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	<title>propriété intellectuelle | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>propriété intellectuelle | Research Media</title>
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		<title>Soigner le COVID-19, l&#8217;urgence d&#8217;une licence obligatoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[فريق بر الامان La rédaction de Barr al Aman]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2020 23:01:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[ALECA]]></category>
		<category><![CDATA[covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie pharmaceutique]]></category>
		<category><![CDATA[L'Organisation mondiale de la Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation internationale de la propriété intellectuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques de la santé]]></category>
		<category><![CDATA[propriété intellectuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’image du reste de la planète, la Tunisie fait face au COVID-19 de la famille du coronavirus.&#8230;</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/covid19-licence-obligatoire-fr/">Soigner le COVID-19, l’urgence d’une licence obligatoire</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’image du reste de la planète, la Tunisie fait face au COVID-19 de la famille du coronavirus. Même si aucun remède n’a été identifié pour le moment, les laboratoires de recherche annoncent des avancées significatives dans ce sens, certains ayant déjà entamé des essais cliniques.</p>
<p>Le coût du médicament est une épineuse question sur laquelle devront rapidement se pencher les États dès à présent. En effet, l’existence d’un médicament ne signifie pas qu’il soit abordable, accessible ou duplicable. Les restrictions posées par les brevets et autres mesures monopolistiques constituent l’un des principaux obstacles pour soigner les malades.</p>
<p>Toutefois, l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), et que la Tunisie a signé en 1994 à Marrakech, prévoit dans son article 31 de passer outre les entraves des brevets en situation « d’urgence nationale ou d’autres circonstances d’extrême urgence », par la mise en place d’une licence obligatoire. Ainsi, la Tunisie pourrait « casser » le brevet et produire le médicament localement selon une série de dispositions précisées par l’accord.</p>
<p>La loi tunisienne n° 2000-84 du 24 août 2000, relative aux brevets, précise cette possibilité de recourir aux “Licences d’office” comme exception aux droits de propriété intellectuelle notamment par son Chapitre XI (Articles 78 à 81) intitulé “Des licences d’Office ». Cette flexibilité vise à protéger la santé publique en cas d’urgence nationale sanitaire à l’instar de la pandémie du Covid-19 déclarée par l’OMS le 13/03/2020<a href="#_edn1" name="_ednref1"><sup>[i]</sup></a>.</p>
<p>La Tunisie dispose donc des outils nécessaires lui permettant de recourir aux licences d’office si les prix des produits de santé sont excessivement chers et/ou si les quantités mises à la disposition de la Tunisie ne sont pas suffisantes pour couvrir le besoin national urgent.</p>
<p>Plusieurs pays ont décidé de recourir à de telles mesures : l’Équateur<a href="#_edn2" name="_ednref2"><sup>[ii]</sup></a> et le Chili<a href="#_edn3" name="_ednref3"><sup>[iii]</sup></a> ont déjà adopté des textes de lois en la matière. Le Canada<a href="#_edn4" name="_ednref4"><sup>[iv]</sup></a> ou l’Allemagne<a href="#_edn5" name="_ednref5"><sup>[v]</sup></a>, deux pays développés et fervents défenseurs de la propriété intellectuelle, sont en train d’étudier cette question. L’adoption d’une telle mesure ferait gagner du temps aux patient.es Tunisien.nes, permettant ainsi de sauver des vies et de réduire le coût pour la Caisse nationale d’assurance maladie.</p>
<p>Cette crise mondiale attire la convoitise de certains groupes de l’industrie pharmaceutique. Début mars 2020, alors que peu de personnes étaient infectées aux États-Unis, le laboratoire américain Gilead a demandé d’inscrire le Remdésivir, une molécule prometteuse contre ce virus, sur la liste des médicaments pour maladies rares auprès de l’autorité de régulation du médicament, la Food and Drug administration (FDA). Cette inscription octroie une exclusivité d’exploitation plus longue avec des soutiens sur fonds publics. La FDA l’a acceptée, mais Gilead l’a retirée à la suite des pressions d’organisations non gouvernementales œuvrant pour l’accès aux soins<a href="#_edn6" name="_ednref6"><sup>[vi]</sup></a>.</p>
<p>Nous pouvons également citer le laboratoire suisse Roche qui garde secrète la technologie de son dépistage du COVID-19, alors qu’une généralisation des tests l’un des moyens les plus efficaces pour juguler la maladie selon l’Organisation mondiale de la Santé<a href="#_edn7" name="_ednref7"><sup>[vii]</sup></a>.</p>
<p>La propriété intellectuelle a souvent été utilisée dans les traités de libre-échange comme un instrument de domination des pays développés contre les pays en voie de développement. Ces derniers sont en effet obligés de payer au prix fort le coût d’accès au savoir et à la connaissance qui aurait pu sauver des vies. Bien que le droit international autorise les États à passer outre les brevets, d’autres limitations comme « le secret des affaires », les « périodes de protection complémentaires » ou encore les « extensions/validations » de brevets sont souvent imposées par les États-Unis, l’Union européenne, la Grande-Bretagne ou le Canada<strong>.</strong></p>
<p>Barr al Aman Research Media s’est penché sur les obstacles d’accès aux soins dans son dossier sur l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) négocié entre la Tunisie et l’Union européenne, mais aussi plus récemment avec la couverture de l’assemblée mondiale de la santé en mai 2019 à Genève.</p>
<p><strong>Pour plus de détails, contactez : Mohamed Haddad +216 22 517 354</strong></p>
<hr />
<h6><a href="#_ednref1" name="_edn1"><sup>[i]</sup></a> « OMS/Europe | L’OMS déclare que la flambée de COVID-19 constitue une pandémie ». <a href="http://www.euro.who.int/fr/health-topics/health-emergencies/coronavirus-covid-19/news/news/2020/3/who-announces-covid-19-outbreak-a-pandemic">http://www.euro.who.int/fr/health-topics/health-emergencies/coronavirus-covid-19/news/news/2020/3/who-announces-covid-19-outbreak-a-pandemic</a> (consulté le mars 27, 2020).</h6>
<h6><a href="#_ednref2" name="_edn2"><sup>[ii]</sup></a> « Resolution to require the National Government to establish compulsory licenses and other measures to guarantee free and affordable access to pharmaceutical products and medical technologies in the Declaration of Sanitary Emergency due to the Coronavirus pandemic (COVID-19) and other variations, as well as biosafety protocols and instruments for health personnel, postgraduates and students of the Public Health System. », <em>Knowledge Ecology International</em>. <a href="https://www.keionline.org/ecuador-CL-coronavirus-resolution">https://www.keionline.org/ecuador-CL-coronavirus-resolution</a> (consulté le mars 26, 2020).</h6>
<h6><a href="#_ednref3" name="_edn3"><sup>[iii]</sup></a> « English translation of Chile “RESOLUTION FOR THE GRANTING OF NON-VOLUNTARY LICENSES REFERRED TO IN ARTICLE 51<sup>o</sup> N<sup>o</sup> 2 OF INDUSTRIAL PROPERTY LAW N<sup>o</sup> 19.030 TO FACILITATE ACCESS AND AVAILABILITY OF MEDICINES AND TECHNOLOGIES FOR THE PREVENTION, TREATMENT AND CURE OF CORONAVIRUS COVID-19” », <em>Knowledge Ecology International</em>. <a href="https://www.keionline.org/chilean-covid-resolution">Https://www.keionline.org/chilean-covid-resolution</a> (consulté le mars 26, 2020).</h6>
<h6><a href="#_ednref4" name="_edn4"><sup>[iv]</sup></a> « Government Bill (House of Commons) C-13 (43-1) &#8211; Third Reading &#8211; COVID-19 Emergency Response Act &#8211; Parliament of Canada ». <a href="https://www.parl.ca/DocumentViewer/en/43-1/bill/C-13/third-reading?fbclid=IwAR3_49dTfglNBJCS5iObqqIdMO8PWqGywI1bWhRIUejuW-qPW6ugXcYHJhc#ID0ETAA">https://www.parl.ca/DocumentViewer/en/43-1/bill/C-13/third-reading?fbclid=IwAR3_49dTfglNBJCS5iObqqIdMO8PWqGywI1bWhRIUejuW-qPW6ugXcYHJhc#ID0ETAA</a> (consulté le mars 26, 2020).</h6>
<h6><a href="#_ednref5" name="_edn5"><sup>[v]</sup></a> T. Musmann, « German Government Plans Possibilities to Limit Patents In View of Corona Pandemic », <em>Kluwer Patent Blog</em>, 24-mars-2020. <a href="http://patentblog.kluweriplaw.com/2020/03/24/german-government-plans-possibilities-to-limit-patents-in-view-of-corona-pandemic/">http://patentblog.kluweriplaw.com/2020/03/24/german-government-plans-possibilities-to-limit-patents-in-view-of-corona-pandemic/</a> (consulté le mars 26, 2020).</h6>
<h6><a href="#_ednref6" name="_edn6"><sup>[vi]</sup></a> « COVID-19-RD-public-investments-March.pdf », 25-mars-2020.</h6>
<h6><a href="https://medicinesalliance.eu/wp-content/uploads/2020/03/COVID-19-RD-public-investments-March.pdf">https://medicinesalliance.eu/wp-content/uploads/2020/03/COVID-19-RD-public-investments-March.pdf</a> (consulté le mars 26, 2020).</h6>
<h6><a href="#_ednref7" name="_edn7"><sup>[vii]</sup></a> « WHO Director-General’s opening remarks at the media briefing on COVID-19 &#8211; 11 March 2020 ». <a href="https://www.who.int/dg/speeches/detail/who-director-general-s-opening-remarks-at-the-media-briefing-on-covid-19---11-march-2020">https://www.who.int/dg/speeches/detail/who-director-general-s-opening-remarks-at-the-media-briefing-on-covid-19&#8212;11-march-2020</a> (consulté le mars 26, 2020).</h6>The post <a href="https://www.researchmedia.org/covid19-licence-obligatoire-fr/">Soigner le COVID-19, l’urgence d’une licence obligatoire</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Santé: la bataille autour de la transparence sur le prix des médicaments</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed HADDAD]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 09:51:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’assemblée mondiale de la santé est une réunion annuelle de tous les délégués des pays membres de l’Organisation&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’assemblée mondiale de la santé est une réunion annuelle de tous les délégués des pays membres de l’Organisation mondiale de la Santé. En 2019, la mesure qui a attiré le plus l’attention est la résolution de la transparence sur les prix des médicaments. Nous verrons que les États qui sont des chantres de la transparence dans nos pays respectent moins ce principe quand c’est sur eux qu’il s’applique.</strong></p>
<p>Voilà ce que me dit un militant de Médecins sans frontières:</p>
<p>« <em>Les délégations des pays riches vont tout faire pour repousser l’examen de la résolution au dernier moment, une fois que les pays en voie de développement ou pauvres auront quitté la conférence.</em> » Depuis le début de l’assemblée mondiale de la santé à Genève, cette stratégie est appréhendée par les délégations et associations favorables à la résolution sur la transparence de la fixation des prix des médicaments ont vu juste. L’examen de la résolution en plénière n’aura lieu que mardi 28 mai, jour de clôture de l’assemblée.</p>
<p>Faut-il rappeler ici qu’une résolution n’a rien de contraignant ? Ce n’est pas un traité qui supplanterait les lois des pays qui le valident (ou « co-sponsorisent » comme il se dit dans les couloirs de l’assemblée). C’est une déclaration de principe qui a une valeur politique symbolique et qui n’est pas légalement opposable. Cependant, elle peut motiver les législateurs à harmoniser la législation avec son contenu.</p>
<h4>Négocier la transparence en secret</h4>
<p>« Monsieur, vous avez pris une photo. Ce qui est strictement interdit, une déléguée vous a vu. » Les agents de sécurité de l’ONU sont catégoriques. Ce samedi, 5e jour de l’assemblée mondiale de la santé, 3 personnes sont postées devant la porte de la salle 24 où s’est retrouvé le groupe de travail sur la résolution de la transparence. Le délateur a été démenti par d’autres employés de l’ONU, néanmoins, ce qui est étonnant est le climat de peur et méfiance qui s’est installé. En début de semaine, les délégués discutaient ouvertement de leurs positions, de leurs arguments. Au fur et à mesure, un climat de discrétion s’est imposé. Les associations suivant les travaux sur la résolution de la transparence l’ont souvent dénoncé. Un climat imposé par les pays qui possèdent une forte industrie pharmaceutique, selon certains délégués participant aux réunions.</p>
<p>Plusieurs pays à faible et moyen revenu ont hésité à montrer ouvertement leur soutien à cette résolution. Une crainte les hantait. En représailles, les groupes pharmaceutiques pouvaient unilatéralement décider de ne plus commercialiser leurs médicaments. Un chantage auquel les États sont sensibles, car il est souvent difficile, voire impossible, de trouver une alternative aux médicaments innovants brevetés. Il est d’autant plus difficile de perdre l’accès à un médicament quand des patients ont commencé à l’utiliser. De plus, même si un pays fait abstraction de la propriété intellectuelle et décide de produire lui-même le médicament… concevoir, fabriquer, tester et commercialiser un médicament est l’affaire de plusieurs années.</p>
<p>Les réunions informelles ont eu lieu sans la présence de la presse accréditée et/ou des organisations de la société civile qui suivent de près ce dossier. Résultat, il fallait faire le pied de grue et picorer les informations de ceux qui voulaient les fournir avec une insistance sur l’anonymat. Des protestations ont souvent été faites en séance à cause de l’absence de confidentialité des échanges et les fuites dans les médias. « L’idée est que les États négocient seuls sans labos et sans ONG » selon un représentant d’une association suisse travaillant sur l’accès aux médicaments.</p>
<p>Un représentant de l’industrie pharmaceutique occidentale a estimé que les négociations sous pression étaient nécessaires des négociations biaisées. Selon lui, il fallait prendre son temps, reporter éventuellement à une prochaine réunion. Cette résolution, dit-il, est trop vague, large. Les délégués manquent d’expertise parfois.</p>
<h4>Difficile de suivre les négociations</h4>
<p>Les informations disponibles sont des restitutions des participants aux réunions, des participants qui n’ont « officiellement » pas le droit de s’exprimer. Résultat, certaines délégations ont contesté les positions qui leur sont attribuées dans les médias. Avec toujours cette situation délicate, qu’il n’est pas possible de trancher et de savoir qui dit vrai.</p>
<p>Jusqu’au milieu de la semaine, peu d’informations sur les médias francophones, si ce n’est une tribune sur Libération ou d’autres articles sur Mediapart ou Le Figaro portant sur la position française ambigüe exprimée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Ce sont principalement les sites spécialisés et/ou engagés qui relayent les débats.</p>
<p>La dépêche de Reuters du 23 mai a eu de l’écho. Relayée par Bernie Sanders sur twitter, elle est partagée des milliers de fois. Selon des participants, elle a causé des retards dans les débats où le non-respect de la confidentialité a été critiqué. Tom Miles, du bureau de l’agence à Genève, ne cite néanmoins que le représentant américain de l’administration de la santé ou des organisations présentes au Palais des Nations.</p>
<p>Durant les premiers jours, du 20 au 23, les versions provisoires des résolutions étaient quotidiennement publiées sur le site de l’organisation. Les propositions d’amendements (ajout, suppression ou maintien ou surlignage en jaune des termes sujets au débat) sont consultables avec à chaque fois les pays qui les proposent. Cela permettait de suivre les évolutions ainsi que les remarques des pays. Cependant, depuis le 24 mai, c’est retour vers le passé. Seule la version initiale préalable à toute réunion informelle a été mise en ligne.</p>
<p>La version finale publiée sur le site le 28 mai au matin confirme cette tendance: aucune mention des débats internes n’a été gardée</p>
<h4>Sur le fond</h4>
<p>La transparence des prix, des coûts de recherche et développement et des coûts des essais cliniques. Rien de tout cela n’est connu à ce jour. Si l’on ignore les prix, c’est parce que les entreprises pharmaceutiques imposent des clauses de confidentialité aux pays. Chacun pensant qu’il dispose de la meilleure offre.</p>
<p>La transparence des prix est une étape essentielle pour réaliser les autres recommandations. En effet, si elle permet au moins aux États de savoir combien paye le voisin, elle garantira aux États disposant d’un pouvoir de négociation limité de brandir les prix pratiqués par ailleurs pour faire basculer la balance en leur faveur.</p>
<p>Les coûts de la recherche et développement: les entreprises pharmaceutiques justifient le cout élevé d’un médicament donné, car toutes les recherches n’aboutissent pas à la commercialisation. Il y a donc des couts de recherche qui ne sont jamais amortis ou rentabilisés. Aussi, ils rejettent le calcul du prix des médicaments individuellement.</p>
<p>Les essais cliniques sont aussi un grand point noir. Les labos surévaluent leurs coûts comme l’ont observé plusieurs ONGs.</p>
<h4>Démocratie et diplomatie ne font pas bon ménage</h4>
<p>Allemagne, Suisse, Japon, Grande-Bretagne, États-Unis, France, Finlande, etc. se sont relayés tout au long de la semaine en se répartissant les rôles des « bad &amp; good cops ». Quand l’un était intransigeant, l’autre se montrait conciliant. Quand, l’un s’exprimait tel jour, il se faisait plus discret le lendemain. Une technique qui a apporté ses fruits, car ce n’est que lundi 27 mai 2019 que sera examinée la résolution en plénière et séance ouverte cette fois. Ces pays sont ceux qui ont les plus grandes délégations composées de représentants politiques (ministres, secrétaires d’État, etc.) mais aussi de conseillers.</p>
<p>La technique employée pour noyer le débat est le flot d’amendements proposés par les pays contre la transparence. Un jeu de ping-pong s’est étendu toute la semaine entre ceux qui proposent de maintenir, de supprimer ou d’ajouter. Un suivi qui n’était plus possible à partir du 24 mai (cf. ci-dessus).</p>
<p>L’objectif de ces réunions informelles de travail est de formuler un texte consensuel entre les opposants et les soutiens de la résolution afin qu’elle soit adoptée à l’unanimité. Pourquoi ne pas passer au vote, quand le nombre de pays favorables est supérieur aux opposants. « Ça serait mal vu, comme un passage en force » explique un délégué non favorable.</p>
<h4>Europe divisée Nord/Sud: Géopolitique du médicament</h4>
<p>Italie, Espagne, Portugal, Slovénie, Grèce, etc. sont favorables à cette résolution sur la transparence. En face, il y a l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suisse, la Finlande, éventuellement la France, etc. Les principaux acteurs de la résolution font partie de l’Union européenne et saisissent néanmoins cet espace du multilatéralisme, où chaque pays dispose d’une voix indépendamment de sa taille, de sa population, ou puissance économique ou militaire. Pourquoi ne pas avoir une position européenne commune sur le prix surtout que sur le plan technique l’union a une certaine cohérence. En effet, les autorisations de mise sur le marché au sein de l’union se font à échelle communautaire.</p>
<p>Cette résolution peut nous interpeller en effet, car les pays européens qui sont en faveur de la transparence sont simultanément des membres d’une communauté qui promeut le secret des affaires, le secret des résultats des essais cliniques. Dans la proposition européenne de l’accord de libre-échange complet et approfondi, la Tunisie risque de ne plus avoir les coudées libres en matière de production pharmaceutique. Les fabrications sous licence (avec accord de la firme pharmaceutique) ainsi que les génériques (médicaments libres de droits) pourraient être pénalisés.</p>
<p><iframe src="https://castbox.fm/app/castbox/player/id2404592/id203205813?v=8.14.0&amp;autoplay=0" width="100%" height="500" frameborder="0"></iframe></p>
<p>Communication lors du colloque international organisé par la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, particulièrement par le Mastère « Gouvernance et lutte contre la corruption » qu’elle abrite et l’Instance nationale de lutte contre la corruption avec le partenariat de la GIZ et de la coopération allemande. Ce colloque s’est tenu les 14 et 15 novembre 2019 à la Faculté.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/sante-medicaments-quand-les-etats-domines-negocient-linformation/">Santé: la bataille autour de la transparence sur le prix des médicaments</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>ALECA / Tunisie : « lire attentivement la notice »</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/aleca-tunisie-lire-attentivement-la-notice/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[فريق بر الامان La rédaction de Barr al Aman]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jan 2019 19:12:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[ALECA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;ALECA « entraînera certainement une hausse des prix et réduira l&#8217;accès à certains médicaments », prévient Oumaima Jegham une chercheuse&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>L&rsquo;ALECA « <strong>entraînera certainement une hausse des prix et réduira l&rsquo;accès à certains médicaments</strong> », prévient Oumaima Jegham une chercheuse préparant un mémoire de master intitulée Droit de la propriété intellectuelle et accès aux médicaments, les conséquences possibles de l’ALECA. Ce traité se compose de 11 « catégories » et aucune ne porte sur la santé ou l’industrie pharmaceutique à proprement parler. Cependant, à y voir de plus près, la catégorie « propriété intellectuelle » comprend des articles intitulés : « brevets et santé publique » et « prolongation de la durée de protection conférée par un brevet sur les médicaments ». Des chevaux de Troie ? Le risque existe. Brevets, période de protection additionnelle aux brevets et secret des affaires sont les trois mécanismes qui pourraient avoir un impact sur l’accès aux soins.</em></p>
<h4><strong>Les prolongations de brevets</strong></h4>
<p>Selon Jegham, l&rsquo;exclusivité des données, notamment en matière de brevets, aura un effet considérable sur les prix des médicaments. « <strong>La protection est conférée pour une durée limitée, en général 20 ans à compter de la date de dépôt de la demande,</strong> » selon l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle. A l’issue de cette période, l’objet du brevet tombe dans le domaine public. Dans le milieu de la santé, cela se traduit par les médicaments génériques, des médicaments à bas prix avec le même principe actif. Une aubaine pour les malades mais aussi pour les caisses d’assurances publiques qui remboursent le cas échéant les soins.</p>
<blockquote><p><strong>ENCADRE 1 – Définition du brevet selon OMPI</strong></p>
<p>Un brevet est un droit exclusif conféré sur une invention. En règle générale, un brevet octroie à son titulaire le droit de décider comment – ou si – l’invention peut être utilisée par des tiers. En contrepartie, le titulaire du brevet met les informations techniques sur l’invention à la disposition du public dans le document de brevet publié.</p>
<p>Source : Organisation mondiale de la propriété intellectuelle &#8211; https://www.wipo.int/patents/fr/</p></blockquote>
<p>Le projet de traité tuniso-européen (ALECA) daté de juillet 2018 prévoit <strong>une période de protection complémentaire </strong>des propriétés intellectuelles considérant qu’un brevet ne peut être indéfiniment renouvelé. A première vue, cette démarche permettrait de rassurer les investisseurs sur le respect de leurs droits et de leurs propriétés. En 2008, <a href="https://www.lesechos.fr/12/11/2008/LesEchos/20298-115-ECH_l-innovation-pharmaceutique-a-l-aune-des-brevets.htm"><em>le journal Les Echos</em> </a><a href="https://www.lesechos.fr/12/11/2008/LesEchos/20298-115-ECH_l-innovation-pharmaceutique-a-l-aune-des-brevets.htm">justifiait cela ainsi</a> :</p>
<p>« Les brevets sont déposés très en amont de l&rsquo;exploitation commerciale, avant même l&rsquo;entrée en développement clinique (essais chez l&rsquo;homme). Puisqu&rsquo;il faut de dix à douze ans, à compter de l&rsquo;identification de la molécule active, pour mettre un produit sur le marché, la durée pendant laquelle la commercialisation est protégée, donc à l&rsquo;abri des génériques, est au plus de huit à dix ans sur une durée totale du brevet de vingt ans. D&rsquo;où l&rsquo;instauration, depuis 1993, du certificat complémentaire de protection (CCP), qui peut allonger jusqu&rsquo;à cinq ans la durée de protection du brevet » selon le règlement de l’Union Européenne n° 1768/92 du 18 juin 1992.</p>
<p>Cependant, les conséquences de ces délais supplémentaires sont aussi simples que néfastes : plus la période de protection est longue, plus le médicament est cher, moins il est accessible, plus les délais d’accès aux génériques sont longs. Et plus les patients attendent, moins ils ont de chance de (bien) vivre.</p>
<p>Dans les années 2000, les pays asiatiques ont été confrontés aux négociations d’accords de libre-échange. Droit à la vie et à la santé ou droit de la propriété ? Le dilemme schématisé en ces termes est le même auquel la Tunisie est confrontée aujourd’hui. Par exemple, en Inde, le libre-échange et la propriété intellectuelle n’ont pas fait bon ménage. En 2010, le gouvernement et la commission européenne négociaient, à huis clos, les termes d’un accord qui comportait également <strong>une extension de la protection de la propriété intellectuelle</strong>. Une démarche critiquée par Médecins sans frontières. C’est le traitement contre le VIH/sida qui était en jeu, les citoyens indiens n’étaient pas les seuls concernés. En effet, selon <a href="https://www.msf.ch/nos-actualites/communiques-presse/accord-libre-echange-fta-entre-lunion-europeenne-ue-linde">un communiqué de presse sur le site de l’ONG</a>: “l’Inde est à l’origine de 80% des médicaments contre le sida employés dans les projets Médecins Sans Frontières. Sans les médicaments de qualité et à des prix abordables fabriqués en Inde, il aurait été impossible d’étendre le traitement aux niveaux actuels et des millions de vies n’auraient pas été sauvées. »</p>
<p>A la même période, la Thaïlande parvenait à fournir un traitement contre le VIH/Sida, il consiste en une association de trois antirétroviraux. Aucun des trois médicaments n&rsquo;est breveté dans ce pays. L’accord de libre-échange avec l’association européenne de libre échange (AELE, une association d&rsquo;États visant à établir une zone de libre-échange en Europe comprenant des pays ne faisant pas partie de l’UE comme la Suisse.) <a href="https://www.publiceye.ch/fr/news/detail/consequences-dun-accord-de-libre-echange-aele-thailande-pour-lacces-aux-medicaments-en-thailande/">mettait en péril l&rsquo;accès à deux sortes de médicaments non-brevetés</a>, bien que ce pays asiatique respecte les accords de propriété intellectuelle de l’OMC. In fine, la Thaïlande est loin d’être un pirate, elle met en application des dispositions prévues par l’Organisation Mondiale du Commerce, notamment l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC, en anglais, Agreement on Trade-Related Aspects of Intellectual Property Rights : TRIPS). <strong>Les Européens s’avèrent plus restrictifs que l’OMC.</strong></p>
<h4><strong>« La licence » en toute franchise</strong></h4>
<p>Que faire quand un médicament pouvant sauver des millions de vies humaines est découvert et qu’il coûte trop cher ou existe en quantité limitée ?</p>
<p>A l’image d’un café Starbucks ou d’un fastfood « Baguette et Baguette », l’équivalent des franchises dans le domaine médical, c’est la « licence ». Elle permet <em>a priori </em>de faciliter, d’étendre et d’accélérer l’accès aux médicaments brevetés. <a href="https://www.wipo.int/ipadvantage/fr/details.jsp?id=2916">Même l’OMPI vante certaines expériences de « licensing » comme un moyen de sauver des vies.</a></p>
<p>En Tunisie, le leader sur le marché Adwya produit sous <strong>licence volontaire</strong> plusieurs médicaments comme l’antiobiotique Clamoxyl sous licence du britannique GSK ou Hexomédine sous licence du français Sanofi-Aventis. La production et la commercialisation s’effectuent sous la marque de la multinationale, les revenus de la vente des médicaments sont encaissés par le laboratoire tunisien qui prend en charge : les coûts de production et les royalties (environ 4% des ventes). La rentabilité est jugée élevée dans une <a href="http://www.macsa.com.tn/Downloader?sn=2906"><em>Note de recherche de MAC SA</em></a><em>, </em>intermédiaire en bourse, février 2008. Adwya s’est longtemps focalisé sur ce créneau, mais s’oriente de plus en plus vers le générique depuis une dizaine d’années. Néanmoins, une source interne estime qu’avec la chute du dinar, l’exclusivité conférée au détenteur du brevet, les marges sur les produits sous licence se réduisent nettement pour Adwya comme pour les autres laboratoires tunisiens. « Pour nous fournir les produits sous licence, les grands laboratoires se fournissent chez des usines indonésiennes ou indiennes pour nous les refacturer au nom de leurs labos à Londres, Paris ou ailleurs. Or, nous nous fournissons chez les mêmes usines pour les génériques. » Si les Tunisiens vendaient des génériques au lieu des « sous-licence », ils pourraient se faire une marge de 30 à 60%, estime-il.</p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_3012" aria-describedby="caption-attachment-3012" style="width: 944px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-3012" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/adwya_macsa.png" alt="adwya_macsa_2008" width="944" height="511" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/adwya_macsa.png 944w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/adwya_macsa-450x244.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/adwya_macsa-768x416.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/adwya_macsa-900x487.png 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/adwya_macsa-370x200.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/adwya_macsa-270x146.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/adwya_macsa-740x401.png 740w" sizes="(max-width: 944px) 100vw, 944px" /><figcaption id="caption-attachment-3012" class="wp-caption-text">Note de recherche de MAC SA, intermédiaire en bourse, février 2008.<br />Source : http://www.macsa.com.tn/Downloader?sn=2906</figcaption></figure>
<p><strong>Licence d’office et obligatoire</strong></p>
<p>Contrairement aux franchises, toutes les licences ne sont pas contractuelles ou consensuelles… « Lorsque des raisons d’intérêt général le justifient, les autorités publiques nationales peuvent autoriser l’exploitation d’un brevet par une personne tierce sans le consentement du propriétaire. » Ceci n’est pas une revendication d’un militant mais une affirmation de <a href="http://apps.who.int/medicinedocs/fr/d/Jwhozip36f/3.4.8.2.html">l’Organisation Mondiale de la Santé</a> (OMS). Il s’agit là d’une suspension temporaire ou permanente du brevet dans un pays. Une sorte de compromis entre d’un côté le droit à la santé et à la vie, et le droit de la propriété privée de l’autre côté.</p>
<p>L’ONG lausannoise <a href="https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/medicaments">Public Eye dénonce la situation de « monopole » conféré par les brevets, estimant que</a> « les pharmas peuvent fixer les prix comme bon leur semble, ou presque. Les gouvernements sont à la fois otages et complices de la toute-puissance des géants de la pharma. » Elle incite les Etats à faire usage de leurs droits, « à l’aide d’un instrument légal, <strong>la licence obligatoire</strong>, qui permet la mise en vente de génériques moins chers malgré l’existence d’un brevet. »</p>
<p>Autre méthode de garantie du droit d’accès aux soins <strong>: la licence d’office</strong>. En l’occurrence, le droit français prévoit de faire prévaloir l’intérêt général :<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069414&amp;idArticle=LEGIARTI000006279492&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid"><em> « si l’intérêt de la santé publique l’exige »</em></a> les brevets délivrés pour des médicaments peuvent être soumis au régime de la licence d’office. La loi autorise une telle procédure lorsque les médicaments brevetés <em>« ne sont mis à la disposition du public qu&rsquo;en quantité ou qualité insuffisante ou à des prix anormalement élevés »</em>.</p>
<h4><strong>Et en Tunisie, quel peut être l’impact de l’ALECA ?</strong></h4>
<p>Dans une version antérieure rendue publique en avril 2017 et datant d’avril 2016, l’accord prévoyait une protection des données des essais cliniques des médicaments. Or, un médicament ne peut être commercialisé sans tests cliniques. Donc, les Etats ou laboratoires locaux doivent refaire des essais afin de commercialiser un générique… qui est libre de droit par définition.</p>
<p>Cette disposition a suscité de vives critiques, notamment de la part de <a href="https://itpcmena.org/tunisie-aleca-abus-de-droits-pour-lindustrie-pharmaceutique-au-detriment-de-la-sante-des-tunisiennes/?fbclid=IwAR2XDeTmPDEbUc1DPhwFLvfYZKs33O-J96HdYA6msjN3P5XO3QeVGMtckdw">ITPC Mena</a> une ONG basée à Casablanca qui a pour but de faire valoir l’accès aux soins sur la propriété intellectuelle. Elle consiste en «<strong><em> une protection exclusive des données des essais cliniques pour une durée de 10 ans.</em></strong> Cette clause abusive est une demande quasi systématique de la Commission Européenne dans ses Accords de libre-échange. Si acceptée, cette mesure permettrait aux multinationales de bloquer l’enregistrement de médicaments génériques pendant 5 ans (certains parlent de 10 ans) même en l’absence de brevets. Pire, cette mesure pourrait bloquer l’usage par l’État tunisien d’utiliser son droit d’utiliser des licences obligatoires ou d’office. En effet, si l’Etat lève la protection par le brevet à travers ces licences, il sera impossible d’enregistrer des génériques pendant la durée d’exclusivité des données ce qui reviendrait simplement à neutraliser définitivement l’option d’usage de ce type de licences. »</p>
<p>Dans la version actuelle de l’ALECA (datée de juillet 2018), cette partie a été supprimée. Une victoire ? Pas nécessairement…</p>
<figure id="attachment_3011" aria-describedby="caption-attachment-3011" style="width: 503px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" wp-image-3011" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2016_ALECA2018.png" alt="" width="503" height="159" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2016_ALECA2018.png 474w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2016_ALECA2018-450x142.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2016_ALECA2018-370x117.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2016_ALECA2018-270x85.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2016_ALECA2018-470x150.png 470w" sizes="(max-width: 503px) 100vw, 503px" /><figcaption id="caption-attachment-3011" class="wp-caption-text">Extrait du <a href="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/tradoc_154486_proprie%CC%81te%CC%81_intellectuelle_v2016.pdf">projet européen d&rsquo;ALECA daté de 2016, section « secret des affaires »</a>.</figcaption></figure>
<figure id="attachment_3010" aria-describedby="caption-attachment-3010" style="width: 503px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" wp-image-3010" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2018.png" alt="" width="503" height="227" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2018.png 457w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2018-450x203.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2018-370x167.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2018/12/ALECA2018-270x122.png 270w" sizes="(max-width: 503px) 100vw, 503px" /><figcaption id="caption-attachment-3010" class="wp-caption-text">Extrait du projet européen d&rsquo;ALECA juillet 2018, secret des affaires.</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong>Vivement « le secret des affaires » !</strong></h4>
<p>Parmi les évolutions observées dans le projet de l’ALECA entre la version de 2016 et la version de juillet 2018, un article intitulé « secret des affaires » a été rédigé et développé.</p>
<p>De quoi s’agit-il ?</p>
<p>Selon le projet, le principe de « secret d’affaires » ce sont des informations qui « ont une valeur commerciale parce qu&rsquo;elles sont secrètes ». Cette proposition réalisée par la partie européenne considère qu’il est contraire aux usages honnêtes en matière commerciale, par exemple « l&rsquo;obtention d&rsquo;un secret d&rsquo;affaires sans le consentement du détenteur du secret d&rsquo;affaires, lorsqu&rsquo;elle est réalisée par le biais d&rsquo;un accès non autorisé à tout document, objet, matériau, substance ou fichier électronique ou d&rsquo;une appropriation ou copie non autorisée de ces éléments, que le détenteur du secret d&rsquo;affaires contrôle de façon licite et qui contiennent ledit secret d&rsquo;affaires ou dont ledit secret d&rsquo;affaires peut être déduit. »</p>
<p>Au-delà de la tonalité juridique, le message est clair. Appliqué au domaine médical, le<strong> secret des affaires</strong> pourrait donner plus de marge de manœuvre aux grands laboratoires pour protéger leurs molécules. C’est une protection plus étendue que le brevet, pouvant lui être alternative.</p>
<p>Dans un guide pratique, <a href="https://www.lyon-metropole.cci.fr/upload/docs/application/pdf/2018-09/guide-ccif-secret-des-affaires-08-2018.pdf">la chambre de commerce et d’industrie de Lyon</a> (CCI) encourage les entreprises à se saisir de cette disposition en vigueur en France depuis le 30 juillet 2018 :</p>
<p>« Certes, le brevet confère à son titulaire un droit exclusif pour l’exploitation de l’invention et peut être valorisé par la concession de licences d’utilisation, mais le secret peut lui être préféré. C’est même la solution privilégiée par nombre d’entreprises, et notamment les PME, l’avantage principal étant que les conditions de protection du secret sont beaucoup plus souples que celles relatives aux droits de propriété industrielle : absence de procédures administratives, de taxes, de limites territoriales, de durée… Mais surtout, breveter impose de publier l’invention, qui va donc être connue de la concurrence. »</p>
<h4><strong>Les effets secondaires de l’ALECA </strong></h4>
<p>Selon Oumaima Jegham, très peu de Tunisiens semblent comprendre le lien entre les droits de propriété intellectuelle et les soins de santé, y compris les entreprises pharmaceutiques nationales et l&rsquo;équipe de négociation tunisienne elle-même. En avril 2017, les négociateurs tunisiens sur ces questions faisaient partie de l&rsquo;INNORPI, l&rsquo;office tunisien des brevets, et du ministère de la santé. Cependant, a dit Jegham, « ils ne sont pas des experts en matière de droits de propriété intellectuelle qui concernent spécifiquement le secteur de la médecine et de la santé ».</p>
<p>« Il y a une inadéquation entre la composition de l&rsquo;équipe de négociation et les sujets abordés à la table des négociations. Lorsque je participe à des conférences sur l&rsquo;ALECA, les gens parlent d&rsquo;immigration, de textile, de technologie, mais personne ne parle de l&rsquo;accès aux médicaments. Personne ne parle des droits de propriété intellectuelle&#8230; des dispositions sur les droits de propriété intellectuelle qui auront aussi des répercussions sur d&rsquo;autres secteurs, » estime-t-elle. Du côté des professionnels du médicament, certains laboratoires tunisiens ne sont pas informés (et ne s’informent pas ?) de l’évolution des négociations et de la portée médicale du projet de traité tuniso-européen. Si ce texte est adopté en l’état, plus rien ne sera comme avant, ni pour eux, ni pour leurs clients… les Tunisiens.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/aleca-tunisie-lire-attentivement-la-notice/">ALECA / Tunisie : « lire attentivement la notice »</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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