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	<title>Mouvement Ennahdha | Research Media</title>
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	<title>Mouvement Ennahdha | Research Media</title>
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		<title>Tunisie: Ennahdha face à l’après-Ghannouchi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Théo Blanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 18:17:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Elections législatives]]></category>
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		<category><![CDATA[Mouvement Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[sciences politiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le XIe congrès du parti islamiste tunisien Ennahdha, initialement prévu pour mai 2020 mais reporté sine die, marquera-t-il&#8230;</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/tunisie-ennahdha-face-a-lapres-ghannouchi/">Tunisie: Ennahdha face à l’après-Ghannouchi</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le XI<sup>e</sup> congrès du parti islamiste tunisien Ennahdha, initialement prévu pour mai 2020 mais reporté sine die, marquera-t-il le remplacement de Rached Ghannouchi à la présidence du parti ? Après l’enjeu de l’intégration gouvernementale et celui de la ’’spécialisation’’, le parti fait désormais face à la question de l’après-Ghannouchi. Plusieurs scénarios sont envisageables. Au-delà du nom du successeur, c’est toutefois l’identité du parti, son modèle de direction et son projet politique qui sont en jeu. </em></p>
<p>Depuis la révolution tunisienne de 2010/2011, chaque congrès d’Ennahdha a dû imaginer un « après ». En juillet 2012, le IX<sup>e </sup>congrès avait pour enjeu majeur de réinventer le parti islamiste dans une Tunisie post-autoritaire et post-Ben Ali. Le X<sup>e</sup> congrès en mai 2016 avait, quant à lui, proclamé avec une grande habilité politique un virage « post-islamiste ».<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> Pour le XI<sup>e</sup> congrès du parti, initialement prévu pour mai 2020, c’est un nouveau tournant qui se profile : celui d’un parti post-Ghannouchi. Avec son élection en 2012 et en 2016 à la tête d’Ennahdha, Rached Ghannouchi a en effet atteint la limite des deux mandats présidentiels successifs stipulée par le règlement intérieur du parti depuis le congrès de 2007 (article 31).</p>
<p><strong>L’ère Ghannouchi</strong></p>
<p>Pour saisir l’enjeu représenté par l’éventuel départ de Rached Ghannouchi, il faut comprendre la centralité historique de ce dernier au sein du mouvement. Ghannouchi est d’abord un des fondateurs du Groupe Islamique (<em>al-jama’a al-islamiyya</em>), dans le cadre duquel il donne des sermons et leçons de religion dès les années 1970. Leader religieux, il deviendra ensuite leader politique en proposant la formation du parti Mouvance de la Tendance Islamique (MTI) qu’il co-fonde aux côtés d’Abdelfattah Mourou, Ben Aissa Demni, Zahir Mahjoub et Habib Mokni en mai 1981. Il est désigné à la tête du mouvement dès 1979 et sera reconduit plusieurs fois (1981, 1984, 1991), ce qui lui permettra d’établir un ’’magister moral’’ sur la présidence du parti islamiste.</p>
<p>Ghannouchi est également la figure intellectuelle centrale du parti ; son livre <em>Les libertés publiques dans l’Etat islamique </em>publié en 1993 est désigné comme « le document politique et intellectuel le plus important du patrimoine du mouvement » par le congrès de 2012.<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> Il joue également un rôle essentiel dans la narration du mouvement islamiste et de son évolution, qu’il expose notamment dans ses livres <em>Mouvement de la Tendance Islamique en Tunisie</em> (1989) et <em>De l’expérience du mouvement islamique en Tunisie</em> (2001). Ghannouchi a aussi longtemps constitué le principal visage du parti à l’étranger, où il joue le rôle d’ambassadeur en Occident (il s’exile au Royaume-Uni en 1991) mais également dans le monde musulman où son influence intellectuelle sur les milieux islamistes est grande. Après la révolution, il sera directement à la manœuvre derrière les grandes décisions du parti comme les négociations et l’alliance avec Nidaa Tounès en 2014 ainsi que la spécialisation en 2016. Enfin, Ghannouchi détient les ficelles de la bourse du parti.</p>
<p>Au vu du rôle intellectuel, politique, financier, religieux et symbolique joué par Ghannouchi, deux questions se posent. D’une part, le parti pourra-t-il survivre et maintenir sa cohésion interne sans son leader historique ? Par ailleurs, le départ potentiel de Ghannouchi marquera-t-il une simple alternance à la tête du parti ou bien l’invention d’un nouveau modèle de direction sous la pression de l’opposition interne ?</p>
<p><strong>L’opposition interne </strong></p>
<p>Active dès 2012, l’opposition à la direction de Ghannouchi se consolide à la faveur du congrès de 2016. En session, plusieurs cadres dont Abdelhamid Jelassi et Abdellatif Mekki proposent d’introduire une dose d’élections dans le mode de désignation du bureau exécutif, dont 50 % des membres seraient élus et 50 % nommés par Ghannouchi (jusqu’ici tous les membres étaient choisis par le président du parti).<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a> Lorsque le congrès accepte de se prononcer sur cette proposition, Ghannouchi recourt au chantage à la démission. La proposition est finalement rejetée par une petite majorité (52 % des voix). La constitution du nouveau bureau exécutif, nommé par Ghannouchi, actera la rupture en privilégiant les soutiens du président lors du congrès. Par la suite, les opposants élus au <em>majlis al-shura</em> (conseil consultatif) tels qu’Abdelhamid Jelassi s’évertueront « de contrebalancer cette concentration excessive des pouvoirs » dans les mains de Ghannouchi.<a href="#_ftn4" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a></p>
<p>Le deuxième grand acte du conflit entre Ghannouchi et l’opposition interne intervient dans le cadre des élections législatives de 2019.<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a> En écartant unilatéralement 30 têtes de liste sur 33 circonscriptions, Ghannouchi outrepasse ses prérogatives et s’inscrit en violation du règlement intérieur du parti qui ne permet au président de modifier que 10 % des noms des listes électorales et ce à condition que cette modification soit validée par le <em>majlis al-shura</em>. Sont notamment exclus Abdelhamid Jelassi (Tunis 2), Abdellatif Mekki (Tunis 1), Samir Dilou (Bizerte) et Mohamed Ben Salem (Zaghouan), qui figurent parmi les principaux opposants à la direction de Ghannouchi. Après les élections, la confrontation porte sur la formation du gouvernement Habib Jemli, que le <em>majlis al-shura</em> choisit de soutenir au détriment du favori de Ghannouchi (Habib Kchaou).<a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a> Certains cadres tels que Zied Laadhari démissionnent en signe de protestation.<a href="#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a> Lorsque Ghannouchi lâche finalement Habib Jemli et s’accorde avec Nabil Karoui pour proposer Fadhel Abdelkefi (ancien ministre de Beji Qaid Essebsi), plusieurs membres du <em>majlis al-shura </em>réclament la démission de Ghannouchi. Enfin, l’opposition interne n’apprécie guère que Ghannouchi cumule la présidence du parti avec la présidence du parlement à laquelle il est élu en novembre 2019.</p>
<p>La contestation de Ghannouchi n’est pas nouvelle. En 1990, plusieurs cadres le tenaient personnellement responsable de la confrontation avec le régime de Ben Ali et réclamaient non seulement qu’il démissionne du leadership mais aussi qu’il ne soit plus autorisé à exercer de position de direction dans le mouvement.<a href="#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a> Au cours des années 1990 et 2000, sa ligne d’opposition frontale au régime tunisien est également critiquée par une partie du mouvement qui prône la réconciliation nationale.<a href="#_ftn9" name="_ftnref9">[9]</a> Aujourd’hui, la majeure partie des critiques ne prônent pas l’exclusion de Ghannouchi, dont ils reconnaissent l’héritage historique (les plus vocaux sont Ben Salem, Mekki et Chehoudi), mais s’active pour que ce dernier ne se représente pas au prochain congrès de 2020 et accompagne le changement de direction. C’est le sens de la pétition signée par 100 cadres nahdhawis en septembre dernier (dont Abdellatif Mekki, Samir Dilou, Mohamed Ben Salem), lesquels conjurent Rached Ghannouchi de démissionner et de laisser le congrès se tenir dans les délais.<a href="#_ftn10" name="_ftnref10">[10]</a></p>
<p>La possibilité de voir émerger un candidat de l’opposition apparait toutefois lointaine. Les principales figures de l’opposition ont soit démissionné (Jelassi en mars), soit ne sont pas assez populaires au sein du parti pour remporter une élection présidentielle (Mekki, Dilou). L’éventuel départ de Ghannouchi ne sera sans doute pas non plus le moment du passage de la direction à la nouvelle génération, largement acquise au changement de direction du parti, mais dont les démissions se multiplient (Hichem Laarayedh, Zied Boumakhla). D’autres personnalités, moins clivantes, plus proches de Ghannouchi et issues de la seconde génération du mouvement (nées dans les années 1950-60) telles qu’Ali Larayedh, Noureddine Bhiri, Abdelkrim Harouni et Noureddine Arbaoui semblent en meilleure position. D’autres cadres relativement plus jeunes (Rafik Abdessalem, Naoufel Jammali) sont également envisageables (Lotfi Zitoun était trop controversé au sein du parti dont il a démissionné définitivement fin 2020), bien que toute prévision soit impossible.</p>
<p><strong>Les scénarios possibles pour le XI<sup>e</sup> congrès</strong></p>
<p>La dissolution du bureau exécutif du parti le 11 mai a suscité des spéculations quant à une éventuelle « stratégie Poutine-Medvedev » de la part de Ghannouchi pour se maintenir à la tête du parti. A l’image de ces deux dirigeants russes qui avaient échangé leurs fauteuils de président et de premier ministre, Ghannouchi échangerait sa place avec le président du <em>majlis al-shura</em> Abdelkrim Harouni le temps d’un mandat de manière à contourner l’interdiction de rempiler un troisième mandat présidentiel.<a href="#_ftn11" name="_ftnref11">[11]</a> Ce scénario semble toutefois peu probable. Il impliquerait qu’Harouni et Ghannouchi obtiennent la confiance du congrès pour emporter, respectivement, la présidence du parti et celle du <em>majlis al-shura</em>. Avec la pression de l’opposition interne (en particulier au sein du <em>majlis</em>), l’âge avancé de Ghannouchi (78 ans) et le départ d’Abdelfattah Mourou qui ouvre la porte au retrait politique de la première génération du mouvement, l’éventuel retour de Ghannouchi à la tête du parti 4 ans plus tard est peu plausible. En se réservant la prérogative de former le comité de préparation du prochain congrès, le <em>majlis al-shura </em>constitue également un contre-pouvoir important à la présidence de Ghannouchi.</p>
<p>Dès lors, il semble plus probable que Ghannouchi ne se représente pas à la présidence du parti et désigne un héritier à sa ligne politique. La dissolution du bureau exécutif pourrait dans ce sens permettre à Ghannouchi de faire émerger un successeur en testant la popularité de plusieurs figures présidentiables auprès du <em>majlis al-shura</em> qui devra valider la nouvelle composition du bureau. Bien que la dissolution de l’exécutif soit présentée par le parti comme une décision purement technique (départ et remplacement de plusieurs membres ayant intégré le parlement ou le gouvernement) et prévue de longue date,<a href="#_ftn12" name="_ftnref12">[12]</a> certains cadres reconnaissent que le choix du nouveau bureau aura des conséquences directes sur les décisions prises par le congrès.<a href="#_ftn13" name="_ftnref13">[13]</a></p>
<p>Par ailleurs, dans le contexte de l’épidémie de la covid-19, le congrès pourrait être repoussé à 2021 et Ghannouchi éventuellement désigné comme président intérimaire. C’était peut-être le scénario pressenti et redouté par l’opposition interne qui, dès le mois de mars, appelait à « la nécessité de tenir le onzième Congrès avant la fin de 2020 » et à « une alternance des dirigeants au sein du mouvement ».<a href="#_ftn14" name="_ftnref14">[14]</a> Le 22 mai, voyant que le congrès ne se tiendrait pas à la date prévue, Abdellatif Mekki réaffirmait la « nécessité impérieuse » d’organiser le congrès rapidement.<a href="#_ftn15" name="_ftnref15">[15]</a> Ce scénario (ajournement du congrès et présidence intérimaire de Ghannouchi) semblait d’autant plus probable que la grande précarité politique d’Ennahdha (absence d’allié naturel du parti, imposition d’Elyes Fakhfakh comme premier ministre par le président Kais Saied, attaques virulentes du Parti Destourien Libre d’Abir Moussi), pousse le parti à faire bloc derrière Ghannouchi. Le 28 juin, toutefois, le <em>majlis al-shura</em> a refusé la proposition faite par Ghannouchi de reporter le congrès en 2021 avec une petite majorité de 55 % des voix, illustrant ainsi la polarisation interne sur la question du renouvellement de la direction. Depuis, le parti a annoncé la tenue du congrès pour début 2021, bien que rien ne soit encore acquis.<a href="#_ftn16" name="_ftnref16">[16]</a></p>
<p>Une fois la date fixée, le congrès aura la charge d’élire un nouveau président et un nouveau <em>majlis</em>. En tant qu’instance suprême du mouvement, le congrès a toutefois également la capacité de modifier le règlement intérieur du parti. Il est difficile à ce stade d’anticiper si une majorité pourrait être favorable à l’annulation – ou la suspension – de l’interdiction d’enchainer trois mandats présidentiels. Cette éventualité n’est toutefois pas à écarter, chaque congrès du parti ayant habituellement opéré des révisions des statuts du parti pour s’adapter à l’équilibre interne et la conjoncture politique du pays comme le rappelle Ali Larayedh.<a href="#_ftn17" name="_ftnref17">[17]</a> Bien qu’une telle modification serait à priori coûteuse pour la cohérence interne du parti, déjà affaibli par les démissions et départs en chaine (Zitoun, Chehoudi, Jelassi, Mourou), l’éclatement du parti demeure quant à lui peu probable – ce scénario ayant été annoncé à plusieurs reprises lors du départ de Hamadi Jebali en 2013, après l’alliance avec Nidaa Tounès en 2014, et après le tournant de la spécialisation en 2016.</p>
<p><strong>Le futur d’Ennahdha</strong></p>
<p>Le XI<sup>e </sup>congrès d’Ennahdha et son potentiel changement de direction aura une incidence significative sur le futur du parti, l’équilibre du système partisan tunisien et la situation sociale du pays. Le premier point d’interrogation est la manière dont le parti gérera l’après-Ghannouchi, car l’alternance à la tête du mouvement offre l’opportunité de repenser le modèle de direction. Pour plusieurs cadres favorables à moins de verticalité du pouvoir (Samir Dilou, Zied Laadhari, Zoubeir Chehoudi), l’enjeu est de négocier la transition d’une direction charismatique – certains diraient autoritaire – à une direction plus inclusive et collégiale.</p>
<p>Au-delà du changement de direction, c’est toutefois le « rôle national » du parti – selon le jargon interne – qui est en jeu. Quelle identité la nouvelle direction imprimera-t-elle à un parti qui a théoriquement abandonné son projet religieux historique et a toujours fait passer le compromis au-dessus des objectifs politiques depuis 2011 ? Pourquoi le parti s’attache-t-il autant au consensus et quel prix cela implique-t-il pour son projet politique ? Plus largement, à quoi sert le parti au-delà de sa simple perpétuation ?</p>
<p>Enfin, le parti qui émergera du prochain congrès aura également la charge de prendre à bras le corps les questions socioéconomiques, jusqu’ici marginalisées par la priorité accordée à faire d’Ennahdha un parti incontournable dans le pays. Critiqué pour s’être focalisé sur les questions identitaires et politiciennes, Ennahdha voit en effet sa légitimité révolutionnaire remise en cause (son électorat a été divisé par trois depuis 2011) et sa capacité à satisfaire les revendications socioéconomiques contestée par des compétiteurs néo-révolutionnaires et souverainistes (Itilaf al-Karama<a href="#_ftn18" name="_ftnref18">[18]</a>). Comme l’a déclaré avec optimisme Ghannouchi lui-même : « La Tunisie créera dans un futur proche son modèle de développement comme elle a créé son modèle démocratique ».<a href="#_ftn19" name="_ftnref19">[19]</a> Le rôle joué par Ennahdha dans l’élaboration de ce modèle de développement, ainsi que son avenir en tant que premier parti politique du pays, seront très largement déterminés par l’issue du XI<sup>e</sup> congrès.</p>
<p><em><span class="tojvnm2t a6sixzi8 abs2jz4q a8s20v7p t1p8iaqh k5wvi7nf q3lfd5jv pk4s997a bipmatt0 cebpdrjk qowsmv63 owwhemhu dp1hu0rb dhp61c6y iyyx5f41">Théo Blanc est doctorant en science politique à l&rsquo;Institut Universitaire Européen (Florence). Il est diplômé du Master Méditerranée Moyen Orient de l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble en 2018. Ses recherches portent sur la politisation du salafisme après les révolutions arabes, avec une approche comparée de la Tunisie, du Maroc et de l’Algérie.<br />
</span></em></p>
<p><em>L’auteur tient à remercier Thierry Brésillon pour sa relecture et ses commentaires. </em></p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Frédéric Bobin, « En Tunisie, Ennahda « sort de l’islam politique » », <em>Le Monde</em>, 19/05/2016, <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/19/rached-ghannouchi-il-n-y-a-plus-de-justification-a-l-islam-politique-en-tunisie_4921910_3212.html">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/19/rached-ghannouchi-il-n-y-a-plus-de-justification-a-l-islam-politique-en-tunisie_4921910_3212.html</a></p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Fayçal Amrani, « Ennahdha : démocratie et pluralisme », <em>Pouvoirs</em>, 2016/1 n°156, p. 95-106, cité p. 100.</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Les motions et dispositifs proposés par Jelassi et Mekki étaient différents mais visaient le même objectif.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Entretien avec Abdelhamid Jelassi, Tunis, le 18 juin 2019.</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Entre temps, d’autres conflits éclateront à propos de la destitution du premier ministre Habib Essid en juillet 2016 et la rupture de l’alliance avec Ennahdha annoncé par Beji Qaid Essebsi en septembre 2018.</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Thierry Brésillon, « Ennahda, « l’homme malade » de la politique tunisienne », <em>Orient XXI</em>, 13/02/2020, <a href="https://orientxxi.info/magazine/ennahda-l-homme-malade-de-la-politique-tunisienne,3601">https://orientxxi.info/magazine/ennahda-l-homme-malade-de-la-politique-tunisienne,3601</a></p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Abou Sarra, « Faut-il regretter le départ de Zied Ladhari des structures d’Ennahdha? », <em>Web Manager Center</em>, 01/12/2019, <a href="https://www.webmanagercenter.com/2019/12/01/441928/faut-il-regretter-le-depart-zied-ladhari-des-structures-dennahdha/">https://www.webmanagercenter.com/2019/12/01/441928/faut-il-regretter-le-depart-zied-ladhari-des-structures-dennahdha/</a></p>
<p><a href="#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> Mohammed El-Hachmi Hamdi (1998), <em>The Politicisation of Islam: A Case Study of Tunisia</em>. Boulder: Westview Press, p. 73</p>
<p><a href="#_ftnref9" name="_ftn9">[9]</a> Pour cette période complexe, voir Vincent Geisser et Éric Gobe (2008), « Un si long règne&#8230; Le régime de Ben Ali vingt ans après », <em>L’Année du Maghreb</em>, IV | 2008, 347-381 ; Anne Wolf (2017), <em>Political Islam in Tunisia. The History of Ennahda</em>, Oxford University Press; Rory McCarthy (2018<em>), Inside Tunisia’s Al-Nahda: Between Politics and Preaching</em>, Cambridge: Cambridge University Press.</p>
<p><a href="#_ftnref10" name="_ftn10">[10]</a> Seif Soudani, « Ennahdha : 100 personnalités demandent le départ de Ghannouchi », <em>Le Courrier de l’Atlas</em>, 18/09/2020,<a href="https://www.lecourrierdelatlas.com/ennahdha-100-personnalites-demandent-le-depart-de-ghannouchi/">https://www.lecourrierdelatlas.com/ennahdha-100-personnalites-demandent-le-depart-de-ghannouchi/</a></p>
<p><a href="#_ftnref11" name="_ftn11">[11]</a>« Tunisie – Ghannouchi envisage la stratégie Poutine / Medvedev pour se maintenir aux commandes d’Ennahdha », <em>Tunisie Numérique</em>, 21/05/2020, <a href="https://www.tunisienumerique.com/tunisie-ghannouchi-envisage-la-strategie-poutine-medvedev-pour-se-maintenir-aux-commandes-dennahdha/">https://www.tunisienumerique.com/tunisie-ghannouchi-envisage-la-strategie-poutine-medvedev-pour-se-maintenir-aux-commandes-dennahdha/</a></p>
<p><a href="#_ftnref12" name="_ftn12">[12]</a> Entretien avec Ali Larayedh par téléphone, le 27 mai 2020.</p>
<p><a href="#_ftnref13" name="_ftn13">[13]</a> Entretien avec Said Ferjani par téléphone, le 27 mai 2020.</p>
<p><a href="#_ftnref14" name="_ftn14">[14]</a> « Tunisie: Des signataires d’un document interne appellent à une alternance de dirigeants au sein du Mouvement Ennahdha », Tunisie Numérique, 26/05/2020, <a href="https://www.tunisienumerique.com/tunisie-des-signataires-dun-document-interne-appellent-a-une-alternance-de-dirigeants-au-sein-du-mouvement-ennahdha/">https://www.tunisienumerique.com/tunisie-des-signataires-dun-document-interne-appellent-a-une-alternance-de-dirigeants-au-sein-du-mouvement-ennahdha/</a></p>
<p><a href="#_ftnref15" name="_ftn15">[15]</a> « A.Mekki : « Le congrès d’Ennahdha est devenu une nécessité impérieuse » », <em>African Manager</em>, 22/05/2020, <a href="https://africanmanager.com/a-mekki-le-congres-dennahdha-est-devenu-une-necessite-imperieuse/">https://africanmanager.com/a-mekki-le-congres-dennahdha-est-devenu-une-necessite-imperieuse/</a></p>
<p><a href="#_ftnref16" name="_ftn16">[16]</a> Mohamed Haddad, « La guerre d’Ennahdha (n’) aura (pas) lieu… (Analyse) », <em>Barr al-Aman</em>, 24/09/2020, <a href="https://news.barralaman.tn/guerre-ennahdha-aura-t-elle-lieu/">https://news.barralaman.tn/guerre-ennahdha-aura-t-elle-lieu/</a></p>
<p><a href="#_ftnref17" name="_ftn17">[17]</a> Entretien avec Ali Larayedh par téléphone, le 27 mai 2020.</p>
<p><a href="#_ftnref18" name="_ftn18">[18]</a> Théo Blanc et Ester Sigillò (2019), « Beyond the &lsquo;Islamists vs. Secularists&rsquo; Cleavage : The Rise of New Challengers After The 2019 Tunisian Elections », <em>Policy Brief</em>, 2019/27, Middle East Directions (MED), <a href="https://cadmus.eui.eu/handle/1814/65592">https://cadmus.eui.eu/handle/1814/65592</a></p>
<p><a href="#_ftnref19" name="_ftn19">[19]</a> « Rached Ghannouchi : Nous appelons au calme et au consensus », <em>Business News</em>, 24/05/2020, <a href="https://www.businessnews.com.tn/Rached-Ghannouchi--nous-appelons-au-calme-et-au-consensus,520,98842,3">https://www.businessnews.com.tn/Rached-Ghannouchi&#8211;nous-appelons-au-calme-et-au-consensus,520,98842,3</a></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/tunisie-ennahdha-face-a-lapres-ghannouchi/">Tunisie: Ennahdha face à l’après-Ghannouchi</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>La guerre d’Ennahdha (n’) aura (pas) lieu&#8230; (Analyse)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Théo Blanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2020 21:30:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Difficiles », c’est cet euphémisme que le député d’Ennahdha, Samir Dilou, a choisi pour qualifier les prochains mois que&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">«</span><span class="s2"> </span><span class="s1">Difficiles</span><span class="s2"> </span><span class="s1">», c’est cet euphémisme que le député d’Ennahdha, Samir Dilou, a choisi pour qualifier les prochains mois que vivra son parti. En phase de préparation d’un congrès qui accuse un retard de plus d’un an, le parti islamoconservateur vit une crise majeure dont la publicité est une preuve de la gravité. L’enjeu est la capacité de ce courant politique vieux d’un demi-siècle à vivre une alternative à Rached Ghannouchi de manière pacifique. Comment le parti dominant la scène politique tunisienne durant ces dix dernières années en est-il arrivé là</span><span class="s2"> </span><span class="s1">?</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>La succession ou la prorogation</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ce ne sera pas un congrès comme les autres. Rached Ghannouchi ne peut plus rester à la tête du parti selon les statuts qui limitent la présidence à deux mandats depuis le congrès de mai 2007. Le fondateur a été omniprésent dès la fondation de l’ancêtre d’Ennahda, le  Mouvement de la tendance islamique (MTI), mais au lendemain de la révolution, c&rsquo;est à partir du premier congrès (2012) suivant la légalisation du parti (mars 2011) que le décompte a commencé.</span></p>
<blockquote><p>Selon des proches de ce dernier, il semble plus facile de faire avaler la pilule de la prorogation au motif de la stabilité et de l’absence d’alternative que d’ouvrir la boîte de Pandore de la succession et de mettre à nu les lignes de division du parti et les questions essentielles auxquelles il n’a pas répondu. Sans oublier que Rached Ghannouchi bénéficie d’un solide réseau à l’international qui garantit au parti un soutien important et que certains craignent de perdre.</p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Au milieu du mois de septembre, cent cadres du parti Ennahda ont signé une pétition pour appeler son président Rached Ghannouchi à ne pas être candidat au prochain congrès, et à respecter la limitation à deux mandats. Des députés, des membres du conseil de la Choura, des bureaux exécutif ou politique, sans compter des cadres en région ont paraphé ce texte qui a fuité dans les médias. Ils remettent ainsi à l’ordre du jour les dissensions profondes à l’intérieur du parti. Prévu initialement en mai 2020, le onzième congrès d’Ennahda a été repoussé à la fin de la même année, puis annoncé au début de 2021. Toutefois, rien ne semble acquis.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais comment se défaire d’un leader charismatique dont le nom fait partie de l’identité du parti</span><span class="s2"> </span><span class="s1">? Aux yeux de certains militants, Rached Ghannouchi est un symbole avant d’être un dirigeant. Cette quasi-sacralisation qui ne dit pas son nom a été toutefois ébranlée quand le chef spirituel et politique a voulu jouer un rôle de premier plan dans les institutions de l’État. En convoitant la présidence de l&rsquo;assemblée et en l&rsquo;obtenant, il a singulièrement restreint sa marge de manœuvre. Ses prises de position sur la politique étrangère, systématiquement alignées sur l’axe turco-qatari, centre de gravité de l’islam politique, ne choquaient pas quand il n’avait que des fonctions partisanes, mais elles ont provoqué de nombreuses polémiques depuis qu’il est président de l’Assemblée.</span></p>
<h4><strong>Démystification du leader</strong></h4>
<p class="p1"><span class="s1">La contestation à laquelle il fait face a été à son apogée lors de la dernière journée de la session parlementaire, le 30 juillet 2020. À l’ordre du jour : la motion de censure contre Rached Ghannouchi. Elle a été principalement initiée par le Courant démocrate (social-démocrate), le parti du Peuple (panarabiste) et médiatiquement récupérée par le Parti destourien libre (PDL) qui revendique l’héritage de Ben Ali. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’issue du vote était incertaine. La tension s’est maintenue jusqu’au décompte des bulletins de vote. Il a suffi aux élus du parti Ennahdha de connaître le nombre de votes blancs et de votants pour être sûrs que la motion n’allait pas passer. Des scènes de liesse s’en sont suivies dans les couloirs de l’Assemblée. Mais c’est une victoire en demi-teinte. Cette motion qui a recueilli 97 voix est le symbole d’une remise en question de l’autorité de celui qui est, directement ou indirectement, au pouvoir depuis la révolution de 2011.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La contestation de l’autorité politique et morale de Rached Ghannouchi ne s’arrête pas au seuil de la porte du parti islamiste. Le rejet de la figure de Ghannouchi s’est répandu à l’intérieur d’Ennahdha. Au lendemain du vote, des cadres du parti qui ont préféré s’exprimer anonymement affirmaient que des élus au sein de son groupe parlementaire aimeraient le voir démissionner.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Or, quitter la présidence de l’Assemblée ou celle du parti serait synonyme d’une mort politique. Une décision qu’il ne risque pas de prendre.</span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Jeudi 17 septembre, des médias lui attribuaient un texte censé être une réponse à l’appel des cent. Il a balayé d’un revers de main les demandes et se contente de répondre que «</span><span class="s2"> </span><span class="s1">les leaders ont la peau dure</span><span class="s2"> </span><span class="s1">». Officiellement, le bureau exécutif finira par réagir une semaine plus tard en affirmant qu’il comprend la démarche et se félicite de l’atmosphère démocratique au sein du parti.</span></p>
<h4><strong>Tenir bon, tenir en place</strong></h4>
<p class="p1"><span class="s1">L’issue du congrès pourrait en grande partie se jouer en amont de celui-ci. En effet, la phase d’élections des congressistes est déterminante et elle devrait avoir lieu prochainement. Cela explique pourquoi «</span><span class="s2"> </span><span class="s1">l’appel des cent</span><span class="s2"> </span><span class="s1">» réclame une tenue du congrès dans les temps convenus pour éviter qu’il n’y ait de retournement dans le rapport de force.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Plus ou moins dissimulées dans le passé, les dissensions au sein du parti islamiste se manifestent désormais sur la scène médiatique. Certains y voient un signe de bonne santé démocratique, d’autres les prémisses d’une scission imminente. Pourtant, le parti islamiste s’est souvent vanté de sa vitalité démocratique par rapport aux autres partis tunisiens qui peinent à vivre sainement et pacifiquement les successions, les congrès et les tests électoraux.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le narratif du «</span><span class="s2"> </span><span class="s1">parti démocratique</span><span class="s2"> </span><span class="s1">» a connu plusieurs soubresauts. Ainsi en 2019, Ennahdha a beau avoir organisé des primaires pour les listes électorales des législatives, le bureau exécutif et son président, Rached Ghannouchi, les ont rabotées. Plusieurs justifications s’en sont suivies : tantôt, ceux qui ont été choisis aux primaires n’étaient pas considérés comme aptes à gagner les voix des électeurs en dehors du parti, tantôt ce sont les figures de l’appareil du parti qui ont été choisies, et lorsque des personnes ne paraissaient pas assez loyales à la direction, on a parfois préféré choisir des figures sans passé militant ou «</span><span class="s2"> </span><span class="s1">indépendantes</span><span class="s2"> </span><span class="s1">».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Légalement, il n’y a rien à redire, c’est au bureau exécutif que revient le dernier mot dans la composition des listes. Un détail qui n’a pas été franchement annoncé avant les primaires. L’appareil du parti, bureaux locaux et régionaux ou encore les militants dans tous les coins du pays et même à l’étranger se sont mobilisés et avaient fondé de larges espoirs dans le fonctionnement démocratique des institutions notamment au moyen de primaires.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Toutefois, la remise en cause d’un processus démocratique a beaucoup déçu voire dégoûté d’autant qu’il y a eu un précédent.</span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">En effet, aux municipales de 2018, les primaires ont aussi été l’outil de composition des listes. Cette fois-là, le bureau exécutif s’est montré plus discret, laissant espérer les militants que la démocratie interne et les primaires seraient désormais un acquis. Tant s’en faut. C’est Rached Ghannouchi qui est considéré comme étant le père spirituel et par conséquent le responsable. Cet épisode est une des fractures entre le leader historique et l’appareil partisan.</span></p>
<h4><strong>Une perte de repères</strong></h4>
<p class="p1"><span class="s1">Les «</span><span class="s2"> </span><span class="s1">nouveaux</span><span class="s2"> </span><span class="s1">» ne s’y retrouvent pas davantage. Ceux qui ont rejoint la sphère du parti après 2011, qu’ils soient encartés ou pas, ne se sentent pas concernés par la bataille qui a lieu actuellement. Et pour cause, ils estiment que c’est une bataille héritée de la période de la dictature. La preuve selon un cadre du parti: aucun des adhérents qui a rejoint le parti après 2011 n’est membre des commissions préparatoires du prochain congrès.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Loin d’être anecdotique, la marginalisation des nouveaux venus est le reflet d’un échec du parti à élargir sa base au-delà de ses soutiens historiques. Cette politique annoncée en grande pompe lors du dixième congrès en 2016 a été un tournant historique. En accueillant le chef de l’État Béji Caïd Essebsi lors de l’ouverture, la réconciliation était scellée entre islamistes et destouriens, parmi les principaux courants politiques de la Tunisie post-indépendance.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Or, le renouvellement et l’élargissement de la base d’Ennahda sont laborieux, voire inexistants. Ceux qui disent vouloir moderniser les institutions du parti et l’ouvrir à d’autres pans de la société tunisienne se retrouvent bloqués par un plafond de verre. Selon eux, ils pâtissent de ne pas avoir été cooptés ni par les réseaux familiaux ni par une allégeance aux anciens.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Le «</span><span class="s2"> </span><span class="s1">CDU musulman</span><span class="s2"> </span><span class="s1">» annoncé en 2016 n’est pas advenu.</span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Partant, il y a beaucoup de frustration, de déception et de désengagement des institutions du parti. Autre point fort du précédent congrès mis en sourdine : la séparation de la prédication et du politique, une dualité qui marquait l’identité de parti islamiste. Quatre ans plus tard, de l’avis de plusieurs cadres du parti, rien n’a été fait pour appliquer cette décision mis à part la mise à l&rsquo;écart de certaines grandes figures de la da&rsquo;wa tels que Sadok Chourou ou Habib Ellouz. L’hypersensibilité au religieux dans le discours du parti en est la preuve, notamment durant la campagne électorale avec la promesse de création de la caisse de la Zakat (Un pilier de l&rsquo;islam consistant en un acte de charité). Autre signe, la ligne de la politique étrangère du parti ou le poids que prennent certains débats à l’image de l’égalité dans l’héritage qui a occupé les structures du parti plus que les problèmes économiques ou le chômage, selon des témoignages concordants.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Cette distinction entre l’activité politique et religieuse, même avortée, a brouillé les repères de certains militants historiques, de même pour l’abandon de l’idée d’inscrire la charia dans la constitution. Quelle place peut-on donner à l’idéologie dans un parti islamiste qui veut faire sa mue pour devenir un parti conservateur avec un référentiel musulman</span><span class="s2"> </span><span class="s1">? La question n’est pas encore tranchée. À cela s’ajoute, l’arrivée de nouveaux visages au lendemain de la révolution, sans passé militant, le retour au pays des exilés, moins exposés aux jougs de la dictature mais qui ont hérité des leviers du pouvoir dans l’État et au sein du parti, sans oublier l’alliance avec l’ancien régime, Nida Tounes hier et Qalb Tounes aujourd’hui, qui en a mécontenté plus d&rsquo;un.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Autant de chocs qui ont fini de déraciner le parti de son terreau révolutionnaire et ont resserré les rangs des frondeurs qui ne forment pourtant pas un bloc homogène. Car leur impuissance a approfondi le fossé entre la direction du parti et sa base historique.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Pour les nouveaux comme pour les anciens, l’impression dominante est que le parti — à plus forte raison sa direction et son président — navigue désormais à vue et n’a qu’une devise : la realpolitik et le maintien au pouvoir.</span></p>
</blockquote>
<h4><strong>«</strong><strong> </strong><strong>Machina ex deus</strong><strong> </strong><strong>»</strong><strong> </strong><strong>?</strong></h4>
<p class="p1"><span class="s1">L’une des manifestations de l’improvisation et de l’absence de stratégie est l’épisode chaotique de la présidentielle. Le décès du président en exercice Béji Caïd Essebsi, le 25 juillet 2019, à quelques mois de l’élection présidentielle a perturbé les plans du parti, en bousculant le calendrier électoral. Jusqu’alors les législatives précédaient les présidentielles. Ennahdha devait patiemment attendre la clarification du rapport de forces issu des urnes, sceller des alliances, choisir un des candidats à la présidence en fonction, déterminer le niveau d’engagement à la campagne présidentielle et adapter le discours en conséquence. En 2019, rien de tout ça n’est possible. À la dernière minute, le parti décidera de participer à la présidentielle. </span>Le suspens avait duré jusqu’au bout.</p>
<blockquote>
<p class="p1">Alors que le Bureau exécutif dont les membres sont choisis par le président du parti avait opté pour ne pas présenter un candidat, une majorité des membres du conseil de la Choura ne suit pas et s’apprête à voter une motion opposée. Un désaveu pour le bureau exécutif. Aussi, ce dernier se réunit en parallèle, et décide de réviser sa position pour éviter de se décrédibiliser.</p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">C’est Abdelfattah Mourou, vice-président de l’assemblée entre 2014 et 2019 qui est nommé candidat. Selon certains témoignages, le choix du conseil de la Choura n’était pas motivé par la capacité du parti à remporter la présidentielle ou l’intérêt stratégique du parti à être à Carthage. C’est plutôt le différend et l’esprit de revanche entre les soutiens de Ghannouchi et ses opposants qui a motivé ce choix. La campagne électorale pour les présidentielles de 2019 a laissé un goût amer à certains cadres du parti, car ils voyaient que des bureaux régionaux soutenaient d’autres candidats dont Kais Saïed et Seiffedine Makhlouf. Certains émettent même l’hypothèse que Abdelfattah Mourou aurait été saboté de l’intérieur et constatent qu’il n’a pas été assez soutenu par l’appareil. </span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Ce n’est pas la première fois que Rached Ghannouchi est défié par le conseil de la Choura. </span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">En 2016, lors du dixième congrès, sa position est contestée sur une question de gouvernance au sein du parti. En effet, les congressistes se sont divisés entre ceux qui estiment que les membres du bureau exécutif, l’instrument de gouvernement du parti, devaient être élus et ceux qui les veulent désignés par le président. Le bras de fer a abouti à une formule mixte : le président propose, la Choura vote sur les propositions de ce dernier. Ainsi, le président doit quand même respecter les grands équilibres au sein du parti et donner accès aux personnes qui ne lui sont pas nécessairement acquises. D’ailleurs, certains des signataires de l’appel des cent font partie du bureau exécutif. Cette fracture va perdurer et marquer par la suite toutes décisions du parti.</span></p>
<p class="p1"><strong>Agenda partisan insensible à l’agenda national</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ces tensions partisanes semblent hermétiques aux rapports de forces sur la scène nationale. En votant la confiance à l’actuel gouvernement, Rached Ghannouchi a permis au parti Ennahda de reprendre en partie le pouvoir exécutif, fort de son alliance avec al Karama et surtout avec Qalb Tounes. Le leader historique du mouvement islamoconservateur a <span class="s2">réussi à renverser le rapport de forces sur la scène politique nationale en retournant le poulain du président en sa faveur</span>. En effet, il lui garantit une majorité que le chef de l’État ne pouvait pas lui offrir.</span></p>
<p><em>Lire également:</em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ro7ycX9rxP"><p><a href="https://www.researchmedia.org/de-kais-saied-a-ghannouchi-karoui-decryptage-du-retournement-de-hichem-mechichi/">De Kais Saïed à Ghannouchi &#038; Karoui, décryptage du retournement de Hichem Mechichi</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« De Kais Saïed à Ghannouchi &#038; Karoui, décryptage du retournement de Hichem Mechichi » &#8212; Research Media" src="https://www.researchmedia.org/de-kais-saied-a-ghannouchi-karoui-decryptage-du-retournement-de-hichem-mechichi/embed/#?secret=3lefiOguX8#?secret=ro7ycX9rxP" data-secret="ro7ycX9rxP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais cette alliance est en soi révélatrice des contradictions et elle est source de tensions au sein d’Ennahdha. En effet, le principal allié est Qalb Tounes. Un parti hétéroclite présidé par Nabil Karoui, un homme d’affaires controversé et poursuivi pour blanchiment d’argent, fraude fiscale en sus du soupçon de financement étranger de sa campagne présidentielle avec un contrat de lobbying d’un million de dollars. Ce repaire de loyaux rassemble entre autres : le frère de l’intéressé, qui bénéficie de l&rsquo;immunité parlementaire depuis son accession à la députation, alors qu&rsquo;il était poursuivi par la justice, quelques anciens du parti de Béji Caïd Essebsi, ou d’autres «</span><span class="s3"> </span><span class="s1">touristes partisans</span><span class="s3"> </span><span class="s1">», une expression populaire en Tunisie en référence à ceux qui changent d’affiliation partisane en fonction de leurs intérêts personnels. Ce parti a perdu onze élus sur les trente-neuf qu&rsquo;il comptait au début de la législature 2019-2024.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La deuxième formation politique est la coalition Al Karama, des conservateurs populistes à la droite d’Ennahdha avec à leur tête l’avocat Seifeddine Makhlouf qui s’est illustré en défendant des personnes poursuivies dans des affaires de terrorisme. Il a fait campagne sur le thème du souverainisme, notamment la lutte contre la colonisation française qui se poursuivrait, selon lui, sous la forme de dépendance économique ou encore de téléguidage et d&rsquo;accaparement des richesses pétrolières tunisiennes. Comble de la contradiction, son groupe refusera de prendre la présidence de la commission de l’énergie préférant la laisser au Parti Destourien Libre.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Selon certains cadres du parti Ennahdha, le choix de s’allier avec ces formations a beaucoup plus isolé le parti qu’il ne l’a intégré dans la scène politique tunisienne. </span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">En effet, les deux formations politiques alliées sont récentes, elles n’ont ni idéologie ni histoire militante et jouent le rôle d’appoint pour maintenir Ennahda au pouvoir. Questionnés sur les affaires troubles de Nabil Karoui, les proches de Rached Ghannouchi répliquent systématiquement que ce dernier ne joue aucun rôle dans l’État et qu’il n’a pas été condamné par conséquent, la présomption d’innocence prévaut.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Deux poids, deux mesures, car les mêmes interlocuteurs n’ont pas souffert l’attente de la procédure judiciaire contre Elyes Fakhfakh, ex-chef du gouvernement, qui est tombé officiellement pour conflit d’intérêts. Or, selon des témoignages concordants, c&rsquo;est pour ne pas avoir ouvert un « canal de communication direct » avec Rached Ghannouchi. Le parti qui a fait campagne en 2019 sur l’adage d’Ibn Khaldoun : «</span><span class="s3"> </span><span class="s1">La justice est le fondement de toute civilisation,</span><span class="s3"> </span><span class="s1">» a préféré attendre un an après les législatives et présidentielle pour rendre public et assumer pleinement une alliance qu’il n’assumait pas au lendemain des élections. Comment n&rsquo;aurait-il pas heurté ses partisans alors qu&rsquo;il a mené campagne contre la « corruption</span><span class="s3"> </span><span class="s1">et les corrompus » dont Nabil Karoui et Qalb Tounes auraient implicitement été l&rsquo;incarnation. Si certains des choix de Ghannouchi durant ces dix dernières années sont décriés, c’est en partie parce qu’ils servent son intérêt plus qu’il ne rend service au parti, selon ses détracteurs.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">La machine réussira-t-elle à survivre à son fondateur ou périra-t-elle de son fait</span><span class="s3"> </span><span class="s1">?</span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Dans cette fuite en avant, le retour en arrière est périlleux et inextricable. La voie dans laquelle Rached Ghannouchi a engagé le parti le pousse à être moins conciliant. Ce n’est pas la première fois que le parti fait face à des dissensions mais elles sont souvent le fait d’individus, rarement d’actions groupées avec autant de personnalités de différents bords. À défaut de faire reconnaître son autorité, Rached Ghannouchi révèle un attachement forcené au pouvoir. L’absence de cap du principal parti de la décennie post-2011 peut signifier la formation de coalitions politiques sans autre programme que leur maintien au pouvoir, quitte à réduire le peu d’acquis que le processus révolutionnaire a pu apporter.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/guerre-ennahdha-aura-t-elle-lieu/">La guerre d’Ennahdha (n’) aura (pas) lieu… (Analyse)</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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			</item>
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		<title>Tunisie: Incident diplomatique entre la Présidence et le Parlement sur la Libye</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/tunisie-incident-diplomatique-entre-la-presidence-et-le-parlement-sur-la-libye-fr/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed HADDAD]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jan 2020 18:30:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblé des Représentants du Peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Carthage]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Libye]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cela devait être la première fois que la Présidence de la République répond aux questions des élus. Il&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cela devait être la première fois que la Présidence de la République répond aux questions des élus. Il n’en est rien. Tarak Betaïeb, le chef de cabinet de Kais Saïed, était attendu lundi matin devant la commission sécurité et défense du parlement pour présenter la position de la présidence sur le dossier libyen. Cependant, aucun représentant de Carthage n’était présent. À l’heure où devait se tenir la réunion, le chef de l’État recevait Luigi Di Maio, le ministre des affaires étrangères italien.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’affluence dans la salle était plus importante que d’habitude, et pour cause, c’était l’une des rares occasions où la présidence de la République devait clarifier les grands axes de sa politique étrangère et de sécurité nationale, ses deux principales prérogatives.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> À 10 h 30, Imed Khemiri le président de la commission prend la parole et annonce la nouvelle avec une voix défaite. Il explique que la présidence a donné son accord lundi dernier, après plusieurs relances. Elle n’a annoncé sa décision de ne pas prendre part à l’audition que vendredi soir au téléphone (voir encadré). Une réponse téléphonique, sans trace écrite, en pleine séance plénière pour le vote de confiance du gouvernement. La colère et les condamnations des élus de tout bord ont suivi.</span></p>
<blockquote><p><strong>La Présidence n’a annoncé sa décision de ne pas prendre part à l’audition que vendredi soir par téléphone</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Mohamed Karim Krifa, du parti destourien libre, a critiqué « l’irresponsabilité et le manque de respect de la Présidence ». Zouheir Makhlouf, député du parti Qalb Tounes, a considéré que la présidence de la République « a échoué sur le plan diplomatique », car elle est mise de côté dans les importants rendez-vous diplomatiques à l’image de la réunion de Berlin autour de la question libyenne.  » <em>Il (Kais Saïed) ne respecte pas l’institution la plus importante, le parlement</em>  » a estimé Hatem Karoui, du Tayyar (Courant Démocrate).</span></p>
<table style="height: 512px;" width="634">
<tbody>
<tr>
<td><b><i>La conseillère de la commission, une fonctionnaire de l’assemblée, a pris la parole et a détaillé la chronologie de l’affaire : </i></b></p>
<p><b><i>Lundi</i></b><i><span style="font-weight: 400;">: J’ai demandé audition au secrétariat du chef du cabinet présidentiel suite à la décision de cette commission de le convoquer.</span></i></p>
<p><b><i>Lundi à 22 h,</i></b><i><span style="font-weight: 400;"> le secrétariat du chef du cabinet m’a appelée et m’a donné son accord.</span></i></p>
<p><b><i>Mardi</i></b><i><span style="font-weight: 400;"> matin, la lettre a été signée par le président de l’assemblée Rached Ghannouchi et envoyée par voie normal, sous la référence 18/2020.</span></i></p>
<p><b><i>Mercredi</i></b><i><span style="font-weight: 400;"> matin: j’envoie également le même courrier par fax. La présidence me dit au téléphone que la réponse sera faite par écrit.</span></i></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">On n’envoie des correspondances que s’il y a eu des échanges préalables</span></i></p>
<p><b><i>Jeudi</i></b><i><span style="font-weight: 400;">, rien, si ce n’est une relance de notre part.</span></i></p>
<p><b><i>Vendredi</i></b><i><span style="font-weight: 400;">, je l’ai à nouveau rappelé, sans réponse</span></i></p>
<p><b><i>Vendredi à 20h</i></b><i><span style="font-weight: 400;">, appel téléphonique du secrétariat de la Présidence de la République: on m’a alors communiqué le refus de prendre part à l’audition. </span></i></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">(secrétariat du directeur de cabinet)</span></i></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h4><b>Une crise diplomatique entre le Parlement et la Présidence</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Durant la séance qui a duré une heure, il n’était pas clair si l’absence de la présidence était le fruit  » <em>d’une mauvaise organisation des services</em> « , comme l’ont mentionné certains élus ou bien, un choix délibéré. Cet incident n’est que le reflet d’un malaise grandissant entre les deux institutions. </span></p>
<blockquote><p><strong>On ne sait pas si c&rsquo;est une mauvaise désorganisation des services ou un choix délibéré</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le président de la République, tout comme le Parlement, sont élus au suffrage universel direct. Cependant, les élus considèrent que Carthage doit répondre aux convocations du Parlement dans le cadre du contrôle du pouvoir exécutif par le pouvoir législatif. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Durant la législature passée, les conseillers du feu président de la République Béji Caïd Essebsi se sont souvent présentés, à l’instar de Kamel Akrout qui a été entendu en sa qualité de conseiller chargé de la sécurité nationale sur le projet de loi sur l’état d’urgence en janvier 2019. C’était une époque où le président du parlement, Mohamed Ennaceur, était un proche acquis à Béji Caïd Essebsi. Les élections de l’automne 2019 ont rebattu les cartes de la scène politique, mais aussi du rôle des institutions. La présence à Carthage d’un président fort des 72% de suffrage et la domination d’Ennahda au parlement, pourtant en perte de vitesse électorale, donne un nouvel élan à la fonction présidentielle. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce lundi en commission, Yosri Dali, de la coalition el Karama (dignité), ne s’y est pas trompé: “<em>nous sommes en train de façonner les rapports entre les institutions. Si on laisse passer sous silence cette affaire, demain le ministre de la Défense, de l’Intérieur ou du Transport refusera de venir</em>.” Même son de cloche pour Sahbi Atig, élu du parti Ennahda. Selon lui, depuis le début de la deuxième législature, l’Exécutif détourne le regard du parlement: “<em>lors de la présentation du budget, le chef du gouvernement a préféré se rendre à Médenine au lieu d’être présent en personne pour défendre le projet de la loi de finances qu’il a préparé</em>.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur le plan international, les présidents de la République et du Parlement ne sont pas sur la même longueur d&rsquo;onde. La récente accélération des événements dans la Libye voisine a été une injonction de prise de position. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi, quand Kais Saied reçoit le président turc Erdogan, et nie tout accord militaire avec la Turquie au lendemain de la visite. Rached Ghannouchi, s’est hâté de faire le déplacement en Turquie pour le rencontrer, quelques heures après l’échec de Habib Jomli &#8211; nommé par Ennahda &#8211; à obtenir la confiance du parlement. Rien n’est ressorti de cette réunion, mais la pertinence et l’opportunité de cette rencontre ont attiré l’attention de la scène politique et les foudres des opposants au parti conservateur. Le parti Destourien Libre a appelé Rached Ghannouchi à clarifier le motif de sa visite et si c’était en sa qualité de président de l’assemblée ou du parti Ennahda qu’elle a été faite. Dans un cas comme dans l’autre, la proximité avec Erdogan suscite des interrogations. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon la constitution, c’est le président de la République qui détermine la politique étrangère du pays. Cet incident pose la question suivante: jusqu’à quel point les relations étrangères des autres institutions de l’Etat ou des partis politiques peuvent-elles s’en éloigner?</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/tunisie-incident-diplomatique-entre-la-presidence-et-le-parlement-sur-la-libye-fr/">Tunisie: Incident diplomatique entre la Présidence et le Parlement sur la Libye</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Présidentielle: le poids du choix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2019 17:16:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dimanche 13 octobre, les Tunisiens ont élu un nouveau président de la République, après des semaines à devoir&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Dimanche 13 octobre, les Tunisiens ont élu un nouveau président de la République, après des semaines à devoir choisir, au rythme d’une campagne improbable. Un choix compliqué à arrêter.</em></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les jeux sont faits. Kaïs Saïed a été élu président, une nouvelle assemblée va prendre place, il ne reste plus qu’à former un gouvernement. La Tunisie est arrivée au bout de son marathon électoral, non sans difficulté pour les électeurs. Il aura d’abord fallu s’y retrouver dans la foule des 26 candidats qui se sont présentés au premier tour de la présidentielle le 15 septembre dernier, puis faire un choix entre deux profils étonnants ce dimanche 13 octobre.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De ce vote indécis au premier tour, les Tunisiens sont passés à un vote massif en faveur de Kaïs Saïed pour le second tour. Il a récolté 72% des voix selon les résultats préliminaires officiels, ce dimanche face à Nabil Karoui. Mais si les jeunes lui ont fourni un vote d’adhésion (90% des jeunes inscrits auraient voté pour lui selon Sigma Conseil), d’autres électeurs ont eu du mal à faire un choix, jusqu’à la dernière minute. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur les réseaux sociaux, les débats n’en finissaient plus. Il fallait voter pour l’un ou pour l’autre, contre l’un ou l’autre, il fallait voter blanc ou s’abstenir, alors que sur le terrain la question semblait plus apaisée. Comme le débat dans lequel se sont lancés Marwan et Abir, deux jeunes fiancés de 28 ans, projettant chacun de voter pour un candidat différent. Lui pour Saïed et elle pour Karoui. Le couple s&rsquo;est rendu ensemble vendredi soir sur l&rsquo;avenue pour assister aux rassemblements organisés pour chacun des candidats et chemin faisant ils exposent chacun leurs arguments, tout en continuant à se tenir par la main.</span></p>
<figure id="attachment_4336" aria-describedby="caption-attachment-4336" style="width: 503px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-4336 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-450x213.jpg" alt="" width="503" height="238" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 503px) 100vw, 503px" /><figcaption id="caption-attachment-4336" class="wp-caption-text">Rassemblement en faveur de Kais Saied au dernier jour de campagne. Avenue Habib Bourguiba le 11 Octobre 2019 (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<h4><b>Fin de campagne</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour comprendre le vote de dimanche, il faut remonter à cette fin de campagne éclair, qui aura duré 48 heures, après la libération du candidat Nabil Karoui mercredi 9 octobre. Le candidat à la présidentielle avait été emprisonné le 23 août pour suspicion de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Son absence de la campagne présidentielle avait été source de tensions et de fatigue pour les électeurs qui ont dû, en plus, voter trois fois en moins d’un mois. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est la mini campagne des deux candidats et les conséquences de cette campagne ponctuée d’un scrutin pour les législatives, qui auront permis à de nombreux électeurs de faire un choix. En effet tous n&rsquo;étaient pas forcément convaincus par la victoire de Kais Saied lors du premier tour. Le candidat avait obtenu 18,4% des voix contre 15,6% pour Nabil Karoui. Au second tour, l’écart s&rsquo;est creusé en faveur de Kais Saied, qui a remporté 72,71% des voix,  contre 27,29% pour Nabil Karoui, selon l&rsquo;instance supérieure et indépendante pour les élections (ISIE).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vendredi soir sur l&rsquo;avenue Bourguiba, pour clore la campagne, il y avait deux camps bien distincts : les pro-Saïed et les pro-Karoui. Chacun à un bout de l&rsquo;avenue, le tout dans l’ambiance bon enfant d’une soirée de fin de semaine. Dès 17h, les partisans de l’enseignant de droit se sont retrouvés devant le théâtre municipal, entonnant l&rsquo;hymne national, chants et discours d’ouverture, appelant les Tunisiens de tous bords “de droite, de gauche, croyants, athés…” à se joindre au mouvement .</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A l&rsquo;extérieur des barrières qui délimitent un périmètre autour de l’estrade, Sameh, 23 ans, presse le pas. Cette étudiante en licence est venue au rassemblement car elle a vu l&rsquo;annonce de dernière minute sur Facebook. “Moi je suis pour Kaïs Saïed depuis le début. Son programme me plait.” La jeune femme fait partie de la masse de jeunes électeurs qui a voté pour le constitutionnaliste dès le premier tour.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ahmed, 29 ans, informaticien de Siliana, travaille à Tunis et fait les voyages tous les jours. Avant d’aller prendre un louage pour rentrer chez lui, il a voulu faire un passage rapide par le rassemblement. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Au premier tour, j&rsquo;étais pour Safi Saïd. Puis, j&rsquo;ai encore voté pour lui aux législatives. Mais là, je vais voter pour Kaïs Saïed dimanche. Je suis contre Nabil Karoui. Il n&rsquo;est pas clair. Tous les jours, il a des affaires qui sortent sur les réseaux sociaux. Kaïs Saïed n&rsquo;a pas ce genre de problèmes.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">N&rsquo;a-t-il pas peur d&rsquo;être déçu si son candidat ne tient pas ses promesses ? “Non ! Les législatives ont tout décidé, c&rsquo;est Ennahda qui a remporté le plus de sièges. Moi, je pense qu&rsquo;il faut revenir à un régime présidentiel, avec un homme fort qui gouverne.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Est-il nostalgique ? “Bon, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;au temps de Ben Ali, il y avait des gens qui allaient en prison. Mais au moins, il n&rsquo;y avait pas Ennahda. Et on vivait…”</span></p>
<figure id="attachment_4335" aria-describedby="caption-attachment-4335" style="width: 505px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-4335 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-450x213.jpg" alt="" width="505" height="239" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 505px) 100vw, 505px" /><figcaption id="caption-attachment-4335" class="wp-caption-text">Drapeau avec slogan « Nabil Karoui président! », tenu par une citoyenne venue écouter le candidat sur l&rsquo;avenue Bourguiba le 11 Octobre 2019. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">A l&rsquo;autre bout de l&rsquo;avenue, Tawfik, tout juste retraité de l&rsquo;univers juridique, n&rsquo;est pas du tout d&rsquo;accord. Il est installé sur un banc avec sa femme, dans le périmètre réservé au rassemblement pour Nabil Karoui. “Kaïs Saïed n&rsquo;a pas l&rsquo;étoffe d&rsquo;un leader. Moi, mon choix c&rsquo;est Karoui depuis le départ. Lui, il sait diriger une entreprise, il a de l&rsquo;expérience, il sait comment mener des hommes. Et puis, Kaïs Saied ne sait même pas communiquer ! Bon Karoui aussi, il doit s&rsquo;améliorer un peu. Mais Kaïs Saïed ne parle même pas en tunisien !” dit-il en faisant référence à la marque de fabrique du candidat juriste qui s’exprime toujours en arabe littéraire, aussi bien dans les amphithéâtres universitaires que lors de ses interventions télévisées. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus loin, Nouha, la vingtaine, une jeune femme vivant dans un quartier populaire, insiste:</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;"> “Karoui va résoudre nos problèmes de pauvreté. C’est pour lui qu’il faut voter!” </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec une amie, elle attend avec impatience de voir son candidat apparaître. Nabil Karoui finira par arriver vers 19h. La foule bigarrée applaudit, crie. Le candidat s’adresse à elle, en reprenant les mêmes idées : “nourrir nos enfants, avoir un toit sur la tête…”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quelques heures plus tard, les deux hommes se sont retrouvés dans un face à face télévisé pour un débat organisé par l’association Munathara, en direct sur plusieurs chaînes. Un moment de télévision historique qui a drainé 6,4 millions de téléspectateurs toutes chaines tunisiennes confondues. Il a été le sujet de toutes les discussions du samedi précédent l’élection. En ce jour de silence électoral pour les candidats et les médias, le “Facebook tunisien” était rythmé par les statuts et commentaires autour du second tour. </span></p>
<h4><b>Le débat : un tournant dans la campagne</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce débat a permis à certains citoyens d’y voir plus clair, notamment ceux qui n’étaient pas forcément dans les meetings des deux candidats vendredi soir ou qui avaient suivi la campagne de loin, via ses rebondissements et tractations politiques autour de l’affaire d Nabil Karoui. </span></p>
<figure id="attachment_4334" aria-describedby="caption-attachment-4334" style="width: 496px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" wp-image-4334" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-450x213.jpg" alt="" width="496" height="235" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption id="caption-attachment-4334" class="wp-caption-text">Hédi Hedfi, jeune étudiant en sciences juridiques de 21 ans et membre du bureau de vote de la rue de Marseille. Tunis, 13 Octobre 2019. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est ce qu’assure Hédi Hedfi, jeune étudiant en sciences juridiques de 21 ans et membre du bureau de vote de la rue de Marseille, dimanche 13 octobre. “J’ai regardé le débat vendredi soir au café, rue du Ghana dans mon quartier. Les jeunes faisaient des blagues sur les candidats, applaudissaient, réagissent à ce qui était dit. Il y en avait qui ne voulaient pas voter et qui après le débat m’ont dit qu’ils y voyaient plus clair et qu’ils allaient finalement aller voter.”</span><span style="font-weight: 400;">Hédi est donc convaincu de l’apport positif du débat. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Zied Zahar, directeur commercial dans une clinique privée de la capitale, est un peu moins enthousiaste. Ce père de famille est venu voter dans son quartier de l’Ariana mais alors qu’il rentre dans le centre de vote, il n’est encore sûr de rien : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Peut-être que je vais changer d’avis, peut-être même que je vais voter blanc une fois dans l’isoloir. J’aurais aimé que ce soit un vrai débat, que les candidats présentent d’abord leurs programmes, et que par la suite, les journalistes les questionnent.” </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le candidat pour lequel il a voté au premier tour a été éliminé, il a donc dû se résoudre à un choix difficile, “à un vote utile”, le débat lui ayant permis de mieux cerner les candidats et de l’éclairer à “30%” environ.</span></p>
<h4><b>Vote blanc et abstention</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L’abstention aura fortement marqué les scrutins, même si pour le troisième et dernier rendez-vous électoral, les Tunisiens se sont un peu plus mobilisés avec un taux de participation qui frôle les 58%. Lors de l&rsquo;élection présidentielle de 2014, il avait dépassé les 60%. Cette année, l’abstention et le vote blanc ont été l’objet de nombreuses discussions.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Talel Ksiksi, informaticien freelance à Médenine, vote blanc comme toute sa famille. Aucun des deux candidats ne lui convient: </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Je vais me déplacer pour mettre faire un bulletin blanc dans l’urne. Et j’espère que nous serons nombreux pour que cela soit réellement pris en considération dans le résultat électoral.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le débat de vendredi soir a-t-il éclairé l’opinion selon lui? “J’avais encore un peu d’espoir avant que le débat ne débute, mais au final, c’était encore pire. L’un des candidats me semble être presque stupide, l’autre dit ne pas avoir d’idée et vouloir s’en remettre aux jeunes&#8230;” Alors pour marquer son désaccord, il boycottera les deux profils.</span></p>
<figure id="attachment_4332" aria-describedby="caption-attachment-4332" style="width: 499px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4332 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-450x213.jpg" alt="" width="499" height="236" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 499px) 100vw, 499px" /><figcaption id="caption-attachment-4332" class="wp-caption-text">Ecole primaire et centre de vote Rue de Marseille. 13 Octobre 2013. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une démarche de rejet encore plus prononcée, Mehdi Bel Hadj Aïssa, lui, ne vote pas. Il a publié un statut Facebook pour expliquer sa démarche :</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> “J&rsquo;ai longtemps hésité entre les deux, vote blanc ou abstention, ça sera abstention pour moi. Je ne suis pas serein à l&rsquo;idée de laisser un bulletin vierge au pays des magouilleurs. </span><span style="font-weight: 400;">Et puis, je pense que finalement l&rsquo;abstention aura plus de visibilité au niveau des chiffres. C&rsquo;est triste quelque part de se dire que je suis descendu dans la rue un jour pour revendiquer un droit dont je vais pas profiter aujourd&rsquo;hui. Mais la classe politique est aussi à l&rsquo;image d&rsquo;une grande partie du pays, sale, tricheuse et corrompue&#8230; On récolte ce qu&rsquo;on sème après tout.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce consultant de 36 ans n’était pas convaincu par les deux candidats et en plus, ne fait pas confiance aux institutions, et craint que quelque coche une case sur son bulletin vierge . Il a voté au 1er tour et aux législatives, mais les candidats du second tour ne portent pas les valeurs auxquelles il croit. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Si le vote blanc avait un sens et était comptabilisé alors je me serais peut-être déplacé.” Dans son entourage l’abstention prend le dessus également.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Plusieurs pages Facebook ont appelé d’ailleurs pendant le scrutin à comptabiliser le vote blanc lors de ce scrutin pour qu’il soit considéré comme un “geste politique”. D’après l’ISIE, plus de 26 000 votes blancs ont été dénombrés pour le scrutin des législatives. L&rsquo;instance en a dénombré plus de 15 000 pour le second tour de la présidentielle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est pourtant, portés par cette envie de lutter contre les “magouilles” que de nombreux Tunisiens ont donné leur voix à Kaïs Saïed. Un choix évident pour certains, compliqué pour d’autres, de résignation parfois. Mais un choix, tout de même, fait en toute liberté.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur l&rsquo;avenue Bourguiba dimanche soir, l&rsquo;ambiance était à la fête. Les citoyens sont sortis pour célébrer la victoire de Kaïs Saïed pour certains, le simple fait que cette élection ait été menée jusqu&rsquo;au bout sans bévue. Chants, klaxons, drapeaux, accolades. Kaïs Saïed l&rsquo;a promis : il sera le président de tous. </span></p>
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