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	<title>ISIE | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>ISIE | Research Media</title>
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		<title>Les réseaux sociaux: lieux de bataille politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2019 14:36:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Elections législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[ISIE]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
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		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Posts et pages sponsorisés, fake news, attaques&#8230; les réseaux sociaux ont été un lieu d&#8217;affrontement politique en Tunisie,&#8230;</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/reseaux-sociaux-lieu-bataille-politique-tunisie-election/">Les réseaux sociaux: lieux de bataille politique</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i><span style="font-weight: 400;">Posts et pages sponsorisés, fake news, attaques&#8230; les réseaux sociaux ont été un lieu d&rsquo;affrontement politique en Tunisie, lors des dernières élections. Un phénomène que les différents observateurs ont scruté avec attention, pour essayer d&rsquo;appréhender les tendances et réfléchir à une réponse pour les prochains rendez-vous électoraux.</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«10h : Nabil Karoui 35%, Kaïs Saïed 65%. 12h: Nabil Karoui : 40%, Kaïes Saïed : 60%&#8230;</span><span style="font-weight: 400;">» </span><span style="font-weight: 400;"> Le jour du second tour, sur les réseaux sociaux, l’internaute pouvait trouver une fausse infographie, estampillée au nom de l’institut de sondage Sigma. Elle montrait une remontée du score de Nabil Karoui et une chute de Kaïs Saïed, tout au long de la journée. Ces chiffres qui se sont avérés complètement faux, une fois les résultats tombés. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui les réseaux sociaux biaisent les débats, manipulent les gens. C’est un grand problème.» </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Bassem Mâater, vice-président de l&rsquo;<a href="https://www.facebook.com/atideTunisie/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Association Tunisienne pour l&rsquo;Intégrité et la Démocratie des Elections</a> (ATIDE), est inquiet. Du mois de mai 2019 au mois d&rsquo;octobre, une équipe de quatre personnes de son association a scruté les réseaux sociaux et notamment Facebook, pour comprendre ce qui se jouait lors des campagnes présidentielles et législatives sur la Toile.</span></p>
<figure id="attachment_4366" aria-describedby="caption-attachment-4366" style="width: 400px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-4366 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-400x400.jpg" alt="" width="400" height="400" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-400x400.jpg 400w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-768x768.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-700x700.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-370x370.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-270x270.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-300x300.jpg 300w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-740x740.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake.jpg 960w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption id="caption-attachment-4366" class="wp-caption-text">Photomontage diffusé sur Facebook le jour du second tour de la présidentielle tunisienne.</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">ATIDE n&rsquo;a pas été la seule organisation à tenter d&rsquo;absorber et analyser une partie de l&rsquo;activité en ligne des Tunisiens. L&rsquo;<a href="http://www.isie.tn/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Instance Supérieure Indépendante des Elections</a> (ISIE) a gardé un œil sur les pages officielles des candidats sur les réseaux sociaux. La <a href="https://eeas.europa.eu/election-observation-missions/eom-tunisia-2019_fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Mission d&rsquo;Observation des Elections de l&rsquo;Union Européenne</a> (MOE UE) a été la première mission d&rsquo;observation francophone à monitorer l&rsquo;activité des réseaux sociaux pendant des élections, en plus de le faire sur le terrain. Quant à l&rsquo;ONG Mourakiboun, elle a créé son propre modèle d&rsquo;observation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par ailleurs, l&rsquo;organisation internationale Access Now et 14 organisations tunisiennes ont adressé une <a href="https://www.accessnow.org/cms/assets/uploads/2019/09/OpenLetter_FB_Election2019_Tunisia_FR-.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">lettre ouverte</a> à Facebook, avant le début de la campagne, pour la mise en place de mesures efficaces de transparence et de responsabilité vis-à-vis des utilisateurs, dans le cadre des élections.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il y était demandé de permettre au public d&rsquo;accéder aux dépenses de publicités de campagne, à l&rsquo;identité des commanditaires, aux statistiques liées aux publicités ou encore l&rsquo;obligation de mise en place d&rsquo;un processus d&rsquo;autorisation pour les publicités, afin de pouvoir confirmer l’identité du commanditaire et l&rsquo;association des comptes publicitaires.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un mouvement général s&rsquo;est donc mis en marche pour appréhender l&rsquo;activité et la communication autour des élections sur les réseaux sociaux, afin d&rsquo;éviter les dérives. Mais tout s’est fait sans qu&rsquo;une méthode particulière ne soit mise en place de manière coordonnée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais que trouvait-on sur les réseaux sociaux pour qu&rsquo;ils retiennent tant l&rsquo;attention ? Du contenu politique, sponsorisé, publié lors de la campagne, mais également les jours de silence et de scrutins, des messages considérés comme non équitables et dont le financement peut difficilement être sourcé. Mais aussi des messages pro ou anti-candidats, des rumeurs, des fake news, des attaques, l&rsquo;apparition de pages de soutien non officielles&#8230; Les réseaux sociaux ont été un terrain de bataille, en plus d&rsquo;être, comme à leur habitude depuis 2011, un lieu d’échanges et de discussions entre les internautes tunisiens.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si avant les élections, les médias avaient fait état de sponsoring de pages sur les réseaux sociaux et de tentative d&rsquo;influence de l’opinion publique, la campagne n&rsquo;a pas été un moment d&rsquo;apaisement.</span></p>
<h4><b>L&rsquo;ISIE : une observation trop restreinte</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;ISIE a très vite tenté de gérer le problème de la communication sur les réseaux sociaux. L&rsquo;instance a demandé aux candidats de communiquer leurs pages officielles et les sources de financement de ces dernières et c&rsquo;est seulement l&rsquo;activité sur celles-ci qui a été prise en compte par l&rsquo;instance.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En septembre dernier, alors que la campagne pour la présidentielle débutait, Nabil Baffoun expliquait qu&rsquo;un accord avait été passé entre l&rsquo;ISIE et Facebook pour connaître les sources de financement des pages officielles des candidats. En effet selon l&rsquo;article 57 de la <a href="http://(https://legislation-securite.tn/fr/node/44286" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi électorale</a> :</span></p>
<blockquote><p><b><i>Art. 57 –</i></b><span style="font-weight: 400;"> La publicité politique est interdite dans tous les cas, durant la période électorale.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">En vertu de cet article,</span><span style="font-weight: 400;"> les contenus sponsorisés sont illégaux en Tunisie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;instance <a href="https://www.tuniscope.com/article/183479/tech/reseaux-sociaux/isie-facebook-331215" target="_blank" rel="noopener noreferrer">a donc annoncé prendre des sanctions</a> en cas d&rsquo;infractions constatées. Des courriers auraient d&rsquo;ailleurs déjà été adressés aux candidats tête de listes pour les législatives, suite à la publication de contenu sponsorisé.</span></p>
<figure id="attachment_4367" aria-describedby="caption-attachment-4367" style="width: 450px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="wp-image-4367 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-450x335.jpg" alt="" width="450" height="335" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-450x335.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-768x572.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-370x276.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-270x201.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-740x551.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-80x60.jpg 80w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb.jpg 823w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-4367" class="wp-caption-text">Screenshot d&rsquo;une page Facebook de soutien au candidat Nabil Karoui.</figcaption></figure>
<h4><b>Contenus sponsorisés et publications lors du silence électoral et des jours de scrutin</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Car des contenus sponsorisés ont effectivement fleuri lors de la période électorale. L’équipe de quatre personnes mise en place par la Mission d&rsquo;observation des élections de l&rsquo;Union Européenne s&rsquo;est également penchée sur la question. C’est que le phénomène avait retenu l&rsquo;attention de Fabio Massimo Castaldo, le chef de la mission et vice-président du Parlement européen l’année dernière. « Les Tunisiens sont très actifs sur Facebook et l&rsquo;impact des réseaux sociaux m&rsquo;avait marqué en 2018 lorsque j&rsquo;étais chef des observateurs de la Mission d&rsquo;Observation Européenne en Tunisie pour les élections municipales. C&rsquo;est pour cela que j&rsquo;ai fait cette proposition de monitoring de ce phénomène », explique-t-il.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi du 28 août au 13 octobre, ce sont 700 pages facebook qui ont été observées, dont 10 pages officielles des candidats à la présidentielle et 100 pages d’influenceurs. M. Castaldo a ainsi fait état du travail réalisé par la MOE UE:</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;"> «Nous avons observé des dépassements pour les législatives. Il y a eu des publicités, qui sont interdites, qui ont même été diffusées pendant le jour du silence électoral et le jour du scrutin.»</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour les législatives, la campagne en ligne a été marquée par la diffusion de contenu sponsorisé, avec une campagne qui a continué pendant le jour du silence électoral et le jour du scrutin. « Du 16 septembre au 6 octobre, la mission a observé 840 différentes publicités payantes en faveur de 50 listes candidates, dont 241 diffusées pendant le silence électoral», a déploré M. Castaldo, lors d&rsquo;une conférence de presse le 8 octobre dernier. Il a également fait état de diffusion de fake news.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour le premier tour de la présidentielle, </span><span style="font-weight: 400;">361 publicités payantes en ligne en faveur des candidats ont été décomptées.</span><span style="font-weight: 400;"> Pour le second tour de la présidentielle, l&rsquo;équipe dédiée à cette observation a comptabilisé 230 publicités payantes en ligne en faveur des candidats, dont 113 lors du silence électoral précédent le scrutin.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or, ces publicités en ligne et ces contenus sponsorisés déséquilibrent la campagne et profitent aux grands partis et aux candidats financièrement plus aisés.</span></p>
<p><b>Réseautage entre pages officielles et non-officielles</b></p>
<p><iframe style="border: none; overflow: hidden;" src="https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FKaloutcha.Hamadi%2Fposts%2F10220487675764527&amp;width=500" width="500" height="687" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Chez ATIDE, le vice-président Bassem Mâater explique que suite à un appel de <a href="https://democracy-reporting.org/fr/monitor-networks-of-undeclared-political-actors-tunisia-elections/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Democracy Reporting International</a>, son organisation a observé les réseaux sociaux et principalement Facebook. «Nous avons commencé par une exploration générale. Ce qui nous a semblé important c&rsquo;était le réseautage. C&rsquo;est-à-dire ce qui se mettait en place entre les pages officielles et les non-officielles. Or, ce sont ces pages non-officielles qui ont un impact important sur la vie politique tunisienne et sur les élections.»</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Ainsi pour les législatives, l&rsquo;association a observé un phénomène particulier : «Nous avons pu voir qu’il y a des groupes de pages qui travaillent de manière coordonnée sur les même choses : attaquer des candidats, apporter leur soutien, voire même des pages qui attaquent le processus démocratique en Tunisie. C’est une tendance inquiétante pour nous.»</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour les présidentielles, l&rsquo;association a cherché toutes les pages de soutien des candidats. «Nous avons à nouveau vu la mise en route de réseaux d’une dizaine, voire parfois même de près d&rsquo;une quarantaine de pages, qui travaillent en même temps, pour un candidat ou contre un autre, à certains moments.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En plus des contenus sponsorisés, du soutien à des candidats ou des attaques, ce phénomène de communication politique sur les réseaux sociaux a donné lieu à la diffusion <a href="https://directinfo.webmanagercenter.com/2019/10/13/presidentielle-2019-lisie-met-en-garde-contre-les-rumeurs-diffusees-sur-les-reseaux-sociaux-qui-ont-pour-but-de-perturber-loperation-electorale/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">de rumeurs et fake news</a>. Lors d&rsquo;une conférence de presse le 6 octobre, jour du scrutin du second tour de la présidentielle, Hasna Ben Slimane, membre de l&rsquo;ISIE avait mis en garde les citoyens face aux rumeurs qui impactent directement le processus démocratique, en tentant de décourager les citoyens à venir voter.</span></p>
<h4><b>Une approche différente et une observation sur le temps long </b></h4>
<figure id="attachment_4374" aria-describedby="caption-attachment-4374" style="width: 770px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="wp-image-4374 size-large" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-900x505.png" alt="" width="770" height="432" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-900x505.png 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-450x253.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-768x431.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-370x208.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-270x152.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-740x415.png 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux.png 960w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /><figcaption id="caption-attachment-4374" class="wp-caption-text">Extrait du rapport d&rsquo;observation des réseaux sociaux de l&rsquo;association Mourakiboun.</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais se concentrer sur les pages qu&rsquo;elles soient officielles ou non, et les publicités et contenus sponsorisés, serait une approche trop restreinte et qui ne collerait pas à la réalité de l&rsquo;usage et des possibilités des réseaux sociaux. En effet, il suffisait d’être présent sur facebook pour être invité à rejoindre des groupes de soutien à tel ou tel candidat ou voir défiler des contenus fabriqués de toute pièce comme des photomontages prêtant au candidat Kaïs Saïed des affinités qu’il ne s’est jamais déclarées.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;organisation Mourakiboun a elle aussi planché sur l&rsquo;observation des réseaux sociaux. C&rsquo;est</span> <span style="font-weight: 400;">l’analyste média-électoral Mansour Ayouni, qui travaille sur le projet RASD depuis les élections de 2014 qui s&rsquo;est à nouveau plié à la tâche. Il observe ce qu&rsquo;il appelle</span><span style="font-weight: 400;"> le domaine de «l&rsquo;influence média-électorale» : l’influence média mais dans la convergence entre médias classiques et nouveaux médias.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Loin de l&rsquo;approche big data et des outils d&rsquo;analyse web-marketing, il a mis en place ses propres critères pour comprendre ce phénomène socio-politique. Il a ainsi construit un échantillon de 1001 personnes actives sur les réseaux sociaux et représentatives des citoyens tunisiens en fonction de catégories. Un échantillon dont il suit avec précision les réactions, afin de comprendre la dynamique du corps électoral tunisien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Je suis l&rsquo;activité de l’échantillon d&rsquo;abord vis à vis de toute l’offre politique : les pages officielles des candidats, les pages qui les soutiennent, le discours politique et marketing. Ensuite, je suis ma cible face aux parutions des médias traditionnels à propos des candidats. Je suis l’interaction de ces personnes de façon convergente. Enfin, il y a aussi la dimension des événements réels sur le terrain: ce que les candidats font, où ils vont, les visites… et là-dessus, encore une fois, je l’étudie et regarde la réaction des personnes, qui sont réparties sur tout le territoire.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mansour Ayouni a</span><span style="font-weight: 400;"> ainsi cumulé un corpus de 2 millions de réactions et de messages autour de la période électorale 2019, mais pas uniquement, puisqu&rsquo;il travaille sur le sujet depuis les élections de 2014. Il a ainsi pu analyser les changements de trajectoire politique, les nuances, les revirements des citoyens sur un temps long.</span></p>
<h4><b>Opportunisme du soutien</b></h4>
<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="en">
<p dir="ltr" lang="fr">Comment expliquer aux gens que Kais Said n’a pas de compte sur Twitter? Maintenant ils le savent. <a href="https://t.co/DITUH7M8rb">pic.twitter.com/DITUH7M8rb</a></p>
<p>— A.A (@Scoulino) <a href="https://twitter.com/Scoulino/status/1184084120005152768?ref_src=twsrc%5Etfw">October 15, 2019</a></p></blockquote>
<p><script async="" src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les changements de trajectoires de certains internautes peuvent découler d&rsquo;une influence subie via la communication sur les réseaux sociaux. En effet, au delà du sponsoring, ATIDE a observé des comportements d’opportunisme de la part de certaines pages et quelques groupes Facebook: «L’impact est fort car nous sommes face à des pages anciennes , avec une grande communauté, qui avaient des intérêts généralistes : football ou actualité&#8230; mais qui se sont mises à avoir un contenu politique qui dépassait parfois 80% de leurs publications et avec un nombre de publications quotidiennes important, passant d’une moyenne mondiale de 2,8 posts par jour à 6,2», explique M. Mâater.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il rapporte également avoir suivi plusieurs pages qui ont changé de cap politique d’un scrutin à l’autre. «Finalement, les pages font le travail en fonction de celui qui paie&#8230;» déplore-t-il.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Un opportunisme qui le laisse dubitatif : «Comment une page non-officielle peut-elle faire du sponsoring aussi important? Cette démarche a un coût financier. Malheureusement, l’ISIE n’observe que les pages officielles des candidats et un seul compte par candidat, alors que le sponsoring se fait autrement: via les pages non-officielles ou via les pages de personnes qui sont proches de ces candidats.»</span></p></blockquote>
<h4><b>Les types d&rsquo;électeurs en ligne</b></h4>
<figure id="attachment_4376" aria-describedby="caption-attachment-4376" style="width: 770px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4376 size-large" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-900x436.jpg" alt="" width="770" height="373" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-900x436.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-450x218.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-768x372.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-370x179.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-270x131.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-740x358.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie.jpg 3651w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /><figcaption id="caption-attachment-4376" class="wp-caption-text">Des électeurs cherchent leur bureau de vote, le jour du premier tour de la présidentielle, dans une école de La Marsa. Crédit : Sana Sbouaï</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">M. Ayouni de Mourakiboun est lui beaucoup moins inquiet quant à l&rsquo;influence subie par les internautes. Sa méthode lui a permis de dégager différentes tendances.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D&rsquo;abord, du côté des électeurs. Trois types émergent, explique-t-il.</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">L’électeur </span><span style="font-weight: 400;">stable : un électeur affilié politiquement et idéologiquement à une offre, qui est constant et ne subit pas l’influence média-social. </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">L’</span><span style="font-weight: 400;">électeur stratégique : il est sans affiliation politique claire et n’a pas fait son choix. cet électeur-internaute essaie de forger une opinion, avec des critères personnels et communique ses questionnements, sa réflexion et sa décision sur les réseaux sociaux, pouvant ainsi peut-être influencer le 3e type d&rsquo;électeur.</span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">L’électeur indécis: il représenterait 40% du corpus électoral tunisien d&rsquo;après le travail d’observation de M. Ayouni et serait la partie la plus importante et la plus dynamique sur les réseaux sociaux. Ces électeurs y expriment leur mécontentement et ils sont influençables. Les influences viendraient des électeurs stables et aussi par des électeurs stratégiques.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Autre tendance qui ressort du travail d&rsquo;observation effectué : du côté de l’offre électorale globale : «Il y a un échec, de la part des candidats, à développer un discours qui permet d’influencer les électeurs indécis. En effet, il n’y a pas de travail de fond pour permettre aux gens de choisir», explique-t-il.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Finalement ce constat peut-être vu de manière positive selon lui : «C’est un indicateur positif de la santé démocratique de ce pays. Face à une offre électorale globale, qui n’est pas conçue pour la clarification, et qui fait appel à des techniques immoral parfois – diffamation, sponsoring&#8230;- le citoyen tunisien se comporte comme à son habitude : il aime poser des questions, il prend son temps, il réfléchit&#8230; et il cache ce qu’il va faire.»</span></p>
<h4><b>Un phénomène difficile à appréhender</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour observer l&rsquo;activité autour des élections trois indicateurs spécifiques ont été mis en place par Mansour Ayouni.</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;"> Un </span><span style="font-weight: 400;">indicateur de présence média-social qui mesure la présence de l’acteur sur les réseaux sociaux. Ceci est corrélé par le nombre de “like” sur les publications et non pas la largeur de la communauté. </span><span style="font-weight: 400;"> </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">Un </span><span style="font-weight: 400;">indicateur d’influence média-social: la capacité d’un acteur présent sur les réseaux sociaux à faire “bouger la toile” et ramener les internautes avec lui. C’est l’indicateur le plus important. </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">Un indicateur de performance: qui mesure la capacité d’un acteur à publier du contenu qui va devenir viral et faire bouger la toile.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais pour l&rsquo;enseignant-chercheur sociologue des médias Enrique Klaus, le phénomène de la communication et de l’influence sur les réseaux sociaux est difficile à appréhender. Aujourd&rsquo;hui installé en Turquie, il a passé 5 ans en Tunisie à l’IRMC, après la révolution et il a suivi de près la question de la régulation des médias traditionnels. Il explique que l&rsquo;analyse des phénomènes sur les réseaux sociaux reste compliquée pour le moment : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«On peut appréhender des pages, mais si l&rsquo;on a à faire à des groupes fermés par exemple on ne sait pas ce qu&rsquo;il s&rsquo;y dit.» </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">On ne pourrait donc qu&rsquo;appliquer une méthode quantitative pour le moment. De même, il souligne la difficulté de se pencher sur Twitter, où à l&rsquo;échelle humaine, tenter de récupérer les données sur un hashtag par exemple serait un travail titanesque. Les retweets et les commentaires qui s&rsquo;y rajoutent rendent la tâche encore plus difficile.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si ATIDE a expliqué s&rsquo;être concentrée sur des pages et des groupes actifs, la mission d&rsquo;observation de l&rsquo;UE n&rsquo;a pas souhaité expliquer sa méthodologie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi, il semble que l&rsquo;observation des réseaux sociaux lors des campagnes électorales se fait de manière aléatoire, dans un moment où des efforts coordonnés, avec une méthodologie partagée, pourrait peut-être permettre plus d&rsquo;efficacité pour comprendre le phénomène.</span></p>
<h4><b>Un phénomène à encadrer ?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Un phénomène que les différents observateurs souhaitent voir encadré. L&rsquo;ATIDE a ainsi <a href="https://directinfo.webmanagercenter.com/2019/10/16/tunisie-atide-appelle-a-la-mise-en-place-dun-cadre-juridique-relatif-a-la-propagande-politique-sur-les-reseaux-sociaux/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">appelé l&rsquo;ISIE et l&rsquo;ARP</a> à la mise en place d&rsquo;</span><span style="font-weight: 400;">un cadre juridique décisif et global concernant la propagande et la publicité sur les réseaux sociaux.</span><span style="font-weight: 400;">  </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«Je pense qu’il est temps de mettre tous les outils pour voir ce qui se passe sur les réseaux sociaux et pouvoir contrer les manipulations : il faut faire de l’analyse et de la prévention» explique M. Mâater.</span></p></blockquote>
<figure id="attachment_4373" aria-describedby="caption-attachment-4373" style="width: 770px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4373 size-large" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-900x449.jpg" alt="" width="770" height="384" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-900x449.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-450x225.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-768x383.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-370x185.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-270x135.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-740x370.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman.jpg 3835w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /><figcaption id="caption-attachment-4373" class="wp-caption-text">Le chef de la MOE UE, Fabio Massimo Castaldo, le jour des élections législatives, dans le bureau de vote de la rue de Marseille à Tunis. Crédit : Sana Sbouaï</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Un avis partagé par Fabio Massimo Castaldo de la MOE UE qui souligne tout de même l&rsquo;aspect global de ce phénomène «C&rsquo;est un phénomène mondial, il n&rsquo;y a pas de pays qui a une réglementation spécifique. Mais cela devrait faire l&rsquo;objet d&rsquo;une réflexion entre les rives de la méditerranée. Car il y a un impact de plus en plus fort. Il faut réfléchir à ce point, sans tomber dans la contre-propagande. C&rsquo;est un équilibre délicat. Je pense qu&rsquo;il faut partager les expériences, pour réussir à mettre en place une réglementation, mais sans mettre en place une censure à la liberté d&rsquo;expression des individus, qui est le sel de la démocratie.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De son côté, Mansour Ayouni ne partage pas cette position et considère qu&rsquo;il est impossible de contrôler le sponsoring sur les réseaux sociaux et que c&rsquo;est le comportement de l&rsquo;électeur qui doit être accompagné pour qu&rsquo;il puisse se prémunir contre la manipulation. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«C</span><span style="font-weight: 400;">ette sphère médiatico-sociale va s’auto-réguler : la loi serait inefficace, car inapplicable, sur un phénoméne incontrôlable. Les fake news existeront en ligne car elles existent dans la société. C’est la vulgarisation des usages qui va permettre la régulation. Ce n’est pas le contrôle. Il faut continuer à vulgariser l&rsquo;usage des réseaux sociaux.»</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Finalement, c</span><span style="font-weight: 400;">&lsquo;est l&rsquo;offre politique qui ne serait pas à la hauteur «face à ça la micro-société présente sur les réseaux sociaux et qui fait preuve d’une dynamique extrêmement intéressante», souligne-t-il. Par conséquent, il faudrait faire confiance aux électeurs qui sont sur les réseaux sociaux: malgré ce que l&rsquo;on peut croire ils ne s&rsquo;en laisseraient pas compter.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Reste qu&rsquo;ils ont beau faire partie du quotidien, les réseaux sociaux sont avant tout des entreprises qui offrent une liberté d&rsquo;échange aux internautes, mais cette offre est indéniablement intéressée. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on a pu voir lors de différentes élections dans la monde, aux USA pour l&rsquo;élection de Trump, comme au Royaume-Uni pour le Brexit. Leur capacité d&rsquo;influence n&rsquo;est donc pas à minimiser et il semble primordial de mieux comprendre les possibilités qu&rsquo;ils offrent pour mieux pouvoir l&rsquo;expliquer aux internautes.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/reseaux-sociaux-lieu-bataille-politique-tunisie-election/">Les réseaux sociaux: lieux de bataille politique</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Législatives : “5 minutes pour choisir pour 5 ans”</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Oct 2019 16:38:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblé des Représentants du Peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Elections législatives]]></category>
		<category><![CDATA[ISIE]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sana Sbouai]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dimanche 6 octobre, les électeurs tunisiens ont choisi leurs députés. Abstention, large choix électoral, rôle des médias, discussion sur les réseaux sociaux et place de la présidentielle sont autant d'éléments qui ont impacté cette journée. Reportage sur le terrain. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Le temps est bon ce dimanche matin. D&rsquo;ailleurs, à Marsa ville, les terrasses sont pleines. Contrairement à la cour d&rsquo;école et aux bureaux de vote installés dans l&rsquo;école rue Taïeb Mhiri. «Le nombre d&rsquo;électeurs reste faible. Les jeunes ne sont pas venus. Mais il n&rsquo;est que dix heures trente», constate Khaled Ben Chaabane, chef de centre de vote, en jetant un oeil à sa montre. «On ne peut pas émettre de jugement à 10h30&#8230; Espérons qu&rsquo;ils viennent plus tard.» Le bureau comptait alors une centaine de votants pour les plus de 45 ans, mais moitié moins pour la tranche 18-25.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le fort taux d&rsquo;abstention lors du premier tour de la présidentielle, l&rsquo;étalement des rendez-vous électoraux sur trois dimanches, le grand nombre de listes, et la bataille judiciaire et médiatique autour de l&#8217;emprisonnement du candidat Karoui, sont autant d’éléments qui pèsent et érodent le processus démocratique. Les électeurs l&rsquo;ont montré : ils veulent sanctionner les responsables politiques en votant pour des outsiders ou en s&rsquo;abstenant. Pas sûr donc que la mobilisation soit forte et que le souhait de Khaled Ben Chaabane soit exaucé.</span></p>
<h4><b>Faible mobilisation</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce chef de service dans le transport aérien a vu la mobilisation faiblir d’élection en élection. C&rsquo;est en effet le sixième scrutin dans lequel il s&rsquo;implique. Depuis la Révolution, il a été présent comme chef de centre ou observateur pour tous les rendez-vous électoraux.  «Servir la Nation, ma patrie, est un honneur pour moi. C’est mon geste, moi qui suis un simple citoyen.» L&rsquo;homme refuse la nostalgie qui prendrait d’assaut certains, leur faisant regretter l&rsquo;époque de la dictature.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Avant 2011, quand il y avait des élections je ne participais pas. Aujourd&rsquo;hui, il faut être combatif et ne pas comparer la situation actuelle avec l&rsquo;époque de la dictature. Il y a un désespoir des jeunes, certes, mais il faut combattre pour notre avenir et choisir.»</span></p>
<h4><b>«Toutes ces listes&#8230; C&rsquo;est le bazar mais c&rsquo;est sympathique»</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais comment faire un choix? Noha, professeur de langue arabe est venue voter dans la matinée. «Pour les présidentielles, je suis venue en fin de journée et je n&rsquo;ai pas trouvé d&rsquo;ambiance. En venant le matin, je pensais en trouver un peu, mais ce n&rsquo;est toujours pas le cas&#8230; Peut-être que les gens ne savent pas pour qui voter, en plus d&rsquo;être déçus des responsables politiques?»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette femme d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;années parle du coût de la vie qui a augmenté, de la déception des citoyens, mais se concentre sur les acquis. «Aujourd&rsquo;hui nous avons la liberté de voter. Avant 2011, je ne venais pas, je savais que l&rsquo;on choisissait pour moi. Il est vrai que ce qui manque c&rsquo;est la dignité, après tout les gens ne peuvent même pas vivre normalement&#8230; mais tout de même toutes ces listes&#8230; c&rsquo;est le bazar mais c&rsquo;est sympathique! Ça découle de la liberté!»</span></p>
<h4><b>Une couverture médiatique focalisée sur la présidentielle</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans le centre de vote de la rue de Marseille, à quelques mètres de l&rsquo;avenue Bourguiba, l&rsquo;affluence est un peu plus importante. Peut-être car la journée avance et que l&rsquo;activité se fait plus intense. Reste qu&rsquo;à 11h le taux de participation était de 6,8%.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Devant l&rsquo;école et dans la cour, les journalistes sont nombreux à s&rsquo;affairer, cherchant à faire des interviews le temps que démarre le point de presse de la </span><a href="https://eeas.europa.eu/election-observation-missions/eom-tunisia-2019_fr"><span style="font-weight: 400;">Mission d&rsquo;observation de l&rsquo;Union Européenne</span></a><span style="font-weight: 400;">. «L&rsquo;attention médiatique était concentrée sur la présidentielle, ce qui peut-être n&rsquo;aide pas à mobiliser les citoyens sur les législatives&#8230;» déplore Fabio Massimo Castaldo, le chef de la mission et vice-président du Parlement européen.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une réalité que soulignent les membres de l&rsquo;</span><a href="http://www.isie.tn"><span style="font-weight: 400;">ISIE</span></a><span style="font-weight: 400;">, quelques minutes plus tard lors de leur point de presse. Ils rappellent que les législatives sont des élections décisives pour le pays, que le taux de participation enregistré lors de la matinée est en deçà de ce qu&rsquo;ils avaient espéré et que les événements autour des élections ont sans doute impacté la mobilisation. Toutefois Nabil Baffoun, le président de l&rsquo;instance, tempère : «Il faut aussi garder en tête que nous en sommes à nos premières années de démocratie et que les responsabilités, quant à la faible mobilisation, sont communes. De ce fait, il nous faut tous travailler ensemble pour motiver les Tunisiens à se déplacer pour voter», invitant les médias à relayer son appel aux Tunisiens de l&rsquo;étranger comme aux Tunisiens de l&rsquo;intérieur du pays à aller voter. «C&rsquo;est un acte qui prend 5 minutes et qui décide des 5 années à venir pour le pays.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Rue de Russie, près de la gare ferroviaire de Tunis, Mohamed Gafsi partage les préoccupations de M. Baffoun. Ce chef de centre est cadre au sein du ministère des Affaires sociales. Il explique être au premier rang face à la progression de la misère dans le pays. Face à l’exposition des demandes depuis la révolution, il raconte que le ministère fait comme il peut, distribue des aides, en fonction des budgets, «mais ce n&rsquo;est jamais assez face à la réalité dans laquelle nous nous trouvons aujourd&rsquo;hui.»</span></p>
<blockquote><p><em><span style="font-weight: 400;">«C&rsquo;est un acte qui prend 5 minutes et qui décide des 5 années à venir pour le pays.»-Nabil Baffoun</span></em></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Il était déjà mobilisé lors de la présidentielle dans le même bureau. Il déplore le manque d&rsquo;engouement des électeurs, notamment des plus jeunes et semble affecté par la situation. Il est 16h15 et les 18-25 ans représentent 2% des votants qui se sont déplacés dans son bureau. «Regardez, même les personnes d&rsquo;un grand âge sont là, elles sont venues&#8230; Mais les jeunes eux, ils ont autre chose à faire&#8230; Pourtant les législatives sont les élections les plus importantes. Du point de vue de l&rsquo;avenir du pays, des prérogatives…  Même si les gens se trouvent face à une offre qui ne leur convient, je pense qu&rsquo;ils doivent essayer de choisir au mieux.» A 15h, l&rsquo;ISIE annonçait un taux de participation de 23%.</span></p>
<h4><b>Faire son choix en discutant sur les réseaux sociaux</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Devant le bureau justement, deux jeunes hommes sont venus voter. Bilel et Mohamed Aziz, tous deux étudiants de 19 ans, ont voté pour la première fois lors des présidentielles. Ils sont revenus ce dimanche et comptent bien être présents le week-end prochain. «C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il y a des jeunes autour de moi qui disent qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas le temps, que le pays n&rsquo;ira jamais mieux, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de choix. Il y a aussi eu les médias qui n&rsquo;expliquaient pas bien les choses, qui ne parlaient que de la présidentielle&#8230; Moi je pense que l&rsquo;on peut quand même faire avancer le pays», raconte Bilel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mohamed Aziz veut défendre sa génération : «Moi, je suis venu car c&rsquo;est bon, les vieux ont voté, et moi je crois que je dois dire mon mot pour construire mon avenir. C&rsquo;est important de se faire entendre et que l&rsquo;on ne décide pas pour moi.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ils n&rsquo;ont pas suivi les débats politiques à la télé, mais se sont concertés via les réseaux sociaux. «A la télé de toute façon ils disent n&rsquo;importe quoi, les plateaux c&rsquo;est que du blabla!»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Rue de Marseille, Arbia 20 ans, étudiante en biologie, a elle aussi utilisé les réseaux sociaux pour se décider : «On a parlé avec des amis, on a regardé dans des groupes ce que disaient les gens, pour ne pas faire un vote utile ou je ne sais pas quoi encore !» Ce sont ses premières élections. Elle les a attendues de pied ferme. «J&rsquo;attendais avec impatience d&rsquo;avoir l&rsquo;âge légal pour pouvoir m&rsquo;inscrire et voter!»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La jeune fille est venue au bureau de vote accompagnée de son père. Il se souvient de 2011 : «On était tous content de voter. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est différent. On a gagné la liberté, mais une liberté entre guillemets en fait, juste celle de parler.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Arbia tempère d&rsquo;un geste de la tête : «Pouvoir voter, c&rsquo;est une liberté.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Derrière eux, les portes du centre de vote vont bientôt fermer. Quelques électeurs retardataires entrent, carte d&rsquo;identité à la main, en pressant le pas.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Puis l&rsquo;alarme sonne dans l&rsquo;école, il est 18h. La porte se ferme. S&rsquo;en est fini du vote. Dans chaque bureau les observateurs attaquent la dernière ligne droite. C&rsquo;est maintenant le moment du dépouillement, du comptage et de l&rsquo;ultime vérification. Les urnes sont descellées, leur contenu renversé sur des tables. Il va falloir déplier tous les immenses bulletins et comptabiliser les voix.</span></p>
<h4><b>Fin de partie : 41,22% de participation</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A L&rsquo;ISIE c&rsquo;est le dernier point presse de la journée. Nabil Baffoun s&rsquo;installe avec ses 8 collègues. Adèle Brinsi commente la journée  : «Le taux de participation n&rsquo;est pas ce que nous espérions, mais finalement 41,22 % ce n&rsquo;est pas si catastrophique. Il est vrai que chaque institution doit prendre ses responsabilités. L&rsquo;ISIE est responsable du registre électoral et à ce propos elle a fait son travail. Les partis politiques doivent aussi s&rsquo;interroger.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que les membres de l&rsquo;ISIE continuent de répondre aux questions des journalistes, Belabbès Benkredda, commente la situation. Il est le fondateur de </span><a href="https://www.munathara.com/"><span style="font-weight: 400;">Munathara</span></a><span style="font-weight: 400;">, l&rsquo;organisation qui a mis sur pied les débats entre les candidats, diffusés en direct à la télé. Le jeune homme préfère regarder le verre à moitié plein : «Le taux d’abstention est moins grave que ce que l&rsquo;on pouvait penser finalement. L&rsquo;espace public a complètement était occupé par la campagne présidentielle. Je m&rsquo;attendais à une participation plus faible. Donc c&rsquo;est pas mal, même si cela reste dommage.» Et puis, comme pour calmer l&rsquo;impatience de ceux qui voudraient que tout fonctionne tout de suite il rappelle de sa voix calme que mettre en place de nouvelles habitudes «c&rsquo;est un travail sur le long terme.» Exactement comme la mise en place de la démocratie.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/legislatives-5-minutes-pour-choisir-pour-5-ans-elections-fr/">Législatives : “5 minutes pour choisir pour 5 ans”</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Tunisie/élections: le seuil électoral de 5% est hâtif et excluant (Présidence de l&#8217;ISIE)</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/fr-mohamed-tlili-mansri-isie-seuil-electoral/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed HADDAD]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Nov 2018 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Anouar Belhassen]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblé des Représentants du Peuple]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[ISIE]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Tlili Mansri]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Baffoun]]></category>
		<category><![CDATA[seuil électoral]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>“Notre avis est clair: cinq pour cent c’est trop, ceci pourrait exclure les indépendants.” Telle était déjà la&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="font-weight: 400;">“Notre avis est clair: cinq pour cent c’est trop, ceci pourrait exclure les indépendants.” Telle était déjà la position de Mohamed Tlili Mansri, en septembre 2018, lorsque nous l’avions interviewé suite à sa décision de quitter la présidence de l’ISIE. Celui-ci s’exprimait au sujet de l’élévation du seuil électoral de 3 à 5%. Or, l’augmentation a été retenue par la commission du règlement intérieur, de l&rsquo;immunité, des lois parlementaires et des lois électorales jeudi dernier. A cette occasion nous publions ses propos, d’une actualité brûlante. </span></em></p>
<hr />
<p><strong>Q: Anouar Belhassen membre de l’ISIE a déclaré aux médias que votre mandat en tant que président arrive à terme le 15 octobre. Par la suite, le conseil de l’ISIE nommera Nabil Baffoun pour vous succéder.  Comment voyez-vous cela?</strong></p>
<p>R:  C’est une démission de mon mandat en tant que que président, mais je conserve mon statut de membre au sein de l’instance.<br />
Le dossier a été transmis au parlement comme étant le pouvoir originel en matière de l’entrée en vigueur de la démission et de l’élection du nouveau président. Par conséquent, le conseil de l’instance n’a pas le droit de s’immiscer dans les travaux du parlement. Quant à la durée de mon mandat, elle s’étendra jusqu’à l’élection de mon successeur.<br />
Je ne suis pas attaché à ce poste, considérant que seul le président le pouvoir réglementaire et la possibilité de réaliser des opérations financières, il fallait que la continuité du service soit assurée.<br />
Il y a eu un précédent avec M. Sarsar dont la démission a été immédiate. Il y a eu alors un suppléant parmi les membres de l’ISIE chargé des affaires financières mais pas de président par intérim.</p>
<p><strong>Q: L’augmentation du seuil électoral, l’augmentation du nombre de députés par circonscription, etc. beaucoup de changements pour les règles du jeu électoral.</strong></p>
<p>R: C’est un choix politique. Nous sommes une autorité exécutive. Nous ne faisons qu’appliquer le code électoral en vigueur. Quant à l’augmentation du seul électoral… 5% c’est assez élevé, c’est susceptible de provoquer de grandes exclusions notamment chez les indépendants. Nous avons défendu le maintien des 3%. Il est possible de penser à cela ultérieurement.</p>
<p><strong>Q: En 2011, il n’y avait pas de seuil, en 2014 le seuil a été pensé et appliqué en 2018, l’année prochaine 2019 il se pourrait que les règles changent à nouveau. Pourquoi changer si souvent?</strong><br />
R: La loi ne peut révéler ses défauts qu’après une certaine période d’application. C’est un choix politique, moi, en tant que technicien, je ne peux pas émettre mon avis sur le fond. Mais nous avons considéré que le seuil est trop élevé.</p>
<p><strong>Q: Si le rôle de l’instance est technique uniquement pourquoi tant de débats sur les personnes: quelle différence entre une personne ou une autre au poste de président? Quelle est l’impact du changement du président de l’instance?</strong></p>
<p>R: C’est une des instances les plus importantes en Tunisie. Notre instance a une mission démocratique par essence, donc, la démocratie doit être de mise donc au sein de notre institution. L’élection du président ou d’un membre revient au parlement. Personnellement, je ne me suis pas présenté lors du premier tour pour la présidence de l’instance, j’ai attendu les tours suivants. Je voulais contribuer à débloquer la situation difficile que traversait l’instance.<br />
Cependant les choses ne se sont pas passées aussi bien que prévu. Les membres ne sont pas venus, c’est d’ailleurs ce qui figure dans ma lettre de démission.<br />
Afin d’éviter le blocage, j’ai démissionné pour ne pas bloquer l’instance et préserver les intérêts du pays. La solution est que le parlement parvienne à un accord ou un consensus en identifiant mon successeur parmi mes collègues.<br />
Certains confrères qui sont en place depuis 2011, considèrent qu’ils sont les plus compétents pour la présidence de l’instance. C’est leur droit, peut-être.<br />
Le président est celui qui représente légalement l’instance, c’est le président de son conseil, son ordonnateur (financier), le chef de l’administration, quatre prérogatives considérables. Néanmoins, la loi ne lui donne aucun privilège, elle l’accable de responsabilités uniquement.<br />
Le Parlement doit intervenir pour remédier à cette situation et amender la loi portant organisation de l’ISIE, dans le cas contraire, d’autres membres ou présidents démissionneront. En effet, l’interférence entre les prérogatives du président et du conseil et de la direction exécutive doit cesser. La jalons de la frustration sont là et risquent de perdurer.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/fr-mohamed-tlili-mansri-isie-seuil-electoral/">Tunisie/élections: le seuil électoral de 5% est hâtif et excluant (Présidence de l’ISIE)</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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