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	<title>Hafawa Rebhi | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>Hafawa Rebhi | Research Media</title>
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		<title>« La terre amère » : Les paysans racontent leurs combats</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hafawa Rebhi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2020 07:55:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
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		<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’humus halète. L’eau frémit en sortant des vieux tuyaux en caoutchouc, puis elle chantonne en coulant dans les&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1" style="text-align: left;">L’humus halète. L’eau frémit en sortant des vieux tuyaux en caoutchouc, puis elle chantonne en coulant dans les seghias. Les feuilles des plantes potagères tremblent au contact de la douce brise matinale. Des cigales stridulent. Les roues de la charrette grincent en écrasant les cailloux de la piste poussiéreuse. Las, le moteur d’un tracteur vrombit continuellement pour vider les entrailles d’un puits tari. Un oud fredonne doucement. Des coups de percussion légers cadencent son chant.</p>
<p class="p1">Le documentaire du Groupe de Travail pour la Souveraineté alimentaire (GTSA) et de l’association Al-Warcha, réalisé par Mohamed Boukoum, est un film qui s’écoute. Mais, se contenter des scènes sonores priverait les yeux de tant de beauté : les champs verdoyants de la Manouba, l’immensité de la steppe de Sidi Bouzid, les palmiers de Kébili à perte de vue, ou encore les soirées estivales joyeuses dans l’oasis de Chenini sur la côte de Gabès.</p>
<p class="p1">Attention tout de même. Tout n’est pas vert. Tout n’est pas si onirique qu’on le croit. Aussi belle soit-elle, la terre que raconte ce documentaire financé (sans condition ni diktats) par l’ONG War on Want, est une « terre amère ». Et c’est d’ailleurs le titre du film.</p>
<p class="p1">« La terre amère » raconte en effet la paysannerie tunisienne et les combats qu’elle mène depuis des décennies.</p>
<p class="p1">La pertinence du film tient dans la force des témoignages qu’il expose. Ce sont les paysannes et les paysans qui parlent. Et là, on est très loin de l’image constamment véhiculée par les feuilletons et les one-man-shows insipides, celle du paysan vulgaire et ignare, moqué souvent pour ses habits et son accent rural.</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="y0EYGdDW8I"><p><a href="https://www.researchmedia.org/les-graines-de-la-souverainete-thierry-bresillon/">Les graines de la souveraineté</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="&#8220;Les graines de la souveraineté&#8221; &#8212; Research Media" src="https://www.researchmedia.org/les-graines-de-la-souverainete-thierry-bresillon/embed/#?secret=0LxLr7ZuCC#?secret=y0EYGdDW8I" data-secret="y0EYGdDW8I" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p class="p1">Les paysannes et les paysans de « La terre amère » sont les détentrices et les détenteurs d’un savoir qu’ignorent certaines élites urbaines autoproclamées frileuses à tout contact avec la ruralité. Leur force de caractère, ils l’ont forgée en se confrontant aux aléas du climat et des politiques publiques. Leur décision de rester, de tenir bon, ils l’assument pleinement. Les chants de sirène de la vague libérale des années 1970 et 1980 ne les ont pas trompés. Ils n’ont pas échoué comme les autres dans les quartiers délabrés dont se sont ceintes les grandes villes industrielles ou touristiques du pays.</p>
<p class="p1">Les paysannes et les paysans de « La terre amère » sont surtout conscients de la mécanique du pouvoir et de l’assujettissement. Dans leurs esprits, coule la sève brute de la terre et leur vie est accordée au rythme de la nature.</p>
<p class="p1">Avant même sa prière de l’aube, Monjia Ferjani commence sa journée par un moment de recueillement dans son petit potager. Ce rite incontournable embué de rosée et de vapeurs matinales et cette communion quotidienne avec la terre, la paysanne mère de famille les raconte avec une sincérité émue et un sourire qui ne parvient pas à cacher sa tristesse. Vivant à la Manouba, l’un des gouvernorats les plus fertiles et les mieux irrigués du pays, elle et ses voisins sont des paysans dans l’âme. Mais, les 500 hectares de leur village de Dekhila (délégation de Tébourba), l’État préfère les céder à un seul investisseur privé que de les distribuer à Monjia et à des centaines de jeunes ne demandant qu’à accéder, dans la dignité, à un tout petit bout de terre.</p>
<p class="p1">Le biais de l’État en faveur du secteur privé est tout autant criant à Sidi Bouzid. Là-bas, à Menzel Bouzaiène, un investisseur détient à lui seul 1200 hectares. Barricadé dans son immense terrain fortifié, l’investisseur jouit sereinement des incitations généreuses de l’État : un sondage bien équipé et de l’eau abondante et gratuite pour irriguer 600 oliviers.</p>
<p class="p1">Qu’en est-il des oliviers au-delà des fortifications de ce domaine privé ? Ils crèvent, tout simplement, depuis que la nappe s’est asséchée. Quelque 50 paysans voisins de l’investisseur (comparé à un colonisateur) ont vu leurs puits tarir et dû creuser davantage, en deçà de 55 mètres, pour atteindre l’eau fuyante. L’un d’entre eux a désespérément entrepris le forage manuel d’un nouveau puits. Il y a mis tellement de temps que la poulie s’est rouillée et les cordages se sont usés.</p>
<p class="p1">Dans ce décor ocre et poussiéreux, Mourad Ben Hassine et Riadh Baccari ont relaté, au nom de leurs pairs, leur combat. Pour dénoncer l’injustice qu’ils subissent et mieux revendiquer leur droit à l’eau, aux intrants et à la vie, ces paysans se sont organisés au sein d’une association qu’ils ont baptisée « Vers une agriculture souveraine ». <span class="s1"><i>Nafas</i> </span>en est l’acronyme arabe et cela signifie le souffle.</p>
<p class="p1">Massoud Seghaier, lui, s’est reconverti à l’agriculture à la suite d’un long parcours professionnel. Après un séjour en Libye, un passage par l’enseignement et plus de 25 ans de travail dans les compagnies pétrolières du Sud tunisien, un retour aux sources s’imposait. Se reposer dans l’ombrage de la palmeraie après quelques heures de labeur était un rêve qui valait le coup.</p>
<p class="p1">Les problèmes guettaient toutefois Massoaud. Prouver sa propriété sur une parcelle de terrain est une entreprise ardue et compliquée dans les gouvernorats du sud où les terres sont encore collectives. Une autre menace couve au fin fond des sables rampants. Hydro-phages, les compagnies pétrolières finiront par gober toute l’eau qui irrigue en profondeur l’oasis.</p>
<p class="p1">Plusieurs autres paysans ont pris la parole dans le documentaire, notamment à l’occasion de la fête des semences paysannes organisée en septembre dernier dans l’oasis de Chénini.</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lUCVy5GZ9f"><p><a href="https://www.researchmedia.org/tunisiejemna-letat-jaloux-dune-ong-depasse/">Tunisie/Jemna: l&#8217;Etat, jaloux d&#8217;une ONG qui le dépasse</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="&#8220;Tunisie/Jemna: l&#8217;Etat, jaloux d&#8217;une ONG qui le dépasse&#8221; &#8212; Research Media" src="https://www.researchmedia.org/tunisiejemna-letat-jaloux-dune-ong-depasse/embed/#?secret=fXzlPM44MI#?secret=lUCVy5GZ9f" data-secret="lUCVy5GZ9f" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p class="p1">Répondant à l’appel de l’Association tunisienne de permaculture, des dizaines de paysannes et de paysans se sont ruées vers cette oasis maritime, lui apportant chacun un présent de valeur inestimable, comme pour lui insuffler la force face à la pollution et à la soif.</p>
<p class="p1">Pendant le jour, les invités de l’oasis exposaient leurs trésors : des semences de blé, d’orge et de légumes, des variétés tunisiennes qui n’ont pas été ni altérées ni hybridées. Devant les stands, sous les tentes, on échangeait dans la bonne humeur ces graines paysannes, tout en en relatant les histoires de transmission de génération en génération. Le soir, c’était l’heure des grands débats : le combat pour préserver ces semences et le savoir-faire qui leur est inhérent, la résistance nationale et internationale face aux multinationales semencières et agrochimiques, l’accès équitable à l’eau, le droit à la propriété de la terre, les modes d’organisation de la paysannerie, les ravages des monocultures intensives et les réformes nécessaires pour réaliser la souveraineté alimentaire.</p>
<p class="p1">À ces discussions, les militants des associations GTSA et Al-Warcha, comme Layla Riahi et Wassim Laabidi ont participé, non sans zèle. Les concepteurs du documentaire ne sont pas des observateurs extérieurs qui couvrent un sujet avant de passer à autre chose. C’en sont des personnages clés et influents, tout comme les autres paysans et militants rencontrés au fil des séquences. C’est là l’autre grande particularité de « La terre amère ».</p>
<p><iframe title="“The Bitter Land” - Al Warcha and Working Group on Food Sovereignty - TUNISIA" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/g_EazvGgs4s?start=17&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/la-terre-amere-les-paysans-racontent-leurs-combats-compte-rendu/">« La terre amère » : Les paysans racontent leurs combats</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>L’économie sociale et solidaire, une histoire tunisienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hafawa Rebhi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Dec 2019 09:50:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Salah]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[ESS]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au commencement était la solidarité, la vraie, cet élan fédérateur et bienveillant qui animait la vie de la&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Au commencement était la solidarité, la vraie, cet élan fédérateur et bienveillant qui animait la vie de la collectivité… C’était il y a longtemps, bien avant que l’individualisme mercantile ne chamboule la société tunisienne. Et ça l’est encore aujourd’hui dans quelques communautés et régions où l’on pratique toujours la Twiza.</b></p>
<h4><b>Les racines de l’ESS</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">La </span><i><span style="font-weight: 400;">Twiza</span></i><span style="font-weight: 400;">, telle que définie par Wassim Laabidi, chercheur en économie sociale et solidaire (ESS), est dérivée du mot berbère </span><i><span style="font-weight: 400;">Wiz</span></i><span style="font-weight: 400;"> ou </span><i><span style="font-weight: 400;">Iwaz</span></i><span style="font-weight: 400;"> et qui signifie aider, s’entraider ou encore s’épauler.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle se décline, selon lui, en une vaste panoplie de pratiques adaptées, chacune, à la collectivité et à son  territoire. La </span><i><span style="font-weight: 400;">Farga</span></i><span style="font-weight: 400;"> en est une et consiste en une forme de financement solidaire encore appliquée en particulier dans le Sud Ouest de la Tunisie. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En cas de besoin et en particulier en cas de difficulté financière pour cause majeure, l’individu appartenant à une tribu peut faire appel aux membres de la communauté pour lancer une collecte de fonds. La somme collectée n’est pas assujettie à un remboursement de la part du bénéficiaire. Celui-ci a, toutefois, l’obligation morale de contribuer à la prochaine </span><i><span style="font-weight: 400;">Farga</span></i><span style="font-weight: 400;">. « Ce système ancestral de financement solidaire a permis jusqu’à aujourd’hui de renforcer les liens et la cohésion sociale au sein des tribus et des communautés sudistes », explique le chercheur.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce n’est certes pas un retour à la société archaïque que prône Wassim Laabidi, mais plutôt une reconnaissance de l’ancrage historique de la solidarité dans la société tunisienne. Les formes de l’économie solidaire en période précoloniale ne furent d’ailleurs que le point de départ pour le chercheur qui a remonté le cours du temps afin de dégager la dynamique et l’évolution de l’ESS dans le pays.  </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Ce système ancestral de financement solidaire a permis jusqu’à aujourd’hui de renforcer les liens et la cohésion sociale au sein des tribus et des communautés sudistes », explique Wassim Laabidi.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Celui qui a ainsi retracé l’histoire, non pas de l’élite, mais celle des masses paysannes et urbaines, se trouve aujourd’hui agacé par une propension à occulter la profondeur historique de l’ESS. Depuis la révolution de l’hiver 2010-2011, un certain excès de benchmarking dans les fora économiques parrainés généralement par les bailleurs de fonds étrangers, pourrait en effet conforter l’idée que l’ESS vient d’ailleurs et que les Tunisiens n’ont qu’à l’importer et l’adapter à leur réalité.</span></p>
<h4><b>Un projet politique</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">En dédiant, en 2014, son mémoire de recherche à l’âme de Mohamed Ali Hammi qui avait fondé 90 ans plus tôt, la première Association tunisienne de coopération économique, le chercheur a également voulu insister sur la valeur politique de l’ESS. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les artisans et commerçants tunisiens ainsi organisés avaient résisté à la colonisation française tout en pavant le terrain à la naissance, en 1946, de la centrale syndicale. Le mouvement syndicaliste est ainsi fait de l’étoffe même de l’ESS dont les valeurs sont, entre autres, la solidarité, la liberté,  la gestion démocratique et collective, la responsabilité morale et surtout la primauté de l’homme sur le capital</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Wassim Laabidi craint, d’ailleurs, une approche trop encline à usurper cette âme et ces principes fondateurs de l’ESS et à n’en garder que le sigle à des fins de branding néolibéral.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’ESS pâtit déjà de l’échec de l’expérience des coopératives menée dans les années 1960 par le ministre du Plan d’alors, Ahmed Ben Salah. Ce socialiste dans l’âme avait, en vain, essayé de théoriser et d’institutionnaliser l’ESS en tant que troisième secteur, aux côtés du secteur public et du secteur privé. C’était, pensait-il, le meilleur moyen d’amorcer un développement agricole et industriel à grande échelle après plus de sept décennies de colonisation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une interview accordée en avril 1982 au journal le Maghreb, le ministre s’était expliqué en disant : « On reconnaît même le bien fondé de la stratégie que nous avions suivie, à savoir qu’on ne pouvait pas démarrer dans le développement sans au préalable créer une infrastructure. A l’échelle internationale on reconnaît maintenant qu’il faut un plan Marshall pour créer une infrastructure dans les pays du Tiers Monde, avant de penser en faire des marchés intéressants. » </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Désavoué par l’opinion publique et condamné en 1970 par la Haute cour à dix ans de travaux forcés, Ben Salah n’avait en aucun moment renoncé à la pertinence de sa stratégie, ni au potentiel du mouvement des coopératives.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> « Ce sont les autres qui y ont renoncé lorsqu’ils ont imposé la généralisation hâtive [des coopératives], alors que moi j’ai écrit dans le texte du plan qu’il fallait faire les choses progressivement », avait-il affirmé à l’hebdomadaire tunisien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A l’opinion qui lui reprochait d’avoir précipité le mouvement coopératif et d’avoir massacré le petits agriculteurs, il avait répondu : « Si on avait commencé par les gros agriculteurs, l’expérience n’aurait pas duré six mois. Les gens s’étaient organisés en classe. Ils avaient leurs grandes et leurs petites entrées en haut lieu. Ils s’étaient déjà organisés en marge du courant progressiste ». </span></p>
<figure id="attachment_4627" aria-describedby="caption-attachment-4627" style="width: 225px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-4627 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-225x400.jpg" alt="" width="225" height="400" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-225x400.jpg 225w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-394x700.jpg 394w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-768x1365.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-864x1536.jpg 864w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-1152x2048.jpg 1152w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-370x658.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-270x480.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-169x300.jpg 169w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-740x1316.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/12/20161017_093222-scaled.jpg 1440w" sizes="(max-width: 225px) 100vw, 225px" /><figcaption id="caption-attachment-4627" class="wp-caption-text">Récolte des dattes, par l&rsquo;association de sauvegarde des palmeraies de Jemna, Kebili, Tunisie 17 octobre 2016 Mohamed Haddad pour Barr al Aman</figcaption></figure>
<h4><b>Méfiance et résistance</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2019, le progrès ne fait pas partie du champ lexical employé par la classe politique. Coincés dans l’impasse du modèle néolibéral adopté par la Tunisie depuis les années 1970, les pouvoirs publics peinent déjà à juguler une pléthore de déficits. L’endettement extérieur est faramineux, le secteur privé est acculé au bout des chaînes de valeur mondiales et le chômage, qu’il soit masqué ou à visage découvert, a réduit des millions de jeunes à des épaves sans espoir. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est dans ce contexte terne que l’ESS, tant par son ancrage historique que par son pouvoir créateur de richesse, se présente à l’Etat et à la société comme une alternative. Ne représentant que 1% du PIB national, l’ESS assure, sous d’autres cieux, comme en Espagne ou en France, plus de 10% du PIB. Cependant, le gouvernement n’arrive toujours pas à saisir le potentiel de l’ESS. Il en a pourtant fait un axe de son plan quinquennal 2016-2020 et lui a consacré une étude stratégique consistante. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La résistance à la logique de l’ESS est sortie au grand jour lors du bras de fer engagé il y a trois ans entre les habitants de Jemna </span><span style="font-weight: 400;">décidés à <a href="https://www.researchmedia.org/tunisiejemna-letat-jaloux-dune-ong-depasse/">gérer collectivement leur oasis</a> et le ministère du Domaine de l’Etat horripilé par ce qu’il a considéré comme une atteinte à ses terres domaniales.  </span></p>
<blockquote><p>Lire aussi: <a href="https://www.researchmedia.org/tunisiejemna-letat-jaloux-dune-ong-depasse/">Tunisie: L&rsquo;Etat jaloux d&rsquo;une ONG qui le dépasse</a></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette défiance est encore répandue parmi les hauts cadres des autres ministères qui ne comprennent pas l’essence de l’ESS. Pour eux, l’ESS s’apparente plutôt à une politique active de l’emploi (PAE) qu’à un troisième secteur à part entière. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les résultats des PAE menées depuis des décennies par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle ne sont pourtant pas assez probants pour être calqués. Si elles ne s’étaient pas carrément soldées par un échec total, comme ce fut le cas pour le programme AMAL lancé en 2011 pour allouer des primes de chômage aux diplômés de l’enseignement supérieur, les PAE peinent à prouver leur efficience. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est d’ailleurs le cas du programme de Stage d’Initiation à la Vie Professionnelle (SIVP) lancé en 1987, lequel a été <a href="http://adapt.it/adapt-indice-a-z/wp-content/uploads/2014/09/adbg_tackling_graduate_unemployment_2012_158.pdf">évalué par la Banque Africaine de Développement (BAD)</a> en 2012. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Exposée dans un <a href="https://drive.google.com/file/d/1LYWoHxMOMGRo-1L6w_jFlTvq5rJ8miMm/view?usp=sharing">livre</a> consacré par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprise (IACE) à l’évaluation des politiques publiques, l’étude d’impact du SIVP fait état d’un bilan mitigé. Ainsi, malgré son incidence positive sur la probabilité d’obtenir un emploi, essentiellement pour les plus vulnérables (les femmes, les jeunes originaires des zones défavorisées, etc.), le SIVP « ne garantit ni la stabilité dans l’emploi, ni une rémunération en adéquation avec le poste occupé ». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’étude de la BAD rejoint une autre <a href="https://www.banquemondiale.org/content/dam/Worldbank/document/MNA/tunisia/breaking_the_barriers_to_youth_inclusion_fre_chap5.pdf">étude de la Banque mondiale (2012)</a> pour montrer que le SIVP n’est pas indispensable au recrutement. « Même en l’absence du programme, les entreprises auraient recruté le personnel dont elles avaient besoin », note l’IACE</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce mélange d’incompréhension et de méfiance de la part de l’Administration a été récemment rapporté lors du Forum de l’ESS tenu le 29 novembre et le 1</span><span style="font-weight: 400;">er</span><span style="font-weight: 400;"> décembre à Tunis par Nawel Jabbes, chargée de l’ESS au ministère de l’Agriculture, et membre du comité gouvernemental en charge de rédiger une loi réglementant l’ESS.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette résistance fait écho à ce qu’avait écrit Ben Salah, quelques années plus tôt, dans son livre « </span><i><span style="font-weight: 400;">Pour rétablir la vérité » :  </span></i><span style="font-weight: 400;">« L’hostilité à son égard [l’expérience des coopératives] ne s’explique à notre sens que par la force de l’héritage, lui sûrement étranger , de libéralisme économique, comme elle s’explique par la peur des classes privilégiées nouvelles ou anciennes de voir monter la sève de l’expérience du grand nombre, les forces des communautés de demain. » </span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/leconomie-sociale-et-solidaire-une-histoire-tunisienne/">L’économie sociale et solidaire, une histoire tunisienne</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Franc CFA : Saga d’une monnaie (néo) coloniale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hafawa Rebhi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Nov 2019 10:57:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
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		<category><![CDATA[monnaie]]></category>
		<category><![CDATA[Néocolonialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le franc CFA.  Mouvementée est l’histoire de cette monnaie qui divise. Alors que certains pensent qu’il devait se&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le franc CFA.  Mouvementée est l’histoire de cette monnaie qui divise. Alors que certains pensent qu’il devait se reposer dans les vieilles collections de numismates férus d’histoire coloniale, le franc CFA circule encore aujourd’hui dans les veines de 14 économies africaines.</strong></p>
<p>Il aura fallu d’une bagarre entre les dirigeants de deux (ex)puissances coloniales pour rappeler encore une fois l’anomalie d’une situation qui perdure depuis des décennies.</p>
<p>En janvier dernier, Luigi Di Maio, alors vice-président du Conseil des ministres italien, s’était attaqué au président français, Emmanuel Macron, <a href="https://www.france24.com/fr/20190123-france-italie-franc-cfa-afrique-pays-colonisateur-matteo-salvini-luigi-di-maio-emmanuel-mac">l’accusant d’aggraver la crise migratoire, en continuant de piller l’Afrique.</a> « <strong>Il fait d&rsquo;abord la morale, puis il [Macron] continue à financer la dette publique [française] avec l&rsquo;argent qu&rsquo;il pille de l&rsquo;Afrique</strong> », avait-il asséné. Pour le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, le moyen de déprédation n’est autre que le franc CFA, par lequel Paris « continue de coloniser des dizaines de pays africains ».</p>
<p>Les Français avaient alors riposté en assurant que l’assaille de Rome ne servait qu’à des fins de politique interne. La thèse de Di Maio concernant le franc CFA ne manque toutefois pas d’arguments : des arguments de bon sens, des arguments de valeurs, des arguments par l’absurde et, puis, les faits implacables de l’histoire.</p>
<p>La bagarre italo-française rappelle en effet les années 1900. En ces temps-là, les puissances coloniales avaient achevé de partager l’Afrique et de déployer leurs monnayages. Les Africains qui avaient dans un premier temps adapté leurs modes de paiement traditionnels aux systèmes des colonisateurs avaient fini, vers la moitié du XXème siècle, par délaisser totalement leurs monnaies au profit des francs, des marks et des shillings.</p>
<figure id="attachment_4424" aria-describedby="caption-attachment-4424" style="width: 360px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-4424" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/11/4038768395.png" alt="" width="360" height="279" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/11/4038768395.png 360w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/11/4038768395-270x209.png 270w" sizes="(max-width: 360px) 100vw, 360px" /><figcaption id="caption-attachment-4424" class="wp-caption-text">Cette caricature a été évoquée dans le livre  L’arme invisible de la Françafrique, une histoire du franc CFA, Fanny Pigeaud et de Ndongo Samba Sylla, éd La Découverte 2018.</figcaption></figure>
<p>Cette histoire des monnaies coloniales est racontée par Régis Antoine, un universitaire spécialiste d’études coloniales, dans la revue d’<em>Historia</em> de février 1988. Dans son article, l’universitaire français remonte aux premiers temps de la colonisation portugaise en Afrique et en Asie, avant de traverser les siècles. Dans son voyage dans le temps et dans l’espace, il ne manque pas de raconter les assauts les plus surprenants des flibustiers des Caraïbes et les pillages les plus cruels, tels que le pillage du trésor du Dey d’Alger, lors de la prise de la ville par les colonisateurs français, en 1830.</p>
<p>Régis Antoine relate également la concurrence que s’étaient livrée les colonisateurs européens pour imposer leurs monnaies respectives aux colonies africaines. Ainsi le franc français avait dû affronter le shilling anglais au Dahomey [Bénin actuel] lequel avait été un territoire investi principalement par les commerçants britanniques. Dans la colonie du Kamerun perdue par Berlin à la suite de sa défaite à la Première Guerre mondiale, des pièces de cupro-nickel françaises avaient en quelques mois à peine évincé les <em>marks</em> allemands.</p>
<blockquote><p>Dans la flambée coloniale généralisée des années 1900, écrit-il, les <em>roupies</em> de la reine Victoria, les <em>pfennigs</em> africains de Guillaume II, les <em>reis</em> coloniaux du Portugal, les <em>francs</em> de l’Afrique française et les <em>centesimi</em> de l’Afrique italienne, les <em>francs</em> belges enfin de Léopold, roi de ‘ l’Etat indépendant du Congo’ (sic) font circuler les chignons des souverains et les casques des kaisers, les effigies de républiques blanches, les portraits de navigateurs et de pacificateurs.</p></blockquote>
<p>De cette cavalcade clinquante, c’est le franc français qui avait le mieux survécu à l’hécatombe des deux Guerres mondiales et aux vagues de décolonisation des années 1960.</p>
<p>En effet, le franc CFA, ou franc des Colonies françaises d’Afrique, tout comme le franc des Colonies françaises du Pacifique (franc CFP) avaient été créés le 25 décembre 1945. Résultant de la dévaluation du franc métropolitain, les deux nouvelles monnaies ont permis à la métropole de relancer son économie ruinée en continuant de puiser, confortablement, ses matières premières, dans le sol riche de ses colonies. <strong>Le franc métropolitain ainsi dévalué par rapport aux deux nouvelles monnaies coloniales obligeait les colonies d’importer les produits bon marché de la métropole.</strong></p>
<p>Quelques années plus tard, obligé de plier à l’irréversible cours de l’Histoire, le gouvernement français n’avait pas tout cédé aux pays qui allaient accéder à la souveraineté. Ainsi, sur le plan économique et monétaire, Paris avait tout fait pour garder un maximum de contrôle sur ses ex-colonies. Un changement d’appellation du franc CFA avait permis, entre autres, de préserver les privilèges coloniaux de la France et la zone franc était restée hermétiquement fermée.</p>
<h4>Aujourd’hui, le franc CFA n’est plus le franc des Colonies françaises d’Afrique.</h4>
<p>Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), composée par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, le sigle CFA est formé par les initiales de la Communauté financière africaine.</p>
<p>Et dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui englobe  le Cameroun, la République Centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, le franc CFA s’appelle franc de la Coopération financière en Afrique centrale.</p>
<p>Un dossier consacré à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) paru dans l’hebdomadaire <em>Jeune Afrique</em> en mars 1982 expose le mécanisme de l’assujettissement de l’institut d’émission de la zone CEMAC au Trésor français.</p>
<p>En effet, conformément aux conventions de coopération monétaire, signées les 22 et 23 novembre 1972 à Brazzaville par les Etats membres de la BREAC, entre eux et avec la Paris, la valeur du franc CFA est déterminée par rapport à la valeur du franc français. De plus, cette parité est fixe. Ainsi, 1 franc CFA valait, en cette date là, 0,02 franc français. Depuis la création de la monnaie de l&rsquo;union économique et monétaire, formée au sein de l&rsquo;Union européenne en 1999,  1 euro vaut 655,957 francs CFA.</p>
<p>Outre cette parité fixe, aucune restriction n’est imposée aux mouvements des capitaux et aux transactions courantes. C’est le principe du libre transfert auquel s’ajoute un troisième attribut : la convertibilité illimitée.</p>
<h4><strong>Quelle est donc la contrepartie de ces trois principes ?</strong></h4>
<p>« Afin d’assurer la valeur de leur monnaie commune, lit-on dans <em>Jeune Afrique</em>, les Etats membres de la BEAC sont convenus à Brazzaville de mettre en commun leurs réserves de change (les réserves en devises et en or sont les garanties d’une monnaie) et de les déposer sur un compte courant auprès du Trésor français, dénommé compte d’opérations. Cela en gage de la garantie illimitée donnée par la France à la monnaie émise par la BEAC ».</p>
<p>Le Trésor français est un organisme chargé de gérer la dette et la trésorerie de l&rsquo;État.</p>
<p>« La convertibilité, explique encore l’hebdomadaire panafricain, entre le franc CFA et le franc français qui découle de cette garantie se fait automatiquement par l’intermédiaire de ce compte d’opération : celui-ci enregistre les mouvements de capitaux liés aux transactions internationales entre la zone BEAC et l’extérieur. La conversion du franc CFA en devises (monnaies étrangères) et vice-versa, se fait automatiquement à travers la parité fixe qui le lie au franc français ».</p>
<p>Si ce dossier intitulé « Faisons la connaissance de la BEAC», lequel pourrait bien s’appliquer à BCEAO ; la banque centrale de l’UEMOA, semble adopter un vocabulaire technique doublé du champ lexical de la garantie, de la stabilité et de l’assurance, le livre de Fanny Pigeaud et de Ndongo Samba Sylla, lui, est un récit vibrant. <em>L’arme invisible de la Françafrique, une histoire du franc CFA</em> que les deux auteurs (une journaliste et un économiste) ont présenté le 6 novembre à Tunis est un livre où se mêlent histoire, économie, géopolitique et journalisme pour expliquer non pas le fonctionnement d’une monnaie mais les rouages d’un système d’économie politique néocoloniale. Un système qui maintient un endettement faramineux des économies africaines tout en les privant de toute marge de manœuvre lors de la conception de politiques publiques.</p>
<p>Le livre qui remonte à l’époque précoloniale est quasiment sonore, on y entend presque le son des tambours et le claquement des bottes des soldats français dans les plaines de la Haute-Volta et le long des plages de la Côte d’Ivoire. Il en émane l’écho de la voix étouffée dans le sang, de Sylvanus Olympio, président du Togo et de Thomas Sankara, Président du Conseil national révolutionnaire burkinabè. Les deux hommes, tout comme d’innombrables voix africaines, avaient osé contester la mainmise de la France sur le continent et sa population.</p>
<p>A travers les deux cents pages du livre publié en septembre 2018 par les éditions La Découverte, il n’est pas difficile d’imaginer les coffres forts du Trésor français regorgeant de lingots d’or et de devises et les caisses vides de Bangui, de Niamey ou de Bamako. On peut également y entrevoir les grandes villes africaines bruyantes, surpeuplées et sous-développées contrastant avec l’opulence des métropoles françaises.</p>
<p>Qu’en est-il de l’avenir du franc CFA ? La réponse n’est certes pas facile. Mais ce qui est sûr, c’est que le prochain épisode de la saga sera en grande partie écrit par les 160 millions d’Africains qui semblent de plus en plus conscients de leurs droits à la souveraineté et à la prospérité.</p>
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