités de dessalement, dont 21 étaient en service, avec une production de prés de 4000 m3 par jour d’eau, qui servaient à l’industrie et non à la production d’eau potable pour les citoyens.</p>
<p>Son association a vu le jour pour former des Tunisiens dans ce domaine, développer la recherche scientifique sur cette question, et créer des modules d’apprentissage sur le dessalement au sein de l&rsquo;université tunisienne.</p>
<blockquote><p>Lire aussi: <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-2-fr/">Dessaler l&rsquo;eau de mer : la solution du verre à moitié plein</a></p></blockquote>
<p>A travers l&rsquo;unité de recherche prés d&rsquo;une vingtaine de thèses ont été soutenues et une dizaine est en cours sur le dessalement, avec des études menées sur la maîtrise des procédés de dessalement, l&rsquo;aspect de la pollution, l&rsquo;analyse de la qualité de l&rsquo;eau distribuée&#8230;</p>
<p>Pour lui, la technique du dessalement est une des solutions au manque d’eau, mais il considère également qu&rsquo;elle a ses limites et il souligne avant tout les coûts énergétiques et financiers du dessalement de l’eau de mer.</p>
<p>« Le dessalement est une des solutions mais elle doit être accompagnée de deux choses selon nous : d&rsquo;abord il faut continuer à lutter contre le gaspillage, surtout avec la fuite des canalisations qui atteint presque 40% à certains endroits ; ensuite il faut revenir à la collecte des eaux pluviales de manière efficace. »</p>
<p><strong>L&rsquo;impact des saumures</strong></p>
<p>Le professeur Béchir Hamrouni souligne l&rsquo;importance à accorder au suivi de l&rsquo;impact des rejets, car, même s&rsquo;il pense qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effets indésirables du point de vue de la consommation de cette eau, il explique tout de même : « Le souci vient des saumures qui sont rejetées. Le taux de salinité est important. Il faut faire attention aux rejets dans l&rsquo;eau de mer. C&rsquo;est ça qu&rsquo;il faut vraiment vérifier. » En effet, pour produire de l&rsquo;eau potable il faut la débarrasser des éléments qu&rsquo;elles contient. Ces éléments sont ensuite rejetés dans la mer, pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer. Ceci augmente le taux de salinité de l&rsquo;endroit où les saumures sont rejetées. Il faut donc vérifier régulièrement cet impact sur la nature.</p>
<p>Or plusieurs études scientifiques dans le monde ont montré cet impact nocif sur les fonds marins avec <a href="http://hmf.enseeiht.fr/travaux/bei/beiere/book/export/html/1164)">des exemples ici en France</a>, ou plus proche <a href="http://thesis.univ-biskra.dz/2529/">de nous en Algérie</a>. En janvier 2019 , c&rsquo;est l&rsquo;ONU qui s&rsquo;inquiétait dans un rapport rendu public, de l&rsquo;augmentation des rejets de saumure, du fait de l&rsquo;essor de l&rsquo;usage de la technique du dessalement.</p>
<div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=https%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FJones-et-al.-2019-1.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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<p>L&rsquo;essor de cette technique fait même craindre à certains experts, comme le mentionne le rapport, que le dessalement devienne un problème environnemental de plus, face au manque d&rsquo;eau.</p>
<p>Ce rapport de l&rsquo;ONU, publiait en janvier 2019, vient renforcer ce que l&rsquo;association WWF avançait en 2007 déjà. Dans « <a href="https://www.actu-environnement.com/ae/news/wwf_dessalement_rapport_2913.php4">Dessalement : option ou distraction dans un monde assoiffé ?</a> », le Fond Mondial pour la Nature s&rsquo;inquiétait « des impacts potentiellement négatifs que peut provoquer le déploiement anarchique de cette technique sur l&rsquo;environnement et le climat directement ou indirectement. » Douze ans plus tard l&rsquo;essor important de cette technique, perçue comme une solution miracle par certains, montre que le WWF avait raison.</p>
<h4><strong>Une politique de rafistolage </strong></h4>
<p>Raoudha Gafrej, universitaire et experte en gestion de l&rsquo;eau, a beaucoup de réserves face au dessalement et écrit régulièrement dans les médias pour expliquer ses recherches sur la gestion de l&rsquo;eau. Elle explique d&rsquo;abord qu&rsquo;il y a des zones en Tunisie où il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre alternative à la pénurie d&rsquo;eau, comme à Kerkennah et à Djerba. Et elle ajoute que le dessalement peut également être une manière d&rsquo;alléger la pression sur certaines nappes phréatiques.</p>
<p>https://www.facebook.com/2293790277303062/videos/1092492497592900/?hc_ref=ARQb27wvnd4r9l8RkPH9yl2qdCKoZhOCrmEVcz-uBKK17WZLEZagCelHGRW9Mue4BtY&#038;__xts__[0]=68.ARAJiGU4BjCzjZTSmGDYSDIMaN21ZINNkuT-fQN4uh5pY_e-83ZBNEfV1hUloPu3g7X6zuUJp2UlQbzk6ZpOQ6B4WqZIjx9_p23mTm6wWU0ZeIDfEv7Kvq6-PMgNqnW_QvdKMkHXVAMSIxaGrkQwp2Byt4X-mKtuFEWyJJM-TxuzdlLp8Oq6xjnwZw-4fY3c_W88rG-l2GUTJW7bz2Gf0dZ6SJ__MSdFVMUDVbIEmI9gmItLyqM1OoXXxk4JTjiU8nuMmv3SBZXmMC26XmgLVcStWJWQ6QPiJj-v2-tGETd3rLRSWpDjewb9g4mQ1cPyx6I9rsF2lnm-iQbkRFd9QBr2Idk6hl1CoOE6fFY&#038;__tn__=FC-R</p>
<p>Mais elle est catégorique : le dessalement est une mauvaise solution. C&rsquo;est une solution choisie dans l&rsquo;urgence face à une situation sans solution. Les infrastructures de distribution de l&rsquo;eau sont tellement détériorées, les pertes sur le réseau sont si importantes, que le dessalement est la seule manière aujourd&rsquo;hui de répondre rapidement à la pénurie. Une situation qui vient d&rsquo;une mauvaise gestion politique et dont le pays fait les frais aujourd&rsquo;hui, estime l&rsquo;universitaire.</p>
<blockquote><p>« C&rsquo;est un sac de noeuds » explique Mme Gafrej. Avec le dessalement « On va fabriquer de l&rsquo;eau potable qui coûte très cher et qui va se retrouve dans un réseau de distribution dont les conduites sont des passoires. Et on va perdre cette eau&#8230; »</p></blockquote>
<p>Ce qu&rsquo;il faudrait c&rsquo;est justement changer les canalisations souligne-t-elle. Des travaux qui ont un coût que la Sonede ne peut pas supporter, faute d&rsquo;augmenter sa tarification continue-t-elle. « Il faudrait soit que l&rsquo;Etat permette à la Sonede d&rsquo;augmenter ses tarifs, soit que l&rsquo;Etat la subventionne », explique Raoudha Gafrej.</p>
<p>Selon ses calculs, la production d&rsquo;eau potable qui sera assurée par les 4 grandes stations de dessalement d&rsquo;eau de mer à venir sera équivalente aux pertes actuelles sur le réseau&#8230;</p>
<p>« Mais il est impossible de dire qu&rsquo;il faut augmenter les tarifs de la Sonede, on va nous répondre que les Tunisiens n&rsquo;ont pas les moyens. Ce qu&rsquo;on ne dit pas c&rsquo;est qu&rsquo;on paie l&rsquo;eau 750 millimes aujourd&rsquo;hui, mais que demain elle coûtera 4 dinars&#8230; » Et de terminer sur le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui « la politique de l&rsquo;eau, c&rsquo;est du rafistolage&#8230; »</p>
<p><strong>Pas de voix d&rsquo;opposition </strong></p>
<p>Mais alors si les chercheurs sont réticents quant à l&rsquo;usage du dessalement, pourquoi une opposition massive ne se fait pas entendre ? Il y a plus d&rsquo;un an Raoudha Gafrej s&rsquo;est ouvertement opposée au projet de 40 stations mobiles de dessalement. Un projet qui a finalement été abandonné, se réjouit-elle.</p>
<p>S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de force de la société civile qui s&rsquo;oppose au dessalement, d&rsquo;après elle c&rsquo;est que « ces trois dernières années de sécheresse ont déstabilisé le pays. Or l&rsquo;urgence c&rsquo;est de faire du dessalement : les gens ont soif, les barrages se sont vidés&#8230; Et personne ne dit rien, car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres alternatives. »</p>
<p>Comme elle le souligne deux choses sont nécessaires pour éviter de passer tout de suite au dessalement. Il faudrait d&rsquo;abord réhabiliter les conduites. « Or il faut une dizaine d&rsquo;années pour le faire&#8230; donc on va vers le dessalement, une solution plus rapide, mais plus coûteuse. »</p>
<p>Et pour cela il faut de l&rsquo;argent et il faudrait que les tarifs de la Sonede augmentent « mais ça personne n&rsquo;osera le dire non plus », continue-t-elle. « Il aurait fallu une autre politique de l&rsquo;eau depuis des années, car la politique de base n&rsquo;est pas la bonne&#8230; » conclut-elle.</p>
<p><strong>Changer nos habitudes</strong><strong> </strong></p>
<p>C&rsquo;est le chimiste aujourd&rsquo;hui retraité Larbi Bouguerra qui a l&rsquo;avis le plus tranché. <a href="https://www.partagedeseaux.info/Enjeux-environnementaux-et-economiques-du-dessalement-de-l-eau">Dans un article publié en 2008 intitulé « Enjeux environnementaux et économiques du dessalement de l’eau »</a> il expliquait que « le dessalement est une manière de ne pas résoudre les problèmes. » Il explique que : « Les ressources naturelles telles que l’eau sont et resteront limitées et finies. Les promesses du dessalement sont trompeuses. L’abondance illimitée, dans quelque domaine que ce soit, n’est qu’une illusion. »</p>
<p><a href="http://www.leaders.com.tn/article/15258-le-dessalement-de-l-eau-un-engouement-oublieux-des-retombees-sur-l-environnement">En 2014, il expliquait les impacts de la technique du dessalement en la replaçant dans le contexte tunisien</a>. Il tentait par ses mots de rappeler que le problème est ailleurs : il ne s&rsquo;agirait pas exclusivement de devoir produire de l&rsquo;eau potable, mais bien de gérer au mieux les stocks existants. Ainsi le chercheur appelle à une réhabilitation du système de distribution, mais aussi une réflexion sur le système agricole et notre système de consommation en général. Il faudrait changer nos habitudes.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-3-fr/">Le dessalement d’eau de mer, loin d’être une solution miracle</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Dessaler l&#8217;eau de mer : la solution du verre à moitié plein</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Mar 2019 15:00:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Dessalement]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
		<category><![CDATA[Sadri Khiari]]></category>
		<category><![CDATA[Sana Sbouai]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le dessalement semble avoir été adopté comme solution miracle pour pallier à la raréfaction de l'eau potable en Tunisie. Cette technique est déjà utilisée dans l'industrie, l'agriculture et l'hôtellerie. Reste qu'elle commence à faire parler d'elle dans la  production d'eau potable distribuée aux consommateurs, alors même qu' elle n'est pas sans implications et conséquences.</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-2-fr/">Dessaler l’eau de mer : la solution du verre à moitié plein</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3334" class="elementor elementor-3334">
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									<p>Youssef Chahed a l&rsquo;air conquis. Peut-être pense-t-il avoir résolu le problème du manque d&rsquo;eau potable en Tunisie. Après avoir inauguré la première station tunisienne de dessalement d&rsquo;eau de mer, à Djerba, en mai 2018, le premier ministre, déclarait aux médias: </p>								</div>
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									<p><em>« Ce projet a été fait par des Tunisiens compétents, plus de 180 millions de dinars y ont été investis, c&rsquo;est très important (&#8230;) et c&rsquo;est pour fournir de l&rsquo;eau potable aux Tunisiens. »</em></p>								</div>
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									<p>Il aurait ensuite <a href="https://tunivisions.net/11847/chahed-ordonne-daccelerer-la-realisation-de-la-station-de-dessalement-de-leau-de-mer-de-sousse-pour-mettre-fin-a-la-penurie-en-eau-potable/">donné des instructions pour accélérer la réalisation</a> de la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Sidi Abdelhamid à Sousse.</p>								</div>
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									<p>La solution a la pénurie d&rsquo;eau potable semble ainsi toute trouvée. Comme celle au développement du secteur agricole. En effet en août de la même année, le secrétaire d’Etat aux ressources hydrauliques et à la Pêche, Abdallah Rabhi, <a href="http://www.gnet.tn/actualites-nationales/face-au-stress-hydrique-la-tunisie-envisage-le-dessalement-des-eaux-a-forte-salinite/id-menu-958.html">annonçait l’élaboration d’un plan directeur de dessalement des eaux saumâtres pour développer le secteur agricole</a>.</p>								</div>
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									<p>Des mouvements qui vont dans le sens des investissements faits par l&rsquo;Etat. En février 2017 Samir ben Taïeb, ministre de la pêche et des ressources hydrauliques avait expliqué qu&rsquo;entre 2017 et 2018 c&rsquo;étaient 200 millions de dinars qui devaient être injectés pour pallier à la pénurie d&rsquo;eau,<a href="http://www.businessnews.com.tn/article,520,70122,1"> avec la mise en fonction de 40 stations mobiles de dessalement.</a></p>								</div>
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									<p>La Tunisie investit dans le dessalement, cette technique qui consiste à retirer les sels de l&rsquo;eau saumâtre et de l&rsquo;eau de mer, afin de la rendre consommable. C&rsquo;est que le pays a soif. De manière attendue, chaque été, des manifestations ont lieu, des citoyens descendent dans la rue, crient leur mécontentement face à une situation difficile : l&rsquo;eau se fait rare. Et rien ne va aller en s&rsquo;arrangeant : <a href="https://www.leconomistemaghrebin.com/2018/01/22/stress-hydrique-nouveaux-defis-leau-tunisie/">selon les estimations de la Sonede</a>, en 2020 la Tunisie mobilisera 95% de ses ressources en eau. Selon un classement établi par <a href="https://www.wri.org/blog/2015/08/ranking-world-s-most-water-stressed-countries-2040">le think thank américain World Resources Institute</a> la Tunisie fait partie des 33 pays à très fort risque de stress hydrique en 2040.</p>								</div>
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									<h4><strong>L&rsquo;eau, une ressource en voie de raréfaction</strong></h4><p>Le stress hydrique, le fait de consommer plus d&rsquo;eau que les stocks existants dans le pays, est déjà une réalité vécue par de nombreux citoyens : pression faible, mince filet d&rsquo;eau coulant, coupures d&rsquo;eau intempestives&#8230; <a href="https://www.afdb.org/fr/news-and-events/african-water-facility-ensuring-long-term-water-safety-in-tunisia-15928/">En 2015, le volume d&rsquo;eau disponible par habitant et par an était de 450 m3, contre un seuil minimum considéré de 1000 m3 par l’ONU.</a></p>								</div>
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									<p>Selon les chiffres de la Sonede : la consommation de l&rsquo;eau en Tunisie se répartie à plus de 80% pour l&rsquo;agriculture, à 11% pour une consommation domestique, 6% pour l&rsquo;activité industrielle et 1% pour le tourisme.<br /><br /></p>								</div>
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									<p>La surexploitation des ressources hydriques oblige à chercher des solutions pour pallier à la raréfaction de cette ressource. La technique de dessalement est de plus en plus plébiscitée par les décideurs politiques.</p><p><a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=56">Le site internet de la Sonede</a> donnait déjà en 2015 les grandes lignes d&rsquo;un plan de réalisation de 3 stations de dessalement d&rsquo;eau de mer, avec pour projet la construction de stations à Djerba, Zarat (Gabès) et Sfax.</p>								</div>
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									<p>Alors, le dessalement est-il la solution miracle qui va permettre à la Tunisie de boire à sa soif ? Le fait est que la Tunisie a déjà une expérience de cette technique de production d&rsquo;eau potable et que, si la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Djerba est la première du genre, les stations de dessalement d&rsquo;eau saumâtre existent déjà dans le pays.</p>								</div>
				</div>
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									<h4><strong>Seize stations de dessalement en Tunisie</strong></h4><p>Dans le quartier de Montfleury le siège social de la Sonede est un bâtiment sur le versant d&rsquo;une colline, qui offre une vue imprenable sur Tunis. A l’entrée de l’immeuble une fontaine rappelle, s’il le fallait, que l’institution publique gère l’eau du pays.</p><p>Dans son bureau du 2<sup>e</sup> étage M. Abderraouf Nouicer, directeur central des études et de l&rsquo;unité de gestion du projet de dessalement Djerba, est assailli de coups de téléphone et de personnes tapant régulièrement à sa porte pour lui demander son avis ou son aval.</p><p>Il reçoit tout de même et prend le temps d’expliquer l’existant et les projets mis en place à moyen terme. La dessalement pour produire de l&rsquo;eau potable existe en Tunisie depuis 35 ans. « La première station de dessalement date de 1983 et est installée à Kerkennah » explique-t-il.</p><p>Au total, aujourd’hui, la Sonede dispose de 16 stations de dessalement : quinze d’eau saumâtre, c’est-à-dire de l’eau pompée dans les nappes phréatiques et d’une station d’eau de mer.</p><p>Si la première station voit le jour en 1983, jusqu&rsquo;en 2015 le pays n&rsquo;en comptabilisera que 5 au total. C&rsquo;est entre 2015 et 2018 que les choses s&rsquo;accélèrent avec « une forte montée en puissance du dessalement » et l&rsquo;implantation de 11 nouvelles stations, explique M. Nouicer.</p><p> </p>								</div>
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									<p>Stations de dessalement mises en place avant 2015:</p>								</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-7da4e7e">
				1/ Kerkennah, 1983			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-36a8658">
				2/ Gabes, 1999			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-8f3eb62">
				3/ Zarzis, 2000			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-5e5a793">
				4/ Djerba, 2000			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-5e5a793" class="elementor-progress-wrapper" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="60" aria-valuetext="60% (20 000 m3)">
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-8b11c07">
				5/ Ben Guardane, 2013			</span>
		
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				<span class="elementor-progress-text">1800 m3</span>
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									<p>Les stations 6 à 15 entre 2015 et 2018 avec production au total sur ces 10 stations de  36 500 m3 par jour:</p>								</div>
				</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-ff27c4f">
				6/ Beni Khedech (Mednine)			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-9ca5485">
				7/ Mareth (Gabes)			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-48531dc">
				8/ Matmata			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-1cb6fa2">
				9/ Belkhir			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-b14e8aa">
				10/ Kebili			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-7b39bd0">
				11/ Douz			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-ee2bff8">
				12/ Soukh Lahad			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-fd93903">
				13/ Tozeur			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-2ce89d3">
				14/ Nefta			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-f111ddf">
				15/ Hezoua			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-148d1c8">
				16/ Djerba, 2018			</span>
		
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									<p>Au total la Tunisie produit 110 900 m3 d&rsquo;eau potable par jour à partir d’eau saumâtre et 50 000m3 d&rsquo;eau potable produits par jour à partir eau de mer.</p><p>Soit un total de 160 900 m3 d&rsquo;eau potable produits par jour dans tout le pays via ces 16 stations de dessalement. Une production dérisoire au regard de celle du voisin algérien, dont, par exemple, la seule station de dessalement d&rsquo;Alger produisait, en 2008 déjà,<a href="http://energy.gov.dz"> 200 000m3 d&rsquo;eau potable par jour.</a></p>								</div>
				</div>
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									<h4><strong>Vingt-cinq stations au total prévues d&rsquo;ici 2023</strong></h4><p>Mais le pays ne compte pas en rester là et 9 autres stations de dessalement doivent voir le jour d&rsquo;ici cinq ans. Une stratégie que Abderraouf Nouicer qualifie de « montée en puissance » avec notamment une seconde phase de construction de station déjà en cours. Ainsi 6 unités de dessalement d&rsquo;eaux saumâtre doivent voir le jour d&rsquo;ici 2023, avec au total une capacité de production de 31 000 m3 jour.</p><p>Trois stations de dessalement d&rsquo;eau de mer également prévues :</p><ul><li><b>Sousse</b> : pour 2020 avec une production de 50 000m3 à 100 000m3 par jour</li><li><b>Zarat</b>: contrat signé, travaux débuteront en 2019 avec 50 000m3 à 100 000m3 par jour</li><li><b>Sfax</b>: dossier d’appel d’offre, doit produire de 100 000m3 à 200 000 m3 jour.</li></ul><p>Ces nouvelles stations doivent produire 280 000m3 d&rsquo;eau potable par jour, ce qui, ajouté à l&rsquo;existant, devrait donner un total de 440 000m3 d&rsquo;eau potable par jour. Sachant qu&rsquo;en Tunisie nous consommons 467m3 d&rsquo;eau par an et par personne, on peut considérer que la production journalière d&rsquo;eau potable couvrira les besoins annuels de 940 citoyens. Et que sur un an de production se sont les besoins de 344 000 personnes qui seront couverts, soit l&rsquo;équivalent de la moitié de la population de Tunis intramuros.</p><p>M. Nouicer explique que cette montée en puissance est peut-être un peu « trop ». Comprenez : elle demande une capacité d&rsquo;adaptation à l&rsquo;opérateur public, qui doit faire face à la demande d&rsquo;eau potable, sans que les conditions soient toutes réunies pour que les choses se déroulent au mieux.</p><p>Mais, explique-t-il, la demande est là et « on a plus le choix. Le fait est que la production d&rsquo;eau en technique conventionnelle (NDLR : l&rsquo;eau de source, des barrages, ou des nappes souterraines) atteint sa limite en Tunisie. »</p>								</div>
				</div>
					</div>
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									<h4 style="tab-stops: 181.55pt;"><b>Le dessalement, une technique coûteuse </b></h4><p style="tab-stops: 181.55pt;">Au regard de la situation, la technique du dessalement apparait effectivement comme une solution magique. Si l&rsquo;eau recouvre 71% de la surface de la terre, 97%  est salée. L&rsquo;eau est donc une ressource existant en abondance, mais pas l&rsquo;eau potable. Reste que la technique de dessalement est coûteuse, en investissement comme en production.</p><p style="tab-stops: 181.55pt;">Il existe plusieurs techniques de dessalement. La distillation ; l&rsquo;électrodialyse, qui sépare les sels de l&rsquo;eau sous l&rsquo;effet d&rsquo;un champ électrique ; et l&rsquo;osmose inverse où la séparation est réalisée via une membrane semi-perméable. En Tunisie c&rsquo;est la technique de l&rsquo;osmose inverse qui est utilisée pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer.<b></b></p><p style="tab-stops: 181.55pt;"> </p>								</div>
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									<p>Mais cette technique, si elle semble de plus en plus plébiscitée, coûte cher : « Le dessalement est une technologie qui est couteuse en investissement, en traitement  et en production de l’eau. Si bien qu&rsquo;en Tunisie on ne peut pas aller rapidement vers son déploiement. Pour un opérateur c’est une charge lourde », explique M. Nouicer.</p><p>Pour exemple la station de Djerba a coûté 180 millions de dinars , celle de Gabés doit coûter 215 millions de dinars, celle de Sousse nécessite<a href="https://africanmanager.com/17_tunisie-quatre-centrales-de-dessalement-fourniront-250-mille-metres-cubes-par-jour-en-2021/"> un investissement de 130 millions de dinars et celle de Sfax 900 millions.</a></p><p>Des investissements réalisés via des financements étrangers comme l&rsquo;explique le site de la Sonede. Ainsi pour la création des 10 stations de dessalement d&rsquo;eau saumâtre qui ont vu le jour en 2015 et 2018<a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=56"> le financement du projet vient de la Banque Allemande de développement (KFW) et du budget de la Sonede.</a></p><h5>Projet de loi 68/2013 portant adoption d&rsquo;un traité pour la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Djerba</h5><p><div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FPDL_68_2013_Djerba_Dessalement_Station.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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						<p>
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							<span>|</span>
							<a href="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/PDL_68_2013_Djerba_Dessalement_Station.pdf" class="ead-document-btn" target="_blank">
								<img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/plugins/embed-any-document/images/open.svg" alt="Ouvert" width="12" height="12"/> Ouvrir dans un nouvel onglet							</a>
					</div>
				</div>
			</div>
		</div><p class="embed_download"><a href="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/PDL_68_2013_Djerba_Dessalement_Station.pdf" download >﻿Télécharger </a></p></div></p><p>Les 6 autres unités de dessalement qui doivent voir le jour entre 2018 et 2023 sont également  financées par la Banque allemande de développement. Pour ce qui est des 3 stations de dessalement d&rsquo;eau de mer à venir les financements proviennent pour la station de Djerba de la KFW et de l&rsquo;Agence Française de Développement (AFD) ; pour celle de Zarat de la KFW ; pour celle de Sfax de l&rsquo;Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA).</p><p> </p><p>Une réalité qui questionne la capacité de la Tunisie à opter pour cette solution, qu&rsquo;elle semble incapable de financer de manière autonome et qui, potentiellement, peut interroger sur le choix des technologies mises en place dans les unités de dessalement. Surtout quand M. Nouicer explique que</p><p>« Pour la fabrication des outils nous n’avons pas de compétences en Tunisie, ça demande des technologies, de la recherche, que nous ne possédons pas. »</p>								</div>
				</div>
					</div>
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									<h4><strong>Un mètre cube à 2,035 dinars </strong></h4><p>L&rsquo;absence de compétences ne semble pas être un frein  à l&rsquo;implantation de cette technique. Lors d&rsquo;une conférence organisée à la Cité des sciences en novembre 2018, Mohamed Zaara, ingénieur, Directeur central de l&rsquo;unité de gestion du projet de la station dessalement eau de mer de Sfax, expliquait, sans en démordre, que la technique de l&rsquo;osmose inverse est la meilleure solution vers laquelle se tourner.</p><p>Dans une présentation d&rsquo;un lobbysme affichée, l&rsquo;homme ne cachait pourtant pas le prix d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable produit à partir d&rsquo;eau de mer dessalée : 2,035 dinars dont  0,780 millimes étaient des frais d&rsquo;investissement, pour un projet à long terme de production de 100 000m3 par jour.</p><p>Mais une fois les investissements réalisés, le dessalement en lui-même coûte cher en terme de production d&rsquo;eau potable.</p><p>« Comme le conventionnel a atteint ses limites il faut chercher des alternatives.  D’où le dessalement, qui est coûteux car c&rsquo;est une opération délicate qui demande des investissements pour le traitement de l&rsquo;eau et les frais d’exploitations des unités. » explique M. Nouicer.</p><p>Ainsi un mètre cube d&rsquo;eau potable produit à partir d&rsquo;eau de mer coûte donc 2 dinars, alors qu&rsquo;un mètre d&rsquo;eau conventionnelle, <a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=139">c&rsquo;est à dire l&rsquo;eau provenant de barrages, coûte lui, 845 millimes.</a></p><p>« Les politiques ont conscience du fait que nous sommes en insuffisance de ressources hydrauliques et nous devons aller vers le dessalement. Mais ils ont aussi conscience du coût de ces techniques », assure Abderraouf Nouicer. </p>								</div>
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									<h4><strong>Une technique énergivore </strong></h4><p>En plus d&rsquo;un coût financier important le dessalement est une technique énergivore. En effet, explique M. Zaara : 3 kWh sont nécessaires à la production d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable, avec la technique d&rsquo;osmose inverse. Ainsi sur les 2 dinars du coût de production d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable à partir d&rsquo;eau de mer, 0,880 millimes sont dédiées à l&rsquo;énergie de production.-</p><p>Mais Abderraouf Nouicer veut convaincre : « Avec les avancées technologiques de moins en moins d’énergie est nécessaire pour dessaler l’eau et produire un m3 d’eau potable, ce qui est en faveur du dessalement dans certains cas, plutôt que de continuer à transférer de l&rsquo;eau du nord vers le sud du pays. »</p><p>Si M. Nouicer semble trouver des avantages à la technique du dessalement, les ong de protection de l&rsquo;environnement sont moins enthousiastes. En 2007, l&rsquo;ONG <a href="http://wwf.panda.org/wwf_news/?107520/WWF-Report-Desalination-option-or-distraction-for-a-thirsty-world">WWF </a>s&rsquo;alarmait de l&rsquo;expansion de cette technique de production d&rsquo;eau potable, énergivore et fortement productrice de gaz à effet de serre. Ainsi on se retrouve à alimenter un cercle dont on ne sort plus : l&rsquo;eau se fait rare, la planète se réchauffe, et pour avoir de l&rsquo;eau nous développons des techniques qui renforcent ce réchauffement.</p><p>En 2008, <a href="https://www.larecherche.fr/le-dessalement-est-il-%C3%A9cologique-0">le magazine français <i>La Recherche</i></a> avait calculé qu&rsquo;en Espagne une production de 2,7 millions de mètres cubes par jour « se traduisait par <em>l&rsquo;émission dans l&rsquo;atmosphère de 5.476 tonnes de CO2 par jour, ce qui accroîtrait de 0,6% les émissions de CO2 de l&rsquo;Espagne</em><em>« . </em></p><p>Une des réflexions pour lutter contre la pollution engendrée par la consommation énergétique des unités de dessalement est l&rsquo;alimentation via des énergies  renouvelables. Ainsi dans la station de Ben Guardane  un tiers de l&rsquo;énergie nécessaire est produite via des panneaux solaires. « Il y a également un projet d&rsquo;éolienne sur une station du sud tunisien », explique M. Nouicer. Mais il tempère  » ça reste compliqué aujourd’hui de développer les énergies renouvelables, du fait de l&rsquo;énorme consommation des unités de dessalement. Il faut pourtant penser à la composante énergie. C’est pour cela qu’en Tunisie on prend les équipements hyper performants, qui réduisent les coûts de traitement de l’eau », assure Abderraouf  Nouicer, faisant ainsi référence au choix des filtres et des pompes , matériel étranger qui constituent le cœur des unités de dessalement.</p>								</div>
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									<h4><strong>Impacts  écologiques </strong></h4><p>En plus de couter cher et d&rsquo;être énergivore, le dessalement a un impact sur l&rsquo;environnement du fait des rejets de saumures et de produits chimiques engendrés.</p><p>Lors du dessalement d&rsquo;eaux saumâtres il est nécessaire de créer des étangs d&rsquo;évaporation dans lesquels les saumures sont rejetées, et que pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer, les saumures sont rejetées dans les fonds marins, avec un impact sur la faune et la flore aux alentours, puisque le taux de salinité des saumures est deux fois plus élevé que celui de l&rsquo;eau de mer.</p><p>Autour de la planète des études sont réalisées pour mesurer l&rsquo;impact des rejets. Ainsi en France ou en Algérie par exemple, les chercheurs tentent d&rsquo;alerter sur les impacts sur les fonds marins. Le WWF a publié une étude en 2007, s&rsquo;alarmant des conséquences environnementales de l&rsquo;essor du dessalement. Plus proche de nous, en janvier 2019 c&rsquo;est l&rsquo;ONU qui publiait un rapport sur l&rsquo;impact des rejets et appelait à  réguler le dessalement.</p><p><div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FQadiretall2019-Stateofdesalination-1.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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									<h4><strong>Une autre solution est-elle possible ?</strong></h4><p><a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=43&amp;L=0">En se penchant sur les informations fournies par la Sonede</a>, on peut lire qu&rsquo;en  2017 « un taux de rendement global de 70% sur les réseaux, soit 30% d&rsquo;eau produite perdue.</p><p>Lutter contre les pertes ne serait-elle pas une solution plus logique et plus respectueuse de l&rsquo;environnement, que le déploiement de stations de dessalement partout dans le pays ?</p><p>« Les pertes sont inévitables dans la distribution de l’eau. On peut les réduire. Dans le sud du pays par exemple il y a des pertes plus importantes que dans le nord, du fait du long chemin parcouru par l&rsquo;eau&#8230; Il y a toute une remise en état des conduites qui doit être fait et ça demande un effort financier. »</p><p>Un effort financier aussi important que celui demandé par la création de station de dessalement ? Abderraouf Nouicer botte en touche : « Le dessalement est inévitable. Il faut effectivement travailler à l’économie d’eau. Mais on a plus de ressources. Il faut des efforts conjugués à faire. C’est vrai qu’il faut réduire les impacts et limiter les fuites. Mais il faut aussi augmenter les ressources et améliorer la qualité de l’eau potable fournie. »</p><p>Et il conclut, sûr de lui, sans aucun cynisme : « Heureusement qu&rsquo;en Tunisie la mer s’étend devant nous. »</p><p>Si la mer s&rsquo;étend effectivement devant nous, certains chercheurs dans le monde s&rsquo;inquiétent des  effets du dessalement. Des études ont ainsi été publiées en 2007 par le WWF et en janvier dernier par l&rsquo;ONU, sur les impacts de l&rsquo;essor de cette technique et les conséquences de cette activité. Au point que certains experts considérent que le dessalement pourrait bientôt devenir un problème environnemental de plus.</p>								</div>
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		<title>Dessalement / Djerba: de l&#8217;eau de mer à boire pour étancher sa soif?</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-1-fr/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Mar 2019 17:56:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Dessalement]]></category>
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		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
		<category><![CDATA[Sadri Khiari]]></category>
		<category><![CDATA[Sana Sbouai]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Première station de dessalement d'eau de mer en Tunisie, l'unité de Djerba est entrée en exploitation en mai 2018. Cette technique d'approvisionnement en eau potable est présentée comme la réponse à la pénurie d'eau qui touche la région. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3266" class="elementor elementor-3266">
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									<p>Rien n’y parait mais c’est là-bas, entre ces deux bouées, que commence une partie du système de distribution d’eau potable de l’île et c&rsquo;est dans cette mer azur que se joue une partie de la sécurité hydrique de la région.</p><p>La prise d&rsquo;eau c&rsquo;est l&rsquo;alimentation en eau de mer qui fait tourner le système de dessalement. Elle se fait à 2,4 kilomètres du bord de la plage, à un endroit où la profondeur des eaux atteint 9 mètres. En effet le système a besoin d&rsquo;être approvisionné avec de l&rsquo;eau de mer sans matières en suspension, ces matières insolubles  qui flottent à la surface.</p>								</div>
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									<p>A quelques mètres du bord de l&rsquo;eau, juste avant que la route goudronnée ne débute, des plaques de ciment au sol sont les seuls indices visibles de cette installation : c’est en fait un regard de visite et de connexion de l&rsquo;arrivée d&rsquo;eau. L&rsquo;eau de mer arrive jusque-là et continue son chemin jusqu&rsquo;à la station de captage à quelques 600 mètres de ce regard, sans système de pompage, simplement de manière gravitationnelle, du fait d&rsquo;une canalisation construite en pente.</p><p>Aux abords de la plage il ne reste aucune trace des mois de travaux qui ont retourné le sol sur des centaines de mètres pour enfouir 2 canalisations, l’une servant à récupérer l’eau de mer pour qu’elle soit dessalée, l’autre servant, en sens inverse, à rejeter dans la mer les saumures extraites de cette eau rendue potable.</p><p>Pendant 3 ans Hocine Thameur a contrôlé, pas à pas, la construction de cette unité de dessalement. Un projet important qui a permis de résoudre le casse-tête du manque d&rsquo;eau dans l&rsquo;île. Sur la plage il l&rsquo;assure, accompagnant sa parole d&rsquo;un geste de la main : « Il n&rsquo;y a aucun impact sur l&rsquo;environnement. »</p>								</div>
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									<h4>Des fonds marins à la station de dessalement </h4>								</div>
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									<p>L&rsquo;eau de mer pompée au large arrive jusqu&rsquo;à la station de pompage, premier des deux bâtiments qui constituent l’unité de dessalement. C&rsquo;est une bâtisse dont aucun bruit ne s&rsquo;échappe et qui ne laisse pas deviner l&rsquo;activité qu&rsquo;elle abrite. Pourtant, une fois que l&rsquo;on en passe les portes et que l&rsquo;on se retrouve à l’intérieur, le bruit de la pompe couvre les paroles. C&rsquo;est cette pompe renvoie l’eau de mer vers le second bâtiment de l’unité de dessalement. Dans ce premier bâtiment Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord de retenir les déchets qui auraient pu arriver jusque dans la première bâche de captage, cette immense piscine où l&rsquo;eau de mer arrive. A ce niveau il y a une première vérification de présence d&rsquo;hydrocarbure et de chlore dans l&rsquo;eau de mer captée.</p>								</div>
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									<div id="elementor-tab-title-4612" class="elementor-tab-title elementor-tab-desktop-title" aria-selected="false" data-tab="2" role="tab" tabindex="-1" aria-controls="elementor-tab-content-4612" aria-expanded="false">Schéma #2</div>
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									<div class="elementor-tab-title elementor-tab-mobile-title" aria-selected="true" data-tab="1" role="tab" tabindex="0" aria-controls="elementor-tab-content-4611" aria-expanded="false">Schéma #1</div>
					<div id="elementor-tab-content-4611" class="elementor-tab-content elementor-clearfix" data-tab="1" role="tabpanel" aria-labelledby="elementor-tab-title-4611" tabindex="0" hidden="false"><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3293" src="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1.png" alt="" width="1500" height="1125" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1.png 1500w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-450x338.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-768x576.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-900x675.png 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-370x278.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-270x203.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-740x555.png 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-80x60.png 80w" sizes="(max-width: 1500px) 100vw, 1500px" /></p></div>
									<div class="elementor-tab-title elementor-tab-mobile-title" aria-selected="false" data-tab="2" role="tab" tabindex="-1" aria-controls="elementor-tab-content-4612" aria-expanded="false">Schéma #2</div>
					<div id="elementor-tab-content-4612" class="elementor-tab-content elementor-clearfix" data-tab="2" role="tabpanel" aria-labelledby="elementor-tab-title-4612" tabindex="0" hidden="hidden"><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3292" src="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2.png" alt="" width="1240" height="1754" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2.png 1240w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-283x400.png 283w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-768x1086.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-495x700.png 495w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-370x523.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-270x382.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-212x300.png 212w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-740x1047.png 740w" sizes="(max-width: 1240px) 100vw, 1240px" /></p></div>
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									<p>Puis l&rsquo;eau de mer est envoyée à environ 1,5 kilomètres de ce premier bâtiment, vers l&rsquo;unité de dessalement en elle-même. L&rsquo;eau y sera prétraitée, filtrée, avant d&rsquo;être dessalée via un système d&rsquo;osmose inverse. L&rsquo;eau sera enfin reminéralisée, c&rsquo;est à dire qu&rsquo;il y aura un apport de minéraux, avant d&rsquo;être distribuée aux consommateurs. </p><p>La technique de dessalement mise en place ici est celle de l&rsquo;osmose inverse, qui est un procédé de séparation à l’échelle moléculaire, réalisé grâce à une membrane sélective, à travers laquelle l&rsquo;eau sous pression passe. En clair : c&rsquo;est un système de purification de l&rsquo;eau qui utilise un système de filtrage extrêmement fin, qui ne laisse passer que les molécules d&rsquo;eau. </p><p>C&rsquo;est dans le second bâtiment de l&rsquo;unité de dessalement qu&rsquo;à lieu ce « filtrage ». On y compte des kilomètres de câbles électriques et jusqu’à 300 kilomètres de canalisations en tout genre. Chaque canalisation a une fonction dédiée et c&rsquo;est un code couleur appliqué aux tuyaux qui permet de s&rsquo;y retrouver. Les tuyaux vert clair contiennent l’eau de mer entrant dans l&rsquo;unité de dessalement ; les tuyaux verts foncés contiennent les saumures rejetées ; ceux de couleur grise servent au barbotage par l’air ; les tuyaux violets pour le circuit de lavage des produits chimiques, jaune pour la neutralisation du fluor, et bleu pour l’eau dessalée.</p>								</div>
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										</figure>
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									<p>A chaque étape du processus de dessalement de l’eau, un panneau de contrôle permet de vérifier sa pression, le volume de travail des pompes, la composition de l’eau… Et le tout est également visible depuis un bureau de contrôle dans lequel, face à 9 écrans, des équipes se relaient jour et nuit pour vérifier le bon fonctionnement du système, la qualité de l&rsquo;eau, la pression de pompage, les mesures des rejets de saumures&#8230;</p>								</div>
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									<h4><strong>Les chiffres </strong></h4><p>La station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Djerba est un projet annoncé en Tunisie depuis l&rsquo;époque Ben Ali. Après la révolution le projet a été remis sur la table et aurait, suivant les différents calendriers, du voir le jour en 2015, en 2016, et en 2017, avant de finalement entrer en exploitation en mai 2018.</p><p>C&rsquo;est en mai 2015 que les travaux, qui se dérouleront pendant 32 mois, ont finalement débuté. Avec un coût total de 153 millions de dinars, peut-on lire sur le panneau d&rsquo;informations des travaux publics, toujours planté à l&rsquo;entrée de l&rsquo;unité de dessalement.</p>								</div>
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							<span>Cela prend trop de temps ?</span>
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						<p>
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								<img decoding="async" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/plugins/embed-any-document/images/reload.svg" alt="Recharger" width="12" height="12"/> Recharger le document							</div>
							<span>|</span>
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								<img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/plugins/embed-any-document/images/open.svg" alt="Ouvert" width="12" height="12"/> Ouvrir dans un nouvel onglet							</a>
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		</div><p class="embed_download"><a href="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/PDL_68_2013_Djerba_Dessalement_Station.pdf" download >﻿Télécharger </a></p></div></div>
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									<p>Cette station de dessalement doit permettre de répondre aux besoins en eau potable de l&rsquo;île qui sont estimés à 40 000m3 journaliers en hiver et 75 000 m3 en été, selon les indications de la Sonede.</p><p>L’unité de dessalement de Djerba peut fournir jusqu’à 50 000m3 d’eau dessalée par jour, lorsque les deux lignes de production sont en fonction. « Cette quantité permet de couvrir les besoins de la région entière », assure Houda Abidi, ingénieur chimiste, responsable de contrôler la qualité de l’eau produite par l’unité de dessalement.</p><p>Et d&rsquo;ici 2023 l’extension de l&rsquo;unité de dessalement permettra de produire 75 000m3 d’eau dessalée par jour.</p>								</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-3dda5b5">
				Volume d'eau traitée par la station de Djerba en 2023 (prév)			</span>
		
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									<h4><strong>Une eau distribuée de bien meilleure qualité </strong></h4><p>Au pied des osmoseurs, ces cylindres blancs qui comptabilisent au total 356 tubes de 8 membranes chacun, servant au processus d’osmose inverse, Houda Abidi s&rsquo;approche d’un panneau d’échantillonnage, fait de petits robinets, en ouvre un, qui laisse s’échapper un filet d’eau limpide et inodore, qu’elle propose de goûter. L’eau est effectivement d’une rare douceur, complètement exempte de salinité.</p>								</div>
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</figcaption>
										</figure>
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									<p>« Une voisine m’a dit que l’on distribué du soda » sourie-t-elle. Effectivement l’eau distribuée n’a plus rien à voir avec ce qu’elle a pu être auparavant : brune, trouble et salée. Houda Abidi raconte d’ailleurs avoir changé plusieurs fois ses couverts de cuisine, du fait de la corrosion de l’eau distribuée auparavant.</p><p>Sur cet aspect là le contrat est doublement rempli : la Sonede distribue aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;eau en pour satisfaire les demandes de la population et l&rsquo;eau est de bien meilleure qualité qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a été auparavant.</p><p>Houda Abidi est en charge de vérifier la qualité de l’eau distribuée justement : « C’est bien  de distribuer de l’eau en quantité suffisante pour répondre aux besoins de la population, mais il faut surtout contrôler sa qualité. » Elle explique d’ailleurs qu’au sein même de l’unité de dessalement il y a un laboratoire qui vérifie la qualité de d’eau dessalée distribuée, et qu’au total ce sont 4 contrôles différents qui sont effectué : le premier par le laboratoire dans la station de dessalement, le second par un laboratoire privé, le troisième est un contrôle contradictoire fait par la Sonede et enfin le quatrième contrôle est fait par le ministère de la Santé.</p><p>Quels sont les résultats de ces contrôles jusqu&rsquo;à présent ? Il faudra se contenter d&rsquo;un « tout va bien » en guise de réponse.</p>								</div>
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									<h4><strong>« Les touristes prenaient leurs douches, pendant que les citoyens n’avaient pas d’eau</strong>« </h4><p>Non loin de la plage où l&rsquo;eau est pompée un restaurateur se dit satisfait. Pour lui maintenant tout va mieux.  Il n&rsquo;est pas le seul a avoir cet avis.</p><p>Ahmed Rhouma a crée <a href="https://www.facebook.com/Djerba-Le-citoyen-engag%C3%A9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%88%D8%A7%D8%B7%D9%86-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AA%D8%B7%D9%88%D8%B9-133455456758654">l&rsquo;association Citoyen engagé à Houmt Souk en 2011</a>.  Les questions environnementales sont au coeur de ses préoccupations. En 2013 il a d&rsquo;ailleurs organisé le Forum de l’eau à Djerba. La question de la raréfaction de cette ressource l’inquiète. « Depuis 10 ans il y a des problèmes de fluidité dans la distribution de l’eau sur l’île. En gros les touristes prenaient leurs douches, pendant que les citoyens n’avaient pas d’eau », résume-t-il.</p><p>La mise en fonction de la station a permis de pallier au problème de quantité d’eau. Mais pas seulement : « En 2017 nous avons vécu une grave crise, avec une eau distribuée qui était carrément brune « , se souvient-il.</p><p>Aujourd’hui l’eau distribuée est d’une qualité incomparable : « Tout ce qui vient après l&rsquo;eau noire qui coulait de notre robinet à l&rsquo;époque, est forcément une bonne nouvelle », explique Ahmed Rhouma. Interrogé sur des craintes quant à de possibles impacts sur l’environnement il répond : « Pour être honnête on doit dire que l&rsquo;on n&rsquo;a aucun recul pour le moment pour mesurer les impacts de ce dessalement. ça ne fait que 6 mois. Il faudra attendre quelques années pour voir ce que ça donne. »</p><p>En attendant il explique que pour lui le problème de l&rsquo;eau est bien plus global : il s&rsquo;agit de la question de l&rsquo;hôtellerie de masse imposée à l&rsquo;île et que depuis les années 80 une étude avait déjà souligné le fait que l’installation de chaînes hôtelières poserait un problème du fait de ressources hydriques faibles.</p><p>De son côté Yassine Bazar Bacha, agriculteur de Djerba, explique avoir des inquiétudes. Quand il y a des années la question de la création d&rsquo;une station de dessalement d&rsquo;eau de mer a été invoquée, il a commencé à se renseigner pour comprendre les impacts écologiques et sanitaires du dessalement.</p><p>« J&rsquo;ai posé des questions à des gens de la Sonede en 2016, lors d&rsquo;une rencontre sur l&rsquo;eau. Il m&rsquo;a clairement été répondu que la seule urgence pour le moment était de fournir de l&rsquo;eau aux usagers. L&rsquo;argent était là, le projet aussi, il suffisait de foncer pour le faire » rapporte-t-il.</p><p>Pallier à la soif, voilà le mot d&rsquo;ordre général. A Djerba la question de l&rsquo;impact du dessalement de l&rsquo;eau de mer semble ne pas se poser. Tant que l&rsquo;eau coule des robinets.</p>								</div>
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									<p>Traduit du français vers l&rsquo;arabe par Khayreddine el Bacha</p><p>Dessins de Sadri Khiari <a href="http://www.sadrikhiari.com">www.sadrikhiari.com</a></p><p>Photos de Sana Sbouaï pour Barr al Aman</p>								</div>
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		<title>Ben Guerdane, vision stratégique en trompe-l&#8217;œil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[فريق بر الامان La rédaction de Barr al Aman]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Mar 2019 16:30:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trois années se sont écoulées depuis ce matin où l’Organisation de l’Etat Islamique (OEI) a tenté vainement de&#8230;</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/benguerdane-7mars-marignalisation-developpement-fr/">Ben Guerdane, vision stratégique en trompe-l’œil</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Trois années se sont écoulées depuis ce matin où l’Organisation de l’Etat Islamique (OEI) a tenté vainement de prendre d’assaut la ville de Ben Guerdane. Loin de la cacophonie habituelle lors des célébrations, loin aussi des appels, chaque année répétés, de lui donner sa juste part de développement et de considération, force est de constater le gouffre entre l’état de cette délégation et son l’emplacement stratégique, sa population de près de cent mille habitants et sa superficie s’étendant sur la moitié du gouvernorat de Médenine (sud-est tunisien).</span></p>
<h4><b>De la colonisation à l’indépendance: les mécanismes de de domination</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">La plupart des habitants de Ben Guerdane appartiennent au même « réseau tribal », à savoir la tribu Ouerghamma dont les racines sont amazighs et plus précisément la branche des « Twazines » qui sont connus pour leur passé chevaleresque prenant les devants pour les combats face à la tribu libyenne voisine des « Nwayels » ou contre la colonisation française. Ce patrimoine guerrier est valorisé chaque année par le festival équestre. Les poètes populaires y vantent l’audace et les exploits des chevaliers de la tribu. Ce festival a lieu dans le lac Al Bibane, peu connu dans cette ville qui est souvent perçue comme un espace d’échanges commerciaux, et dont on oublie le potentiel agricole et minier.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Economiquement, Ben Guerdane pourrait être une zone à haut rendement. Selon <em>Ben Guerdane: l&rsquo;identité et l&rsquo;histoire</em> de Mohamed Chandoul (p54, arabe), les colonisateurs français ont édifié cette ville afin d’en faire un centre stratégique avancé non loin des lacs de Al Maktaa’ et d’Al A’dhibet aux frontières libyennes. Objectif: contrebalancer le poids démographique de la zone de Zouara, côté libyen, ainsi que ses agglomérations comme Abou Kammach et Zolten. Cette démarche aurait un autre avantage: sédentariser les membres nomades de la tribu « Twazine ». L’administration coloniale a veillé à créer un modèle économique basé sur un centre commercial au coeur de la ville, puis une ceinture de cultures vivrières et une deuxième pour la plantation d’oliviers. Les pâturages sont relégués loin du centre sans compter les activités maritimes dans la zone du lac Al Bibane qui se trouve à 5km du centre-ville. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce modèle économique a été mis à rude épreuve aujourd’hui avec l’explosion du commerce frontalier. La culture oléicole a elle aussi connu une expansion depuis trois décennies, concurrençant la délégation voisine de Zarzis en production d’huile d’olive. De plus, le port de Ktef, à peine 5 km du poste frontière Ras Jedir, connait un essor de la production de la pêche; il talonne les îles Kerkennah dans la production de pieuvres. Autre produit de la mer: le sel! Le lac de Al Adhibet en fournit une bonne qualité.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pourquoi ce sentiment persistant de la marginalisation alors que cette région dispose d&rsquo;un fort potentiel ? Un sentiment qui pousse les habitants à protester notamment lors des événements de 2010 durant la fermeture du poste frontalier de Ras Jdir. Un événement considéré par certains comme un précurseur de la chute de la dictature de Ben Ali.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’Etat tunisien post-indépendance n’a pas adopté une vision stratégique concernant la région de Ben Guerdane, contrairement au pouvoir colonial. Le pouvoir bourguibien a adopté une politique punitive envers Ben Guerdane, une région yousséfiste portée par l’élan du nationalisme arabe. Ainsi, elle a été totalement mise de côté en matière de développement régional selon Kamel Laarousi dans <em>Commerce parallèle et conntrebande dans l&rsquo;espace frontalier tuniso-libyen</em>, (arabe, août 2018). Par la suite, le régime a opté pour une politique d’absorption de la colère par l’ouverture au marché libyen pourvoyeur d’emplois pour les jeunes principalement. Toutefois, ce modèle cachait un certain nombre d’effets secondaires. Notamment le clientélisme, plusieurs habitants ont pris goût à l’enrichissement facile, rapide et non-productif. De plus, cela comporte d’autres écueils dont la fluctuation du flux de marchandise, et la fermeture des postes frontières d’un moment à l’autre, sans oublier les fréquents blocages des routes.</span></p>
<h4><b>La municipalité, nouvel acteur économique?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">La situation économique a souvent été évoquée dans les campagnes électorales pour les municipales qui ont eu lieu en mai 2018. Ici, ce qui a polarisé les concurrents rappelle encore une fois son statut bien particulier de ville-frontière. Le parti Ennahda &#8211; dont la ville est l’un des fiefs à échelle nationale &#8211; a naturellement présenté une liste, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la seule formation politique représentée dans tout le pays. Par ailleurs, une liste indépendante « Ben Guerdane en premier! », présidée par l’universitaire Chokri Rejili s’est également portée candidate. Cette dernière trouve ses racines idéologiques dans le passé nationaliste-arabe de la ville. D’ailleurs, les « verts » (الخضر), entendre ces proches du régime de la Jamahiryia libyenne comme les habitants les appellent, ont largement contribué au succès électoral de cette liste.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le chercheur Mahdi Thabet nous indique que des partisans d’Ennahda accusent la liste indépendante d’être soutenue par l’avocat et ancien ministre des domaines de l’Etat Mabrouk Kourchid qui a pour but d’empêcher le parti islamiste de s’imposer dans les municipalités frontalières du sud-est tunisien. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La concurrence était rude et le climat tendu. Les résultats des élections ont finalement donné une majorité nette à Ennahda avec 15 sièges contre 9 pour la liste « Ben Guerdane en premier! ». Les conflits se sont peu à peu résorbés et les solutions ont émergé petit à petit.</span></p>
<h4><b>Développement en panne </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis longtemps, le problème de l’eau potable demeure le principal défi pour la ville de Ben Guerdane. La haute salinité de l’eau, la chute de pression, coupure d’eau ou indisponibilité aux étages ont conduit les habitants à manifester à différentes reprises notamment en 2017. La SONEDE a entrepris des travaux, elle aussi, afin de remédier à cette situation. Un puits a été creusé dans la zone de Ouersania à une distance de 6 km du nord de la ville de Ben Guerdane avec en renfort l’acheminement d’eau à partir de la ville voisine de Zarzis. Cependant, ce ne sont pas des solutions pérennes même si elles ont partiellement amélioré l’approvisionnement en eau potable durant la nuit. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur le plan de l’infrastructure, la ville est un chantier permanent. Les réseaux d’assainissement urbain sont en  réfection permanente depuis 2016. Pourtant en cours de rénovation, il a été aussitôt endommagé. Ils n’ont pas tenu le coup aux pluies diluviennes du printemps 2018, laissant courir le bruit dans la ville qu’il y a eu anguille sous roche durant la passation de marché. Pire, certains ouvriers n’étaient pas qualifiés pour les travaux en question, ils n’avaient pas de superviseurs, selon nos observations sur le terrain. Résultat, les rues sont devenues impraticables et les routes défoncées pénalisant les usagers sur place. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dernière idée en vogue à Ben Guerdane: « Marsa Ksiba Beach ». Sur les bords du lac Al Bibane. Pris en charge d’abord par le conseil régional de Médenine, ce projet a été repris en main par la municipalité. Il a pour but de … est une piqure de rappel que cette ville frontalière est une ville côtière qui a tout d’une ville de l’intérieur!</span></p>
<p>Dessin de Sadri Khiari <a href="http://www.sadrikhiari.com">www.sadrikhiari.com</a></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/benguerdane-7mars-marignalisation-developpement-fr/">Ben Guerdane, vision stratégique en trompe-l’œil</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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