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	<title>politique | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>politique | Research Media</title>
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		<title>Présidentielle: le poids du choix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2019 17:16:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dimanche 13 octobre, les Tunisiens ont élu un nouveau président de la République, après des semaines à devoir&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Dimanche 13 octobre, les Tunisiens ont élu un nouveau président de la République, après des semaines à devoir choisir, au rythme d’une campagne improbable. Un choix compliqué à arrêter.</em></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les jeux sont faits. Kaïs Saïed a été élu président, une nouvelle assemblée va prendre place, il ne reste plus qu’à former un gouvernement. La Tunisie est arrivée au bout de son marathon électoral, non sans difficulté pour les électeurs. Il aura d’abord fallu s’y retrouver dans la foule des 26 candidats qui se sont présentés au premier tour de la présidentielle le 15 septembre dernier, puis faire un choix entre deux profils étonnants ce dimanche 13 octobre.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De ce vote indécis au premier tour, les Tunisiens sont passés à un vote massif en faveur de Kaïs Saïed pour le second tour. Il a récolté 72% des voix selon les résultats préliminaires officiels, ce dimanche face à Nabil Karoui. Mais si les jeunes lui ont fourni un vote d’adhésion (90% des jeunes inscrits auraient voté pour lui selon Sigma Conseil), d’autres électeurs ont eu du mal à faire un choix, jusqu’à la dernière minute. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur les réseaux sociaux, les débats n’en finissaient plus. Il fallait voter pour l’un ou pour l’autre, contre l’un ou l’autre, il fallait voter blanc ou s’abstenir, alors que sur le terrain la question semblait plus apaisée. Comme le débat dans lequel se sont lancés Marwan et Abir, deux jeunes fiancés de 28 ans, projettant chacun de voter pour un candidat différent. Lui pour Saïed et elle pour Karoui. Le couple s&rsquo;est rendu ensemble vendredi soir sur l&rsquo;avenue pour assister aux rassemblements organisés pour chacun des candidats et chemin faisant ils exposent chacun leurs arguments, tout en continuant à se tenir par la main.</span></p>
<figure id="attachment_4336" aria-describedby="caption-attachment-4336" style="width: 503px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-4336 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-450x213.jpg" alt="" width="503" height="238" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 503px) 100vw, 503px" /><figcaption id="caption-attachment-4336" class="wp-caption-text">Rassemblement en faveur de Kais Saied au dernier jour de campagne. Avenue Habib Bourguiba le 11 Octobre 2019 (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<h4><b>Fin de campagne</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour comprendre le vote de dimanche, il faut remonter à cette fin de campagne éclair, qui aura duré 48 heures, après la libération du candidat Nabil Karoui mercredi 9 octobre. Le candidat à la présidentielle avait été emprisonné le 23 août pour suspicion de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Son absence de la campagne présidentielle avait été source de tensions et de fatigue pour les électeurs qui ont dû, en plus, voter trois fois en moins d’un mois. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est la mini campagne des deux candidats et les conséquences de cette campagne ponctuée d’un scrutin pour les législatives, qui auront permis à de nombreux électeurs de faire un choix. En effet tous n&rsquo;étaient pas forcément convaincus par la victoire de Kais Saied lors du premier tour. Le candidat avait obtenu 18,4% des voix contre 15,6% pour Nabil Karoui. Au second tour, l’écart s&rsquo;est creusé en faveur de Kais Saied, qui a remporté 72,71% des voix,  contre 27,29% pour Nabil Karoui, selon l&rsquo;instance supérieure et indépendante pour les élections (ISIE).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vendredi soir sur l&rsquo;avenue Bourguiba, pour clore la campagne, il y avait deux camps bien distincts : les pro-Saïed et les pro-Karoui. Chacun à un bout de l&rsquo;avenue, le tout dans l’ambiance bon enfant d’une soirée de fin de semaine. Dès 17h, les partisans de l’enseignant de droit se sont retrouvés devant le théâtre municipal, entonnant l&rsquo;hymne national, chants et discours d’ouverture, appelant les Tunisiens de tous bords “de droite, de gauche, croyants, athés…” à se joindre au mouvement .</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A l&rsquo;extérieur des barrières qui délimitent un périmètre autour de l’estrade, Sameh, 23 ans, presse le pas. Cette étudiante en licence est venue au rassemblement car elle a vu l&rsquo;annonce de dernière minute sur Facebook. “Moi je suis pour Kaïs Saïed depuis le début. Son programme me plait.” La jeune femme fait partie de la masse de jeunes électeurs qui a voté pour le constitutionnaliste dès le premier tour.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ahmed, 29 ans, informaticien de Siliana, travaille à Tunis et fait les voyages tous les jours. Avant d’aller prendre un louage pour rentrer chez lui, il a voulu faire un passage rapide par le rassemblement. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Au premier tour, j&rsquo;étais pour Safi Saïd. Puis, j&rsquo;ai encore voté pour lui aux législatives. Mais là, je vais voter pour Kaïs Saïed dimanche. Je suis contre Nabil Karoui. Il n&rsquo;est pas clair. Tous les jours, il a des affaires qui sortent sur les réseaux sociaux. Kaïs Saïed n&rsquo;a pas ce genre de problèmes.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">N&rsquo;a-t-il pas peur d&rsquo;être déçu si son candidat ne tient pas ses promesses ? “Non ! Les législatives ont tout décidé, c&rsquo;est Ennahda qui a remporté le plus de sièges. Moi, je pense qu&rsquo;il faut revenir à un régime présidentiel, avec un homme fort qui gouverne.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Est-il nostalgique ? “Bon, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;au temps de Ben Ali, il y avait des gens qui allaient en prison. Mais au moins, il n&rsquo;y avait pas Ennahda. Et on vivait…”</span></p>
<figure id="attachment_4335" aria-describedby="caption-attachment-4335" style="width: 505px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-4335 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-450x213.jpg" alt="" width="505" height="239" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 505px) 100vw, 505px" /><figcaption id="caption-attachment-4335" class="wp-caption-text">Drapeau avec slogan « Nabil Karoui président! », tenu par une citoyenne venue écouter le candidat sur l&rsquo;avenue Bourguiba le 11 Octobre 2019. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">A l&rsquo;autre bout de l&rsquo;avenue, Tawfik, tout juste retraité de l&rsquo;univers juridique, n&rsquo;est pas du tout d&rsquo;accord. Il est installé sur un banc avec sa femme, dans le périmètre réservé au rassemblement pour Nabil Karoui. “Kaïs Saïed n&rsquo;a pas l&rsquo;étoffe d&rsquo;un leader. Moi, mon choix c&rsquo;est Karoui depuis le départ. Lui, il sait diriger une entreprise, il a de l&rsquo;expérience, il sait comment mener des hommes. Et puis, Kaïs Saied ne sait même pas communiquer ! Bon Karoui aussi, il doit s&rsquo;améliorer un peu. Mais Kaïs Saïed ne parle même pas en tunisien !” dit-il en faisant référence à la marque de fabrique du candidat juriste qui s’exprime toujours en arabe littéraire, aussi bien dans les amphithéâtres universitaires que lors de ses interventions télévisées. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus loin, Nouha, la vingtaine, une jeune femme vivant dans un quartier populaire, insiste:</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;"> “Karoui va résoudre nos problèmes de pauvreté. C’est pour lui qu’il faut voter!” </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec une amie, elle attend avec impatience de voir son candidat apparaître. Nabil Karoui finira par arriver vers 19h. La foule bigarrée applaudit, crie. Le candidat s’adresse à elle, en reprenant les mêmes idées : “nourrir nos enfants, avoir un toit sur la tête…”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quelques heures plus tard, les deux hommes se sont retrouvés dans un face à face télévisé pour un débat organisé par l’association Munathara, en direct sur plusieurs chaînes. Un moment de télévision historique qui a drainé 6,4 millions de téléspectateurs toutes chaines tunisiennes confondues. Il a été le sujet de toutes les discussions du samedi précédent l’élection. En ce jour de silence électoral pour les candidats et les médias, le “Facebook tunisien” était rythmé par les statuts et commentaires autour du second tour. </span></p>
<h4><b>Le débat : un tournant dans la campagne</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce débat a permis à certains citoyens d’y voir plus clair, notamment ceux qui n’étaient pas forcément dans les meetings des deux candidats vendredi soir ou qui avaient suivi la campagne de loin, via ses rebondissements et tractations politiques autour de l’affaire d Nabil Karoui. </span></p>
<figure id="attachment_4334" aria-describedby="caption-attachment-4334" style="width: 496px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" wp-image-4334" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-450x213.jpg" alt="" width="496" height="235" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption id="caption-attachment-4334" class="wp-caption-text">Hédi Hedfi, jeune étudiant en sciences juridiques de 21 ans et membre du bureau de vote de la rue de Marseille. Tunis, 13 Octobre 2019. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est ce qu’assure Hédi Hedfi, jeune étudiant en sciences juridiques de 21 ans et membre du bureau de vote de la rue de Marseille, dimanche 13 octobre. “J’ai regardé le débat vendredi soir au café, rue du Ghana dans mon quartier. Les jeunes faisaient des blagues sur les candidats, applaudissaient, réagissent à ce qui était dit. Il y en avait qui ne voulaient pas voter et qui après le débat m’ont dit qu’ils y voyaient plus clair et qu’ils allaient finalement aller voter.”</span><span style="font-weight: 400;">Hédi est donc convaincu de l’apport positif du débat. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Zied Zahar, directeur commercial dans une clinique privée de la capitale, est un peu moins enthousiaste. Ce père de famille est venu voter dans son quartier de l’Ariana mais alors qu’il rentre dans le centre de vote, il n’est encore sûr de rien : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Peut-être que je vais changer d’avis, peut-être même que je vais voter blanc une fois dans l’isoloir. J’aurais aimé que ce soit un vrai débat, que les candidats présentent d’abord leurs programmes, et que par la suite, les journalistes les questionnent.” </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le candidat pour lequel il a voté au premier tour a été éliminé, il a donc dû se résoudre à un choix difficile, “à un vote utile”, le débat lui ayant permis de mieux cerner les candidats et de l’éclairer à “30%” environ.</span></p>
<h4><b>Vote blanc et abstention</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L’abstention aura fortement marqué les scrutins, même si pour le troisième et dernier rendez-vous électoral, les Tunisiens se sont un peu plus mobilisés avec un taux de participation qui frôle les 58%. Lors de l&rsquo;élection présidentielle de 2014, il avait dépassé les 60%. Cette année, l’abstention et le vote blanc ont été l’objet de nombreuses discussions.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Talel Ksiksi, informaticien freelance à Médenine, vote blanc comme toute sa famille. Aucun des deux candidats ne lui convient: </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Je vais me déplacer pour mettre faire un bulletin blanc dans l’urne. Et j’espère que nous serons nombreux pour que cela soit réellement pris en considération dans le résultat électoral.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le débat de vendredi soir a-t-il éclairé l’opinion selon lui? “J’avais encore un peu d’espoir avant que le débat ne débute, mais au final, c’était encore pire. L’un des candidats me semble être presque stupide, l’autre dit ne pas avoir d’idée et vouloir s’en remettre aux jeunes&#8230;” Alors pour marquer son désaccord, il boycottera les deux profils.</span></p>
<figure id="attachment_4332" aria-describedby="caption-attachment-4332" style="width: 499px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4332 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-450x213.jpg" alt="" width="499" height="236" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 499px) 100vw, 499px" /><figcaption id="caption-attachment-4332" class="wp-caption-text">Ecole primaire et centre de vote Rue de Marseille. 13 Octobre 2013. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une démarche de rejet encore plus prononcée, Mehdi Bel Hadj Aïssa, lui, ne vote pas. Il a publié un statut Facebook pour expliquer sa démarche :</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> “J&rsquo;ai longtemps hésité entre les deux, vote blanc ou abstention, ça sera abstention pour moi. Je ne suis pas serein à l&rsquo;idée de laisser un bulletin vierge au pays des magouilleurs. </span><span style="font-weight: 400;">Et puis, je pense que finalement l&rsquo;abstention aura plus de visibilité au niveau des chiffres. C&rsquo;est triste quelque part de se dire que je suis descendu dans la rue un jour pour revendiquer un droit dont je vais pas profiter aujourd&rsquo;hui. Mais la classe politique est aussi à l&rsquo;image d&rsquo;une grande partie du pays, sale, tricheuse et corrompue&#8230; On récolte ce qu&rsquo;on sème après tout.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce consultant de 36 ans n’était pas convaincu par les deux candidats et en plus, ne fait pas confiance aux institutions, et craint que quelque coche une case sur son bulletin vierge . Il a voté au 1er tour et aux législatives, mais les candidats du second tour ne portent pas les valeurs auxquelles il croit. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Si le vote blanc avait un sens et était comptabilisé alors je me serais peut-être déplacé.” Dans son entourage l’abstention prend le dessus également.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Plusieurs pages Facebook ont appelé d’ailleurs pendant le scrutin à comptabiliser le vote blanc lors de ce scrutin pour qu’il soit considéré comme un “geste politique”. D’après l’ISIE, plus de 26 000 votes blancs ont été dénombrés pour le scrutin des législatives. L&rsquo;instance en a dénombré plus de 15 000 pour le second tour de la présidentielle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est pourtant, portés par cette envie de lutter contre les “magouilles” que de nombreux Tunisiens ont donné leur voix à Kaïs Saïed. Un choix évident pour certains, compliqué pour d’autres, de résignation parfois. Mais un choix, tout de même, fait en toute liberté.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur l&rsquo;avenue Bourguiba dimanche soir, l&rsquo;ambiance était à la fête. Les citoyens sont sortis pour célébrer la victoire de Kaïs Saïed pour certains, le simple fait que cette élection ait été menée jusqu&rsquo;au bout sans bévue. Chants, klaxons, drapeaux, accolades. Kaïs Saïed l&rsquo;a promis : il sera le président de tous. </span></p>
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		<title>Législatives : “5 minutes pour choisir pour 5 ans”</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/legislatives-5-minutes-pour-choisir-pour-5-ans-elections-fr/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Oct 2019 16:38:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblé des Représentants du Peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Elections législatives]]></category>
		<category><![CDATA[ISIE]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sana Sbouai]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dimanche 6 octobre, les électeurs tunisiens ont choisi leurs députés. Abstention, large choix électoral, rôle des médias, discussion sur les réseaux sociaux et place de la présidentielle sont autant d'éléments qui ont impacté cette journée. Reportage sur le terrain. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Le temps est bon ce dimanche matin. D&rsquo;ailleurs, à Marsa ville, les terrasses sont pleines. Contrairement à la cour d&rsquo;école et aux bureaux de vote installés dans l&rsquo;école rue Taïeb Mhiri. «Le nombre d&rsquo;électeurs reste faible. Les jeunes ne sont pas venus. Mais il n&rsquo;est que dix heures trente», constate Khaled Ben Chaabane, chef de centre de vote, en jetant un oeil à sa montre. «On ne peut pas émettre de jugement à 10h30&#8230; Espérons qu&rsquo;ils viennent plus tard.» Le bureau comptait alors une centaine de votants pour les plus de 45 ans, mais moitié moins pour la tranche 18-25.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le fort taux d&rsquo;abstention lors du premier tour de la présidentielle, l&rsquo;étalement des rendez-vous électoraux sur trois dimanches, le grand nombre de listes, et la bataille judiciaire et médiatique autour de l&#8217;emprisonnement du candidat Karoui, sont autant d’éléments qui pèsent et érodent le processus démocratique. Les électeurs l&rsquo;ont montré : ils veulent sanctionner les responsables politiques en votant pour des outsiders ou en s&rsquo;abstenant. Pas sûr donc que la mobilisation soit forte et que le souhait de Khaled Ben Chaabane soit exaucé.</span></p>
<h4><b>Faible mobilisation</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce chef de service dans le transport aérien a vu la mobilisation faiblir d’élection en élection. C&rsquo;est en effet le sixième scrutin dans lequel il s&rsquo;implique. Depuis la Révolution, il a été présent comme chef de centre ou observateur pour tous les rendez-vous électoraux.  «Servir la Nation, ma patrie, est un honneur pour moi. C’est mon geste, moi qui suis un simple citoyen.» L&rsquo;homme refuse la nostalgie qui prendrait d’assaut certains, leur faisant regretter l&rsquo;époque de la dictature.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Avant 2011, quand il y avait des élections je ne participais pas. Aujourd&rsquo;hui, il faut être combatif et ne pas comparer la situation actuelle avec l&rsquo;époque de la dictature. Il y a un désespoir des jeunes, certes, mais il faut combattre pour notre avenir et choisir.»</span></p>
<h4><b>«Toutes ces listes&#8230; C&rsquo;est le bazar mais c&rsquo;est sympathique»</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais comment faire un choix? Noha, professeur de langue arabe est venue voter dans la matinée. «Pour les présidentielles, je suis venue en fin de journée et je n&rsquo;ai pas trouvé d&rsquo;ambiance. En venant le matin, je pensais en trouver un peu, mais ce n&rsquo;est toujours pas le cas&#8230; Peut-être que les gens ne savent pas pour qui voter, en plus d&rsquo;être déçus des responsables politiques?»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette femme d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;années parle du coût de la vie qui a augmenté, de la déception des citoyens, mais se concentre sur les acquis. «Aujourd&rsquo;hui nous avons la liberté de voter. Avant 2011, je ne venais pas, je savais que l&rsquo;on choisissait pour moi. Il est vrai que ce qui manque c&rsquo;est la dignité, après tout les gens ne peuvent même pas vivre normalement&#8230; mais tout de même toutes ces listes&#8230; c&rsquo;est le bazar mais c&rsquo;est sympathique! Ça découle de la liberté!»</span></p>
<h4><b>Une couverture médiatique focalisée sur la présidentielle</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans le centre de vote de la rue de Marseille, à quelques mètres de l&rsquo;avenue Bourguiba, l&rsquo;affluence est un peu plus importante. Peut-être car la journée avance et que l&rsquo;activité se fait plus intense. Reste qu&rsquo;à 11h le taux de participation était de 6,8%.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Devant l&rsquo;école et dans la cour, les journalistes sont nombreux à s&rsquo;affairer, cherchant à faire des interviews le temps que démarre le point de presse de la </span><a href="https://eeas.europa.eu/election-observation-missions/eom-tunisia-2019_fr"><span style="font-weight: 400;">Mission d&rsquo;observation de l&rsquo;Union Européenne</span></a><span style="font-weight: 400;">. «L&rsquo;attention médiatique était concentrée sur la présidentielle, ce qui peut-être n&rsquo;aide pas à mobiliser les citoyens sur les législatives&#8230;» déplore Fabio Massimo Castaldo, le chef de la mission et vice-président du Parlement européen.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une réalité que soulignent les membres de l&rsquo;</span><a href="http://www.isie.tn"><span style="font-weight: 400;">ISIE</span></a><span style="font-weight: 400;">, quelques minutes plus tard lors de leur point de presse. Ils rappellent que les législatives sont des élections décisives pour le pays, que le taux de participation enregistré lors de la matinée est en deçà de ce qu&rsquo;ils avaient espéré et que les événements autour des élections ont sans doute impacté la mobilisation. Toutefois Nabil Baffoun, le président de l&rsquo;instance, tempère : «Il faut aussi garder en tête que nous en sommes à nos premières années de démocratie et que les responsabilités, quant à la faible mobilisation, sont communes. De ce fait, il nous faut tous travailler ensemble pour motiver les Tunisiens à se déplacer pour voter», invitant les médias à relayer son appel aux Tunisiens de l&rsquo;étranger comme aux Tunisiens de l&rsquo;intérieur du pays à aller voter. «C&rsquo;est un acte qui prend 5 minutes et qui décide des 5 années à venir pour le pays.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Rue de Russie, près de la gare ferroviaire de Tunis, Mohamed Gafsi partage les préoccupations de M. Baffoun. Ce chef de centre est cadre au sein du ministère des Affaires sociales. Il explique être au premier rang face à la progression de la misère dans le pays. Face à l’exposition des demandes depuis la révolution, il raconte que le ministère fait comme il peut, distribue des aides, en fonction des budgets, «mais ce n&rsquo;est jamais assez face à la réalité dans laquelle nous nous trouvons aujourd&rsquo;hui.»</span></p>
<blockquote><p><em><span style="font-weight: 400;">«C&rsquo;est un acte qui prend 5 minutes et qui décide des 5 années à venir pour le pays.»-Nabil Baffoun</span></em></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Il était déjà mobilisé lors de la présidentielle dans le même bureau. Il déplore le manque d&rsquo;engouement des électeurs, notamment des plus jeunes et semble affecté par la situation. Il est 16h15 et les 18-25 ans représentent 2% des votants qui se sont déplacés dans son bureau. «Regardez, même les personnes d&rsquo;un grand âge sont là, elles sont venues&#8230; Mais les jeunes eux, ils ont autre chose à faire&#8230; Pourtant les législatives sont les élections les plus importantes. Du point de vue de l&rsquo;avenir du pays, des prérogatives…  Même si les gens se trouvent face à une offre qui ne leur convient, je pense qu&rsquo;ils doivent essayer de choisir au mieux.» A 15h, l&rsquo;ISIE annonçait un taux de participation de 23%.</span></p>
<h4><b>Faire son choix en discutant sur les réseaux sociaux</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Devant le bureau justement, deux jeunes hommes sont venus voter. Bilel et Mohamed Aziz, tous deux étudiants de 19 ans, ont voté pour la première fois lors des présidentielles. Ils sont revenus ce dimanche et comptent bien être présents le week-end prochain. «C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il y a des jeunes autour de moi qui disent qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas le temps, que le pays n&rsquo;ira jamais mieux, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de choix. Il y a aussi eu les médias qui n&rsquo;expliquaient pas bien les choses, qui ne parlaient que de la présidentielle&#8230; Moi je pense que l&rsquo;on peut quand même faire avancer le pays», raconte Bilel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mohamed Aziz veut défendre sa génération : «Moi, je suis venu car c&rsquo;est bon, les vieux ont voté, et moi je crois que je dois dire mon mot pour construire mon avenir. C&rsquo;est important de se faire entendre et que l&rsquo;on ne décide pas pour moi.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ils n&rsquo;ont pas suivi les débats politiques à la télé, mais se sont concertés via les réseaux sociaux. «A la télé de toute façon ils disent n&rsquo;importe quoi, les plateaux c&rsquo;est que du blabla!»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Rue de Marseille, Arbia 20 ans, étudiante en biologie, a elle aussi utilisé les réseaux sociaux pour se décider : «On a parlé avec des amis, on a regardé dans des groupes ce que disaient les gens, pour ne pas faire un vote utile ou je ne sais pas quoi encore !» Ce sont ses premières élections. Elle les a attendues de pied ferme. «J&rsquo;attendais avec impatience d&rsquo;avoir l&rsquo;âge légal pour pouvoir m&rsquo;inscrire et voter!»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La jeune fille est venue au bureau de vote accompagnée de son père. Il se souvient de 2011 : «On était tous content de voter. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est différent. On a gagné la liberté, mais une liberté entre guillemets en fait, juste celle de parler.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Arbia tempère d&rsquo;un geste de la tête : «Pouvoir voter, c&rsquo;est une liberté.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Derrière eux, les portes du centre de vote vont bientôt fermer. Quelques électeurs retardataires entrent, carte d&rsquo;identité à la main, en pressant le pas.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Puis l&rsquo;alarme sonne dans l&rsquo;école, il est 18h. La porte se ferme. S&rsquo;en est fini du vote. Dans chaque bureau les observateurs attaquent la dernière ligne droite. C&rsquo;est maintenant le moment du dépouillement, du comptage et de l&rsquo;ultime vérification. Les urnes sont descellées, leur contenu renversé sur des tables. Il va falloir déplier tous les immenses bulletins et comptabiliser les voix.</span></p>
<h4><b>Fin de partie : 41,22% de participation</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A L&rsquo;ISIE c&rsquo;est le dernier point presse de la journée. Nabil Baffoun s&rsquo;installe avec ses 8 collègues. Adèle Brinsi commente la journée  : «Le taux de participation n&rsquo;est pas ce que nous espérions, mais finalement 41,22 % ce n&rsquo;est pas si catastrophique. Il est vrai que chaque institution doit prendre ses responsabilités. L&rsquo;ISIE est responsable du registre électoral et à ce propos elle a fait son travail. Les partis politiques doivent aussi s&rsquo;interroger.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que les membres de l&rsquo;ISIE continuent de répondre aux questions des journalistes, Belabbès Benkredda, commente la situation. Il est le fondateur de </span><a href="https://www.munathara.com/"><span style="font-weight: 400;">Munathara</span></a><span style="font-weight: 400;">, l&rsquo;organisation qui a mis sur pied les débats entre les candidats, diffusés en direct à la télé. Le jeune homme préfère regarder le verre à moitié plein : «Le taux d’abstention est moins grave que ce que l&rsquo;on pouvait penser finalement. L&rsquo;espace public a complètement était occupé par la campagne présidentielle. Je m&rsquo;attendais à une participation plus faible. Donc c&rsquo;est pas mal, même si cela reste dommage.» Et puis, comme pour calmer l&rsquo;impatience de ceux qui voudraient que tout fonctionne tout de suite il rappelle de sa voix calme que mettre en place de nouvelles habitudes «c&rsquo;est un travail sur le long terme.» Exactement comme la mise en place de la démocratie.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/legislatives-5-minutes-pour-choisir-pour-5-ans-elections-fr/">Législatives : “5 minutes pour choisir pour 5 ans”</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Kais Saïed, quelles positions sur les libertés, l&#8217;atteinte au sacré, l&#8217;amendement de la constitution?</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/kais-saied-2012-droits-libertes-anc-fr/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[فريق بر الامان La rédaction de Barr al Aman]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Sep 2019 10:36:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblé des Représentants du Peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Cour constitutionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kais Saied a été auditionné par la commission des droits et libertés de l&#8217;assemblée nationale constituante le 6&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Kais Saied a été auditionné par la commission des droits et libertés de l&rsquo;assemblée nationale constituante le 6 mars 2012. Nous avons pu identifier quelle vision il avait de ce qui était alors le projet de la nouvelle constitution tunisienne et quelles sont ses positions sur les droits et les libertés.</p>
<ol>
<li>&#8211; Seules les principes généraux et les principaux droits devraient être mentionnés dans la constitution. Le problème selon lui est qu&rsquo;il ne faut pas citer toutes les libertés mais de mettre en place les mécanismes qui les garantissent. L&rsquo;échec de la constitution de 1959 réside dans la rupture entre le texte constitutionnel et la pratique.</li>
<li>Il a proposé de se contenter des principes généraux en mentionnant un certain nombre de droits individuels et collectifs. Ce sont les fondements des libertés qui devraient être garantis. Il ne faut pas entrer dans le détail des libertés car, cela relève des lois et nous serions amenés à amender la constitution si elle entre trop dans le détails et amender la constitution nuit à sa valeur symbolique d&rsquo;un texte immuable et l&rsquo;exposerait à être révisée à l&rsquo;issue de chaque élection.</li>
<li>Inclure dans la constitution le principe de l&rsquo;égalité et qu&rsquo;il soit non-amendable, tout en garantissant la liberté de conscience et la criminalisation de toute attaque contre cette liberté.</li>
<li>Les mécanismes de garantie des libertés sont la Cour constitutionnelle et l&rsquo;indépendance de la justice.</li>
<li>Eviter de mentionner la charia comme source de la législation permet de mettre de côté les aspects négatifs/rétrogrades dans la charia. En effet, il préfère le maintien de l&rsquo;article premier de la constitution (1959). Et pour cause, plusieurs pays qui appliquent la charia diffèrent, et leur application peut être positive ou négative.</li>
<li>Il a rappelé que plusieurs sociétés rejettent l&rsquo;atteinte au sacré. Nous sommes avec la liberté de création / artistique mais avec le respect des valeurs de la société. Il faut trouver un seuil minimum d&rsquo;équilibre entre la liberté de création et les valeurs portées par la société.</li>
</ol>
<p>Voici le PV de l&rsquo;organisation Al Bawsala où ces éléments ont été mentionnés:</p>
<div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=https%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F09%2Frapport_com_droits_et_libertes_al_bawsala.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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		<title>Nabil Karoui, une stratégie de conquête</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/nabil-karoui-candidat-elections-fr/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 15:02:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[caritatif]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nabil Karoui est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="font-weight: 400;">Nabil Karoui est candidat pour les élections présidentielles anticipées de septembre 2019. </span>Mohamed Slim Ben Youssef, doctorant en Sciences Politiques à l’Université IEP d’Aix en Provence nous propose sa lecture de son parcours.</em></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nabil Karoui, président du parti “Qalb Tounes” et prétendant au Palais de Carthage, est le candidat le plus décrié de ces élections présidentielles. Il est non seulement actuellement en détention provisoire pour une suspicion d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent, mais il est aussi souvent accusé par ses détracteurs de transformer une notoriété acquise dans le caritatif en capital politique, ce qui lui vaut des accusations de populisme. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2017 la fuite d’enregistrements, dans lesquels on entend Nabil Karoui menacer l’ONG I-Watch, alimente une image très controversée du personnage. Cette organisation a en effet révélé l’affaire de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale pour laquelle Karoui est poursuivi. On l’entend demander à des journalistes de Nessma de s’attaquer directement aux familles des représentants de cette organisation et à les diffamer .</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Apparu dans les sondages en décembre 2018, le fondateur de Nessma TV voit sa cote augmenter de jour en jour. Il déclare sa candidature à l’élection présidentielle à la fin du mois de mai et devient une source de préoccupation pour ses rivaux. </span></p>
<blockquote><p><strong>« Son “intrusion” s’effectue par la suite subrepticement dans un champ politique qui ne l’a jamais reconnu comme un “professionnel” du politique.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Son arrestation le 23 août, une semaine avant le début de la campagne électorale, suite à l’émission d’un mandat de dépôt contre lui et son frère Ghazi dans une affaire instruite depuis 2016, a profondément divisé l’opinion. Au-delà de la signification de cette arrestation, certains observateurs de la scène politique qualifie la démarche de Nabil Karoui de “populisme caritatif”.</span></p>
<h4><b>Nabil Karoui, l’outsider total ?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Le patron de l’agence de communication Karoui &amp; Karoui est issu d’un milieu modeste. Né en 1964 à Bizerte, son père était un employé et sa mère femme au foyer. Il échoue à obtenir son bac en Tunisie et décide d’aller le passer à Marseille, puis y entame des études supérieures. Son rapport à la famille est très étroit : aîné de sa fratrie, il invite son frère et sa sœur à venir poursuivre leurs études en France. Dans une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=obnDW4w7cE0&amp;t=1107s">interview accordée à France 24</a> en juillet 2019,</span><span style="font-weight: 400;"> il explique que tout jeune il rêvait déjà de devenir milliardaire alors qu’il commençait à peine ses études supérieures. Toujours dans la même interview il explique que cette ambition va se heurter à l’oligopole qui caractérise le marché tunisien. En effet ses segments les plus juteux sont contrôlés par quelques familles d’une bourgeoisie commerciale et industrielle bien installée. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Peu après son expérience avec Canal + Horizons, au moment où il fonde l’entreprise de communication “KNRG”, qui deviendra par la suite “Karoui and Karoui world”, les Karoui ont du mal à se positionner sur le marché tunisien et ils en sont frustrés. Ils s’orientent donc vers le Maghreb et installent des bureaux au Maroc, en Algérie, et en Mauritanie, puis créent la chaîne Nessma TV en 2009 en partenariat avec le producteur de cinéma Tarek Ben Ammar et Silvio Berlusconi. Entre 2003 et 2010, les licences de diffusion étaient données dans l’opacité totale pour les proches du pouvoir <a href="https://books.google.tn/books?id=2lLdHkIvT7EC&amp;pg=PA55&amp;lpg=PA55&amp;dq=Nabil+karoui+canal+Horizons&amp;source=bl&amp;ots=CozMQMSaYT&amp;sig=ACfU3U1eKKFD6k-PoILYf6qz9iXbiZLm1g&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwjJ-eqK_s3kAhXPJVAKHQOECZw4ChDoATAKegQIBBAB#v=onepage&amp;q=Nabil%20karoui%20canal%20Horizons&amp;f=false">selon une étude sur le développement des médias en Tunisie</a></span><span style="font-weight: 400;">.  Toutefois, les Karouis se sont forgés une réputation de “mauvais payeurs” dans le milieu de la production selon plusieurs témoignages.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’outsider fait ainsi son entrée sur le marché tunisien et commence à sécuriser ses intérêts économiques. Mais son “intrusion” s’effectue par la suite subrepticement dans un champ politique qui ne l’a jamais reconnu comme un “professionnel” du politique. Il le dit clairement dans la même interview de France 24 : “je ne suis pas un homme politique”. </span></p>
<h4><b>La “com” et les médias au service d’un agenda politique</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Pourtant, il s’agit bel et bien d’un acteur majeur, quoique plus ou moins discret, des jeux et interactions de pouvoir de la période post-révolutionnaire. Le film Persepolis, diffusé en 2012 par Nessma, a contribué à alimenter le clivage “islamistes VS modernistes” dans un climat de pré-campagne électorale. La même année, il faisait partie des fondateurs de Nida Tounes, le parti qui remportera les élections législatives de 2014 et qui a pu constituer un contrepoids à l’hégémonie d’Ennahdha. M. Karoui utilise Nessma TV pour faire campagne au profit du parti Nidaa Tounes, mais également pour exposer les luttes internes dans lesquelles il est partie prenante, notamment celle avec Hafedh Caïd Essebsi. Il se présente également comme l’un des chefs d’orchestre, avec Slim Riahi, de la rencontre à Paris entre Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi, scellant le fameux “consensus”. </span></p>
<h4><b>Les déshérité.es au cœur du discours politique </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Si sa position sociale actuelle est celle d’un homme d’affaires, la stratégie de conquête politique de Nabil Karoui s’adresse aux plus démuni.es. Peu après la mort de son fils Khalil en 2012, il au devant “Khalil Tounes”, une association caritative fondée en 2012. Contrairement au cliché de “distributeur de pâtes”, Karoui fait bien plus que cela : il sillonne les régions pauvres du pays, rencontre les populations marginalisées et les écoute. Il propose un accès aux soins, à des formes d’éducation&#8230; bref, à des services qui sont censés être dispensés par l’État. À cet égard, l’ex patron de Nessma révèle l’effritement des services publics de l’État et de sa capacité redistributive. </span></p>
<blockquote><p><strong>Cette théâtralisation s’accompagne d’un discours de plus en plus politisé et aboutit à la formulation d’un objectif politique : l’éradication de la pauvreté.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Nabil Karoui met en scène ses actions dans les régions déshéritées, tout en utilisant la grande visibilité que lui garantit sa chaîne, et ce en dépit des décisions de la HAICA. Une mise en scène d’autant plus efficace que, comme on le sait, le magnat des médias est un professionnel de l’image : il sait quelles images sélectionner et comment les vendre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or, cette théâtralisation s’accompagne d’un discours de plus en plus politisé et aboutit à la formulation d’un objectif politique : l’éradication de la pauvreté.<a href="https://www.europe1.fr/international/presidentielle-en-tunisie-le-candidat-nabil-karoui-denonce-une-tentative-de-coup-detat-contre-lui-3904094"> Il déclare</a> s’inspirer de l’expérience de Lula da Silva au Brésil et appelle à un “front social-démocrate” de lutte contre la pauvreté.</span><span style="font-weight: 400;"> C’est parallèlement à ces actions que se fait sa montée dans les sondages : son édifice devient de plus en plus solide. Son “projet politique”, élaboré à la faveur de toute une série de subterfuges, d’infractions à la loi et d’irrespect des institutions, prend forme. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La conjoncture politique, la configuration institutionnelle, la désertion de l’État de ses périphéries paupérisées : autant de facteurs aidant dans la montée en puissance de Nabil Karoui. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Karoui est un acteur politico-économique dont la conquête du pouvoir ne peut se comprendre en-dehors de son positionnement sur le marché économique tunisien. Ses détracteurs craignent sa potentielle capacité d’instrumentation des institutions politiques à des fins d’accumulation du capital économique ou pour échapper à la justice.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/nabil-karoui-candidat-elections-fr/">Nabil Karoui, une stratégie de conquête</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Présidentielles tunisiennes : Que disent les photos et affiches électorales ?</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/presidentielles-tunisiennes-que-disent-les-photos-et-affiches-electorales/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 11:30:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[image]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Impossible de les rater : les têtes des candidats à la présidentielle s&#8217;affichent partout. Sur les panneaux publicitaires&#8230;</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/presidentielles-tunisiennes-que-disent-les-photos-et-affiches-electorales/">Présidentielles tunisiennes : Que disent les photos et affiches électorales ?</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Impossible de les rater : les têtes des candidats à la présidentielle s&rsquo;affichent partout. Sur les panneaux publicitaires comme dans les emplacements prévus à cet effet, l’espace public déborde d’images électorales. Mais que disent ces affiches officielles et ces publicités électorales? Le photographe Hamideddine Bouali et le conseiller en stratégie communication et politique Kerim Bouzouita, partagent leur décryptage.</p>
<p><i>Kerim Bouzouita, docteur en anthropologie et conseiller en stratégie communication et politique, s’est penché sur les affichages publicitaires urbains, qui monopolisent les panneaux publicitaires.</i></p>
<p><b>Pour les affiches publicitaires, il y a eu deux approches : </b>des photos qui servent un message et d&rsquo;autres qui ne renvoient pas un sens particulier.</p>
<p>Par exemple la photo de Mongi Rahoui : souriant, posture détendue à la manière d&rsquo;une photo d&rsquo;affiche d&rsquo;émission TV. Elle est prise à hauteur d&rsquo;oeil. Cela envoie un message de proximité et de jeunesse. Rahoui est « jeune », il est « cool ». Cela sert un message particulier : c&rsquo;est la nouvelle image de la gauche. Il contraste avec la gauche historique incarnée par Hamma Hammami. Il le ringardise en quelques sorte.</p>
<p>Entre toutes les affiches publicitaires celles de Nabil Karoui sont les plus originales. C&rsquo;est le seul à mettre en scène son électorat. Il n&rsquo;est pas seul. C&rsquo;est tout à fait cohérent avec la posture populiste du candidat. Populiste dans le sens où il affirme être plébiscité par « le vrai peuple ». Mais ce « vrai peuple » ne sert qu&rsquo;à mettre en valeur le candidat. Le candidat est toujours en avant plan sur les photos, en position centrale. C&rsquo;est bien lui l&rsquo;acteur principal de cette mise en image.</p>
<p><b>Sur la qualité des images il y a une inégalité. </b>Ainsi pour Hatem Boulabiar et Abir Moussi c&rsquo;est particulier. Ce ne sont pas des shooting studios. Mais des photos basse résolution.</p>
<p>Certaines photos ont eu des interventions lourdes en retouches. Parfois le traitement a été trop invasif, du coup, on perd les détails et les textures des visages et des cheveux. Et surtout on perd la sincérité du visage, comme c’est le cas pour Abir Moussi et Selma Elloumi.</p>
<p>D&rsquo;autres candidats ont des photos plus pertinentes et ont laissait les signes du temps ou de la fatigue, qui donnent de la sincérité au visage et donc à la photo : les poches sous les yeux, les rides&#8230;</p>
<p><b>L’angle de prise n’est pas toujours le même.</b> Par exemple Hamma Hammami est photographié en contre plongée très prononcée, point de vue utilisé afin d&rsquo;accentuer les attributs de force et de domination du candidat. C&rsquo;est un choix diamétralement opposé à son choix de 2014 où sa photo d&rsquo;affiche jouait la proximité. Là, c&rsquo;est un choix de « leader maximo ». On imagine que par ce choix, c&rsquo;est l&rsquo;attribut de force qu&rsquo;on souhaite montrer chez le candidat, la force étant la condition à la restauration de l&rsquo;autorité de l&rsquo;Etat, tant plébiscitée par les citoyens.</p>
<p>La photo de Youssef Chahed en plan rapproché poitrine et de face tente aussi le même exercice.</p>
<p><b>Après, au-delà des prises de vue et des artifices photoshop, l&rsquo;expression sur les photos est intéressante.</b> Certaines photos révèlent une expression clairement déchiffrable, comme celles de Mongi Rahoui et celle de Selma Elloumi. Pour d&rsquo;autres photos, c&rsquo;est plus compliqué. On voit des mimiques qui ne renvoient pas une émotion identifiable, du coup, aucun message politique n&rsquo;en émane.</p>
<p><b>L&rsquo;éclairage est aussi très fluctuant.</b> On retrouve des éclairages de travers qui donnent un résultat clair obscur sur le visage, éclairage privilégié pour les effets dramatiques.</p>
<p>Le choix de la non photo du candidat Abdelkarim Zbidi est aussi intéressant. Cela correspond au caractère politique du candidat et à son message de « sacrifice de soi » ( ونكران الذات ). C&rsquo;est une composante de la doctrine militaire tunisienne. Du coup, l&rsquo;absence de photo renforce ce message. Durant les premiers jours d’affichage dans les rues il n’y avait pas de portrait de lui, mais un message : « Un président pas une photo ».</p>
<p><b>Pour les fonds d&rsquo;affiche il y a deux tendances. </b>Les fonds neutres qui mettent en valeur le candidat, il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre que lui. Il y a aussi des fonds contextuels avec l&rsquo;idée de tout de même donner un message. Parfois on a l&rsquo;impression que c&rsquo;est un choix esthétique sans aucune forme d&rsquo;utilité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-4053" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-450x360.png" alt="" width="450" height="360" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-450x360.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-768x614.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-875x700.png 875w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-370x296.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-270x216.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-740x592.png 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre.png 945w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></p>
<p><i>Hamideddine Bouali, photographe, s’est concentré sur les affiches officielles des candidats, placardées sur les emplacements officiels.</i></p>
<p><b>Une affiche électorale doit répondre à trois axes : le publicitaire ; le portrait ; le politique avec le slogan. </b>Le concepteur doit prendre en compte ces trois langages. Mais il faut se baser sur le fait que la culture arabo-musulmane est une culture de l’oralité et non de l’image. Nos souverains n’ont pas été peints sauf la dynastie husseinites qui est d’origine ottomane. Par contre il y a des descriptions. En arabe le photographe (el mousawwar) c&rsquo;est le créateur, c’est l&rsquo;un des noms de Dieu. Il y a donc une suspicion dans ce nom.</p>
<p>A l&rsquo;avènement de l’indépendance il y a eu des dictateurs : avec Bourguiba et Ben Ali. Ils produisaient une image et le peuple la recevait. Il n’y avait que des images au service du souverain. D’ailleurs, sous Ben Ali, son portrait était partout au point que l’on pouvait oublier de le voir. La révolution tunisienne a permis la libération de la parole et de l’image. Mais il n’y a pas encore de maîtrise de la photo à caractère politique.</p>
<p><b>Pour les affiches officielles des candidats à la présidentielle 2019, de manière générale, il n’y a aucune créativité, aucune affiche n’est inattendue ou provoque un effet de surprise. </b>Sur les trois critères de base on remarque qu&rsquo;aucune affiche n’a cet aspect publicitaire : clair, percutant, créatif. Pour l’aspect du portrait : c&rsquo;est un exercice qui ambitionne de réactualiser la présence de quelqu’un qui n’est pas là. Il ambitionne de montrer l’être de la personne, en plus de son paraître. Or dans ces photos on ne voit pas ça. Enfin pour ce qui est du slogan : il n’y a pas vraiment d’espoir qui émerge.</p>
<p>Il y a une prudence à outrance dans ce qui a été réalisé. Finalement, ce qui ressort, c’est l’égo des candidats, mais rien d’autre. Et c’est dommage car il y a de la place pour de la créativité.</p>
<p>Quand on entre dans le détail des photos, il y a différents points à observer.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-4054" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-450x360.png" alt="" width="450" height="360" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-450x360.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-768x614.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-875x700.png 875w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-370x296.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-270x216.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-740x592.png 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1.png 945w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></p>
<p><b>Les portraits des candidats ne se valent pas.</b> Certains candidats sont photographiés assez loin, ce qui crée une distance, d’autres sont cadrés de manière plus rapproché comme pour établir un rapport d’altérité et un contact avec l’électeur. Certains portraits sont en fait trop proches, créant un effet négatif. Des défauts techniques apparaissent dans la réalisation de certains portraits : trop de retouche, des reflets dans les lunettes, des photos inversées pour changer le sens du regard. Il y a aussi les mimiques qui sont parfois naturelles et donnent un air avenant, mais qui parfois ne sont pas à propos : un candidat qui a l’air de réfléchir, alors que ce n’est pas le moment, un autre qui semble avoir été dérangé alors qu’il faisait quelque chose, un candidat gonflé à bloc comme s’il allait en découdre&#8230;</p>
<p><strong>Le regard :</strong> il y a ceux qui nous regardent en face et ceux qui ont un regard fuyant. Ils pensent ainsi être en train de regarder vers l’avenir. En réalité ils ne regardent pas l&rsquo;électeur dans les yeux et n’établissent pas un contrat de confiance. Certains candidats ont même un regard austère, leur donnant un air peu avenant.</p>
<p><strong>La place des mains est aussi à analyser</strong>. Il y a les bras croisés qui sont un signe de repli, les mains jointes qui sont un signe de rassemblement, les mains qui tiennent un coin de veste comme pour dire “je n’ai que ce que je porte sur le dos” ou encore la main sur le cœur à la façon de Ben Ali.</p>
<p><strong>Le fond est un élément important.</strong> Certains ont choisi une couleur neutre, d’autres proposent des dégradés ou des halos plus clairs. Certaines photos ont un fond, mais qui n’est pas toujours à propos. Des candidats émergent d’une foule, d’autre choisissent des paysages qui ne correspondent pas toujours ou que l’on a du mal à identifier. Certains choisissent de éléments de la nature alors même qu’ils ne parlent jamais d’environnement.</p>
<p><strong>La typographie</strong> est un autre élément à observer. Est-ce que la taille est la bonne ? Est-ce qu’il s’agit d’un nom dactylographié ou d’une écriture manuelle, qui donne l’impression de la signature d’un contrat et donc d’un accord entre le candidat et l’électeur?</p>
<p>Cet élément est en rapport direct avec le slogan : est-il clair ? Pertinent? Ou alors redondant et trop imposant visuellement?</p>
<p><em>Article réalisé avec l&rsquo;aide de Nada Trigui</em></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/presidentielles-tunisiennes-que-disent-les-photos-et-affiches-electorales/">Présidentielles tunisiennes : Que disent les photos et affiches électorales ?</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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