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	<title>Nabeul | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>Nabeul | Research Media</title>
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		<title>Sidi Madhkour: une lutte continue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Oct 2018 08:56:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Nabeul]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Sidi Madhkour, quelques jours après l’inondation causée par l’ouverture du canal de Oued el Garaa, on peut&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À Sidi Madhkour, quelques jours après l’inondation causée par l’ouverture du canal de Oued el Garaa, on peut encore sentir les résidus olfactifs des relents causés par l’eau polluée. Pour rappel, l’eau polluée accumulée à Dar Allouche a été libérée dans le canal suite à la décision de la gouverneure de Nabeul et après proposition du maire de Dar Allouche. Oued el Garaa, réceptacle d’eaux usées provenant des maisons, des usines de transformation des tomates et des pressoirs d’huile d’olive, traverse les deux municipalités de Dar Allouche et de Haouaria. Quant à Sidi Madhkour, il s’agit d’un village à faible densité démographique relevant de la municipalité de Haouaria. L’équipe de Barr Al Aman s’est déplacée le 3 août 2018 afin de saisir les vécu des habitant.es du village.</p>
<blockquote><p>“Regarde là, l’Oued&#8230; et l’autre dit que la maison la plus proche du Oued est à 200 mètres !”</p></blockquote>
<figure id="attachment_2589" aria-describedby="caption-attachment-2589" style="width: 700px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-2589 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-700x467.jpg" alt="Oued el Garaa - Haouaria - Nabeul - 11 aout 2018 - Barr Al Aman" width="700" height="467" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-700x467.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-450x300.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-768x512.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-900x600.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-370x247.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-270x180.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691-740x493.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6691.jpg 3456w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption id="caption-attachment-2589" class="wp-caption-text">Oued el Garaa &#8211; Haouaria &#8211; Nabeul &#8211; 11 août 2018 &#8211; Barr Al Aman</figcaption></figure>
<p><strong>La proximité malveillante du canal</strong></p>
<p>“Regarde là, l’Oued&#8230; et l’autre dit que la maison la plus proche du Oued est à 200 mètres !”, dit Kamel, habitant de Sidi Madhkour, en contestant les déclarations de la gouverneure de Nabeul. En effet, les maisons de quelques familles du village, un peu à l’écart de la zone de densité résidentielle, donne directement sur le canal. Le 26 juillet, les habitant.es ont fait les frais de cette proximité vécue comme une épreuve quotidienne. La barrière levée étant à quelques centaines de mètres, la pression des eaux libérées a été forte. Et pour cause : le niveau des eaux polluées qui étaient bloquées à Dar Allouche a augmenté sensiblement avant sa libération dans le canal. Et on attribue cette augmentation à la “Meysra”, la période où la les usines de tomates travaillents à plein régime. L’ouverture de ce cours d’eau a été dévastatrice : l’eau déborde de son cours, inonde la piste reliant le village à la route principale et touche une partie des terres agricoles et des maisons. Mais cet épisode malheureux pour les habitants de cette zone n’est pas anecdotique. A chaque fois que l’eau polluée circule dans le canal, les habitant.es de Sidi Madhkour endurent les relents des déchets qu’elle porte.</p>
<p>D’un autre côté, le quotidien de ces habitant.es isolé.es de Sidi Madhkour est ponctué par cette proximité du Oued el Garaa. Et, plus précisément, ce sont les eaux du canal qui contaminent leur santé et leur bien-être. La qualité de l’eau potable, celle dont ils.elles boivent et prennent leurs douches, serait pour le moins compromise. Les traces des irritations cutanées et des piqûres de moustiques porteurs de microbes pathogènes sont visibles sur la peau. Certains diagnostics médicaux ont montré que les diverses maladies (respiratoires, allergiques, dermatologiques) sont dues au contenu potentiellement toxique de l’eau consommée. En effet, la contamination de la nappe phréatique par les déchets industriels et autres seraient, d’après eux.elles, à l’origine de tous ces problèmes de santé.</p>
<p>Mais l’impact des eaux de Oued el Garaa ne se réduit pas aux corps des habitant.es. Les maisons sont elles aussi menacées par l’écoulement souterrain de l’eau polluée. Certain.es habitant.es ont quitté leur logement à cause de l’état de délabrement avancé des murs. Les fissures parsèment une bonne partie des murs de ces maisons. Certaines pièces ont même été totalement vidées de leurs habitant.es humain.es, et sont désormais habitées par des hirondelles qui virevoltent, un peu comme prises au piège.</p>
<p>Une telle situation génère des frustrations et des colères, mais aussi des revendications, des protestations et des actions collectives.</p>
<p><strong>Contestations, revendications et luttes</strong></p>
<p>“Je ne désarmerai pas, je m’immolerai par le feu comme Bouazizi s’il le faut !”, se révolte une citoyenne de Sidi Madhkour en parlant de la situation de son quartier. Le jour même, le 3 août dernier, une manifestation a été organisée devant le palais de la municipalité de Haouaria à l’instigation de l’UGTT. Scandant des slogans anti-pollution et revendiquant le droit à un environnement sain, les quelques dizaines de manifestant.es se sont solidarisé.es avec leur conseil municipal. Dans le nouveau contexte qui s’installe après les élections municipales, les élu.es de Haouaria ont porté à bras-le-corps les revendications socio-environnementales des citoyen.nes de Sidi Madhkour.</p>
<blockquote><p>“Je ne désarmerai pas, je m’immolerai par le feu comme Bouazizi s’il le faut !”</p></blockquote>
<p>A Haouaria, il ne s’agit pas de la première mobilisation anti-pollution. Elle s’inscrit plutôt dans l’histoire d’une lutte intermittente menée par les citoyen.nes de Haouaria. Depuis des années, les habitant.es de Haouaria, et de manière plus spécifique ceux.celles de Sidi madhkour, ont multiplié les revendications à l’égard des autorités centrales. Ces revendications ont survécu à des contextes politiques très contrastés. En 2003 déjà, une lettre a été adressée au secrétaire général du comité de coordination du RCD. Cette lettre portait les revendications des habitant.es de Haouaria concernant le déversement des eaux polluées par les déchets domestiques et industriels sur la plage. Elle soulignait la menace que pose une telle situation à l’égard du tourisme et de l’agriculture. Dans le nouveau contexte post-révolutionnaire, les revendications environnementales des citoyen.nes de Haouaria se sont faites nombreuses. Le 21 Juillet 2011, une lettre adressée au ministre de l’agriculture et de l’environnement évoquait les problèmes de l’évacuation des déchets industriels et domestiques dans le Oued El Garaa.</p>
<figure id="attachment_2584" aria-describedby="caption-attachment-2584" style="width: 700px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-2584 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-700x467.jpg" alt="Socodal - Oued el Garaa - Dar Allouch - Août 2018" width="700" height="467" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-700x467.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-450x300.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-768x512.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-900x600.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-370x247.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-270x180.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766-740x493.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6766.jpg 3456w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption id="caption-attachment-2584" class="wp-caption-text">Socodal &#8211; Oued el Garaa &#8211; Dar Allouch &#8211; Nabeul &#8211; 11 août 2018 &#8211; Barr Al Aman</figcaption></figure>
<p>Les revendications concernaient la mise en place de stations d’épuration dans les usines environnantes de transformation de tomates (SOCODAL, BRIMA, STICAP et COMOCAP) et l’intervention de l’ONAS pour le traitement des eaux domestiques des municipalités de Dar Allouche et d’Azmour. Six ans après, les mêmes préoccupations animaient deux autres lettres, l’une adressée au ministre des affaires locales et l’autre au délégué de Haouaria. En Mars 2017, les citoyen.nes de Sidi Madhkour ont adressé leurs revendications au gouverneur de Nabeul de l’époque, et ce après avoir mené un sit-in devant le siège de la délégation de Haouaria. Leurs revendications ont porté entre autres sur la question des eaux polluées de Oued el Garaa, l’accès à l’eau, les infrastructures et les équipements collectifs. La lutte a fait intervenir plusieurs composantes de la société civile locale. Outre la mobilisation organisée le 3 août par l’Union Générale Tunisienne du Travail, la section de Kélibia de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme s’est aussi prononcée sur la question en Janvier 2018. Dans un communiqué datant du 18 Janvier 2018, la ligue a critiqué la “politique du report” des autorités concernées ainsi que les procès qui ont été intentées à l’encontre des citoyen.nes responsables du blocage du Oued el Garaa au niveau de Sidi Madhkour.</p>
<p>A ce jour, les revendications des citoyen.nes de Haouaria sont toujours d’actualité. L’issue de la lutte dépendre des interactions entre les protestataires, les autorités locales, les autorités centrales, les administrations concernées et les autres parties prenantes du secteur privé. La question est plus que complexe, compte tenu du nouveau contexte imposé par la mise en place des nouvelles collectivités locales. L’articulation des mouvements protestataires à l’action publique de ces nouvelles collectivités est posée à la lumière d’un problème épineux : la gestion des eaux polluées.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/situation_socio-environnementale_sidimadhkour_slim_ben_youssef/">Sidi Madhkour: une lutte continue</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Garaat Haouaria: aux origines d’une gestion publique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Oct 2018 03:39:53 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 26 Juillet dernier, l’évacuation des eaux usées de Oued el Garaa a produit des effets pour le moins négatifs sur les habitant.es de Sidi Madhkour de la municipalité de Houaria. La décision de la gouverneure de Nabeul, consistant en la levée de la barrière de terre qui bloquait le canal, a provoqué un tollé au sein de la société civile dans la région. Les répercussions politiques ne se font pas trop attendre : menace de démission du conseil municipal de Haouaria, démission effective du maire Naoufel Miladi le 2 août pour des raisons de santé et mouvements de protestation et de mobilisation citoyenne. Or les effets de cette décision dépassent de loin le cadre temporel restreint dans lequel elle a été prise. En effet, il faut questionner la gestion des ressources hydrauliques et de leur évacuation, assainissement et recyclage par les différentes parties prenantes pour comprendre pourquoi nous en sommes arrivé.es là. Cet incident est susceptible de révéler des logiques de gestion qui ne sont pas forcément saisissables à première vue. A partir du cas de Oued El Garaa, nous souhaitons comprendre la manière dont la question de l’eau est gérée en l’inscrivant dans le temps long historique. L’importance du cas de Garaat El Haouaria est sans commune mesure avec le traitement conjoncturel de l’incident du 26 Juillet : la gestion de l’eau touche non seulement à la question environnementale, mais aussi aux activités économiques auxquelles elle se greffe.</p>
<p><strong>La Garaa asséchée</strong></p>
<p>L’Oued El Garaa doit son nom à Garaat El Haouaria, une plaine où l’eau de pluie s’accumulait de manière naturelle. Située au nord-est du Cap Bon, Garaat El Haouaria est un vaste creux topographique appartenant aux deux délégations de Haouaria et de Hammam el-Ghezaz. Lieu d’accumulation naturelle de l’eau douce, la Garaa alimentait la nappe phréatique et permettait aux agriculteurs d’accéder à l’eau souterraine au bout de quelques mètres. Zone humide la plus importante du Cap Bon pendant longtemps, les ressources hydrauliques de la plaine en pâtissent depuis 50 ans. Au cours du siècle dernier, cette plaine a fait l’objet d’un processus d’assèchement mené à deux étapes. A un premier moment, le colonisateur français procède à l’assèchement de toutes les Sebkha tunisiennes à partir des années 30s afin de diminuer les risques épidémiques liés au paludisme<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>. Ensuite, l’Etat tunisien post-colonial met en place une politique de drainage de la Garaet el Haouaria durant les années 60s et 70s. Faouzi Maamouri, directeur du bureau de la WWF à Tunis (Fonds mondial pour la nature), nous raconte les contextes dans lesquels ont été prises ces décisions :</p>
<p>“A partir des années 30s, les Français ont mené une campagne pour assécher toutes les Sebkha à cause du paludisme, dans toute la Tunisie : Garaat Sejnane, Garaat Mabtouha… ils ont tout asséché. Après, aux années 60s, il y a eu des problèmes sociaux et la question de l’agriculture et tout ça. Du coup, ils ont mis en place un drainage. Ce sont des canaux artificiels destinés à conduire l’eau jusqu’à la mer, de deux côtés.”</p>
<p>Les conflits liés à l’appropriation des terres agricoles dans la région ont poussé l’Etat à proposer une location de longue durée des terres de la Garaa aux agriculteurs locaux. Concomitamment, l’Etat met en place des canaux afin de drainer l’eau de la Garaa vers les terres agricoles. Ces deux facteurs ont changé profondément la nature de la Garaa : d’un espace naturel d’accumulation des eaux de pluie, elle est devenue un espace asséché peu producteur d’eau. Au fil des années, d’autres transformations ont affecté Garaat El Haouaria et abouti à une situation dans laquelle la gestion de l’eau est génératrice de problèmes plutôt que de solutions.</p>
<figure id="attachment_2573" aria-describedby="caption-attachment-2573" style="width: 700px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-2573" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-700x467.jpg" alt="" width="700" height="467" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-700x467.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-450x300.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-768x512.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-900x600.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-370x247.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-270x180.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657-740x493.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/10/IMG_6657.jpg 3456w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption id="caption-attachment-2573" class="wp-caption-text">Panneau au dessus du Oued EL Garaa séparant les municipalités de Dar Allouch et Haouaria (Nabeul). Août 2018</figcaption></figure>
<p><strong>Les répercussions de l’assèchement : coûts socio-économiques et environnementaux</strong></p>
<p>L’expérience de la gestion publique des eaux dans le cas spécifique de Garaat El Haouaria nous montre qu’elle n’est pas dénuée de conséquences. En effet, le drainage des eaux de la plaine par le biais de la mise en place de canaux d’irrigation et d’évacuation de l’eau a d’abord contribué directement à la baisse du niveau de la nappe phréatique. L’accumulation de l’eau de pluie étant désormais empêchée, l’alimentation de la nappe phréatique devient impossible. La raréfaction des eaux souterraines est due à cette rupture de l’alimentation en eaux de pluie d’une part, et à la surexploitation de ressources hydrauliques souterraines d’autre part. En effet, le taux d’exploitation de la nappe phréatique est, jusqu’en 2005, de 182%, et ce à cause de la densité importante des puits de surface<a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>. Ceci a provoqué une dépression piézométrique<a href="#_ftn3" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a> de plus de 10 mètres au centre de la Garaa.</p>
<p>Mais la transformation ne concerne pas que la quantité des eaux souterraines disponible. La qualité de l’eau a connu des modifications concomitantes de la baisse du niveau de la nappe phréatique. En effet, la salinité de l’eau a sensiblement augmenté dans la plaine. Cette salinisation croissante s’explique par les résidus des eaux évaporées et l’intrusion marine partielle, facilitée par la baisse du niveau de la nappe phréatique. Les eaux souterraines atteignent dans plusieurs zones de la plaine des niveaux de salinité qui varient de 4g/l à 5g/l, ce qui pose de sérieuses difficultés aux possibilités d’exploitation agricole. Or, ceci impacte directement les agriculteurs et leur gagne-pain. D’un autre côté, cette situation touche tout aussi bien à l’activité industrielle de la région, connue par la transformation agroalimentaire. Etant donné les contraintes qui pèsent sur l’agriculture, l’approvisionnement en tomates devient difficile<a href="#_ftn4" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a>.</p>
<p>Mais les répercussions de la raréfaction des eaux et la détérioration de leur qualité ne sont pas réductibles à l’aspect socio-économique. En effet, la biodiversité est menacée par l’assèchement de la Garaat El Haouaria. M. Maamouri nous livre sa lecture de l’impact environnemental de cet assèchement dans cet extrait :</p>
<blockquote><p>“C’était la plus grande station de repos des oiseaux migrateurs venus d’Europe. Les gens y pêchaient et y faisaient plein de choses, on a tout perdu.”</p></blockquote>
<p>Le cas de Garaat El Haouaria devrait attirer notre attention sur la manière dont l’Etat gère les ressources hydrauliques. Cette gestion révèle des décisions prises dans des contextes historiques antérieurs, mais qui continuent à produire leurs effets aujourd’hui. Ainsi, ce flashback nous permet de repérer et bien situer les dysfonctionnements. Dans ce cas précis, l’assèchement de la Garaat el Haouaria a ainsi été opéré dans des contextes qui le justifient, mais sans vision stratégique.</p>
<hr />
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Le paludisme a disparu en Tunisie depuis 1979. Voir le rapport réalisé par l’OMS et du Global Health Group : <a href="http://santenabeul.tn/media/programme-n/PALUDISME.pdf">http://santenabeul.tn/media/programme-n/PALUDISME.pdf</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Voir le rapport IWMI-USAID, “Les ressources en eaux souterrains de la plaine de Haouaria, Tunisie : Etat fragile, acteurs multiples et nécessité d’un changement intégré”. Lien : <a href="http://gw-mena.iwmi.org/wp-content/uploads/sites/3/2017/04/Rep.8-Groundwater-governance-in-Haouaria_final_cover.pdf">http://gw-mena.iwmi.org/wp-content/uploads/sites/3/2017/04/Rep.8-Groundwater-governance-in-Haouaria_final_cover.pdf</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Baisse du niveau de la nappe phréatique.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4"><sup>[4]</sup></a> Certaines usines, notamment SOCODAL, s’approvisionnent désormais de Jendouba et de Kairouan.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/haouaria_origine_gestion_slim_ben_youssef/">Garaat Haouaria: aux origines d’une gestion publique</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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