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	<title>Lilia Blaise | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>Lilia Blaise | Research Media</title>
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		<title>Forces armées VS citoyens: quelle légitime défense?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lilia Blaise]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Nov 2017 07:00:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>“Les ONG ont raison tout comme les syndicats de police ont raison car si la loi est régressive&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">“Les ONG ont raison tout comme les syndicats de police ont raison car si la loi est régressive en matière de libertés individuelles, l’agent de sécurité a réellement besoin d’une sécurité et à part le Code pénal, il n’y a pas vraiment d’autre texte qui définit l’autodéfense” déclare Rafik Chelly ancien Secrétaire d’Etat chargé des affaires de sécurité sous le gouvernement Essid (2015-2016). </span></p>
<h4><b>L’Hexagone, un (contre)-exemple?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A titre d’exemple, en France, le Sénat a assoupli la loi en matière de légitime défense après les incidents en 2016 à Vitry-Châtillon où des agents de police avaient été agressés et leurs voitures incendiées. En France aussi, la légitime défense est garantie par le code pénal pour la police mais renforcée par</span><a href="http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/ta/ta0019/(index)/ta"><span style="font-weight: 400;"> la nouvelle loi antiterroriste votée en octobre 2017</span></a><span style="font-weight: 400;"> qui va remplacer celle sur l’état d’urgence </span><a href="http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=40262#.WhsB07SdXVo"><span style="font-weight: 400;">(voire le pérenniser d’où l’inquiétude des organisations internationales dont l’ONU)</span></a><span style="font-weight: 400;">. Le problème reste qu’en Tunisie, <strong>les abus de la police sont supérieurs aux agressions envers les policiers et la crainte d’un retour en arrière où la police a tous les droits</strong>, pèse sur le débat. Il ne faut pas oublier qu’en France aussi, tout renforcement de l’arsenal juridique répressif et des pouvoirs de la police crée la polémique. En effet,</span><a href="http://www.liberation.fr/france/2017/11/21/quelles-consequences-a-eu-l-autorisation-du-port-d-arme-en-dehors-du-service-pour-les-policiers_1611306"><span style="font-weight: 400;"> les policiers avaient exigé d’avoir le droit de porter leur arme</span></a><span style="font-weight: 400;"> même quand ils ont terminé leur service après les attentats du 13 novembre 2015 et </span><a href="http://www.lemonde.fr/meurtres-de-policiers-a-magnanville/article/2016/06/15/apres-l-affaire-de-magnanville-le-port-d-arme-hors-service-perennise_4950539_4950044.html"><span style="font-weight: 400;">l’assassinat d’un policier et de sa compagne</span></a><span style="font-weight: 400;"> à Magnanville en banlieue française. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le débat français est intéressant à suivre, car comme en Tunisie, les syndicats de police sont souvent derrière ces demandes, et le débat se retrouve souvent aussi instrumentalisé politiquement. Reste à savoir comment ajuster le débat en Tunisie par rapport à la mémoire de l’Etat policier qui a subi pendant plusieurs décennies et aux cas d’abus policiers et de torture recensés tous les mois par les organisations des droits de l’homme.</span></p>
<blockquote>
<h4 style="text-align: center;">&#8212;</h4>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="https://www.researchmedia.org/fr/pj_loi_violence_forces_armees/">Lisez: Comprendre le débat sur le projet de loi de répression des violences contre les forces armées</a></strong></p>
<h4 style="text-align: center;">&#8212;</h4>
</blockquote>
<h4><b>“Réprimer les violences” ou “protéger” les forces armées?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Autre point qui n’apparaît pas dans le projet de loi actuel mais qui est pourtant un sujet de discussion fréquent, </span><b>l’indemnisation de la famille du policier mort en service ou tué lors d’une attaque antiterroriste</b><span style="font-weight: 400;">. Comme l’a mentionné le ministre de l’Intérieur dans son audition le 15 novembre au sein de la commission parlementaire de la législation générale,</span><a href="http://www.legislation.tn/fr/detailtexte/Loi-num-2013-50-du-19-12-2013-jort-2013-101__2013101000501?shorten=leCv"><span style="font-weight: 400;"> la loi 50-2013 du 19 décembre 2013</span></a><span style="font-weight: 400;"> portant réparation des dommages résultant des accidents de travail des agents de la sûreté ne dispose pas de fonds d&rsquo;indemnisation.</span></p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="https://www.youtube.com/embed/auGgbuk42BY?rel=0" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<h6 style="text-align: center;">Audition du ministre de l&rsquo;Intérieur au sein de la commission de législation générale, le 15 novembre 2017 à 14h</h6>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Rafik Chelly, le problème a commencé à se poser après la révolution quand des policiers ont été tués dans des attaques terroristes notamment ceux de la garde nationale dans l’affrontement de Sidi Ali Ben Aoun en 2013 avec le groupe Ansar Charia mais aussi avec “les procès de la révolution” où certains policiers se sont trouvés accusés d’avoir réprimé les manifestants. </span></p>
<blockquote>
<h5><strong>“A l’époque, beaucoup ont dit qu’ils ne pouvaient plus travailler dans ces conditions-là donc nous avons dû trouver une solution”, Rafik Chelly, Sec. d&rsquo;Etat chargé des affaires de sécurité 2015-2016.</strong></h5>
</blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour lui, les syndicats de police créés après la révolution ont permis aux forces de police de revendiquer leurs droits. “Mais étant donné qu’ils ont été créés pendant la troïka, qui était une période très difficile pour la police, ils ont pris une place qui va au-delà de leur rôle, ils sont devenus presque des patrons de la police nationale” déclare Rafik Chelly pour parler de la pression des syndicats. Mais pour lui, les revendications actuelles de la police restent légitimes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">  “Aujourd’hui les discussions sont en cours pour ajuster les textes de lois et <strong>permettre à la famille du fonctionnaire défunt de toucher son salaire à titre posthume</strong>. Pour l’instant, il y a juste un système d’indemnisation provisoire qui tourne autour de 40 000 dinars mais ce n’est pas suffisant.“ Le projet de loi actuel ne mentionne rien sur cette question. </span></p>
<h4><b>Instrumentalisation politique</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Du côté de la <a href="https://majles.marsad.tn/2014/fr/elus/Sabrine_Goubantini">députée Sabrine Goubantini</a> (groupe parlementaire: bloc national, a voté la confiance à la plupart des membres de l&rsquo;actuel gouvernement) la peur d’une instrumentalisation politique du projet est palpable. “Il y a une surenchère des partis politiques, comme le parti Nidaa Tounes qui fait pression sur l’assemblée et joue la carte de la désinformation. <strong>Cela fausse le débat aujourd’hui qui se retrouve réduit à l&rsquo;équation suivante: “Si vous êtes contre la loi c’est que vous êtes contre les forces de l’ordre</strong>” a-t-elle dit en marge des travaux en commission.</span></p>
<blockquote>
<h5>« Cela fausse le débat aujourd’hui qui se retrouve réduit à l&rsquo;équation suivante: “Si vous êtes contre la loi c’est que vous êtes contre les forces de l’ordre » Sabrine Goubantini, députée</h5>
</blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon elle, le contexte de cette loi remonte aux événements de Siliana où les policiers avaient été interrogés par la justice suite aux tirs de chevrotine sur des manifestants. “Aujourd’hui, on nous ressort ce projet de loi comme si ça allait aider les policiers à lutter contre le terrorisme” assène-t-elle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Entre nécessité de débattre et risque d’instrumentalisation, la loi de répression des atteintes aux forces armées ne fait pas le consensus. Elle est encore aujourd’hui en cours de discussion à l’assemblée.</span></p>
<p>&#8212;</p>
<h5>Illustration: Série « Rjel » de Sadri Khiari 2016 © Tout reproduction ou réutilisation nécessite l&rsquo;autorisation explicite de l&rsquo;auteur</h5>
<p>&#8212;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour aller plus loin:</span></p>
<p><a href="https://majles.marsad.tn/2014/fr/lois/553447f912bdaa5fc17796ab/texte"><span style="font-weight: 400;">Le texte de la loi actuellement discuté à l’assemblée</span></a></p>
<p><a href="https://inkyfada.com/2015/06/projet-de-loi-repression-des-atteintes-aux-forces-armees/"><span style="font-weight: 400;">Projet de loi de protection des forces armées, protection ou immunité? publié le 9 juin 2015 par Inkyfada avec un simulateur des peines encourues</span></a></p>
<p><a href="http://www.dcaf-tunisie.org/Fr/publication/la-legislation-du-secteur-de-la-securite-en-tunisie-index-1956--2011/6/140"><span style="font-weight: 400;">La législation de la sécurité en Tunisie de 1956 à 2011 sur le site du Dcaf</span></a></p>
<p><a href="https://www.ilo.org/dyn/natlex/docs/ELECTRONIC/61250/60936/F1198127290/TUN-61250.pdf"><span style="font-weight: 400;">Le code pénal tunisien</span></a></p>
<p><a href="http://lib.ohchr.org/HRBodies/UPR/Documents/Session27/TN/26Annexe16Loi2015_26fr.pdf"><span style="font-weight: 400;">La loi antiterroriste</span></a></p>
<p><a href="https://ihl-databases.icrc.org/ihl-nat/a24d1cf3344e99934125673e00508142/0ac6383761727da7c12576b20039921e/$FILE/D%C3%A9cret%2010%20Janvier%201957%20-%20Code%20de%20justice%20militaire%20(Fr).pdf"><span style="font-weight: 400;">Le code de justice militaire</span></a></p>
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		<title>Comprendre le débat sur la répression des violences contre les forces armées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lilia Blaise]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Nov 2017 18:34:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La commission de législation générale discute depuis mardi 7 novembre un projet de loi de “répression des atteintes&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La commission de législation générale discute depuis mardi 7 novembre un projet de loi de “répression des atteintes aux forces armées”, <a href="https://majles.marsad.tn/2014/fr/lois/553447f912bdaa5fc17796ab/texte">déposé depuis le 13 avril 2015</a> par le Ministère de l’Intérieur à l’Assemblée des Représentants du Peuple. Les discussions autour du projet ont commencé après la mort du commandant Riadh Barrouta, attaqué le premier novembre devant le Bardo avec un collègue par un homme armé d’un couteau. Dans un contexte tendu, où certains syndicats des forces de sécurité ont menacé les députés de ne plus assurer leur sécurité s’ils ne votaient pas le projet, le débat autour de la protection des forces de l’ordre se poursuit à l’assemblée. Barr Al Aman propose un compte-rendu du texte discuté en commission et des débats qu’il a provoqués tant au sein du parlement que de la société tunisienne.</p>
<h4><b>Que dit le projet de loi?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Le projet de loi dans sa forme actuelle comporte une vingtaine d’articles qui visent plus à criminaliser les offenses et actes à l’encontre des forces de l’ordre qu’à les protéger. Il concerne aussi bien les militaires que les forces de sécurité intérieure et celles de la douane. Il stipule que l’Etat est tenu de protéger ces agents mais aussi leurs familles et leurs lieux d’habitation dans son article 3. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“L’État est aussi tenu de protéger leurs lieux d’habitation et moyens de transport contre les agressions qui leur sont faites en raison de l’exercice de leurs fonctions ou pour leur simple qualité. Cette protection est étendue à leurs conjoints, ascendants, enfants et à ceux qui sont légalement à leur charge.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le reste des articles est consacré aux “atteintes” à l’encontre des forces de l’ordre et aux sentences qui peuvent s’ensuivre. L’atteinte aux secrets de sûreté nationale, les atteintes aux établissements et édifices représentant les forces armées et enfin l’atteinte aux familles des forces armées. La loi définit précisément ces atteintes et les sentences allant de 5 ans de prison à la perpétuité pour certaines. Elle punit aussi dans la plupart des cas la “tentative” de porter atteinte. Seul l’article 17 prévoit un soutien logistique aux forces armées où l’Etat doit prendre en charge une réparation des dommages matériels faits à l’encontre d’un agent ou de sa maison.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“L’État prend en charge la réparation des dommages matériels du lieu d’habitation de l’agent des forces armées, de ses objets ou de son moyen de transport causés par l’atteinte prévue dans l’article 16 de la présente loi et remplace l’agent dans la demande du recouvrement de la valeur de ces indemnités par l’auteur de l’atteinte.”</span></p>
<h4 style="text-align: center;">&#8212;</h4>
<h4 style="text-align: center;"><a href="https://www.researchmedia.org/fr/legitime-defense/">Lisez: Forces armées VS citoyens: quelle légitime défense?</a></h4>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_815" aria-describedby="caption-attachment-815" style="width: 439px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-815" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/pix_article_prjet_loi_viol_policiers-300x169.jpg" alt="" width="439" height="247" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/pix_article_prjet_loi_viol_policiers-300x169.jpg 300w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/pix_article_prjet_loi_viol_policiers-450x253.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/pix_article_prjet_loi_viol_policiers-700x394.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/pix_article_prjet_loi_viol_policiers-370x208.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/pix_article_prjet_loi_viol_policiers-270x152.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/pix_article_prjet_loi_viol_policiers.jpg 720w" sizes="(max-width: 439px) 100vw, 439px" /><figcaption id="caption-attachment-815" class="wp-caption-text">25/01/2016, Carthage à proximité du Palais Présidentiel. (Archives Med Haddad)</figcaption></figure>
<h4><b>Ce qui pose problème:</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">D’après les auditions des membres de la société civile, plusieurs points posent problème dans la loi:</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En soi:</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">&#8211; son existence même, des ONG comme Human Rights Watch estiment que la loi est de nature “répressive” et non protectrice et que la nouvelle loi antiterroriste votée en 2015 ainsi que l’actuel code pénal sont suffisants.</span></p>
<p><span style="line-height: inherit;">-L’article 18:</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“L’agent des forces armées n’assume aucune responsabilité pénale s’il cause, dans le cadre de sa lutte contre une des atteintes prévue par les articles 13, 14 et 16 de la présente loi, des blessures à l’auteur de l’infraction ou son décès, si sa réaction était nécessaire pour atteindre l’objectif légitime demandé pour protéger les vies et les biens, et que le danger ne pouvait être autrement détourné et que la réaction en était proportionnelle.”</span></p></blockquote>
<p><span style="line-height: inherit;">Pour les ONG, cet article consacre l’impunité de l’agent de police qui a les pleins pouvoirs au nom de sa lutte. La représentante d’Amnesty International a manifesté son inquiétude que cette impunité consacre la torture et les cas de maltraitances déjà dénoncés à plusieurs reprises après la révolution.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">-Les articles 6,7,8 : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Article 6 “Est puni de dix ans d’emprisonnement et d’une amende de cinquante mille dinars, quiconque n’étant pas habilité à détenir ou utiliser ou conserver ou circuler un secret de sûreté nationale au sens de l’article 4 de la présente loi, en a sciemment, selon les cas, pris ou détruit ou livré ou modifié. La peine est doublée, si les actes prévus par le premier paragraphe du présent article, sont faits à titre onéreux.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Article 7: </span><span style="font-weight: 400;">“Est soumis à l’autorisation préalable de l’autorité compétente chaque utilisation des appareils photographiques ou cinématographiques ou des enregistrements audiovisuels réalisés dans les établissements sécuritaires ou militaires ou sur les terrains des opérations sécuritaires ou militaires ou dans les véhicules ou à bord des unités navales ou aériennes appartenant aux forces militaires. </span></p>
<p><span style="line-height: inherit;">Est soumis également à l&rsquo;autorisation préalable de l&rsquo;autorité compétente toute publication ou cession des films ou photos ou enregistrements audiovisuels réalisés dans les établissements sécuritaires ou militaires ou sur les terrains des opérations sécuritaires ou militaires ou dans les véhicules ou à bord des unités navales ou aériennes appartenant aux forces militaires.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Article 8 </span><span style="font-weight: 400;">“Est puni de deux mois à deux ans de prison, quiconque a sciemment violé les dispositions de l’article 7 de la présente loi. </span><span style="font-weight: 400;">La tentative est punissable.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour les ONG défendant la liberté d’expression et la liberté de la presse, ces articles qui exigent autorisation et punissent ceux qui révèlent des “secrets” portant atteinte à la sûreté nationale, peuvent menacer les journalistes et les lanceurs d’alerte car aucun système de classification clair et contrôlé ne définit le type de « secret » et cela pourrait aller à l’encontre de la loi organique portant accès à l’information 22/2016.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme déjà évoqué en 2015 dans un</span><a href="https://inkyfada.com/2015/06/projet-de-loi-repression-des-atteintes-aux-forces-armees/"><span style="font-weight: 400;"> article d’Inkyfada</span></a><span style="font-weight: 400;">, le projet ne définit pas  les “atteintes” contre les forces de l’ordre, les “dénigrements”, </span><span style="font-weight: 400;">le flou peut laisser le champs libre à toutes les interprétations</span><span style="font-weight: 400;">. Il accentue des peines déjà citées dans le Code pénal tunisien. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">-Enfin beaucoup d’ONGs dénoncent le contexte d’une telle loi où les citoyens ont encore </span><b>une relation conflictuelle avec la police</b><span style="font-weight: 400;"> et de que nombreux cas de </span><b>bavures</b><span style="font-weight: 400;"> ou de maltraitances policières sont dénoncés dans les médias. Béchir Ketiti de l’association des jeunes avocats a par exemple parlé de la nécessité </span><b>d’une loi protégeant aussi les citoyens des forces armées. </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour rappel, les agents de l’ordre sont tenus de protéger les citoyens, selon l’article 19 de la constitution: </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“</span><span style="font-weight: 400;">La sûreté nationale est républicaine; ses forces sont chargées de maintenir la sécurité et l’ordre public, de protéger les individus, les institutions et les biens, et d’exécuter la loi dans le respect des libertés et de la neutralité totale.</span><span style="font-weight: 400;">”</span></p></blockquote>
<h4><b>Ce qui ne pose pas problème:</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Contrairement à des propos véhiculés par les médias, comme le réquisitoire de Lotfi Laameri contre  la représentante du bureau en Tunisie de Human Rights Watch, la société civile n’est pas contre le principe de la protection des forces de l’ordre. Beaucoup d’ONGs soutiennent l’idée que les forces de police bénéficient d’une meilleure protection et d’un soutien logistique lors de l’exercice de leurs fonctions. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Du côté des parlementaires, si la députée du Bloc National, Sabrine Goubantini a été la seule durant la séance de la commission de législation générale à prendre position contre la loi, les autres ont eu des propos mesurés. Certains députés comme Farida Laabidi ou Fethi Ayadi du parti Ennahdha, assurent qu’ils sont d’accord avec les propos des ONGs lors des auditions mais ne sont pas contre l’élaboration d’un projet de loi.</span></p>
<h4><b>Tous les policiers ne sont pas en faveur de ce projet de loi</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Si certains syndicats de police ont menacé de ne plus protéger les députés en cas de non-discussion de la loi, d’autres syndicats ne sont pas en faveur de tous les articles mentionnés dans le projet de loi. </span></p>
<figure id="attachment_814" aria-describedby="caption-attachment-814" style="width: 494px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.researchmedia.org/?attachment_id=814"><img decoding="async" class="wp-image-814 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/Presentation1-300x169.jpg" alt="" width="494" height="279" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/Presentation1-300x169.jpg 300w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/Presentation1-450x253.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/Presentation1-700x394.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/Presentation1-370x208.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/Presentation1-270x152.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2017/11/Presentation1.jpg 720w" sizes="(max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a><figcaption id="caption-attachment-814" class="wp-caption-text">25/01/2016, Carthage à proximité du Palais Présidentiel. (Archives Med Haddad)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Barr Al Aman a contacté Chokri Hameda, porte-parole du </span><a href="https://www.facebook.com/snfsi.officiel/"><span style="font-weight: 400;">Syndicat National des Forces de Sécurité Intérieure</span></a><span style="font-weight: 400;"> qui a insisté sur le fait que le projet de loi était avant tout “celui de  l’Etat” et ne représentait pas l’ensemble du corps de la police. </span><span style="font-weight: 400;">Avec la centrale syndicale, l’UGTT, le SNFSI a organisé une </span><a href="https://www.webmanagercenter.com/2017/10/10/410931/le-projet-de-loi-sur-la-repression-des-agressions-contre-les-forces-armees-en-debat-a-hammamet-entre-lugtt-et-le-snfsi/"><span style="font-weight: 400;">rencontre en octobre dernier à Hammamet </span></a><span style="font-weight: 400;">autour de l’équilibre entre la protection des forces armées et du respect des droits de l’homme. A l’issue de cette rencontre, une déclaration a été faite mentionnant l’importance de la protection des forces armées. Le porte-parole du syndicat avait aussi mentionné qu’</span><b>il demande le retrait du projet de loi depuis 2013 </b><span style="font-weight: 400;">car non conforme aux libertés individuelles et collectives. Une proposition de loi rédigée par les syndicats avait d’ailleurs été soumise à l’assemblée en 2013 mais retirée ensuite. L’UGTT s’est </span><a href="https://www.mosaiquefm.net/fr/actualite-national-tunisie/233291/l-ugtt-rejette-la-loi-sur-la-protection-des-forces-armees"><span style="font-weight: 400;">aussi exprimée en marge des discussions</span></a><span style="font-weight: 400;"> à l’assemblée pour demander le retrait du projet de loi via son secrétaire général adjoint Hafedh Hafaiedh.</span></p>
<h4><b>Ce qui inquiète:</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Au-delà des mesures répressives mentionnées dans le projet de loi, ce qui inquiète la société civile est que l’assemblée le vote sous pression et non dans le cadre d’une discussion apaisée. Le contexte actuel où l’attaque des deux agents de polices a réitéré les débats autour du projet de loi, ne saurait faire oublier les nombreuses arrestations et jugements où la parole de la police prime sur celle du citoyen comme celle d’un franco-algérien et d’une tunisienne en septembre dernier, emprisonnés et condamnés respectivement à 4 et 2 mois de prison pour outrage et insulte à l’égard d’un fonctionnaire de police, malgré les vices de procédures non seulement dans leur arrestation, mais aussi leur jugement. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2013 et 2015, les débats autour de la loi antiterroriste avaient déjà pointé du doigt le fait que la lutte contre le terrorisme ne devait pas servir de prétexte à la restauration d’un Etat policier en Tunisie qui a laissé de nombreuses séquelles avant, pendant et après la révolution. Enfin, si les agressions à l’encontre des forces de l’ordre sont déjà souvent punies en Tunisie et font l’objet de procès express, les enquêtes sur les agressions à l’encontre des citoyens par les forces armées comme les évènements de Siliana en 2012 qui ont rendu une vingtaine de manifestants borgnes et ont blessé 200 autres, piétinent, et n’ont toujours pas abouti à la condamnation des coupables. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Enfin, à l’approche du mois de décembre, considéré comme le mois des mouvements sociaux en Tunisie, une telle loi pourrait être aussi un avertissement à l’encontre de futures manifestations. Sans compter que la Tunisie est toujours sous le régime de l’Etat d’urgence (le président Essebsi a signé vendredi 10 novembre la prolongation de 3 mois de l’état d’urgence), ce qui donne déjà des pouvoirs exceptionnels aux forces de l’ordre.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/pj_loi_violence_forces_armees/">Comprendre le débat sur la répression des violences contre les forces armées</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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