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	<title>Eau | Research Media</title>
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	<title>Eau | Research Media</title>
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		<title>« La terre amère » : Les paysans racontent leurs combats</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hafawa Rebhi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2020 07:55:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[ALECA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’humus halète. L’eau frémit en sortant des vieux tuyaux en caoutchouc, puis elle chantonne en coulant dans les&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1" style="text-align: left;">L’humus halète. L’eau frémit en sortant des vieux tuyaux en caoutchouc, puis elle chantonne en coulant dans les seghias. Les feuilles des plantes potagères tremblent au contact de la douce brise matinale. Des cigales stridulent. Les roues de la charrette grincent en écrasant les cailloux de la piste poussiéreuse. Las, le moteur d’un tracteur vrombit continuellement pour vider les entrailles d’un puits tari. Un oud fredonne doucement. Des coups de percussion légers cadencent son chant.</p>
<p class="p1">Le documentaire du Groupe de Travail pour la Souveraineté alimentaire (GTSA) et de l’association Al-Warcha, réalisé par Mohamed Boukoum, est un film qui s’écoute. Mais, se contenter des scènes sonores priverait les yeux de tant de beauté : les champs verdoyants de la Manouba, l’immensité de la steppe de Sidi Bouzid, les palmiers de Kébili à perte de vue, ou encore les soirées estivales joyeuses dans l’oasis de Chenini sur la côte de Gabès.</p>
<p class="p1">Attention tout de même. Tout n’est pas vert. Tout n’est pas si onirique qu’on le croit. Aussi belle soit-elle, la terre que raconte ce documentaire financé (sans condition ni diktats) par l’ONG War on Want, est une « terre amère ». Et c’est d’ailleurs le titre du film.</p>
<p class="p1">« La terre amère » raconte en effet la paysannerie tunisienne et les combats qu’elle mène depuis des décennies.</p>
<p class="p1">La pertinence du film tient dans la force des témoignages qu’il expose. Ce sont les paysannes et les paysans qui parlent. Et là, on est très loin de l’image constamment véhiculée par les feuilletons et les one-man-shows insipides, celle du paysan vulgaire et ignare, moqué souvent pour ses habits et son accent rural.</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="y0EYGdDW8I"><p><a href="https://www.researchmedia.org/les-graines-de-la-souverainete-thierry-bresillon/">Les graines de la souveraineté</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="&#8220;Les graines de la souveraineté&#8221; &#8212; Research Media" src="https://www.researchmedia.org/les-graines-de-la-souverainete-thierry-bresillon/embed/#?secret=0LxLr7ZuCC#?secret=y0EYGdDW8I" data-secret="y0EYGdDW8I" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p class="p1">Les paysannes et les paysans de « La terre amère » sont les détentrices et les détenteurs d’un savoir qu’ignorent certaines élites urbaines autoproclamées frileuses à tout contact avec la ruralité. Leur force de caractère, ils l’ont forgée en se confrontant aux aléas du climat et des politiques publiques. Leur décision de rester, de tenir bon, ils l’assument pleinement. Les chants de sirène de la vague libérale des années 1970 et 1980 ne les ont pas trompés. Ils n’ont pas échoué comme les autres dans les quartiers délabrés dont se sont ceintes les grandes villes industrielles ou touristiques du pays.</p>
<p class="p1">Les paysannes et les paysans de « La terre amère » sont surtout conscients de la mécanique du pouvoir et de l’assujettissement. Dans leurs esprits, coule la sève brute de la terre et leur vie est accordée au rythme de la nature.</p>
<p class="p1">Avant même sa prière de l’aube, Monjia Ferjani commence sa journée par un moment de recueillement dans son petit potager. Ce rite incontournable embué de rosée et de vapeurs matinales et cette communion quotidienne avec la terre, la paysanne mère de famille les raconte avec une sincérité émue et un sourire qui ne parvient pas à cacher sa tristesse. Vivant à la Manouba, l’un des gouvernorats les plus fertiles et les mieux irrigués du pays, elle et ses voisins sont des paysans dans l’âme. Mais, les 500 hectares de leur village de Dekhila (délégation de Tébourba), l’État préfère les céder à un seul investisseur privé que de les distribuer à Monjia et à des centaines de jeunes ne demandant qu’à accéder, dans la dignité, à un tout petit bout de terre.</p>
<p class="p1">Le biais de l’État en faveur du secteur privé est tout autant criant à Sidi Bouzid. Là-bas, à Menzel Bouzaiène, un investisseur détient à lui seul 1200 hectares. Barricadé dans son immense terrain fortifié, l’investisseur jouit sereinement des incitations généreuses de l’État : un sondage bien équipé et de l’eau abondante et gratuite pour irriguer 600 oliviers.</p>
<p class="p1">Qu’en est-il des oliviers au-delà des fortifications de ce domaine privé ? Ils crèvent, tout simplement, depuis que la nappe s’est asséchée. Quelque 50 paysans voisins de l’investisseur (comparé à un colonisateur) ont vu leurs puits tarir et dû creuser davantage, en deçà de 55 mètres, pour atteindre l’eau fuyante. L’un d’entre eux a désespérément entrepris le forage manuel d’un nouveau puits. Il y a mis tellement de temps que la poulie s’est rouillée et les cordages se sont usés.</p>
<p class="p1">Dans ce décor ocre et poussiéreux, Mourad Ben Hassine et Riadh Baccari ont relaté, au nom de leurs pairs, leur combat. Pour dénoncer l’injustice qu’ils subissent et mieux revendiquer leur droit à l’eau, aux intrants et à la vie, ces paysans se sont organisés au sein d’une association qu’ils ont baptisée « Vers une agriculture souveraine ». <span class="s1"><i>Nafas</i> </span>en est l’acronyme arabe et cela signifie le souffle.</p>
<p class="p1">Massoud Seghaier, lui, s’est reconverti à l’agriculture à la suite d’un long parcours professionnel. Après un séjour en Libye, un passage par l’enseignement et plus de 25 ans de travail dans les compagnies pétrolières du Sud tunisien, un retour aux sources s’imposait. Se reposer dans l’ombrage de la palmeraie après quelques heures de labeur était un rêve qui valait le coup.</p>
<p class="p1">Les problèmes guettaient toutefois Massoaud. Prouver sa propriété sur une parcelle de terrain est une entreprise ardue et compliquée dans les gouvernorats du sud où les terres sont encore collectives. Une autre menace couve au fin fond des sables rampants. Hydro-phages, les compagnies pétrolières finiront par gober toute l’eau qui irrigue en profondeur l’oasis.</p>
<p class="p1">Plusieurs autres paysans ont pris la parole dans le documentaire, notamment à l’occasion de la fête des semences paysannes organisée en septembre dernier dans l’oasis de Chénini.</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lUCVy5GZ9f"><p><a href="https://www.researchmedia.org/tunisiejemna-letat-jaloux-dune-ong-depasse/">Tunisie/Jemna: l&#8217;Etat, jaloux d&#8217;une ONG qui le dépasse</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="&#8220;Tunisie/Jemna: l&#8217;Etat, jaloux d&#8217;une ONG qui le dépasse&#8221; &#8212; Research Media" src="https://www.researchmedia.org/tunisiejemna-letat-jaloux-dune-ong-depasse/embed/#?secret=fXzlPM44MI#?secret=lUCVy5GZ9f" data-secret="lUCVy5GZ9f" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p class="p1">Répondant à l’appel de l’Association tunisienne de permaculture, des dizaines de paysannes et de paysans se sont ruées vers cette oasis maritime, lui apportant chacun un présent de valeur inestimable, comme pour lui insuffler la force face à la pollution et à la soif.</p>
<p class="p1">Pendant le jour, les invités de l’oasis exposaient leurs trésors : des semences de blé, d’orge et de légumes, des variétés tunisiennes qui n’ont pas été ni altérées ni hybridées. Devant les stands, sous les tentes, on échangeait dans la bonne humeur ces graines paysannes, tout en en relatant les histoires de transmission de génération en génération. Le soir, c’était l’heure des grands débats : le combat pour préserver ces semences et le savoir-faire qui leur est inhérent, la résistance nationale et internationale face aux multinationales semencières et agrochimiques, l’accès équitable à l’eau, le droit à la propriété de la terre, les modes d’organisation de la paysannerie, les ravages des monocultures intensives et les réformes nécessaires pour réaliser la souveraineté alimentaire.</p>
<p class="p1">À ces discussions, les militants des associations GTSA et Al-Warcha, comme Layla Riahi et Wassim Laabidi ont participé, non sans zèle. Les concepteurs du documentaire ne sont pas des observateurs extérieurs qui couvrent un sujet avant de passer à autre chose. C’en sont des personnages clés et influents, tout comme les autres paysans et militants rencontrés au fil des séquences. C’est là l’autre grande particularité de « La terre amère ».</p>
<p><iframe title="“The Bitter Land” - Al Warcha and Working Group on Food Sovereignty - TUNISIA" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/g_EazvGgs4s?start=17&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/la-terre-amere-les-paysans-racontent-leurs-combats-compte-rendu/">« La terre amère » : Les paysans racontent leurs combats</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Oui, le tarif de l’eau a augmenté, mais…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Khansa Ben Tarjem]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2020 19:26:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[République Tunisienne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Eau Nouveaux Tarifs 2020 Infogram</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="infogram-embed" data-id="7e8e565a-528d-47a0-a7da-0ae5c45b5f8d" data-type="interactive" data-title="Eau Nouveaux Tarifs 2020"></div>
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		<title>Sécurité alimentaire en Tunisie : « On ne peut pas rester les bras croisés »</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/tunisie-securite-alimentaire-etat-des-lieux-fr/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2019 17:19:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La sécurité alimentaire est une notion très large, qui prend en considération toute la chaîne alimentaire. Selon le Global Food Security Index, un classement dressé par un magazine anglais, la Tunisie occuperait la 51° position sur 113 pays en 2018. Alors que la société civile exprime son inquiétude quant à la situation du pays, les responsables politiques tunisiens semblent à peine prendre conscience de la situation du pays et des actions à mettre en place.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Alors que l’été battait son plein le Groupe d&rsquo;experts intergouvernemental sur l&rsquo;évolution du climat, plus communément appelé GIEC, publiait son<a href="https://www.ipcc.ch/report/srccl/"> 5e rapport</a>. Ce travail, qui est fondé sur les publications scientifiques et techniques actuelles, met cette fois-ci en avant la question de la sécurité alimentaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour la représentante du WWF, le <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/08/08/la-securite-alimentaire-au-defi-du-rechauffement-le-rapport-du-giec-adopte_5497560_3244.html">texte</a> souligne “</span><i><span style="font-weight: 400;">que la façon dont nous utilisons les terres n’impacte pas seulement le climat, mais la capacité des terres à fournir les moyens d’existence aux gens, à la nature et à la biodiversité.</span></i><span style="font-weight: 400;">” </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Tunisie, ce risque de manque existe déjà à des échelles diverses. Il y a un an la « crise du lait » battait son plein. La vente de briques de lait était rationnée et les rayons réfrigérés des magasins ne proposaient plus de beurre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les consommateurs avaient alors dû se résoudre à consommer autrement et s&rsquo;adapter. Cette situation de pénurie avait été présentée comme exceptionnelle, alors même qu&rsquo;elle pourrait devenir une réalité plus fréquente et toucher différents produits alimentaires. Car elle est une conséquence directe de la manière dont la terre est utilisée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette crise</span> <span style="font-weight: 400;">est une parfaite illustration de l&rsquo;état de la sécurité alimentaire dans le pays, pour Karim Daoud, éleveur et président de <a href="http://www.synagri-tunisie.org/fr/accueil/">Syndicat des agriculteurs</a> de Tunisie,</span><span style="font-weight: 400;"> syndicat qui a vu le jour en 2012. « La filière laitière est un colosse aux pieds d&rsquo;argile : nous importons des animaux, que nous sommes incapables de produire en Tunisie&#8230; Nous importons également leur alimentation&#8230; dont nous ne maîtrisons pas les coûts, qui évoluent sur le marché mondial, si bien que le coût de production en Tunisie augmente, mais pas celui de la vente, alors les <a href="https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/tunisie-les-eleveurs-pris-la-gorge-par-la-crise-du-lait">producteurs sont pris à la gorge</a>, abattent leurs vaches, les vendent&#8230; » et c&rsquo;est ainsi que le lait est venu à manquer sur le marché tunisien. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cet exemple n&rsquo;est qu&rsquo;une des multiples entrées qui permettent de saisir la notion de sécurité alimentaire, qui en réalité, est une question de sécurité tout court.  </span></p>
<h4><b>Toute la chaîne alimentaire est concernée</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand on pense « sécurité alimentaire », il ne s&rsquo;agit pas simplement de penser en terme de pénurie ou de crise sanitaire, comme cela peut être le cas lorsque des aliments avariés se retrouvent en vente par exemple. Cette notion concerne</span> <span style="font-weight: 400;">toute la chaîne alimentaire : production, commercialisation et consommation. De la graine plantée, à l&rsquo;argent qu&rsquo;il faut pour l&rsquo;acheter, à l&rsquo;eau pour l’arroser, à la publicité pour la nourriture, au quota nutritionnel, aux maladies en lien avec ce que nous ingurgitons&#8230;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité alimentaire se jauge à l&rsquo;aune de quatre dimensions :  la disponibilité, l&rsquo;accès, l&rsquo;utilisation et la stabilité. Des dimensions qui ont été définies en 1996 lors du <a href="http://www.fao.org/wfs/index_fr.htm">Sommet mondial de l&rsquo;alimentation</a> à Rome, et qui dépendent de nombreux facteurs. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De manière générale, la disponibilité des denrées alimentaires ne pose pas de problème en Tunisie, selon l&rsquo;Observatoire national</span> <span style="font-weight: 400;">de l&rsquo;agriculture (ONAGRI). L&rsquo;accès physique, lui, est quasiment assuré sur tout le territoire, mais la question de la barrière économique se pose de plus en plus du fait de l&rsquo;inflation et de la baisse du pouvoir d&rsquo;achat, rendant certaines denrées inaccessibles pour certains citoyens. La question de l&rsquo;utilisation, elle, est impactée par les changements dans les habitudes alimentaires, qui sont de plus en de plus éloignées du régime traditionnel tunisien. Ce à quoi s&rsquo;ajoute cette forte tendance au gaspillage alimentaire. Enfin, la stabilité pourrait subir les effets</span> <span style="font-weight: 400;">de la situation géopolitique et des changements de possibilités d&rsquo;importation de denrées alimentaires, toujours selon l&rsquo;ONAGRI.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon l&rsquo;indice de sécurité alimentaire mondiale « <a href="https://foodsecurityindex.eiu.com/Country/Details#Tunisia">Global Food Security Index</a> », un classement mis en place par le magazine anglais The Economist, et qui examine les questions fondamentales de l&rsquo;accessibilité, la disponibilité, la qualité et la sécurité des aliments, en 2018 la Tunisie se classe à la 51ème position sur 113 pays et son score global est de 60,9/100.</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">Un score qui montre que des actions doivent être menées dans le pays, notamment en prévision des impacts du changement climatique et de la raréfaction des ressources naturelles. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Chacune des quatre dimensions définissant la sécurité alimentaire couvre des réalités qui finissent par balayer tout le système dans lequel nous vivons : la production agricole, les ressources naturelles, le climat, la répartition foncière, les voix de distribution des denrées alimentaires, les importations, les exportations, l&rsquo;inflation, les habitudes alimentaires, le commerce, la santé, les épidémies, la stabilité géopolitique&#8230;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Karim Daoud explique ainsi que la notion de sécurité alimentaire est une notion qui « se construit », en assurant la mise en place d’actions qui permettent de stabiliser ces différentes dimensions. Ce n&rsquo;est pas une notion fixe que l&rsquo;on peut atteindre de manière définitive.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Elle touche à la question de la durabilité, des ressources naturelles, à une réflexion profonde sur les modèles de développement de l&rsquo;agriculture de demain et au même temps elle touche à la question de l&rsquo;autonomie&#8230; » explique-t-il.</span></p></blockquote>
<h4><b>D&rsquo;autres pénuries sont à craindre</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Si la crise du lait n&rsquo;a duré qu&rsquo;un temps, pour Karim Daoud, la situation de la Tunisie n&rsquo;est pas pour autant au beau fixe : « Il ne faut pas croire que ces situations vont se réduire : il y a de plus en plus de monde sur la planète, de plus en plus de conséquences du réchauffement climatique, de plus en plus de crises&#8230; »</span></p>
<p>M. Daoud, comme d&rsquo;autres acteurs de la société civile tunisienne, se dit inquiet quant à la situation de la sécurité alimentaire en Tunisie, au regard de l&rsquo;état de l&rsquo;agriculture notamment. Il prend ainsi comme exemple la manière dont la filière avicole est construite en Tunisie et dresse un parallèle avec la filière laitière, puisque les bêtes comme leur alimentation et les produits phytosanitaires sont importés explique-t-il. Si bien qu&rsquo;il peut tout à fait arriver un moment où une crise des œufs et de la volaille puisse avoir lieu dans le pays.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Interrogé sur l&rsquo;action des responsables politiques, il exprime des réserves. « Il n&rsquo;y a pas de vision sur ce qui doit être fait et sur ce que l&rsquo;on veut mettre en place. Nous n&rsquo;avons pas de direction. » Et il semble en effet que les autorités n&rsquo;aient pas encore pleinement mesuré la nécessité d&rsquo;un plan d&rsquo;action global pour assurer la sécurité alimentaire du pays.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Pourtant d&rsquo;un point de vue légal, la Tunisie garantie de manière indirecte la sécurité alimentaire des citoyens à travers l&rsquo;article 21 de la Constitution :  » L’État garantit aux citoyens les libertés et les droits individuels et collectifs. Il leur assure les conditions d’une vie décente. »</span></p></blockquote>
<h4><b>Une situation préoccupante</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">En décembre 2017, le think thank tunisien <a href="http://www.ites.tn/">ITES </a></span><span style="font-weight: 400;">publié la « <a href="http://www.onagri.nat.tn/uploads/Etudes/securite%20alimentaire.pdf">Revue stratégique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Tunisie</a>« . </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La <a href="http://www.fao.org/fileadmin/templates/wsfs/docs/Issues_papers/Issues_papers_FR/L%E2%80%99agriculture_mondiale_%C3%A0_l%E2%80%99horizon_2050.pdf">publication</a> s&rsquo;ouvrait sur un état des lieux guère réjouissant de la situation. Il y est certes fait état d&rsquo;une agriculture et d&rsquo;une disponibilité alimentaire qui s&rsquo;améliorent en Tunisie. Mais la réalité d&rsquo;un monde dans lequel il faudrait, selon les chiffres de la FAO, augmenter de 70% la production mondiale pour nourrir les 9 milliards d&rsquo;êtres humains d&rsquo;ici 2050, reste un défi qui concernera</span> <span style="font-weight: 400;">également la Tunisie. Et le changement climatique, la dégradation des ressources naturelles notamment de l’eau et du sol, le manque d’investissement pour leur entretien et leur utilisation durable, sont autant de défis qu&rsquo;il faut relever, note le rapport. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La publication dresse une liste des défis de tous les secteurs concernés par la sécurité alimentaire, avant de proposer une liste de recommandations, sans qu&rsquo;elles semblent suivies d&rsquo;actions. « Pourtant les défis sont énormes, mais il y a une absence de prise en charge de la question », considère le professeur et économiste Karim Ben Kahla qui s&rsquo;est joint aux membres du think thank de l&rsquo;ITES pour rédiger la revue.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour M. Ben Kahla il existe des lacunes du point de vue des responsables politiques et il n&rsquo;y a pas réellement de prise de conscience de la part des autorités.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Ma peur c&rsquo;est que nous soyons soit dans le déni, soit dans la panique, face à la notion de sécurité alimentaire. Il y a un déni car on ne regarde pas les problèmes en face. Mais j&rsquo;ai peur que l&rsquo;on passe du déni à la panique. »</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors les Tunisiens vont-ils mourir de faim?</span> <span style="font-weight: 400;">« Non, ce n&rsquo;est pas comme ça que ça se passe. C&rsquo;est une mort lente, avec des catastrophes naturelles de plus en plus rapprochées et de plus en plus fortes », juge-t-il.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Les défis ont cet aspect systémique : quand on pose la question de la sécurité alimentaire : tout dépend de tout. La formation, l&rsquo;agriculture, l&rsquo;inflation, le climat, la santé, la nourriture&#8230; c&rsquo;est un système en soi », explique le professeur. </span></p>
<h4><b>Un début d&rsquo;action publique ?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Face aux défis que la Tunisie va devoir relever pour assurer la stabilité alimentaire, l&rsquo;Observatoire National de l&rsquo;Agriculture <a href="http://www.onagri.nat.tn/conjonctures">(ONAGRI)</a> lui s&rsquo;est mis au travail. Cet établissement public a vu le jour en 1999, avec pour but de collecter et diffuser des informations sur l&rsquo;agriculture et la pêche. Sur leur site la sécurité alimentaire a une entrée dédié, preuve que cette notion est prise en compte. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En janvier 2018 le ministère de l’agriculture et des ressources hydraulique relative à la création d’une commission technique nationale chargée de préparer une <a href="http://www.onagri.nat.tn/conjonctures#c-14">étude prospective</a> sur la sécurité alimentaire et le développement de l’export à l’horizon 2030.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette étude prospective a été lancée et un comité de travail mis en place, explique Nachaat Jaziri,  sous-directrice de l&rsquo;ONAGRI dans son bureau, accompagnée de sa collègue Sonia Dridi. Plusieurs réunions ont permis aux intervenants de <a href="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Rapport-vf_secutirt%C3%A9-alimentaire.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">poser un scénario</a> qui collerait le plus aux évolutions possibles de la situation tunisienne, afin de s&rsquo;accorder sur les stratégies à mettre en place, explique-t-elle. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« On ne peut pas rester les bras croisés à attendre. La situation est là, notre rôle à l&rsquo;observatoire c&rsquo;est de trouver des solutions », explique Nachaat Jaziri.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Il y aurait donc une timide prise de conscience au sein du ministère de l&rsquo;Agriculture de l&rsquo;importance d&rsquo;agir sur cette question.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D&rsquo;autant plus que la Tunisie fait partie du programme “<a href="https://unictunis.org.tn/files/2017/10/brochure-ODD-TN.pdf">Transformer notre monde</a> : le programme de développement durable à l’horizon 2030”, qui pose des objectifs de développement durable clairs, comme le fait d&rsquo;assurer une stabilité de la sécurité alimentaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais il semble que la prise de conscience vienne avant tout de la société civile car</span> <span style="font-weight: 400;">après l&rsquo;ITES et le Synagri, c&rsquo;est le Forum Tunisiens des Droits Économiques et Sociaux qui a organisé un <a href="https://www.flehetna.com/fr/ftdes-annd-atelier-de-travail-sur-le-droit-lalimentation-le-22-mars-2019">atelier de travail sur le droit à l&rsquo;alimentation</a> en mars dernier. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A la fin du mois de juin 2019 une <a href="https://www.flehetna.com/fr/oit-conference-sur-lingenierie-et-la-securite-alimentaire-les-24-et-25-juin-2019">conférence sur l&rsquo;ingénierie et la sécurité alimentaire</a> a été organisée à Tunis. </span><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;idée était de mettre en commun les contributions du monde de l&rsquo;ingénierie pour renforcer la sécurité alimentaire en Afrique et de proclamer une déclaration sur la sécurité alimentaire vue par les ingénieurs. Une initiative émanant de la société civile qui semble finalement être la force motrice de la réflexion sur cette question. </span></p>
<h4><b>La sécurité alimentaire : une question hautement politique</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité alimentaire, puisqu&rsquo;elle concerne toute la chaîne alimentaire, permet d&rsquo;assurer la sécurité d&rsquo;un pays et ouvre une réflexion sur tout le système dans lequel nous vivons. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Karim Ben Kahla la notion est complexe et demande une vision large de la part des responsables politiques, permettant d&rsquo;agir sur toutes les variables. Le fait est, selon lui, que pour le moment chacun semble appréhender cette notion avec son prisme et donc de manière restreinte. « Or il faut agir à tous les niveaux : les écoles, les familles, les médias&#8230; modifier la publicité alimentaire, la consommation, repenser la stratégie pour l&#8217;emploi, relancer l&rsquo;agriculture.</span><span style="font-weight: 400;"> » Un chantier énorme, qui demande donc d&rsquo;être capable de repenser tout le système dans lequel nous vivons et concilier des propositions qui se posent en extrême, tout en prenant réellement en compte la situation environnementale et les efforts qui doivent être faits pour préserver la planète.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais si l’on élargit encore le regard posé sur cette question, on voit que face à cette question de la production de denrées alimentaires des visions du monde s’affrontent. En effet, la notion de sécurité alimentaire est hautement politique. Elle interroge directement les choix de société fait par les responsables politiques et le positionnement idéologique adopté face au monde globalisé et au système de marché.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi en réponse, la notion de souveraineté alimentaire permet d’appréhender autrement les notions de sécurité et insécurité alimentaire, et interroge la manière dont un pays produit des denrées alimentaires et se soucie de la survie de sa population. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour M. Ben Kahla, en ce moment en Tunisie, il y aurait d&rsquo;un côté, les tenants de l&rsquo;idée d&rsquo;un marché sans agriculture, pour lesquels il suffirait d&rsquo;importer toutes les denrées alimentaires dont nous pouvons avoir besoin. D&rsquo;un autre côté, il y aurait les tenants de l&rsquo;idée de ne produire des denrées alimentaires qu&rsquo;en autosuffisance et d&rsquo;avoir une agriculture sans marché. Deux postures qui découlent de visions politiques du monde qui mettent face à face sécurité alimentaire et souveraineté alimentaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or il semble que la situation environnementale de la Tunisie ne laisse que peu de place au débat idéologique et oblige à avancer sur des solutions pratiques. </span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/tunisie-securite-alimentaire-etat-des-lieux-fr/">Sécurité alimentaire en Tunisie : « On ne peut pas rester les bras croisés »</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Les graines de la souveraineté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thierry Bresillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Oct 2019 16:11:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce International]]></category>
		<category><![CDATA[Décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques de la santé]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 7 et 8 septembre s’est tenue dans l’oasis de Chenini la 5eme édition de la fête des semences paysannes. Bien plus qu’une sympathique rencontre entre producteurs hors normes, c’est l’un des maillons dans la construction d’un autre modèle agricole.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il brille un éclat particulier dans le regard des agriculteurs de la fête des semences paysannes qu’organisait l’Association tunisienne de permaculture (ATP) dans l’oasis de Chenini, aux abords de Gabès, les 7 et 8 septembre. Comme les détenteurs d’un feu sacré, ils protègent, entretiennent et font croître une richesse menacée : les semences qu’ont léguées des siècles de travail et d’adaptation aux conditions de la terre et du climat tunisiens, et que les semences commercialisées pour l’agriculture industrielle menacent d’évincer.</p>
<h4><strong>« On me prend pour un fou »</strong></h4>
<p>Parmi les vingt quatre exploitants venus à Chenini, tous ne sont pas des anciens qui ont conservé jalousement les graines qu’ils employaient dans leur jeunesse. La plupart au contraire ne se sont lancés depuis que depuis quelques années. Fils d’agriculteurs qui avaient abandonné le travail de la terre ou nouveaux venus, tous partagent la même expérience : entreprendre une démarche qui donne un sens à leur vie. Et tous ont suscité la même réaction : « Au début, on m’a pris pour un fou ! ».</p>
<blockquote><p>« J’ai pris de 3 hectares de la terre familiale pour la travailler en permaculture, raconte Radhouane Tiss, installé dans le Sud, à Oued el Khil, entre Tataouine et Médenine. L’idée, c’est d’améliorer ce pays, de changer la façon de travailler la terre sans recourir aux produits chimiques. C’est une question de santé publique. »</p></blockquote>
<p>« Nous sommes isolés dans notre région, raconte Guediri Boumediene installé à Sidi Sallem, au Sud de Gabès. Autour de nous les producteurs travaillent avec des forages, des semences hybrides et des pesticides qui tuent la terre. Les arrosages emportent les nitrates dans la nappe phréatique. Nous, nous voulons laisser une terre cultivable et minimiser notre dépendance à l’eau. Avec le changement climatique, nous n’aurons pas le choix. Malheureusement les agriculteurs aujourd’hui sont persuadés qu’on ne peut pas se passer de pesticides, ils ont oublié les pratiques. »</p>
<p>Radhouane Tiss, par exemple, déploie tout un arsenal de techniques pour cultiver arbres fruitiers, oliviers, figuiers et même des fruits tropicaux comme la papaye et l’avocat : « J’ai espacé les arrosages pour que les plantes s’acclimatent et deviennent plus résistantes. Pour les protéger, j’utilise des préparations à base de piment rouge, d’ail ou de feuilles de neem [ou margousier, ndlr], le seul arbre que les sauterelles n’attaquent pas. Pour l’instant, les agriculteurs voisins viennent voir. Dans quelques années, je suis sûr qu’ils verront la différence et qu’ils m’imiteront. »</p>

<a href='https://www.researchmedia.org/les-graines-de-la-souverainete-thierry-bresillon/photo-thierry-fete-des-semences1/'><img fetchpriority="high" decoding="async" width="450" height="300" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences1-450x300.jpg" class="attachment-medium size-medium" alt="" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences1-450x300.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences1-768x512.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences1-900x600.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences1-370x247.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences1-270x180.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences1-740x493.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a>
<a href='https://www.researchmedia.org/les-graines-de-la-souverainete-thierry-bresillon/photo-thierry-fete-des-semences4/'><img decoding="async" width="450" height="307" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences4-450x307.jpg" class="attachment-medium size-medium" alt="" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences4-450x307.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences4-768x524.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences4-900x615.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences4-370x253.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences4-270x184.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences4-740x505.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences4.jpg 1920w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a>

<h4><strong>A contre-courant </strong></h4>
<p>La permaculture et l’emploi des semences paysannes ouvrent une voie à contre-courant de l’évolution générale du modèle agricole. L’heure est à l’expansion à outrance des exploitations en monoculture pour produire pour l’exportation. Des oliviers notamment, et pas de variété locale, mais des plants venus d’Espagne ou d’Italie. Des arbres plus rapidement productifs certes, mais gourmands en eau et épuisés après 25 ans, quand les variétés tunisiennes se contentent de peu d’eau et peuvent produire des siècles. Ces nouveaux exploitants sont des entreprises, voire des investisseurs qui blanchissent de l’argent et qui bénéficient des appuis de l’Etat et des banques. Alors que si l’on ne fait pas monoculture ou si l’on n’utilise pas les variétés étrangères, on n’a pas accès aux subventions publiques », déplore encore Guediri Boumediene.</p>
<p>Le travail des anciennes variétés locales reste perçu comme une lubie contre-productive. Pourtant Nabil Ben Marzouk fait l’expérience du contraire avec une variété de blé dur, délaissée depuis des décennies au profit du blé tendre utilisé pour le pain blanc. « C’est vrai que notre blé ne produit que 9 quintaux à l’hectare quand les autres peuvent monter jusqu’à 60 quintaux. Mais quand on enlève le coût du travai et des produits chimiques, s’il on compte que l’Etat achète le blé tendre à 65 DT le quintal alors que grâce à la valorisation dans de meilleurs produits vendus plus chers, nous pouvons l’acheter jusqu’à 250 dinars, la rentabilité économique est de notre côté. »</p>
<p>Le point crucial de ce modèle de production, le passage obligé pour son expansion, c’est la commercialisation. Faute de moyens, les quantités produites sont faibles. Les circuits commerciaux classiques ne sont pas adaptés à cette production plus limitée et, pour l’instant, plus chère. « Il faut compter sur les magasins bio, les boutiques en ligne, la livraison à domicile », poursuit Guediri Boumediene.</p>
<blockquote><p>« L’argument de l’apport de devises pour justifier l’agriculture industrielle ne tient pas, estime Nada Trigui, co-fondatrice de l&rsquo;Observatoire de la Souveraineté Alimentaire (actuellement journaliste au sein de l&rsquo;équipe de Barr al Aman).  Dans ce modèle agricole, Tout est importé à prix fort, des plants ou des semences, jusqu’aux intrants. Au bout du compte, cela nuit à la balance commerciale. »</p></blockquote>
<p>Mais la Tunisie, dont l’économie est dépendante des exportations, est de plus en plus liée par des conventions internationales, notamment en terme de protection de la propriété intellectuelle qui interdisent progressivement l’emploi des semences paysannes.</p>
<h4><strong>La pointe de l’iceberg</strong></h4>
<p>Malgré tout, l’emploi des semences paysannes se développe rapidement grâce au travail de l’ATP. La fête des semences est l’occasion d’échanger des graines et de mesurer les résultats obtenus d’une année à l’autre. Mais ce temps de rencontre entre producteurs et consommateurs n’est que la pointe de l’iceberg. L’APT a entrepris l’identification et la mise en réseau des cultivateurs, travaille à la construction de circuits de commercialisation, à l’élaboration d’un certificat garantissant la semence et le respect de normes de l’agrobiologie, et à la sensibilisation des pouvoirs publics. Elle vient d’ailleurs de signer une convention avec le ministère de l’agriculture pour introduire des modules sur la permaculture dans les formations d’Etat.</p>
<p>Face à un modèle fondé sur la monoculture pour l’export, extensive, coûteuse en devises, nuisible aux ressources naturelles nationales (l’eau et la terre) et à la santé, qui ne fait que renforcer la dépendance internationale de la Tunisie, le modèle dans lequel s’insère l’emploi des semences paysannes est tout à l’opposé : « Nos semences, c’est notre souveraineté », clame Nabil Ben Marzouk.</p>
<figure id="attachment_4236" aria-describedby="caption-attachment-4236" style="width: 273px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-4236 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3-273x400.jpg" alt="" width="273" height="400" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3-273x400.jpg 273w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3-768x1126.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3-477x700.jpg 477w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3-370x543.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3-270x396.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3-205x300.jpg 205w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3-740x1085.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/photo-thierry-fete-des-semences3.jpg 1309w" sizes="(max-width: 273px) 100vw, 273px" /><figcaption id="caption-attachment-4236" class="wp-caption-text">Fête des semences, septembre 2019 à Gabès &#8211; Thierry Brésillon pour Barr al Aman</figcaption></figure>The post <a href="https://www.researchmedia.org/les-graines-de-la-souverainete-thierry-bresillon/">Les graines de la souveraineté</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Jendouba, un gouvernorat qui attend le changement</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/jendouba-un-gouvernorat-qui-attend-le-changement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Sep 2019 15:09:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Jendouba]]></category>
		<category><![CDATA[Municipalité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dernier gouvernorat en terme de participation à l&#8217;élection présidentielle de 2014, à la traîne quant aux indices de&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><i>Dernier gouvernorat en terme de participation à l&rsquo;élection présidentielle de 2014, à la traîne quant aux indices de développement, le gouvernorat de Jendouba bénéficie d’une diversité territoriale et de richesse naturelles, mais qui ne profitent pas directement à la région.</i></p>
<p>Pour se rendre à Jendouba, chef-lieu du gouvernorat du même nom, il faut emprunter une autoroute traversant un paysage de vallées verdoyantes. Loin de l’aridité des gouvernorats du sud, cette région donne l’image d’une contrée vivante, prospère, nourricière. Pourtant selon l’INS en 2016 le taux de pauvreté du gouvernorat était de 22,4%, soit 7 points au dessus de la moyenne nationale. En 2012, il se classait en 21eme position sur 24 en matière de développement selon un rapport du ministère du Développement régional.</p>
<p>A quelques encablures du chef-lieu se trouve l&rsquo;agglomération de Ben Béchir. Ce jour-là, comme tant d’autres jours, une voiture à la plage arrière encombrée par une énorme citerne d’eau et de nombreux bidons rangés à la hâte, se fraie un chemin sur une piste cabossée, pleine de trous et de flaques. C’est qu’il a plu la veille et que le paysage porte encore les stigmates des intempéries. Il a plu, mais un colporteur d’eau roule pour livrer des clients.</p>
<p>Dans le gouvernorat de Jendouba tout le monde n’a pas accès à l’eau potable. Un comble pour Kamel Ben Othman, 2e vice-président de la municipalité.</p>
<blockquote><p>“Nous sommes le château d’eau du pays. Nous sommes le gouvernorat le plus pluvieux.”</p></blockquote>
<p>Le rapport de l’INS de 2014 corrobore ses dires. La situation des délégations est inégale. Malgré les nombreux barrages et les stocks d’eau, la desserte des ménages en eau du robinet est de 99% à Jendouba, mais tombe à 33% dans la délégation de Fernana.</p>
<p><b>Un gouvernorat en grande partie rural</b></p>
<p>M. Ben Othman explique que la géographie de la région est une richesse, car elle permet une diversité de cultures, mais elle est aussi une difficulté car le gouvernorat est rural à 70%. Cette ruralité rend parfois compliqué le travail des autorités, surtout depuis le changement de découpage des municipalités.</p>
<p>L’élu raconte que la superficie de la municipalité s’est élargie et est passée de 980 hectares à 44 000 hectares aujourd’hui. De ce fait la population prise en charge a changé passant de 40 000 citoyens à plus de 100 000 habitants. Le budget lui n’a pas changé, déplore M. Ben Othman, obligeant la municipalité à continuer à agir avec les mêmes sommes mais face à des demandes qui augmentent  : “Elles sont plus nombreuses et nous avons des difficultés pour y répondre, surtout en ce qui concerne les zones rurales nouvellement incluses dans nos prérogatives.”</p>
<p>La municipalité de Jendouba n’est pas la seule à se retrouver avec un périmètre et un nombre de citoyens élargis. D’après M. Ben Othman plusieurs municipalités du gouvernorat ont fait part de la difficulté de leur situation.</p>
<p>Pour autant il croit dans de possibles changements et dans la nécessité de la municipalité à être moteur : “Nous allons essayer de faire quelques projets d’aménagement pour lutter contre les inondations, mais aussi concernant l’éclairage public et l&rsquo;état des pistes, pour une meilleure mobilité des citoyens” car M. Ben Othman explique que la ville, à l’image du gouvernorat est une zone rurale et que la question de l’accessibilité est un problème.</p>
<p>La mobilité pose des problèmes aux citoyens dès leur enfance. Il souligne que l’abandon scolaire est important ici. Une des raisons est la situation financière des familles, qui fait  que des enfants sont très tôt mis au travail. Le gouvernorat serait le premier pourvoyeur d’enfants-domestiques selon l’<a href="https://www.unicef.org.tn/jai-decroche-et-apres/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">UNICEF</a>. Mais l’abandon scolaire s’expliquerait aussi par le problème d’accessibilité et de distance. Il arrive en hiver que le pluie ou la neige empêchent les enfants de se rendre à l’école du fait des trop grandes distances à parcourir à pieds ou parce que les routes ne sont pas praticables. Il en découle que dans certaines délégations le taux d’analphabétisme atteint les 40%, toujours d&rsquo;après le <a href="http://www.ins.tn/fr/publication/jendouba-travers-le-recensement-g%C3%A9n%C3%A9ral-de-la-population-et-de-l%E2%80%99habitat-2014" target="_blank" rel="noopener noreferrer">recensement de l’INS de 2014</a>.</p>
<p><b>La santé à la traîne</b></p>
<p>M. Ben Othman n’est pas le seul à parler de la question de l’accessibilité. A la Direction régionale de la santé, M. Mohamed Rouiss commence par expliquer que les infrastructures de santé sont insuffisantes dans la région, malgré les 118 centres de santé de base dispatchés sur tout le gouvernorat. Il souligne également le manque de médecins et notamment de spécialistes. En effet, selon les chiffres de l’<a href="http://www.ins.nat.tn/fr/publication/tunisie-en-chiffres-2016" target="_blank" rel="noopener noreferrer">INS,</a> le gouvernorat comptait 0,6 médecin pour 1000 habitants contre une moyenne nationale de 1,3.</p>
<p>L’ancien médecin urgentiste ajoute que la population du gouvernorat est particulièrement touchée par des maladies génétiques : “Nous sommes un foyer de drépanocytose et de thalassémie.” Des maladies qui pourraient être dépistées en amont si les femmes bénéficiaient d’un suivi de grossesse explique Rachida Gharbi, chef de service.</p>
<p>En plus d’être sous-doté en médecins et matériel, un des problèmes de ce gouvernorat, c&rsquo;est l&rsquo;accès, expliquent les deux professionnels de la santé.</p>
<blockquote><p>“Ce problème touche le personnel médical qui a du mal à se déplacer jusqu’aux malades, les patients qui ont du mal à venir jusqu’à nous et impacte également certains cas d’urgence si un transfert est nécessaire à Tunis, puisque nous n’avons pas tous les spécialistes et tout le matériel sur place”, détaille M. Rouiss.</p></blockquote>
<p><b> Un gouvernorat qui ne bénéficie pas des richesses qu’il produit</b></p>
<p>Comme d’autres gouvernorats du pays, <a href="http://www.tunisieindustrie.nat.tn/fr/doc.asp?docid=593&amp;mcat=13&amp;mrub=105" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Jendouba</a> vit l’injustice d’être un gouvernorat producteur de richesses qui ne bénéficie guère à son développement. Il est pourtant un lieu de production agricole, de ressources forestières, de matières premières mais qui ne sont pas transformées sur place, il est doté de zones touristiques en bord de mer et en montagne et pourrait profiter d’échanges commerciaux avec l’Algérie du fait de sa zone frontalière.</p>
<p>Mais le gouvernorat ne vit pas de ses richesses et la situation de la population est inquiétante pour Taoufik Soltani, chargé des affaires sociales à la mairie et fonctionnaire du ministère des Affaires sociales.</p>
<blockquote><p>“Quand je travaillais à l’Ariana par exemple, les demandes des citoyens n’étaient pas les mêmes. Ici, les jeunes sont dans un situation de grande précarité, alors qu’ils devraient être dans l’âge où l’on travaille et construit sa vie.”</p></blockquote>
<p>Le <a href="http://www.ins.tn/fr/publication/jendouba-travers-le-recensement-g%C3%A9n%C3%A9ral-de-la-population-et-de-l%E2%80%99habitat-2014" target="_blank" rel="noopener noreferrer">taux de chômage</a> est ici de 25%, de quelques points au-dessus de la moyenne nationale mais en dessous de celui de certains gouvernorats du sud et de l’intérieur. Il monte jusqu’à 35% pour les femmes.</p>
<h4><b>Lutter contre le chômage à petite échelle</b></h4>
<p>Pour lutter contre le chômage M. Ben Othman à la mairie a bien des idées : “Il faut développer l’éco-tourisme, les industries agro-alimentaires ou encore les industries de transformation des matières premières.”</p>
<p>D’autres solutions sont envisagées, mais avec un prisme libéral. Oussame Dhif, le premier délégué du gouverneur, fraîchement arrivé dans la région, explique que la lutte contre le chômage passe par des aides à l&rsquo;entrepreneuriat, via des subventions et des formations. « Il y a des difficultés dans ce gouvernorat, notamment avec les jeunes diplômés au chômage. Nous essayons de trouver des solutions, des emplois dans l&rsquo;agriculture, les services&#8230;. Mais nous sollicitons aussi l&rsquo;aide des associations pour aider les jeunes à se lancer dans des projets personnels, à avoir des subventions.”</p>
<p>Essayer de multiplier les solutions ce que fait Eya Abidi, trésorière de l&rsquo;association <a href="https://www.facebook.com/friguia.strategies/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Friguia for Strategies</a> : “Nous formons des jeunes dans tout le gouvernorat en leur offrant un accompagnement professionnel et en leur permettant de comprendre l’écosystème autour de lui. Il y a ainsi eu des créations de start-up dans le domaine de l’agriculture ou du service, mais ce qui manque encore c’est l&rsquo;aspect innovant.”</p>
<p>Elle a noté pendant ces formations la défiance des jeunes envers les responsables politiques. Elle reste pourtant optimiste quant aux possibilités d’amélioration de la situation des citoyens dans le gouvernorat.</p>
<h4><b>La société civile prend les choses en main</b></h4>
<p>Walid Bouslimi de l&rsquo;association Article 12, est aussi optimiste. L’organisation qui a débuté sous la forme d’un mouvement en 2014, demande plus de justice sociale et d’égalité à Jendouba. Le nom du mouvement est tiré de l’article 12 de la Constitution qui veut que :</p>
<blockquote><p>“L&rsquo;Etat a pour objectif de réaliser la justice sociale, le développement durable, l&rsquo;équilibre entre les régions et une exploitation rationnelle des richesses nationales en se référant aux indicateurs de développement et en se basant sur le principe de discrimination positive ; l’Etat œuvre également à la bonne exploitation des richesses nationales.”</p></blockquote>
<p>En février dernier, l’association a organisé un mouvement qui a occupé l’espace public pendant la nuit pendant trois mois et a permis aux citoyens et aux responsables politiques de se rencontrer, d&rsquo;échanger sur les problèmes et d’essayer de trouver des solutions.</p>
<p>Lui veut plus de collaboration entre les associations et les autorités. Il croit dans le développement possible de la région, veut tabler sur les richesses naturelles produites, créer de grands projets industriels, renforcer la possibilité pour les citoyens d’entreprendre, se défaire des lourdeurs administratives et des blocages qu’il incombe aux autorités : “les responsables politiques se moquent de la situation en réalité, alors que nous essayons de faire avancer les choses.”</p>
<p>Tout comme le chargé des affaires sociales à la municipalité, Walid Bouslimi n’hésite pas à parler de la tentation radicale et terroriste pour des jeunes qui ne trouvent aucune solution face à la précarité, et qui sont malgré tous connectés au reste du monde et peuvent mesurer l’injustice de leur situation. La région est en effet régulièrement le lieu d’affrontements et d’arrestations de personnes présentées comme terroristes par les autorités.</p>
<p><b>Une faible mobilisation électorale</b></p>
<p>Renouer le dialogue entre la population et les autorités semble pourtant une tâche difficile. Pour les élections municipales de 2018 seulement 28% du corps électoral du gouvernorat s’était déplacé, plaçant ainsi le gouvernorat parmi les trois derniers du classement national.</p>
<p>En 2014, pour la présidentielle, le taux de participation était de 52,8%, faisant du gouvernorat celui avec le plus faible taux de participation du pays. L’issue du scrutin de cet automne sera décisive pour savoir si la défiance continue ou si la confiance est retrouvée.</p>
<p><em>Article réalisé avec l&rsquo;aide de Nada Trigui.</em></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/jendouba-un-gouvernorat-qui-attend-le-changement/">Jendouba, un gouvernorat qui attend le changement</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>L&#8217;abondance des céréales en Tunisie, une malédiction?</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/labondance-des-cereales-une-malediction/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nada Trigui]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jul 2019 17:53:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les agriculteurs paniquent: les moissons abondantes risquent de s’abîmer pendant que les centres de collectes de céréales sont remplis à ras-bord.  L’acheminement vers les centres de stockage est très lent. Certains centres de collecte restent fermés en pleine campagne.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">“De Fernana à Oued Meliz (Jendouba, nord-ouest), des agriculteurs ont dû arrêter la moisson de céréales. Leurs récoltes sont entassées dans des sacs en toile, exposées aux risques d’intempéries et d’incendies à cause de la défaillance de la chaîne de distribution” s&rsquo;inquiète Omar Ghazouani, à la tête de l’Union Régionale de l’Agriculture et de la Pêche (URAP) Jendouba. Le scénario est le même au Kef. L’abondance semble s’être transformée en malédiction.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré de faibles infrastructures de collecte, le gouvernorat de Jendouba a quand même contribué à hauteur de 15% de la production nationale des céréales en 2017. “Seulement 650 mille quintaux (65.000 t) de capacité. C’est insuffisant pour contenir une bonne récolte. Le manque de transport a accentué la crise” ajoute le représentant régional du principal syndicat agricole du pays.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur les réseaux sociaux, l’affrètement de camions militaires a suscité l’enthousiasme des internautes. Cependant pour Ghazouani, ces véhicules ont une capacité limitée. “Quant au fret ferroviaire, ce n’est qu’une solution partielle car tous les centres de collectes ne sont pas nécessairement liés au réseau du chemin. Ces deux solutions ne pourront compenser le manque de camions poid-lourd à benne céréalière. </span>Les campagnes de contrôle sur la charge de ces véhicules a ligoté les transporteurs » continue-t-il.</p>
<p>Actuellement, la suspension exceptionnelle des campagnes de contrôle a pu attirer certains transporteurs vers sur la voie des céréales. Les autres préfèrent continuer à travailler avec leur clients habituels, minotiers et importateurs, d&rsquo;après un agriculteur de Béja-Nord. Entre la ceinture des villes côtières et les ports, ils sont « moins contrôlés et mieux payés ».</p>
<p><b>“Privés” de centres de collectes </b></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">“Autrefois, l’Office des Céréales disposait de véhicules pour assurer la collecte. L’Etat tenait le secteur en main. Les centres de collectes de l’Office couvraient tous les gouvernorats producteurs, y compris ceux dont la production est imprévisible. Le secteur privé ne peut pas faire pareil par soucis de rentabilité.»</span></i><span style="font-weight: 400;">, explique Wassim Sellaouti, un jeune agriculteur de Teboursouk à Béja.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le céréaliculteur explique que le privé préfère miser sur les régions les plus productives à savoir Béja, Manouba et Bizerte. Une concentration de l’investissement qui induit un déséquilibre dans l’infrastructure de collecte.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, c’est à partir de 2005 que l’Etat se désengage. Résultat: la part du secteur privé explose, passant de 1% en 2005 à environ 60% en 2015, selon </span><a href="http://www.onagri.nat.tn/uploads/Etudes/RapportIVF.pdf"><span style="font-weight: 400;">une étude</span></a><span style="font-weight: 400;"> qui vise à identifier les principaux points de dysfonctionnement à l’origine des pertes, (Khaldi et Saaidia, p. 34) </span></p>
<div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.onagri.nat.tn%2Fuploads%2FEtudes%2FRapportIVF.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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<p><span style="font-weight: 400;">« A Béja la campagne est fluide car on compte, par exemple 11 centres de collectes à Teboursouk. A El Krib ou Bargou, il n’en existe que 2, car ce ne sont pas des zones annuellement rentables. ”dit-il, “mais quand le ciel est généreux, la situation devient difficile à gérer, surtout pour les agriculteurs.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Ghazouani, la Tunisie, et les agriculteurs surtout paient “le prix fort de la privatisation de l’activité de collecte”. Aujourd’hui, comme à Ain el Krima (Jendouba), des centres de collecte sont fermés vu le manque d’intérêt des privés qui est loin d’être compensé par le service public qu’incarne l’office des céréales. Un manque particulièrement palpable en des années de bonnes récoltes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est ce qui a poussé l’URAP El Kef à demander “le réengagement de l’office dans la collecte dans les régions où le secteur privé n’a pas souhaité investir” selon</span><a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2442425919333564&amp;set=a.2200788586830633&amp;type=3&amp;theater"><span style="font-weight: 400;"> un communiqué</span></a><span style="font-weight: 400;"> publié le 14 juin 2019.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">“On ne peut pas se permettre de perdre une bonne récolte. Il faut déployer tous les moyens pour le bon déroulement de la campagne, quitte à procéder à des mesures exceptionnelles” s’exclame Chérif Kastalli, agriculteur et coordinateur du parti La voix des agriculteurs à Béja. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce co-fondateur du mouvement </span><a href="https://www.facebook.com/groups/817818468553166/"><span style="font-weight: 400;">Agriculteurs En Colère</span></a><span style="font-weight: 400;"> va plus loin dans le le diagnostic: “Tout le bassin de production de céréales ne dispose pas d’un centre de stockage stratégique. Ils sont tous concentrés autours de la capitale et dans les régions côtières.” </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour lui, remédier à ce problème passera nécessairement par la création de centres stratégiques liés au chemins de fer des les zones de production. </span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/labondance-des-cereales-une-malediction/">L’abondance des céréales en Tunisie, une malédiction?</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>ALECA / UE: La PAC biaise-t-elle le jeu du libre échange?</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/ue-le-soutien-interne-soutient-il-lexport/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed HADDAD]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Apr 2019 18:16:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[ALECA]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblé des Représentants du Peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce International]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Tunis]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« L’alimentation du bétail représente 20% du coût de la viande en France contre plus de 60% en&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3545" class="elementor elementor-3545">
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									<p><span style="font-weight: 400;">« </span><b>L’alimentation du bétail représente 20% du coût de la viande en France contre plus de 60% en Tunisie</b><span style="font-weight: 400;">. » affirme Chafik Ben Rouine de l’Observatoire Tunisien de l’Economie. Cette différence n’est pas due à « un problème de productivité ». Les raisons du décalage entre la France et la Tunisie sont ailleurs selon l’économiste de l’OTE. En tant que membre de l’UE, la France par exemple, bénéficie d’un soutien conséquent pour son secteur primaire grâce à « la politique agricole commune ». C’est un appui financier conséquent représente&nbsp;</span><a href="https://ec.europa.eu/agriculture/sites/agriculture/files/cap-post-2013/graphs/graph3_en.pdf"><span style="font-weight: 400;">60 Mia d’Euros en 2019, soit un tiers du budget de l’Union pour la même année</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette politique a été mise en place dès les premières pierres de l’Europe, son but premier est d’assurer une sécurité alimentaire aux pays du vieux continent au lendemain de la deuxième guerre mondiale. L’UE considère qu’il est stratégique d’avoir des agriculteurs en activité sur son territoire pour ne dépendre de personnes pour se nourrir. De plus, financer les la production alimentaire garantit aux consommateurs européens des prix abordables.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cependant, il a suffi d’une trentaine d’années pour que cet objectif soit atteint et que la PAC s’arroge le rôle de “promoteur d‘exportation”.</span></p>
<blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">« Grâce à la PAC, l’agriculture européenne dégage chaque année </span>20 milliards d’euros de surplus<span style="font-weight: 400;"> et crée 20 000 emplois pour chaque milliard d’exportations. » <a href="https://www.la-croix.com/Debats/Ce-jour-la/LEurope-elle-renonce-PAC-ambitieuse-2019-02-26-1201005083">confirme le commissaire à l’agriculture Phil Hogan en février dernier.</a></span></p>
</blockquote>
<h4><b>La PAC, une subvention?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Considérant que l’UE produit plus qu’elle ne consomme depuis les années 70, elle doit écouler son stock sur le marché international. Pour ce faire, ses prix doivent être compétitifs. Cependant, les coûts de production en Europe sont plus élevés qu’en Afrique du nord par exemple.&nbsp;</span>Si le prix est élevé, la “qualité européenne” ou les “normes sanitaires européennes” sont des arguments de vente peu convaincant . Toutefois, comment baisser le prix de vente à l&rsquo;export sans enfreindre les règles de la libre concurrence ? C’est là où la PAC joue un rôle important: en soutenant financièrement l’agriculteur européen pour différents motifs, elle baisse artificiellement le coût de production de sa marchandise.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Afin d’encourager l’export, l’Union aurait pu envisager la solution classique: augmenter les droits de douane pour les produits agricoles importés dans le marché commun des 27+1. Les producteurs européens vendraient ainsi leurs marchandises au prix réel de production, mais ce serait au consommateur&nbsp;</span>d’assumer l&rsquo;augmentation des prix. Cette alternative, peu enthousiasmante politiquement, serait aussi mal vue au sein de la communauté internationale, car considérée comme une mesure protectionniste. La subvention de l&rsquo;agriculture européenne, malgré son coût élevé, a été jugée plus avantageuse.&nbsp;&nbsp;</p>								</div>
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			<div class="elementor-counter-title">Millions d’euros d’aliments du bétail ont été importés de l'UE vers Tunisie (barrière tarifaire de 14,47%)</div>			<div class="elementor-counter-number-wrapper">
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									<h4><span style="font-weight: bold;">Le « Dumping » aux multiples visages</span></h4><p>Le credo selon laquelle là où il y a du commerce, il y a la paix, est la base des démarches anti-protectionnistes. Ainsi, les Etats membres de l’OMC sont-ils censés ouvrir leurs marchés aux marchandises étrangères comme un engagement de paix et de stabilité.</p><p>Par conséquent, les obstacles à la libre circulation des marchandises ne sont pas uniquement “des barrières tarifaires”, entendre des obstacles douaniers, il existe aussi des barrières dites “non-tarifaires”. Ce sont des législations qui minimisent les chances d’une marchandise d’être importée dans un pays donné, bénéficiant ainsi aux producteurs locaux de ce pays. Par exemple, des normes sanitaires trop strictes portant sur la production, le stockage et la distribution d’un fruit peuvent constituer un frein à l&rsquo;importation d’un produit étranger identique ne respectant pas les mêmes normes.</p><p>Selon Ben Rouine, auteur de l’étude <i>Les subventions agricoles européennes : angle mort de la négociation sur la libéralisation des échanges agricoles,</i> cette politique agricole commune constitue un soutien interne voire une « barrière » tarifaire. Il affirme que « la stratégie de l’UE consiste à octroyer des subventions importantes aux agriculteurs afin que ceux-ci modifient <span style="font-weight: bold;">artificiellement les prix intérieurs de l’UE à la baisse</span> dans le but de rentrer dans la définition de l’OMC du dumping. »  </p><p>Par exemple, dans le cas de la viande: c&rsquo;est en soutenant financièrement l’alimentation du bétail que les coûts de production baissent substantiellement. Il rappelle qu’il y a dumping selon l&rsquo;OMC si le prix d’une marchandise importée est inférieur au prix du marché intérieur. Cependant, selon les économistes, il y a dumping si le prix d&rsquo;une marchandise est inférieur au coût moyen de production nationale.</p><p>Plus concrètement: </p><blockquote><p><span style="font-weight: normal;">Si la production de 100 litres de lait dans l&rsquo;UE coûte 100€, or il y a 20€ de subvention, donc le prix de vente sur le marché local est de 90€.<br />Si cette marchandise est exportée en Tunisie à 90€, </span><span style="font-weight: normal;">alors il y a dumping selon les économistes (Le prix de vente à l&rsquo;export est </span>inférieur au coût de production<span style="font-weight: normal;">). Toutefois, il n&rsquo;y a pas de dumping selon l&rsquo;OMC (prix de vente à l&rsquo;export </span>n&rsquo;est pas inférieur au prix de vente locale<span style="font-weight: normal;">)</span></p></blockquote><h4><span style="font-weight: bold;">Les olives, condensé des tensions entre l’UE et les Etats-Unis</span></h4><p>Pour les Etats-Unis, le dumping européen ne fait aucun doute. Par conséquent ils ont unilatéralement établi des frais de douane sur les olives européennes en 2018. Une démarche que l’Union Européenne a dénoncée et portée devant l’Organisation Mondiale du Commerce. La décision de l’OMC est déterminante pour la politique commerciale extérieure européenne et la politique agricole commune..</p><p>En effet, si l’OMC estime que la PAC est assimilée à un dumping alors l’Union devra modifier l’un de ses principaux instruments communautaires. Selon Chafik Ben Rouine, c’est l’une des raisons pour lesquelles « aucune négociation sur un accord de libre échange ne devrait être entamée avec l’UE avant que l’OMC ne tranche ce différend. »</p><p>Barr al Aman a sollicité le représentant de la délégation européenne à Tunis, Patrice Bergamini, cependant il a préféré ne pas réagir à cette question.</p><p>&#8212;</p><p>L&rsquo;illustration est issue de la couverture du rapport de l&rsquo;OTE et de l&rsquo;UTAP, disponible ci-dessous.</p>								</div>
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		<title>Le dessalement d&#8217;eau de mer, loin d&#8217;être une solution miracle</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-3-fr/</link>
					<comments>https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-3-fr/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Mar 2019 16:22:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Dessalement]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.researchmedia.org/?p=3421</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si le dessalement est une technique de production d'eau potable qui semble susciter l'engouement de responsables politiques en Tunisie, à travers le monde les avis sont plus réservés. Ainsi en janvier 2019, un rapport de l'ONU s'inquiétait des conséquences de cette technique. En Tunisie, les chercheurs n'ont pas un avis unanime, même si on les sent, pour la plupart, réticents.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Barrages se vidant trop vite, pluie rare et besoins en eau grandissants. Pour résoudre cette équation compliquée la Tunisie semble avoir trouver la solution: dessaler l&rsquo;eau de mer et les eaux saumâtres. Dessaler pour produire de l&rsquo;eau potable.</p>
<p>En 2023 le pays devrait compter 25 stations de dessalement gérées par la Sonede (Société nationale d&rsquo;exploitation et de distribution des eaux), pour produire de l&rsquo;eau distribuée aux consommateurs. La technique doit permettre de répondre au problème du stress hydrique que le pays connait, du fait de sa situation géographique, des usages agricoles gourmands en eau, et d&rsquo;infrastructures de distribution détériorées.</p>
<p>Si du côté des responsables politiques et de la Sonede, la solution du dessalement semble être sollicitée sans retenue, les chercheurs ne font pas preuve du même engouement. En effet, différentes études internationales font état des inconvénients et impacts du dessalement, des résultats que les chercheurs ont bien intégrés. Le dessalement est une technique polluante, énergivore, coûteuse&#8230; et si elle apparait comme une solution dans certaines régions, les chercheurs soulignent que d&rsquo;autres efforts doivent être faits en Tunisie.</p>
<h4><strong>Le dessalement, une nécessité, mais pas la seule réponse à la pénurie d&rsquo;eau</strong></h4>
<p>Depuis son bureau de l&rsquo;Ariana, Amor Bayouli, consultant international, ingénieur de génie rural, eaux et forêts explique : « Le dessalement en Tunisie est une nécessité, mais pas la seule réponse à la pénurie d&rsquo;eau potable. »</p>
<p>Pour lui la Tunisie « va trop loin dans le dessalement. » M. Bayouli a participé, en 2016, à l&rsquo;étude stratégique « Eau 2050 » qui est l&rsquo;élaboration de la vision et de la stratégie du secteur de l’eau, et qui a pour but de « contribuer au développement socioéconomique, en sécurisant la disponibilité et l’accès à la ressource en eau pour la Tunisie à l’horizon 2050, de manière efficiente, équitable et durable, suivant une approche de gestion intégrée des ressources en eau ».</p>
<div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=https%3A%2F%2Fwww.africanwaterfacility.org%2Ffileadmin%2Fuploads%2Fawf%2FProjects%2FPCRs%2F2016_AWF_PAR_EN_Tunisie_Strategie_Eau2050.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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<p>De son point de vue, le dessalement est une réponse à la crise de l&rsquo;eau, mais une réponse qui a de nombreux désavantages. cite pêle-mêle le coût énergétique de la production d&rsquo;eau à partir d&rsquo;eau de mer, l&rsquo;émission de gaz à effet de serre, le coût financier de ces technologies, le manque de maîtrise de ces technologies qui sont fabriquées à l&rsquo;étranger, l&rsquo;impact des rejets de saumures qui n’est pas réellement mesuré en Tunisie, l’impact des rejets des produits chimiques utilisés en pré et post traitement de l’eau de mer&#8230;</p>
<p>Si aujourd&rsquo;hui les autorités penchent pour la solution du dessalement, afin de produire de l&rsquo;eau potable, « sans essayer d&rsquo;améliorer les défauts du système existant » c&rsquo;est presque par orgueil selon l&rsquo;expert : « Maintenant que nous n’avons plus de grands projets de prestige, comme de grands barrages à construire, on passe au dessalement&#8230; » déplore-t-il.</p>
<p>Pour lui la stratégie globale de la gestion de l&rsquo;eau ne doit pas s’arrêter à cette seule solution. Il estime que le travail qui doit être fait doit se concentrer sur la résorption des pertes du réseau de distribution d&rsquo;eau existant. C&rsquo;est en évitant de gaspiller de l&rsquo;eau que le pays pourrait lutter contre la soif.</p>
<p>Chiffres à l&rsquo;appui il montre  que les projets de dessalement sont principalement implantés dans les endroits où il y a un taux de perte d&rsquo;eau important sur le réseau de distribution de la Sonede.</p>
<p><strong>Une solution, qui ne doit pas être vue comme un miracle </strong></p>
<p><strong> </strong>De son côté Mohamed Salah Romdhane, responsable de <a href="http://www.inat.tn/fr/structures-de-recherche/unit%C3%A9-de-recherche/unit%C3%A9-de-recherche-%C3%A9cosyst%C3%A8mes-ressources-aquatiques">l’unité de recherche « Ecosystèmes et ressources aquatiques »</a> au sein de l’Institut National Agronomique de Tunisie est un peu plus modéré. Il considère que le dessalement est une solution parmi d’autres, mais qu&rsquo;elle ne résout que ponctuellement des problèmes d’approvisionnement en eau</p>
<p>Ce professeur à l&rsquo;INAT est spécialisé dans le domaine aquatique. Il a participé à la première étude d&rsquo;impact de la station de Gabès, réalisée en 1991. Selon lui à l&rsquo;époque, sur les trois solutions proposées pour répondre à la pénurie d&rsquo;eau potable, le dessalement arrivait en dernier, devancé par le transfert d&rsquo;eau du Nord au Sud du pays et par la solution d&rsquo;approvisionnement dans la nappe phréatique intercalaire profonde. « Mais on était à peine en train d&rsquo;achever notre étude que la décision politique avait été prise », se souvient-il.</p>
<blockquote><p>Lire aussi: <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-1-fr/">Dessalement / Djerba: de l&rsquo;eau de mer à boire pour étancher sa soif? </a></p></blockquote>
<p>Pour ce qui était des impacts de la station de Gabès le professeur explique qu&rsquo;à l&rsquo;époque le rejet de saumure en milieu naturel était une première en Tunisie et selon lui aucun problème n&rsquo;aurait été constaté. Pour la faune et la flore, il explique qu&rsquo;il faut prendre en considération la région : à Gabès l&rsquo;industrie du phosphate serait tellement considérable que le reste ne pouvait se mesurer. « On ne peut pas juger l&rsquo;impact des rejets du dessalement du fait des rejets importants de l&rsquo;industrie du phosphate », avance-t-il.</p>
<p>Questionné sur de possibles impacts environnementaux du dessalement il se souvient simplement que pour la station de Ben Guerdane une mauvaise estimation avait été faite de la capacité de l&rsquo;étang d&rsquo;évaporation, dans lequel les saumures ont été rejetées. Au bout d&rsquo;un an cet étang a débordé et il a fallu faire des rejets ponctuels dans une lagune de la région.</p>
<p>Des rejets de saumures qui auraient eu une retombée positive : « Dans cet étang on a retrouvé une petite crevette des eaux salées qui est très importante pour l&rsquo;aquaculture, qui s&rsquo;y est développée de manière importante du fait du fort taux de salinité », explique-t-il en attrapant un pot plein de ces oeufs de crevettes.</p>
<figure id="attachment_3423" aria-describedby="caption-attachment-3423" style="width: 4128px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-3423" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman.jpg" alt="" width="4128" height="2322" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman.jpg 4128w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-450x253.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-768x432.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-900x506.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-370x208.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-270x152.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-740x416.jpg 740w" sizes="(max-width: 4128px) 100vw, 4128px" /><figcaption id="caption-attachment-3423" class="wp-caption-text">Oeufs de crevette retrouvés dans l&rsquo;étang d&rsquo;évaporation à Ben Guardane. (Sana Sbouaï pour Barr al Aman)</figcaption></figure>
<p><strong>Un nécessaire travail d&rsquo;étude des impacts </strong></p>
<p>Mais comme Amor Bayouli, M. Romdhane a une réserve. Il sait bien que pour les projets des quatre futures stations de dessalement d&rsquo;eau de mer les études d&rsquo;impact, les plans de gestion environnementaux et les mesures d&rsquo;atténuation sont faits et projetés. Mais il s&rsquo;interroge sur la concrétisation de ces mesures de suivi. « En matière d&rsquo;environnement, si on ne fait pas de suivi, c&rsquo;est comme si les études n&rsquo;avaient pas été faites. Or, avec les industriels ce n&rsquo;est pas ce qui est regardé. Sur des projets pareils, on se penche plutôt sur la production et la rentabilité&#8230; » explique le professeur.</p>
<p>C’est donc aux autorités tunisiennes de s’assurer qu’il n’y a pas d’impacts négatifs de ces technologies sur l’environnement et la santé des consommateurs, continue-t-il.</p>
<p>En effet, souligne-t-il, « on sait que les rejets de saumures dans la mer, avec un tel taux de salinité, sont mortels pour la faune et la flore. La question de la diffusion des saumures dans les fonds marins doit donc être surveillée et réalisée de manière à avoir le moins d’impact sur les endroits. »</p>
<p>D&rsquo;après lui, la Sonede va réellement se mettre à mesurer les impacts sur le long terme. Mais M. Romdhane se demande tout de même comment ce suivi va être réalisé :  pour le moment la Sonede ne dispose pas d&rsquo;un département de recherche sur le dessalement.</p>
<p><strong>Une solution qui doit être accompagnée d&rsquo;autres initiatives</strong></p>
<p>En matière de recherche Béchir Hamrouni, lui justement, s&rsquo;y connait. Il est le président de<a href="http://www.attde.org/"> l’Association tunisienne de dessalement</a>, docteur ès sciences en chimie analytique, et directeur de l’Unité de recherche « Dessalement et traitement des eaux », qui a officiellement vu le jour en 2011.</p>
<p>Au sein de la Faculté de sciences de Tunis, le professeur Hamrouni travaille depuis le début des années 80 sur le dessalement de l’eau en Tunisie. Avec des collègues il avait réalisé à l&rsquo;époque un recensement de toutes les unités de dessalement que comptait le pays entre 1950 et 1981. La Tunisie était alors pourvue de 30 unités de dessalement, dont 21 étaient en service, avec une production de prés de 4000 m3 par jour d’eau, qui servaient à l’industrie et non à la production d’eau potable pour les citoyens.</p>
<p>Son association a vu le jour pour former des Tunisiens dans ce domaine, développer la recherche scientifique sur cette question, et créer des modules d’apprentissage sur le dessalement au sein de l&rsquo;université tunisienne.</p>
<blockquote><p>Lire aussi: <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-2-fr/">Dessaler l&rsquo;eau de mer : la solution du verre à moitié plein</a></p></blockquote>
<p>A travers l&rsquo;unité de recherche prés d&rsquo;une vingtaine de thèses ont été soutenues et une dizaine est en cours sur le dessalement, avec des études menées sur la maîtrise des procédés de dessalement, l&rsquo;aspect de la pollution, l&rsquo;analyse de la qualité de l&rsquo;eau distribuée&#8230;</p>
<p>Pour lui, la technique du dessalement est une des solutions au manque d’eau, mais il considère également qu&rsquo;elle a ses limites et il souligne avant tout les coûts énergétiques et financiers du dessalement de l’eau de mer.</p>
<p>« Le dessalement est une des solutions mais elle doit être accompagnée de deux choses selon nous : d&rsquo;abord il faut continuer à lutter contre le gaspillage, surtout avec la fuite des canalisations qui atteint presque 40% à certains endroits ; ensuite il faut revenir à la collecte des eaux pluviales de manière efficace. »</p>
<p><strong>L&rsquo;impact des saumures</strong></p>
<p>Le professeur Béchir Hamrouni souligne l&rsquo;importance à accorder au suivi de l&rsquo;impact des rejets, car, même s&rsquo;il pense qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effets indésirables du point de vue de la consommation de cette eau, il explique tout de même : « Le souci vient des saumures qui sont rejetées. Le taux de salinité est important. Il faut faire attention aux rejets dans l&rsquo;eau de mer. C&rsquo;est ça qu&rsquo;il faut vraiment vérifier. » En effet, pour produire de l&rsquo;eau potable il faut la débarrasser des éléments qu&rsquo;elles contient. Ces éléments sont ensuite rejetés dans la mer, pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer. Ceci augmente le taux de salinité de l&rsquo;endroit où les saumures sont rejetées. Il faut donc vérifier régulièrement cet impact sur la nature.</p>
<p>Or plusieurs études scientifiques dans le monde ont montré cet impact nocif sur les fonds marins avec <a href="http://hmf.enseeiht.fr/travaux/bei/beiere/book/export/html/1164)">des exemples ici en France</a>, ou plus proche <a href="http://thesis.univ-biskra.dz/2529/">de nous en Algérie</a>. En janvier 2019 , c&rsquo;est l&rsquo;ONU qui s&rsquo;inquiétait dans un rapport rendu public, de l&rsquo;augmentation des rejets de saumure, du fait de l&rsquo;essor de l&rsquo;usage de la technique du dessalement.</p>
<div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=https%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FJones-et-al.-2019-1.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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<p>L&rsquo;essor de cette technique fait même craindre à certains experts, comme le mentionne le rapport, que le dessalement devienne un problème environnemental de plus, face au manque d&rsquo;eau.</p>
<p>Ce rapport de l&rsquo;ONU, publiait en janvier 2019, vient renforcer ce que l&rsquo;association WWF avançait en 2007 déjà. Dans « <a href="https://www.actu-environnement.com/ae/news/wwf_dessalement_rapport_2913.php4">Dessalement : option ou distraction dans un monde assoiffé ?</a> », le Fond Mondial pour la Nature s&rsquo;inquiétait « des impacts potentiellement négatifs que peut provoquer le déploiement anarchique de cette technique sur l&rsquo;environnement et le climat directement ou indirectement. » Douze ans plus tard l&rsquo;essor important de cette technique, perçue comme une solution miracle par certains, montre que le WWF avait raison.</p>
<h4><strong>Une politique de rafistolage </strong></h4>
<p>Raoudha Gafrej, universitaire et experte en gestion de l&rsquo;eau, a beaucoup de réserves face au dessalement et écrit régulièrement dans les médias pour expliquer ses recherches sur la gestion de l&rsquo;eau. Elle explique d&rsquo;abord qu&rsquo;il y a des zones en Tunisie où il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre alternative à la pénurie d&rsquo;eau, comme à Kerkennah et à Djerba. Et elle ajoute que le dessalement peut également être une manière d&rsquo;alléger la pression sur certaines nappes phréatiques.</p>
<p>https://www.facebook.com/2293790277303062/videos/1092492497592900/?hc_ref=ARQb27wvnd4r9l8RkPH9yl2qdCKoZhOCrmEVcz-uBKK17WZLEZagCelHGRW9Mue4BtY&#038;__xts__[0]=68.ARAJiGU4BjCzjZTSmGDYSDIMaN21ZINNkuT-fQN4uh5pY_e-83ZBNEfV1hUloPu3g7X6zuUJp2UlQbzk6ZpOQ6B4WqZIjx9_p23mTm6wWU0ZeIDfEv7Kvq6-PMgNqnW_QvdKMkHXVAMSIxaGrkQwp2Byt4X-mKtuFEWyJJM-TxuzdlLp8Oq6xjnwZw-4fY3c_W88rG-l2GUTJW7bz2Gf0dZ6SJ__MSdFVMUDVbIEmI9gmItLyqM1OoXXxk4JTjiU8nuMmv3SBZXmMC26XmgLVcStWJWQ6QPiJj-v2-tGETd3rLRSWpDjewb9g4mQ1cPyx6I9rsF2lnm-iQbkRFd9QBr2Idk6hl1CoOE6fFY&#038;__tn__=FC-R</p>
<p>Mais elle est catégorique : le dessalement est une mauvaise solution. C&rsquo;est une solution choisie dans l&rsquo;urgence face à une situation sans solution. Les infrastructures de distribution de l&rsquo;eau sont tellement détériorées, les pertes sur le réseau sont si importantes, que le dessalement est la seule manière aujourd&rsquo;hui de répondre rapidement à la pénurie. Une situation qui vient d&rsquo;une mauvaise gestion politique et dont le pays fait les frais aujourd&rsquo;hui, estime l&rsquo;universitaire.</p>
<blockquote><p>« C&rsquo;est un sac de noeuds » explique Mme Gafrej. Avec le dessalement « On va fabriquer de l&rsquo;eau potable qui coûte très cher et qui va se retrouve dans un réseau de distribution dont les conduites sont des passoires. Et on va perdre cette eau&#8230; »</p></blockquote>
<p>Ce qu&rsquo;il faudrait c&rsquo;est justement changer les canalisations souligne-t-elle. Des travaux qui ont un coût que la Sonede ne peut pas supporter, faute d&rsquo;augmenter sa tarification continue-t-elle. « Il faudrait soit que l&rsquo;Etat permette à la Sonede d&rsquo;augmenter ses tarifs, soit que l&rsquo;Etat la subventionne », explique Raoudha Gafrej.</p>
<p>Selon ses calculs, la production d&rsquo;eau potable qui sera assurée par les 4 grandes stations de dessalement d&rsquo;eau de mer à venir sera équivalente aux pertes actuelles sur le réseau&#8230;</p>
<p>« Mais il est impossible de dire qu&rsquo;il faut augmenter les tarifs de la Sonede, on va nous répondre que les Tunisiens n&rsquo;ont pas les moyens. Ce qu&rsquo;on ne dit pas c&rsquo;est qu&rsquo;on paie l&rsquo;eau 750 millimes aujourd&rsquo;hui, mais que demain elle coûtera 4 dinars&#8230; » Et de terminer sur le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui « la politique de l&rsquo;eau, c&rsquo;est du rafistolage&#8230; »</p>
<p><strong>Pas de voix d&rsquo;opposition </strong></p>
<p>Mais alors si les chercheurs sont réticents quant à l&rsquo;usage du dessalement, pourquoi une opposition massive ne se fait pas entendre ? Il y a plus d&rsquo;un an Raoudha Gafrej s&rsquo;est ouvertement opposée au projet de 40 stations mobiles de dessalement. Un projet qui a finalement été abandonné, se réjouit-elle.</p>
<p>S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de force de la société civile qui s&rsquo;oppose au dessalement, d&rsquo;après elle c&rsquo;est que « ces trois dernières années de sécheresse ont déstabilisé le pays. Or l&rsquo;urgence c&rsquo;est de faire du dessalement : les gens ont soif, les barrages se sont vidés&#8230; Et personne ne dit rien, car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres alternatives. »</p>
<p>Comme elle le souligne deux choses sont nécessaires pour éviter de passer tout de suite au dessalement. Il faudrait d&rsquo;abord réhabiliter les conduites. « Or il faut une dizaine d&rsquo;années pour le faire&#8230; donc on va vers le dessalement, une solution plus rapide, mais plus coûteuse. »</p>
<p>Et pour cela il faut de l&rsquo;argent et il faudrait que les tarifs de la Sonede augmentent « mais ça personne n&rsquo;osera le dire non plus », continue-t-elle. « Il aurait fallu une autre politique de l&rsquo;eau depuis des années, car la politique de base n&rsquo;est pas la bonne&#8230; » conclut-elle.</p>
<p><strong>Changer nos habitudes</strong><strong> </strong></p>
<p>C&rsquo;est le chimiste aujourd&rsquo;hui retraité Larbi Bouguerra qui a l&rsquo;avis le plus tranché. <a href="https://www.partagedeseaux.info/Enjeux-environnementaux-et-economiques-du-dessalement-de-l-eau">Dans un article publié en 2008 intitulé « Enjeux environnementaux et économiques du dessalement de l’eau »</a> il expliquait que « le dessalement est une manière de ne pas résoudre les problèmes. » Il explique que : « Les ressources naturelles telles que l’eau sont et resteront limitées et finies. Les promesses du dessalement sont trompeuses. L’abondance illimitée, dans quelque domaine que ce soit, n’est qu’une illusion. »</p>
<p><a href="http://www.leaders.com.tn/article/15258-le-dessalement-de-l-eau-un-engouement-oublieux-des-retombees-sur-l-environnement">En 2014, il expliquait les impacts de la technique du dessalement en la replaçant dans le contexte tunisien</a>. Il tentait par ses mots de rappeler que le problème est ailleurs : il ne s&rsquo;agirait pas exclusivement de devoir produire de l&rsquo;eau potable, mais bien de gérer au mieux les stocks existants. Ainsi le chercheur appelle à une réhabilitation du système de distribution, mais aussi une réflexion sur le système agricole et notre système de consommation en général. Il faudrait changer nos habitudes.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-3-fr/">Le dessalement d’eau de mer, loin d’être une solution miracle</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Dessaler l&#8217;eau de mer : la solution du verre à moitié plein</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Mar 2019 15:00:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Dessalement]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
		<category><![CDATA[Sadri Khiari]]></category>
		<category><![CDATA[Sana Sbouai]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le dessalement semble avoir été adopté comme solution miracle pour pallier à la raréfaction de l'eau potable en Tunisie. Cette technique est déjà utilisée dans l'industrie, l'agriculture et l'hôtellerie. Reste qu'elle commence à faire parler d'elle dans la  production d'eau potable distribuée aux consommateurs, alors même qu' elle n'est pas sans implications et conséquences.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3334" class="elementor elementor-3334">
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									<p>Youssef Chahed a l&rsquo;air conquis. Peut-être pense-t-il avoir résolu le problème du manque d&rsquo;eau potable en Tunisie. Après avoir inauguré la première station tunisienne de dessalement d&rsquo;eau de mer, à Djerba, en mai 2018, le premier ministre, déclarait aux médias: </p>								</div>
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									<p><em>« Ce projet a été fait par des Tunisiens compétents, plus de 180 millions de dinars y ont été investis, c&rsquo;est très important (&#8230;) et c&rsquo;est pour fournir de l&rsquo;eau potable aux Tunisiens. »</em></p>								</div>
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									<p>Il aurait ensuite <a href="https://tunivisions.net/11847/chahed-ordonne-daccelerer-la-realisation-de-la-station-de-dessalement-de-leau-de-mer-de-sousse-pour-mettre-fin-a-la-penurie-en-eau-potable/">donné des instructions pour accélérer la réalisation</a> de la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Sidi Abdelhamid à Sousse.</p>								</div>
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									<p>La solution a la pénurie d&rsquo;eau potable semble ainsi toute trouvée. Comme celle au développement du secteur agricole. En effet en août de la même année, le secrétaire d’Etat aux ressources hydrauliques et à la Pêche, Abdallah Rabhi, <a href="http://www.gnet.tn/actualites-nationales/face-au-stress-hydrique-la-tunisie-envisage-le-dessalement-des-eaux-a-forte-salinite/id-menu-958.html">annonçait l’élaboration d’un plan directeur de dessalement des eaux saumâtres pour développer le secteur agricole</a>.</p>								</div>
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									<p>Des mouvements qui vont dans le sens des investissements faits par l&rsquo;Etat. En février 2017 Samir ben Taïeb, ministre de la pêche et des ressources hydrauliques avait expliqué qu&rsquo;entre 2017 et 2018 c&rsquo;étaient 200 millions de dinars qui devaient être injectés pour pallier à la pénurie d&rsquo;eau,<a href="http://www.businessnews.com.tn/article,520,70122,1"> avec la mise en fonction de 40 stations mobiles de dessalement.</a></p>								</div>
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									<p>La Tunisie investit dans le dessalement, cette technique qui consiste à retirer les sels de l&rsquo;eau saumâtre et de l&rsquo;eau de mer, afin de la rendre consommable. C&rsquo;est que le pays a soif. De manière attendue, chaque été, des manifestations ont lieu, des citoyens descendent dans la rue, crient leur mécontentement face à une situation difficile : l&rsquo;eau se fait rare. Et rien ne va aller en s&rsquo;arrangeant : <a href="https://www.leconomistemaghrebin.com/2018/01/22/stress-hydrique-nouveaux-defis-leau-tunisie/">selon les estimations de la Sonede</a>, en 2020 la Tunisie mobilisera 95% de ses ressources en eau. Selon un classement établi par <a href="https://www.wri.org/blog/2015/08/ranking-world-s-most-water-stressed-countries-2040">le think thank américain World Resources Institute</a> la Tunisie fait partie des 33 pays à très fort risque de stress hydrique en 2040.</p>								</div>
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									<h4><strong>L&rsquo;eau, une ressource en voie de raréfaction</strong></h4><p>Le stress hydrique, le fait de consommer plus d&rsquo;eau que les stocks existants dans le pays, est déjà une réalité vécue par de nombreux citoyens : pression faible, mince filet d&rsquo;eau coulant, coupures d&rsquo;eau intempestives&#8230; <a href="https://www.afdb.org/fr/news-and-events/african-water-facility-ensuring-long-term-water-safety-in-tunisia-15928/">En 2015, le volume d&rsquo;eau disponible par habitant et par an était de 450 m3, contre un seuil minimum considéré de 1000 m3 par l’ONU.</a></p>								</div>
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									<p>Selon les chiffres de la Sonede : la consommation de l&rsquo;eau en Tunisie se répartie à plus de 80% pour l&rsquo;agriculture, à 11% pour une consommation domestique, 6% pour l&rsquo;activité industrielle et 1% pour le tourisme.<br /><br /></p>								</div>
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									<p>La surexploitation des ressources hydriques oblige à chercher des solutions pour pallier à la raréfaction de cette ressource. La technique de dessalement est de plus en plus plébiscitée par les décideurs politiques.</p><p><a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=56">Le site internet de la Sonede</a> donnait déjà en 2015 les grandes lignes d&rsquo;un plan de réalisation de 3 stations de dessalement d&rsquo;eau de mer, avec pour projet la construction de stations à Djerba, Zarat (Gabès) et Sfax.</p>								</div>
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									<p>Alors, le dessalement est-il la solution miracle qui va permettre à la Tunisie de boire à sa soif ? Le fait est que la Tunisie a déjà une expérience de cette technique de production d&rsquo;eau potable et que, si la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Djerba est la première du genre, les stations de dessalement d&rsquo;eau saumâtre existent déjà dans le pays.</p>								</div>
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									<h4><strong>Seize stations de dessalement en Tunisie</strong></h4><p>Dans le quartier de Montfleury le siège social de la Sonede est un bâtiment sur le versant d&rsquo;une colline, qui offre une vue imprenable sur Tunis. A l’entrée de l’immeuble une fontaine rappelle, s’il le fallait, que l’institution publique gère l’eau du pays.</p><p>Dans son bureau du 2<sup>e</sup> étage M. Abderraouf Nouicer, directeur central des études et de l&rsquo;unité de gestion du projet de dessalement Djerba, est assailli de coups de téléphone et de personnes tapant régulièrement à sa porte pour lui demander son avis ou son aval.</p><p>Il reçoit tout de même et prend le temps d’expliquer l’existant et les projets mis en place à moyen terme. La dessalement pour produire de l&rsquo;eau potable existe en Tunisie depuis 35 ans. « La première station de dessalement date de 1983 et est installée à Kerkennah » explique-t-il.</p><p>Au total, aujourd’hui, la Sonede dispose de 16 stations de dessalement : quinze d’eau saumâtre, c’est-à-dire de l’eau pompée dans les nappes phréatiques et d’une station d’eau de mer.</p><p>Si la première station voit le jour en 1983, jusqu&rsquo;en 2015 le pays n&rsquo;en comptabilisera que 5 au total. C&rsquo;est entre 2015 et 2018 que les choses s&rsquo;accélèrent avec « une forte montée en puissance du dessalement » et l&rsquo;implantation de 11 nouvelles stations, explique M. Nouicer.</p><p> </p>								</div>
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									<p>Stations de dessalement mises en place avant 2015:</p>								</div>
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				1/ Kerkennah, 1983			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-36a8658">
				2/ Gabes, 1999			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-8f3eb62">
				3/ Zarzis, 2000			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-5e5a793">
				4/ Djerba, 2000			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-8b11c07">
				5/ Ben Guardane, 2013			</span>
		
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									<p>Les stations 6 à 15 entre 2015 et 2018 avec production au total sur ces 10 stations de  36 500 m3 par jour:</p>								</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-ff27c4f">
				6/ Beni Khedech (Mednine)			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-9ca5485">
				7/ Mareth (Gabes)			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-48531dc">
				8/ Matmata			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-1cb6fa2">
				9/ Belkhir			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-b14e8aa">
				10/ Kebili			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-7b39bd0">
				11/ Douz			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-ee2bff8">
				12/ Soukh Lahad			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-fd93903">
				13/ Tozeur			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-2ce89d3">
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-f111ddf">
				15/ Hezoua			</span>
		
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		</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-148d1c8">
				16/ Djerba, 2018			</span>
		
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									<p>Au total la Tunisie produit 110 900 m3 d&rsquo;eau potable par jour à partir d’eau saumâtre et 50 000m3 d&rsquo;eau potable produits par jour à partir eau de mer.</p><p>Soit un total de 160 900 m3 d&rsquo;eau potable produits par jour dans tout le pays via ces 16 stations de dessalement. Une production dérisoire au regard de celle du voisin algérien, dont, par exemple, la seule station de dessalement d&rsquo;Alger produisait, en 2008 déjà,<a href="http://energy.gov.dz"> 200 000m3 d&rsquo;eau potable par jour.</a></p>								</div>
				</div>
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									<h4><strong>Vingt-cinq stations au total prévues d&rsquo;ici 2023</strong></h4><p>Mais le pays ne compte pas en rester là et 9 autres stations de dessalement doivent voir le jour d&rsquo;ici cinq ans. Une stratégie que Abderraouf Nouicer qualifie de « montée en puissance » avec notamment une seconde phase de construction de station déjà en cours. Ainsi 6 unités de dessalement d&rsquo;eaux saumâtre doivent voir le jour d&rsquo;ici 2023, avec au total une capacité de production de 31 000 m3 jour.</p><p>Trois stations de dessalement d&rsquo;eau de mer également prévues :</p><ul><li><b>Sousse</b> : pour 2020 avec une production de 50 000m3 à 100 000m3 par jour</li><li><b>Zarat</b>: contrat signé, travaux débuteront en 2019 avec 50 000m3 à 100 000m3 par jour</li><li><b>Sfax</b>: dossier d’appel d’offre, doit produire de 100 000m3 à 200 000 m3 jour.</li></ul><p>Ces nouvelles stations doivent produire 280 000m3 d&rsquo;eau potable par jour, ce qui, ajouté à l&rsquo;existant, devrait donner un total de 440 000m3 d&rsquo;eau potable par jour. Sachant qu&rsquo;en Tunisie nous consommons 467m3 d&rsquo;eau par an et par personne, on peut considérer que la production journalière d&rsquo;eau potable couvrira les besoins annuels de 940 citoyens. Et que sur un an de production se sont les besoins de 344 000 personnes qui seront couverts, soit l&rsquo;équivalent de la moitié de la population de Tunis intramuros.</p><p>M. Nouicer explique que cette montée en puissance est peut-être un peu « trop ». Comprenez : elle demande une capacité d&rsquo;adaptation à l&rsquo;opérateur public, qui doit faire face à la demande d&rsquo;eau potable, sans que les conditions soient toutes réunies pour que les choses se déroulent au mieux.</p><p>Mais, explique-t-il, la demande est là et « on a plus le choix. Le fait est que la production d&rsquo;eau en technique conventionnelle (NDLR : l&rsquo;eau de source, des barrages, ou des nappes souterraines) atteint sa limite en Tunisie. »</p>								</div>
				</div>
					</div>
		</div>
					</div>
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				<div class="elementor-widget-container">
									<h4 style="tab-stops: 181.55pt;"><b>Le dessalement, une technique coûteuse </b></h4><p style="tab-stops: 181.55pt;">Au regard de la situation, la technique du dessalement apparait effectivement comme une solution magique. Si l&rsquo;eau recouvre 71% de la surface de la terre, 97%  est salée. L&rsquo;eau est donc une ressource existant en abondance, mais pas l&rsquo;eau potable. Reste que la technique de dessalement est coûteuse, en investissement comme en production.</p><p style="tab-stops: 181.55pt;">Il existe plusieurs techniques de dessalement. La distillation ; l&rsquo;électrodialyse, qui sépare les sels de l&rsquo;eau sous l&rsquo;effet d&rsquo;un champ électrique ; et l&rsquo;osmose inverse où la séparation est réalisée via une membrane semi-perméable. En Tunisie c&rsquo;est la technique de l&rsquo;osmose inverse qui est utilisée pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer.<b></b></p><p style="tab-stops: 181.55pt;"> </p>								</div>
				</div>
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									<p>Mais cette technique, si elle semble de plus en plus plébiscitée, coûte cher : « Le dessalement est une technologie qui est couteuse en investissement, en traitement  et en production de l’eau. Si bien qu&rsquo;en Tunisie on ne peut pas aller rapidement vers son déploiement. Pour un opérateur c’est une charge lourde », explique M. Nouicer.</p><p>Pour exemple la station de Djerba a coûté 180 millions de dinars , celle de Gabés doit coûter 215 millions de dinars, celle de Sousse nécessite<a href="https://africanmanager.com/17_tunisie-quatre-centrales-de-dessalement-fourniront-250-mille-metres-cubes-par-jour-en-2021/"> un investissement de 130 millions de dinars et celle de Sfax 900 millions.</a></p><p>Des investissements réalisés via des financements étrangers comme l&rsquo;explique le site de la Sonede. Ainsi pour la création des 10 stations de dessalement d&rsquo;eau saumâtre qui ont vu le jour en 2015 et 2018<a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=56"> le financement du projet vient de la Banque Allemande de développement (KFW) et du budget de la Sonede.</a></p><h5>Projet de loi 68/2013 portant adoption d&rsquo;un traité pour la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Djerba</h5><p><div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FPDL_68_2013_Djerba_Dessalement_Station.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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									<h4><strong>Un mètre cube à 2,035 dinars </strong></h4><p>L&rsquo;absence de compétences ne semble pas être un frein  à l&rsquo;implantation de cette technique. Lors d&rsquo;une conférence organisée à la Cité des sciences en novembre 2018, Mohamed Zaara, ingénieur, Directeur central de l&rsquo;unité de gestion du projet de la station dessalement eau de mer de Sfax, expliquait, sans en démordre, que la technique de l&rsquo;osmose inverse est la meilleure solution vers laquelle se tourner.</p><p>Dans une présentation d&rsquo;un lobbysme affichée, l&rsquo;homme ne cachait pourtant pas le prix d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable produit à partir d&rsquo;eau de mer dessalée : 2,035 dinars dont  0,780 millimes étaient des frais d&rsquo;investissement, pour un projet à long terme de production de 100 000m3 par jour.</p><p>Mais une fois les investissements réalisés, le dessalement en lui-même coûte cher en terme de production d&rsquo;eau potable.</p><p>« Comme le conventionnel a atteint ses limites il faut chercher des alternatives.  D’où le dessalement, qui est coûteux car c&rsquo;est une opération délicate qui demande des investissements pour le traitement de l&rsquo;eau et les frais d’exploitations des unités. » explique M. Nouicer.</p><p>Ainsi un mètre cube d&rsquo;eau potable produit à partir d&rsquo;eau de mer coûte donc 2 dinars, alors qu&rsquo;un mètre d&rsquo;eau conventionnelle, <a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=139">c&rsquo;est à dire l&rsquo;eau provenant de barrages, coûte lui, 845 millimes.</a></p><p>« Les politiques ont conscience du fait que nous sommes en insuffisance de ressources hydrauliques et nous devons aller vers le dessalement. Mais ils ont aussi conscience du coût de ces techniques », assure Abderraouf Nouicer. </p>								</div>
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									<h4><strong>Une technique énergivore </strong></h4><p>En plus d&rsquo;un coût financier important le dessalement est une technique énergivore. En effet, explique M. Zaara : 3 kWh sont nécessaires à la production d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable, avec la technique d&rsquo;osmose inverse. Ainsi sur les 2 dinars du coût de production d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable à partir d&rsquo;eau de mer, 0,880 millimes sont dédiées à l&rsquo;énergie de production.-</p><p>Mais Abderraouf Nouicer veut convaincre : « Avec les avancées technologiques de moins en moins d’énergie est nécessaire pour dessaler l’eau et produire un m3 d’eau potable, ce qui est en faveur du dessalement dans certains cas, plutôt que de continuer à transférer de l&rsquo;eau du nord vers le sud du pays. »</p><p>Si M. Nouicer semble trouver des avantages à la technique du dessalement, les ong de protection de l&rsquo;environnement sont moins enthousiastes. En 2007, l&rsquo;ONG <a href="http://wwf.panda.org/wwf_news/?107520/WWF-Report-Desalination-option-or-distraction-for-a-thirsty-world">WWF </a>s&rsquo;alarmait de l&rsquo;expansion de cette technique de production d&rsquo;eau potable, énergivore et fortement productrice de gaz à effet de serre. Ainsi on se retrouve à alimenter un cercle dont on ne sort plus : l&rsquo;eau se fait rare, la planète se réchauffe, et pour avoir de l&rsquo;eau nous développons des techniques qui renforcent ce réchauffement.</p><p>En 2008, <a href="https://www.larecherche.fr/le-dessalement-est-il-%C3%A9cologique-0">le magazine français <i>La Recherche</i></a> avait calculé qu&rsquo;en Espagne une production de 2,7 millions de mètres cubes par jour « se traduisait par <em>l&rsquo;émission dans l&rsquo;atmosphère de 5.476 tonnes de CO2 par jour, ce qui accroîtrait de 0,6% les émissions de CO2 de l&rsquo;Espagne</em><em>« . </em></p><p>Une des réflexions pour lutter contre la pollution engendrée par la consommation énergétique des unités de dessalement est l&rsquo;alimentation via des énergies  renouvelables. Ainsi dans la station de Ben Guardane  un tiers de l&rsquo;énergie nécessaire est produite via des panneaux solaires. « Il y a également un projet d&rsquo;éolienne sur une station du sud tunisien », explique M. Nouicer. Mais il tempère  » ça reste compliqué aujourd’hui de développer les énergies renouvelables, du fait de l&rsquo;énorme consommation des unités de dessalement. Il faut pourtant penser à la composante énergie. C’est pour cela qu’en Tunisie on prend les équipements hyper performants, qui réduisent les coûts de traitement de l’eau », assure Abderraouf  Nouicer, faisant ainsi référence au choix des filtres et des pompes , matériel étranger qui constituent le cœur des unités de dessalement.</p>								</div>
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									<h4><strong>Impacts  écologiques </strong></h4><p>En plus de couter cher et d&rsquo;être énergivore, le dessalement a un impact sur l&rsquo;environnement du fait des rejets de saumures et de produits chimiques engendrés.</p><p>Lors du dessalement d&rsquo;eaux saumâtres il est nécessaire de créer des étangs d&rsquo;évaporation dans lesquels les saumures sont rejetées, et que pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer, les saumures sont rejetées dans les fonds marins, avec un impact sur la faune et la flore aux alentours, puisque le taux de salinité des saumures est deux fois plus élevé que celui de l&rsquo;eau de mer.</p><p>Autour de la planète des études sont réalisées pour mesurer l&rsquo;impact des rejets. Ainsi en France ou en Algérie par exemple, les chercheurs tentent d&rsquo;alerter sur les impacts sur les fonds marins. Le WWF a publié une étude en 2007, s&rsquo;alarmant des conséquences environnementales de l&rsquo;essor du dessalement. Plus proche de nous, en janvier 2019 c&rsquo;est l&rsquo;ONU qui publiait un rapport sur l&rsquo;impact des rejets et appelait à  réguler le dessalement.</p><p><div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FQadiretall2019-Stateofdesalination-1.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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									<h4><strong>Une autre solution est-elle possible ?</strong></h4><p><a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=43&amp;L=0">En se penchant sur les informations fournies par la Sonede</a>, on peut lire qu&rsquo;en  2017 « un taux de rendement global de 70% sur les réseaux, soit 30% d&rsquo;eau produite perdue.</p><p>Lutter contre les pertes ne serait-elle pas une solution plus logique et plus respectueuse de l&rsquo;environnement, que le déploiement de stations de dessalement partout dans le pays ?</p><p>« Les pertes sont inévitables dans la distribution de l’eau. On peut les réduire. Dans le sud du pays par exemple il y a des pertes plus importantes que dans le nord, du fait du long chemin parcouru par l&rsquo;eau&#8230; Il y a toute une remise en état des conduites qui doit être fait et ça demande un effort financier. »</p><p>Un effort financier aussi important que celui demandé par la création de station de dessalement ? Abderraouf Nouicer botte en touche : « Le dessalement est inévitable. Il faut effectivement travailler à l’économie d’eau. Mais on a plus de ressources. Il faut des efforts conjugués à faire. C’est vrai qu’il faut réduire les impacts et limiter les fuites. Mais il faut aussi augmenter les ressources et améliorer la qualité de l’eau potable fournie. »</p><p>Et il conclut, sûr de lui, sans aucun cynisme : « Heureusement qu&rsquo;en Tunisie la mer s’étend devant nous. »</p><p>Si la mer s&rsquo;étend effectivement devant nous, certains chercheurs dans le monde s&rsquo;inquiétent des  effets du dessalement. Des études ont ainsi été publiées en 2007 par le WWF et en janvier dernier par l&rsquo;ONU, sur les impacts de l&rsquo;essor de cette technique et les conséquences de cette activité. Au point que certains experts considérent que le dessalement pourrait bientôt devenir un problème environnemental de plus.</p>								</div>
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		<title>Dessalement / Djerba: de l&#8217;eau de mer à boire pour étancher sa soif?</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-1-fr/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Mar 2019 17:56:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Dessalement]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
		<category><![CDATA[Sadri Khiari]]></category>
		<category><![CDATA[Sana Sbouai]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Première station de dessalement d'eau de mer en Tunisie, l'unité de Djerba est entrée en exploitation en mai 2018. Cette technique d'approvisionnement en eau potable est présentée comme la réponse à la pénurie d'eau qui touche la région. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3266" class="elementor elementor-3266">
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									<p>Rien n’y parait mais c’est là-bas, entre ces deux bouées, que commence une partie du système de distribution d’eau potable de l’île et c&rsquo;est dans cette mer azur que se joue une partie de la sécurité hydrique de la région.</p><p>La prise d&rsquo;eau c&rsquo;est l&rsquo;alimentation en eau de mer qui fait tourner le système de dessalement. Elle se fait à 2,4 kilomètres du bord de la plage, à un endroit où la profondeur des eaux atteint 9 mètres. En effet le système a besoin d&rsquo;être approvisionné avec de l&rsquo;eau de mer sans matières en suspension, ces matières insolubles  qui flottent à la surface.</p>								</div>
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										</figure>
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									<p>A quelques mètres du bord de l&rsquo;eau, juste avant que la route goudronnée ne débute, des plaques de ciment au sol sont les seuls indices visibles de cette installation : c’est en fait un regard de visite et de connexion de l&rsquo;arrivée d&rsquo;eau. L&rsquo;eau de mer arrive jusque-là et continue son chemin jusqu&rsquo;à la station de captage à quelques 600 mètres de ce regard, sans système de pompage, simplement de manière gravitationnelle, du fait d&rsquo;une canalisation construite en pente.</p><p>Aux abords de la plage il ne reste aucune trace des mois de travaux qui ont retourné le sol sur des centaines de mètres pour enfouir 2 canalisations, l’une servant à récupérer l’eau de mer pour qu’elle soit dessalée, l’autre servant, en sens inverse, à rejeter dans la mer les saumures extraites de cette eau rendue potable.</p><p>Pendant 3 ans Hocine Thameur a contrôlé, pas à pas, la construction de cette unité de dessalement. Un projet important qui a permis de résoudre le casse-tête du manque d&rsquo;eau dans l&rsquo;île. Sur la plage il l&rsquo;assure, accompagnant sa parole d&rsquo;un geste de la main : « Il n&rsquo;y a aucun impact sur l&rsquo;environnement. »</p>								</div>
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									<h4>Des fonds marins à la station de dessalement </h4>								</div>
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									<p>L&rsquo;eau de mer pompée au large arrive jusqu&rsquo;à la station de pompage, premier des deux bâtiments qui constituent l’unité de dessalement. C&rsquo;est une bâtisse dont aucun bruit ne s&rsquo;échappe et qui ne laisse pas deviner l&rsquo;activité qu&rsquo;elle abrite. Pourtant, une fois que l&rsquo;on en passe les portes et que l&rsquo;on se retrouve à l’intérieur, le bruit de la pompe couvre les paroles. C&rsquo;est cette pompe renvoie l’eau de mer vers le second bâtiment de l’unité de dessalement. Dans ce premier bâtiment Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord de retenir les déchets qui auraient pu arriver jusque dans la première bâche de captage, cette immense piscine où l&rsquo;eau de mer arrive. A ce niveau il y a une première vérification de présence d&rsquo;hydrocarbure et de chlore dans l&rsquo;eau de mer captée.</p>								</div>
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									<div id="elementor-tab-title-4611" class="elementor-tab-title elementor-tab-desktop-title" aria-selected="true" data-tab="1" role="tab" tabindex="0" aria-controls="elementor-tab-content-4611" aria-expanded="false">Schéma #1</div>
									<div id="elementor-tab-title-4612" class="elementor-tab-title elementor-tab-desktop-title" aria-selected="false" data-tab="2" role="tab" tabindex="-1" aria-controls="elementor-tab-content-4612" aria-expanded="false">Schéma #2</div>
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									<div class="elementor-tab-title elementor-tab-mobile-title" aria-selected="true" data-tab="1" role="tab" tabindex="0" aria-controls="elementor-tab-content-4611" aria-expanded="false">Schéma #1</div>
					<div id="elementor-tab-content-4611" class="elementor-tab-content elementor-clearfix" data-tab="1" role="tabpanel" aria-labelledby="elementor-tab-title-4611" tabindex="0" hidden="false"><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3293" src="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1.png" alt="" width="1500" height="1125" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1.png 1500w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-450x338.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-768x576.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-900x675.png 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-370x278.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-270x203.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-740x555.png 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/Schéma-station-de-dessalement-pour-infographie-papier-1-80x60.png 80w" sizes="(max-width: 1500px) 100vw, 1500px" /></p></div>
									<div class="elementor-tab-title elementor-tab-mobile-title" aria-selected="false" data-tab="2" role="tab" tabindex="-1" aria-controls="elementor-tab-content-4612" aria-expanded="false">Schéma #2</div>
					<div id="elementor-tab-content-4612" class="elementor-tab-content elementor-clearfix" data-tab="2" role="tabpanel" aria-labelledby="elementor-tab-title-4612" tabindex="0" hidden="hidden"><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3292" src="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2.png" alt="" width="1240" height="1754" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2.png 1240w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-283x400.png 283w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-768x1086.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-495x700.png 495w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-370x523.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-270x382.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-212x300.png 212w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/schema-pour-infographie-station-de-dessalement-2-740x1047.png 740w" sizes="(max-width: 1240px) 100vw, 1240px" /></p></div>
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									<p>Puis l&rsquo;eau de mer est envoyée à environ 1,5 kilomètres de ce premier bâtiment, vers l&rsquo;unité de dessalement en elle-même. L&rsquo;eau y sera prétraitée, filtrée, avant d&rsquo;être dessalée via un système d&rsquo;osmose inverse. L&rsquo;eau sera enfin reminéralisée, c&rsquo;est à dire qu&rsquo;il y aura un apport de minéraux, avant d&rsquo;être distribuée aux consommateurs. </p><p>La technique de dessalement mise en place ici est celle de l&rsquo;osmose inverse, qui est un procédé de séparation à l’échelle moléculaire, réalisé grâce à une membrane sélective, à travers laquelle l&rsquo;eau sous pression passe. En clair : c&rsquo;est un système de purification de l&rsquo;eau qui utilise un système de filtrage extrêmement fin, qui ne laisse passer que les molécules d&rsquo;eau. </p><p>C&rsquo;est dans le second bâtiment de l&rsquo;unité de dessalement qu&rsquo;à lieu ce « filtrage ». On y compte des kilomètres de câbles électriques et jusqu’à 300 kilomètres de canalisations en tout genre. Chaque canalisation a une fonction dédiée et c&rsquo;est un code couleur appliqué aux tuyaux qui permet de s&rsquo;y retrouver. Les tuyaux vert clair contiennent l’eau de mer entrant dans l&rsquo;unité de dessalement ; les tuyaux verts foncés contiennent les saumures rejetées ; ceux de couleur grise servent au barbotage par l’air ; les tuyaux violets pour le circuit de lavage des produits chimiques, jaune pour la neutralisation du fluor, et bleu pour l’eau dessalée.</p>								</div>
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										</figure>
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									<p>A chaque étape du processus de dessalement de l’eau, un panneau de contrôle permet de vérifier sa pression, le volume de travail des pompes, la composition de l’eau… Et le tout est également visible depuis un bureau de contrôle dans lequel, face à 9 écrans, des équipes se relaient jour et nuit pour vérifier le bon fonctionnement du système, la qualité de l&rsquo;eau, la pression de pompage, les mesures des rejets de saumures&#8230;</p>								</div>
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									<h4><strong>Les chiffres </strong></h4><p>La station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Djerba est un projet annoncé en Tunisie depuis l&rsquo;époque Ben Ali. Après la révolution le projet a été remis sur la table et aurait, suivant les différents calendriers, du voir le jour en 2015, en 2016, et en 2017, avant de finalement entrer en exploitation en mai 2018.</p><p>C&rsquo;est en mai 2015 que les travaux, qui se dérouleront pendant 32 mois, ont finalement débuté. Avec un coût total de 153 millions de dinars, peut-on lire sur le panneau d&rsquo;informations des travaux publics, toujours planté à l&rsquo;entrée de l&rsquo;unité de dessalement.</p>								</div>
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							<span>En cours de chargement&hellip;</span>
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							<span>Cela prend trop de temps ?</span>
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						<p>
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									<p>Cette station de dessalement doit permettre de répondre aux besoins en eau potable de l&rsquo;île qui sont estimés à 40 000m3 journaliers en hiver et 75 000 m3 en été, selon les indications de la Sonede.</p><p>L’unité de dessalement de Djerba peut fournir jusqu’à 50 000m3 d’eau dessalée par jour, lorsque les deux lignes de production sont en fonction. « Cette quantité permet de couvrir les besoins de la région entière », assure Houda Abidi, ingénieur chimiste, responsable de contrôler la qualité de l’eau produite par l’unité de dessalement.</p><p>Et d&rsquo;ici 2023 l’extension de l&rsquo;unité de dessalement permettra de produire 75 000m3 d’eau dessalée par jour.</p>								</div>
				</div>
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				Volume d'eau traitée par la station de Djerba en 2018			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-3dda5b5">
				Volume d'eau traitée par la station de Djerba en 2023 (prév)			</span>
		
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									<h4><strong>Une eau distribuée de bien meilleure qualité </strong></h4><p>Au pied des osmoseurs, ces cylindres blancs qui comptabilisent au total 356 tubes de 8 membranes chacun, servant au processus d’osmose inverse, Houda Abidi s&rsquo;approche d’un panneau d’échantillonnage, fait de petits robinets, en ouvre un, qui laisse s’échapper un filet d’eau limpide et inodore, qu’elle propose de goûter. L’eau est effectivement d’une rare douceur, complètement exempte de salinité.</p>								</div>
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									<p>« Une voisine m’a dit que l’on distribué du soda » sourie-t-elle. Effectivement l’eau distribuée n’a plus rien à voir avec ce qu’elle a pu être auparavant : brune, trouble et salée. Houda Abidi raconte d’ailleurs avoir changé plusieurs fois ses couverts de cuisine, du fait de la corrosion de l’eau distribuée auparavant.</p><p>Sur cet aspect là le contrat est doublement rempli : la Sonede distribue aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;eau en pour satisfaire les demandes de la population et l&rsquo;eau est de bien meilleure qualité qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a été auparavant.</p><p>Houda Abidi est en charge de vérifier la qualité de l’eau distribuée justement : « C’est bien  de distribuer de l’eau en quantité suffisante pour répondre aux besoins de la population, mais il faut surtout contrôler sa qualité. » Elle explique d’ailleurs qu’au sein même de l’unité de dessalement il y a un laboratoire qui vérifie la qualité de d’eau dessalée distribuée, et qu’au total ce sont 4 contrôles différents qui sont effectué : le premier par le laboratoire dans la station de dessalement, le second par un laboratoire privé, le troisième est un contrôle contradictoire fait par la Sonede et enfin le quatrième contrôle est fait par le ministère de la Santé.</p><p>Quels sont les résultats de ces contrôles jusqu&rsquo;à présent ? Il faudra se contenter d&rsquo;un « tout va bien » en guise de réponse.</p>								</div>
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									<h4><strong>« Les touristes prenaient leurs douches, pendant que les citoyens n’avaient pas d’eau</strong>« </h4><p>Non loin de la plage où l&rsquo;eau est pompée un restaurateur se dit satisfait. Pour lui maintenant tout va mieux.  Il n&rsquo;est pas le seul a avoir cet avis.</p><p>Ahmed Rhouma a crée <a href="https://www.facebook.com/Djerba-Le-citoyen-engag%C3%A9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%88%D8%A7%D8%B7%D9%86-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AA%D8%B7%D9%88%D8%B9-133455456758654">l&rsquo;association Citoyen engagé à Houmt Souk en 2011</a>.  Les questions environnementales sont au coeur de ses préoccupations. En 2013 il a d&rsquo;ailleurs organisé le Forum de l’eau à Djerba. La question de la raréfaction de cette ressource l’inquiète. « Depuis 10 ans il y a des problèmes de fluidité dans la distribution de l’eau sur l’île. En gros les touristes prenaient leurs douches, pendant que les citoyens n’avaient pas d’eau », résume-t-il.</p><p>La mise en fonction de la station a permis de pallier au problème de quantité d’eau. Mais pas seulement : « En 2017 nous avons vécu une grave crise, avec une eau distribuée qui était carrément brune « , se souvient-il.</p><p>Aujourd’hui l’eau distribuée est d’une qualité incomparable : « Tout ce qui vient après l&rsquo;eau noire qui coulait de notre robinet à l&rsquo;époque, est forcément une bonne nouvelle », explique Ahmed Rhouma. Interrogé sur des craintes quant à de possibles impacts sur l’environnement il répond : « Pour être honnête on doit dire que l&rsquo;on n&rsquo;a aucun recul pour le moment pour mesurer les impacts de ce dessalement. ça ne fait que 6 mois. Il faudra attendre quelques années pour voir ce que ça donne. »</p><p>En attendant il explique que pour lui le problème de l&rsquo;eau est bien plus global : il s&rsquo;agit de la question de l&rsquo;hôtellerie de masse imposée à l&rsquo;île et que depuis les années 80 une étude avait déjà souligné le fait que l’installation de chaînes hôtelières poserait un problème du fait de ressources hydriques faibles.</p><p>De son côté Yassine Bazar Bacha, agriculteur de Djerba, explique avoir des inquiétudes. Quand il y a des années la question de la création d&rsquo;une station de dessalement d&rsquo;eau de mer a été invoquée, il a commencé à se renseigner pour comprendre les impacts écologiques et sanitaires du dessalement.</p><p>« J&rsquo;ai posé des questions à des gens de la Sonede en 2016, lors d&rsquo;une rencontre sur l&rsquo;eau. Il m&rsquo;a clairement été répondu que la seule urgence pour le moment était de fournir de l&rsquo;eau aux usagers. L&rsquo;argent était là, le projet aussi, il suffisait de foncer pour le faire » rapporte-t-il.</p><p>Pallier à la soif, voilà le mot d&rsquo;ordre général. A Djerba la question de l&rsquo;impact du dessalement de l&rsquo;eau de mer semble ne pas se poser. Tant que l&rsquo;eau coule des robinets.</p>								</div>
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									<p>Traduit du français vers l&rsquo;arabe par Khayreddine el Bacha</p><p>Dessins de Sadri Khiari <a href="http://www.sadrikhiari.com">www.sadrikhiari.com</a></p><p>Photos de Sana Sbouaï pour Barr al Aman</p>								</div>
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				</div>The post <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-1-fr/">Dessalement / Djerba: de l’eau de mer à boire pour étancher sa soif?</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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