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	<title>Sana Sbouaï | Research Media</title>
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	<description>Barr al Aman</description>
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	<title>Sana Sbouaï | Research Media</title>
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		<title>Les réseaux sociaux: lieux de bataille politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2019 14:36:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Elections législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[ISIE]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
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		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Posts et pages sponsorisés, fake news, attaques&#8230; les réseaux sociaux ont été un lieu d&#8217;affrontement politique en Tunisie,&#8230;</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/reseaux-sociaux-lieu-bataille-politique-tunisie-election/">Les réseaux sociaux: lieux de bataille politique</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i><span style="font-weight: 400;">Posts et pages sponsorisés, fake news, attaques&#8230; les réseaux sociaux ont été un lieu d&rsquo;affrontement politique en Tunisie, lors des dernières élections. Un phénomène que les différents observateurs ont scruté avec attention, pour essayer d&rsquo;appréhender les tendances et réfléchir à une réponse pour les prochains rendez-vous électoraux.</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«10h : Nabil Karoui 35%, Kaïs Saïed 65%. 12h: Nabil Karoui : 40%, Kaïes Saïed : 60%&#8230;</span><span style="font-weight: 400;">» </span><span style="font-weight: 400;"> Le jour du second tour, sur les réseaux sociaux, l’internaute pouvait trouver une fausse infographie, estampillée au nom de l’institut de sondage Sigma. Elle montrait une remontée du score de Nabil Karoui et une chute de Kaïs Saïed, tout au long de la journée. Ces chiffres qui se sont avérés complètement faux, une fois les résultats tombés. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui les réseaux sociaux biaisent les débats, manipulent les gens. C’est un grand problème.» </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Bassem Mâater, vice-président de l&rsquo;<a href="https://www.facebook.com/atideTunisie/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Association Tunisienne pour l&rsquo;Intégrité et la Démocratie des Elections</a> (ATIDE), est inquiet. Du mois de mai 2019 au mois d&rsquo;octobre, une équipe de quatre personnes de son association a scruté les réseaux sociaux et notamment Facebook, pour comprendre ce qui se jouait lors des campagnes présidentielles et législatives sur la Toile.</span></p>
<figure id="attachment_4366" aria-describedby="caption-attachment-4366" style="width: 400px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-4366 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-400x400.jpg" alt="" width="400" height="400" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-400x400.jpg 400w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-768x768.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-700x700.jpg 700w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-370x370.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-270x270.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-300x300.jpg 300w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake-740x740.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/sigma-fake.jpg 960w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption id="caption-attachment-4366" class="wp-caption-text">Photomontage diffusé sur Facebook le jour du second tour de la présidentielle tunisienne.</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">ATIDE n&rsquo;a pas été la seule organisation à tenter d&rsquo;absorber et analyser une partie de l&rsquo;activité en ligne des Tunisiens. L&rsquo;<a href="http://www.isie.tn/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Instance Supérieure Indépendante des Elections</a> (ISIE) a gardé un œil sur les pages officielles des candidats sur les réseaux sociaux. La <a href="https://eeas.europa.eu/election-observation-missions/eom-tunisia-2019_fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Mission d&rsquo;Observation des Elections de l&rsquo;Union Européenne</a> (MOE UE) a été la première mission d&rsquo;observation francophone à monitorer l&rsquo;activité des réseaux sociaux pendant des élections, en plus de le faire sur le terrain. Quant à l&rsquo;ONG Mourakiboun, elle a créé son propre modèle d&rsquo;observation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par ailleurs, l&rsquo;organisation internationale Access Now et 14 organisations tunisiennes ont adressé une <a href="https://www.accessnow.org/cms/assets/uploads/2019/09/OpenLetter_FB_Election2019_Tunisia_FR-.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">lettre ouverte</a> à Facebook, avant le début de la campagne, pour la mise en place de mesures efficaces de transparence et de responsabilité vis-à-vis des utilisateurs, dans le cadre des élections.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il y était demandé de permettre au public d&rsquo;accéder aux dépenses de publicités de campagne, à l&rsquo;identité des commanditaires, aux statistiques liées aux publicités ou encore l&rsquo;obligation de mise en place d&rsquo;un processus d&rsquo;autorisation pour les publicités, afin de pouvoir confirmer l’identité du commanditaire et l&rsquo;association des comptes publicitaires.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un mouvement général s&rsquo;est donc mis en marche pour appréhender l&rsquo;activité et la communication autour des élections sur les réseaux sociaux, afin d&rsquo;éviter les dérives. Mais tout s’est fait sans qu&rsquo;une méthode particulière ne soit mise en place de manière coordonnée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais que trouvait-on sur les réseaux sociaux pour qu&rsquo;ils retiennent tant l&rsquo;attention ? Du contenu politique, sponsorisé, publié lors de la campagne, mais également les jours de silence et de scrutins, des messages considérés comme non équitables et dont le financement peut difficilement être sourcé. Mais aussi des messages pro ou anti-candidats, des rumeurs, des fake news, des attaques, l&rsquo;apparition de pages de soutien non officielles&#8230; Les réseaux sociaux ont été un terrain de bataille, en plus d&rsquo;être, comme à leur habitude depuis 2011, un lieu d’échanges et de discussions entre les internautes tunisiens.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si avant les élections, les médias avaient fait état de sponsoring de pages sur les réseaux sociaux et de tentative d&rsquo;influence de l’opinion publique, la campagne n&rsquo;a pas été un moment d&rsquo;apaisement.</span></p>
<h4><b>L&rsquo;ISIE : une observation trop restreinte</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;ISIE a très vite tenté de gérer le problème de la communication sur les réseaux sociaux. L&rsquo;instance a demandé aux candidats de communiquer leurs pages officielles et les sources de financement de ces dernières et c&rsquo;est seulement l&rsquo;activité sur celles-ci qui a été prise en compte par l&rsquo;instance.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En septembre dernier, alors que la campagne pour la présidentielle débutait, Nabil Baffoun expliquait qu&rsquo;un accord avait été passé entre l&rsquo;ISIE et Facebook pour connaître les sources de financement des pages officielles des candidats. En effet selon l&rsquo;article 57 de la <a href="http://(https://legislation-securite.tn/fr/node/44286" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi électorale</a> :</span></p>
<blockquote><p><b><i>Art. 57 –</i></b><span style="font-weight: 400;"> La publicité politique est interdite dans tous les cas, durant la période électorale.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">En vertu de cet article,</span><span style="font-weight: 400;"> les contenus sponsorisés sont illégaux en Tunisie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;instance <a href="https://www.tuniscope.com/article/183479/tech/reseaux-sociaux/isie-facebook-331215" target="_blank" rel="noopener noreferrer">a donc annoncé prendre des sanctions</a> en cas d&rsquo;infractions constatées. Des courriers auraient d&rsquo;ailleurs déjà été adressés aux candidats tête de listes pour les législatives, suite à la publication de contenu sponsorisé.</span></p>
<figure id="attachment_4367" aria-describedby="caption-attachment-4367" style="width: 450px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="wp-image-4367 size-medium" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-450x335.jpg" alt="" width="450" height="335" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-450x335.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-768x572.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-370x276.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-270x201.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-740x551.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb-80x60.jpg 80w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/coutien-karoui-fb.jpg 823w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-4367" class="wp-caption-text">Screenshot d&rsquo;une page Facebook de soutien au candidat Nabil Karoui.</figcaption></figure>
<h4><b>Contenus sponsorisés et publications lors du silence électoral et des jours de scrutin</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Car des contenus sponsorisés ont effectivement fleuri lors de la période électorale. L’équipe de quatre personnes mise en place par la Mission d&rsquo;observation des élections de l&rsquo;Union Européenne s&rsquo;est également penchée sur la question. C’est que le phénomène avait retenu l&rsquo;attention de Fabio Massimo Castaldo, le chef de la mission et vice-président du Parlement européen l’année dernière. « Les Tunisiens sont très actifs sur Facebook et l&rsquo;impact des réseaux sociaux m&rsquo;avait marqué en 2018 lorsque j&rsquo;étais chef des observateurs de la Mission d&rsquo;Observation Européenne en Tunisie pour les élections municipales. C&rsquo;est pour cela que j&rsquo;ai fait cette proposition de monitoring de ce phénomène », explique-t-il.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi du 28 août au 13 octobre, ce sont 700 pages facebook qui ont été observées, dont 10 pages officielles des candidats à la présidentielle et 100 pages d’influenceurs. M. Castaldo a ainsi fait état du travail réalisé par la MOE UE:</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;"> «Nous avons observé des dépassements pour les législatives. Il y a eu des publicités, qui sont interdites, qui ont même été diffusées pendant le jour du silence électoral et le jour du scrutin.»</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour les législatives, la campagne en ligne a été marquée par la diffusion de contenu sponsorisé, avec une campagne qui a continué pendant le jour du silence électoral et le jour du scrutin. « Du 16 septembre au 6 octobre, la mission a observé 840 différentes publicités payantes en faveur de 50 listes candidates, dont 241 diffusées pendant le silence électoral», a déploré M. Castaldo, lors d&rsquo;une conférence de presse le 8 octobre dernier. Il a également fait état de diffusion de fake news.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour le premier tour de la présidentielle, </span><span style="font-weight: 400;">361 publicités payantes en ligne en faveur des candidats ont été décomptées.</span><span style="font-weight: 400;"> Pour le second tour de la présidentielle, l&rsquo;équipe dédiée à cette observation a comptabilisé 230 publicités payantes en ligne en faveur des candidats, dont 113 lors du silence électoral précédent le scrutin.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or, ces publicités en ligne et ces contenus sponsorisés déséquilibrent la campagne et profitent aux grands partis et aux candidats financièrement plus aisés.</span></p>
<p><b>Réseautage entre pages officielles et non-officielles</b></p>
<p><iframe style="border: none; overflow: hidden;" src="https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FKaloutcha.Hamadi%2Fposts%2F10220487675764527&amp;width=500" width="500" height="687" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Chez ATIDE, le vice-président Bassem Mâater explique que suite à un appel de <a href="https://democracy-reporting.org/fr/monitor-networks-of-undeclared-political-actors-tunisia-elections/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Democracy Reporting International</a>, son organisation a observé les réseaux sociaux et principalement Facebook. «Nous avons commencé par une exploration générale. Ce qui nous a semblé important c&rsquo;était le réseautage. C&rsquo;est-à-dire ce qui se mettait en place entre les pages officielles et les non-officielles. Or, ce sont ces pages non-officielles qui ont un impact important sur la vie politique tunisienne et sur les élections.»</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Ainsi pour les législatives, l&rsquo;association a observé un phénomène particulier : «Nous avons pu voir qu’il y a des groupes de pages qui travaillent de manière coordonnée sur les même choses : attaquer des candidats, apporter leur soutien, voire même des pages qui attaquent le processus démocratique en Tunisie. C’est une tendance inquiétante pour nous.»</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour les présidentielles, l&rsquo;association a cherché toutes les pages de soutien des candidats. «Nous avons à nouveau vu la mise en route de réseaux d’une dizaine, voire parfois même de près d&rsquo;une quarantaine de pages, qui travaillent en même temps, pour un candidat ou contre un autre, à certains moments.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En plus des contenus sponsorisés, du soutien à des candidats ou des attaques, ce phénomène de communication politique sur les réseaux sociaux a donné lieu à la diffusion <a href="https://directinfo.webmanagercenter.com/2019/10/13/presidentielle-2019-lisie-met-en-garde-contre-les-rumeurs-diffusees-sur-les-reseaux-sociaux-qui-ont-pour-but-de-perturber-loperation-electorale/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">de rumeurs et fake news</a>. Lors d&rsquo;une conférence de presse le 6 octobre, jour du scrutin du second tour de la présidentielle, Hasna Ben Slimane, membre de l&rsquo;ISIE avait mis en garde les citoyens face aux rumeurs qui impactent directement le processus démocratique, en tentant de décourager les citoyens à venir voter.</span></p>
<h4><b>Une approche différente et une observation sur le temps long </b></h4>
<figure id="attachment_4374" aria-describedby="caption-attachment-4374" style="width: 770px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="wp-image-4374 size-large" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-900x505.png" alt="" width="770" height="432" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-900x505.png 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-450x253.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-768x431.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-370x208.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-270x152.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux-740x415.png 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/mourakiboun-tnelec-legislatives-barralaman-reseaux-sociaux.png 960w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /><figcaption id="caption-attachment-4374" class="wp-caption-text">Extrait du rapport d&rsquo;observation des réseaux sociaux de l&rsquo;association Mourakiboun.</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais se concentrer sur les pages qu&rsquo;elles soient officielles ou non, et les publicités et contenus sponsorisés, serait une approche trop restreinte et qui ne collerait pas à la réalité de l&rsquo;usage et des possibilités des réseaux sociaux. En effet, il suffisait d’être présent sur facebook pour être invité à rejoindre des groupes de soutien à tel ou tel candidat ou voir défiler des contenus fabriqués de toute pièce comme des photomontages prêtant au candidat Kaïs Saïed des affinités qu’il ne s’est jamais déclarées.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;organisation Mourakiboun a elle aussi planché sur l&rsquo;observation des réseaux sociaux. C&rsquo;est</span> <span style="font-weight: 400;">l’analyste média-électoral Mansour Ayouni, qui travaille sur le projet RASD depuis les élections de 2014 qui s&rsquo;est à nouveau plié à la tâche. Il observe ce qu&rsquo;il appelle</span><span style="font-weight: 400;"> le domaine de «l&rsquo;influence média-électorale» : l’influence média mais dans la convergence entre médias classiques et nouveaux médias.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Loin de l&rsquo;approche big data et des outils d&rsquo;analyse web-marketing, il a mis en place ses propres critères pour comprendre ce phénomène socio-politique. Il a ainsi construit un échantillon de 1001 personnes actives sur les réseaux sociaux et représentatives des citoyens tunisiens en fonction de catégories. Un échantillon dont il suit avec précision les réactions, afin de comprendre la dynamique du corps électoral tunisien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Je suis l&rsquo;activité de l’échantillon d&rsquo;abord vis à vis de toute l’offre politique : les pages officielles des candidats, les pages qui les soutiennent, le discours politique et marketing. Ensuite, je suis ma cible face aux parutions des médias traditionnels à propos des candidats. Je suis l’interaction de ces personnes de façon convergente. Enfin, il y a aussi la dimension des événements réels sur le terrain: ce que les candidats font, où ils vont, les visites… et là-dessus, encore une fois, je l’étudie et regarde la réaction des personnes, qui sont réparties sur tout le territoire.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mansour Ayouni a</span><span style="font-weight: 400;"> ainsi cumulé un corpus de 2 millions de réactions et de messages autour de la période électorale 2019, mais pas uniquement, puisqu&rsquo;il travaille sur le sujet depuis les élections de 2014. Il a ainsi pu analyser les changements de trajectoire politique, les nuances, les revirements des citoyens sur un temps long.</span></p>
<h4><b>Opportunisme du soutien</b></h4>
<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="en">
<p dir="ltr" lang="fr">Comment expliquer aux gens que Kais Said n’a pas de compte sur Twitter? Maintenant ils le savent. <a href="https://t.co/DITUH7M8rb">pic.twitter.com/DITUH7M8rb</a></p>
<p>— A.A (@Scoulino) <a href="https://twitter.com/Scoulino/status/1184084120005152768?ref_src=twsrc%5Etfw">October 15, 2019</a></p></blockquote>
<p><script async="" src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les changements de trajectoires de certains internautes peuvent découler d&rsquo;une influence subie via la communication sur les réseaux sociaux. En effet, au delà du sponsoring, ATIDE a observé des comportements d’opportunisme de la part de certaines pages et quelques groupes Facebook: «L’impact est fort car nous sommes face à des pages anciennes , avec une grande communauté, qui avaient des intérêts généralistes : football ou actualité&#8230; mais qui se sont mises à avoir un contenu politique qui dépassait parfois 80% de leurs publications et avec un nombre de publications quotidiennes important, passant d’une moyenne mondiale de 2,8 posts par jour à 6,2», explique M. Mâater.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il rapporte également avoir suivi plusieurs pages qui ont changé de cap politique d’un scrutin à l’autre. «Finalement, les pages font le travail en fonction de celui qui paie&#8230;» déplore-t-il.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Un opportunisme qui le laisse dubitatif : «Comment une page non-officielle peut-elle faire du sponsoring aussi important? Cette démarche a un coût financier. Malheureusement, l’ISIE n’observe que les pages officielles des candidats et un seul compte par candidat, alors que le sponsoring se fait autrement: via les pages non-officielles ou via les pages de personnes qui sont proches de ces candidats.»</span></p></blockquote>
<h4><b>Les types d&rsquo;électeurs en ligne</b></h4>
<figure id="attachment_4376" aria-describedby="caption-attachment-4376" style="width: 770px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4376 size-large" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-900x436.jpg" alt="" width="770" height="373" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-900x436.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-450x218.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-768x372.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-370x179.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-270x131.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie-740x358.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/electeur-tnelec-barralaman-tunisie.jpg 3651w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /><figcaption id="caption-attachment-4376" class="wp-caption-text">Des électeurs cherchent leur bureau de vote, le jour du premier tour de la présidentielle, dans une école de La Marsa. Crédit : Sana Sbouaï</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">M. Ayouni de Mourakiboun est lui beaucoup moins inquiet quant à l&rsquo;influence subie par les internautes. Sa méthode lui a permis de dégager différentes tendances.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D&rsquo;abord, du côté des électeurs. Trois types émergent, explique-t-il.</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">L’électeur </span><span style="font-weight: 400;">stable : un électeur affilié politiquement et idéologiquement à une offre, qui est constant et ne subit pas l’influence média-social. </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">L’</span><span style="font-weight: 400;">électeur stratégique : il est sans affiliation politique claire et n’a pas fait son choix. cet électeur-internaute essaie de forger une opinion, avec des critères personnels et communique ses questionnements, sa réflexion et sa décision sur les réseaux sociaux, pouvant ainsi peut-être influencer le 3e type d&rsquo;électeur.</span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">L’électeur indécis: il représenterait 40% du corpus électoral tunisien d&rsquo;après le travail d’observation de M. Ayouni et serait la partie la plus importante et la plus dynamique sur les réseaux sociaux. Ces électeurs y expriment leur mécontentement et ils sont influençables. Les influences viendraient des électeurs stables et aussi par des électeurs stratégiques.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Autre tendance qui ressort du travail d&rsquo;observation effectué : du côté de l’offre électorale globale : «Il y a un échec, de la part des candidats, à développer un discours qui permet d’influencer les électeurs indécis. En effet, il n’y a pas de travail de fond pour permettre aux gens de choisir», explique-t-il.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Finalement ce constat peut-être vu de manière positive selon lui : «C’est un indicateur positif de la santé démocratique de ce pays. Face à une offre électorale globale, qui n’est pas conçue pour la clarification, et qui fait appel à des techniques immoral parfois – diffamation, sponsoring&#8230;- le citoyen tunisien se comporte comme à son habitude : il aime poser des questions, il prend son temps, il réfléchit&#8230; et il cache ce qu’il va faire.»</span></p>
<h4><b>Un phénomène difficile à appréhender</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour observer l&rsquo;activité autour des élections trois indicateurs spécifiques ont été mis en place par Mansour Ayouni.</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;"> Un </span><span style="font-weight: 400;">indicateur de présence média-social qui mesure la présence de l’acteur sur les réseaux sociaux. Ceci est corrélé par le nombre de “like” sur les publications et non pas la largeur de la communauté. </span><span style="font-weight: 400;"> </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">Un </span><span style="font-weight: 400;">indicateur d’influence média-social: la capacité d’un acteur présent sur les réseaux sociaux à faire “bouger la toile” et ramener les internautes avec lui. C’est l’indicateur le plus important. </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">Un indicateur de performance: qui mesure la capacité d’un acteur à publier du contenu qui va devenir viral et faire bouger la toile.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais pour l&rsquo;enseignant-chercheur sociologue des médias Enrique Klaus, le phénomène de la communication et de l’influence sur les réseaux sociaux est difficile à appréhender. Aujourd&rsquo;hui installé en Turquie, il a passé 5 ans en Tunisie à l’IRMC, après la révolution et il a suivi de près la question de la régulation des médias traditionnels. Il explique que l&rsquo;analyse des phénomènes sur les réseaux sociaux reste compliquée pour le moment : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«On peut appréhender des pages, mais si l&rsquo;on a à faire à des groupes fermés par exemple on ne sait pas ce qu&rsquo;il s&rsquo;y dit.» </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">On ne pourrait donc qu&rsquo;appliquer une méthode quantitative pour le moment. De même, il souligne la difficulté de se pencher sur Twitter, où à l&rsquo;échelle humaine, tenter de récupérer les données sur un hashtag par exemple serait un travail titanesque. Les retweets et les commentaires qui s&rsquo;y rajoutent rendent la tâche encore plus difficile.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si ATIDE a expliqué s&rsquo;être concentrée sur des pages et des groupes actifs, la mission d&rsquo;observation de l&rsquo;UE n&rsquo;a pas souhaité expliquer sa méthodologie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi, il semble que l&rsquo;observation des réseaux sociaux lors des campagnes électorales se fait de manière aléatoire, dans un moment où des efforts coordonnés, avec une méthodologie partagée, pourrait peut-être permettre plus d&rsquo;efficacité pour comprendre le phénomène.</span></p>
<h4><b>Un phénomène à encadrer ?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Un phénomène que les différents observateurs souhaitent voir encadré. L&rsquo;ATIDE a ainsi <a href="https://directinfo.webmanagercenter.com/2019/10/16/tunisie-atide-appelle-a-la-mise-en-place-dun-cadre-juridique-relatif-a-la-propagande-politique-sur-les-reseaux-sociaux/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">appelé l&rsquo;ISIE et l&rsquo;ARP</a> à la mise en place d&rsquo;</span><span style="font-weight: 400;">un cadre juridique décisif et global concernant la propagande et la publicité sur les réseaux sociaux.</span><span style="font-weight: 400;">  </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«Je pense qu’il est temps de mettre tous les outils pour voir ce qui se passe sur les réseaux sociaux et pouvoir contrer les manipulations : il faut faire de l’analyse et de la prévention» explique M. Mâater.</span></p></blockquote>
<figure id="attachment_4373" aria-describedby="caption-attachment-4373" style="width: 770px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4373 size-large" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-900x449.jpg" alt="" width="770" height="384" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-900x449.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-450x225.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-768x383.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-370x185.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-270x135.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman-740x370.jpg 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/MOE-UE-Castaldo-TNELEC-Barralaman.jpg 3835w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /><figcaption id="caption-attachment-4373" class="wp-caption-text">Le chef de la MOE UE, Fabio Massimo Castaldo, le jour des élections législatives, dans le bureau de vote de la rue de Marseille à Tunis. Crédit : Sana Sbouaï</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Un avis partagé par Fabio Massimo Castaldo de la MOE UE qui souligne tout de même l&rsquo;aspect global de ce phénomène «C&rsquo;est un phénomène mondial, il n&rsquo;y a pas de pays qui a une réglementation spécifique. Mais cela devrait faire l&rsquo;objet d&rsquo;une réflexion entre les rives de la méditerranée. Car il y a un impact de plus en plus fort. Il faut réfléchir à ce point, sans tomber dans la contre-propagande. C&rsquo;est un équilibre délicat. Je pense qu&rsquo;il faut partager les expériences, pour réussir à mettre en place une réglementation, mais sans mettre en place une censure à la liberté d&rsquo;expression des individus, qui est le sel de la démocratie.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De son côté, Mansour Ayouni ne partage pas cette position et considère qu&rsquo;il est impossible de contrôler le sponsoring sur les réseaux sociaux et que c&rsquo;est le comportement de l&rsquo;électeur qui doit être accompagné pour qu&rsquo;il puisse se prémunir contre la manipulation. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«C</span><span style="font-weight: 400;">ette sphère médiatico-sociale va s’auto-réguler : la loi serait inefficace, car inapplicable, sur un phénoméne incontrôlable. Les fake news existeront en ligne car elles existent dans la société. C’est la vulgarisation des usages qui va permettre la régulation. Ce n’est pas le contrôle. Il faut continuer à vulgariser l&rsquo;usage des réseaux sociaux.»</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Finalement, c</span><span style="font-weight: 400;">&lsquo;est l&rsquo;offre politique qui ne serait pas à la hauteur «face à ça la micro-société présente sur les réseaux sociaux et qui fait preuve d’une dynamique extrêmement intéressante», souligne-t-il. Par conséquent, il faudrait faire confiance aux électeurs qui sont sur les réseaux sociaux: malgré ce que l&rsquo;on peut croire ils ne s&rsquo;en laisseraient pas compter.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Reste qu&rsquo;ils ont beau faire partie du quotidien, les réseaux sociaux sont avant tout des entreprises qui offrent une liberté d&rsquo;échange aux internautes, mais cette offre est indéniablement intéressée. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on a pu voir lors de différentes élections dans la monde, aux USA pour l&rsquo;élection de Trump, comme au Royaume-Uni pour le Brexit. Leur capacité d&rsquo;influence n&rsquo;est donc pas à minimiser et il semble primordial de mieux comprendre les possibilités qu&rsquo;ils offrent pour mieux pouvoir l&rsquo;expliquer aux internautes.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/reseaux-sociaux-lieu-bataille-politique-tunisie-election/">Les réseaux sociaux: lieux de bataille politique</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Sécurité alimentaire en Tunisie : « On ne peut pas rester les bras croisés »</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/tunisie-securite-alimentaire-etat-des-lieux-fr/</link>
					<comments>https://www.researchmedia.org/tunisie-securite-alimentaire-etat-des-lieux-fr/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2019 17:19:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La sécurité alimentaire est une notion très large, qui prend en considération toute la chaîne alimentaire. Selon le Global Food Security Index, un classement dressé par un magazine anglais, la Tunisie occuperait la 51° position sur 113 pays en 2018. Alors que la société civile exprime son inquiétude quant à la situation du pays, les responsables politiques tunisiens semblent à peine prendre conscience de la situation du pays et des actions à mettre en place.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Alors que l’été battait son plein le Groupe d&rsquo;experts intergouvernemental sur l&rsquo;évolution du climat, plus communément appelé GIEC, publiait son<a href="https://www.ipcc.ch/report/srccl/"> 5e rapport</a>. Ce travail, qui est fondé sur les publications scientifiques et techniques actuelles, met cette fois-ci en avant la question de la sécurité alimentaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour la représentante du WWF, le <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/08/08/la-securite-alimentaire-au-defi-du-rechauffement-le-rapport-du-giec-adopte_5497560_3244.html">texte</a> souligne “</span><i><span style="font-weight: 400;">que la façon dont nous utilisons les terres n’impacte pas seulement le climat, mais la capacité des terres à fournir les moyens d’existence aux gens, à la nature et à la biodiversité.</span></i><span style="font-weight: 400;">” </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Tunisie, ce risque de manque existe déjà à des échelles diverses. Il y a un an la « crise du lait » battait son plein. La vente de briques de lait était rationnée et les rayons réfrigérés des magasins ne proposaient plus de beurre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les consommateurs avaient alors dû se résoudre à consommer autrement et s&rsquo;adapter. Cette situation de pénurie avait été présentée comme exceptionnelle, alors même qu&rsquo;elle pourrait devenir une réalité plus fréquente et toucher différents produits alimentaires. Car elle est une conséquence directe de la manière dont la terre est utilisée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette crise</span> <span style="font-weight: 400;">est une parfaite illustration de l&rsquo;état de la sécurité alimentaire dans le pays, pour Karim Daoud, éleveur et président de <a href="http://www.synagri-tunisie.org/fr/accueil/">Syndicat des agriculteurs</a> de Tunisie,</span><span style="font-weight: 400;"> syndicat qui a vu le jour en 2012. « La filière laitière est un colosse aux pieds d&rsquo;argile : nous importons des animaux, que nous sommes incapables de produire en Tunisie&#8230; Nous importons également leur alimentation&#8230; dont nous ne maîtrisons pas les coûts, qui évoluent sur le marché mondial, si bien que le coût de production en Tunisie augmente, mais pas celui de la vente, alors les <a href="https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/tunisie-les-eleveurs-pris-la-gorge-par-la-crise-du-lait">producteurs sont pris à la gorge</a>, abattent leurs vaches, les vendent&#8230; » et c&rsquo;est ainsi que le lait est venu à manquer sur le marché tunisien. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cet exemple n&rsquo;est qu&rsquo;une des multiples entrées qui permettent de saisir la notion de sécurité alimentaire, qui en réalité, est une question de sécurité tout court.  </span></p>
<h4><b>Toute la chaîne alimentaire est concernée</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand on pense « sécurité alimentaire », il ne s&rsquo;agit pas simplement de penser en terme de pénurie ou de crise sanitaire, comme cela peut être le cas lorsque des aliments avariés se retrouvent en vente par exemple. Cette notion concerne</span> <span style="font-weight: 400;">toute la chaîne alimentaire : production, commercialisation et consommation. De la graine plantée, à l&rsquo;argent qu&rsquo;il faut pour l&rsquo;acheter, à l&rsquo;eau pour l’arroser, à la publicité pour la nourriture, au quota nutritionnel, aux maladies en lien avec ce que nous ingurgitons&#8230;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité alimentaire se jauge à l&rsquo;aune de quatre dimensions :  la disponibilité, l&rsquo;accès, l&rsquo;utilisation et la stabilité. Des dimensions qui ont été définies en 1996 lors du <a href="http://www.fao.org/wfs/index_fr.htm">Sommet mondial de l&rsquo;alimentation</a> à Rome, et qui dépendent de nombreux facteurs. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De manière générale, la disponibilité des denrées alimentaires ne pose pas de problème en Tunisie, selon l&rsquo;Observatoire national</span> <span style="font-weight: 400;">de l&rsquo;agriculture (ONAGRI). L&rsquo;accès physique, lui, est quasiment assuré sur tout le territoire, mais la question de la barrière économique se pose de plus en plus du fait de l&rsquo;inflation et de la baisse du pouvoir d&rsquo;achat, rendant certaines denrées inaccessibles pour certains citoyens. La question de l&rsquo;utilisation, elle, est impactée par les changements dans les habitudes alimentaires, qui sont de plus en de plus éloignées du régime traditionnel tunisien. Ce à quoi s&rsquo;ajoute cette forte tendance au gaspillage alimentaire. Enfin, la stabilité pourrait subir les effets</span> <span style="font-weight: 400;">de la situation géopolitique et des changements de possibilités d&rsquo;importation de denrées alimentaires, toujours selon l&rsquo;ONAGRI.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon l&rsquo;indice de sécurité alimentaire mondiale « <a href="https://foodsecurityindex.eiu.com/Country/Details#Tunisia">Global Food Security Index</a> », un classement mis en place par le magazine anglais The Economist, et qui examine les questions fondamentales de l&rsquo;accessibilité, la disponibilité, la qualité et la sécurité des aliments, en 2018 la Tunisie se classe à la 51ème position sur 113 pays et son score global est de 60,9/100.</span><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">Un score qui montre que des actions doivent être menées dans le pays, notamment en prévision des impacts du changement climatique et de la raréfaction des ressources naturelles. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Chacune des quatre dimensions définissant la sécurité alimentaire couvre des réalités qui finissent par balayer tout le système dans lequel nous vivons : la production agricole, les ressources naturelles, le climat, la répartition foncière, les voix de distribution des denrées alimentaires, les importations, les exportations, l&rsquo;inflation, les habitudes alimentaires, le commerce, la santé, les épidémies, la stabilité géopolitique&#8230;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Karim Daoud explique ainsi que la notion de sécurité alimentaire est une notion qui « se construit », en assurant la mise en place d’actions qui permettent de stabiliser ces différentes dimensions. Ce n&rsquo;est pas une notion fixe que l&rsquo;on peut atteindre de manière définitive.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Elle touche à la question de la durabilité, des ressources naturelles, à une réflexion profonde sur les modèles de développement de l&rsquo;agriculture de demain et au même temps elle touche à la question de l&rsquo;autonomie&#8230; » explique-t-il.</span></p></blockquote>
<h4><b>D&rsquo;autres pénuries sont à craindre</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Si la crise du lait n&rsquo;a duré qu&rsquo;un temps, pour Karim Daoud, la situation de la Tunisie n&rsquo;est pas pour autant au beau fixe : « Il ne faut pas croire que ces situations vont se réduire : il y a de plus en plus de monde sur la planète, de plus en plus de conséquences du réchauffement climatique, de plus en plus de crises&#8230; »</span></p>
<p>M. Daoud, comme d&rsquo;autres acteurs de la société civile tunisienne, se dit inquiet quant à la situation de la sécurité alimentaire en Tunisie, au regard de l&rsquo;état de l&rsquo;agriculture notamment. Il prend ainsi comme exemple la manière dont la filière avicole est construite en Tunisie et dresse un parallèle avec la filière laitière, puisque les bêtes comme leur alimentation et les produits phytosanitaires sont importés explique-t-il. Si bien qu&rsquo;il peut tout à fait arriver un moment où une crise des œufs et de la volaille puisse avoir lieu dans le pays.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Interrogé sur l&rsquo;action des responsables politiques, il exprime des réserves. « Il n&rsquo;y a pas de vision sur ce qui doit être fait et sur ce que l&rsquo;on veut mettre en place. Nous n&rsquo;avons pas de direction. » Et il semble en effet que les autorités n&rsquo;aient pas encore pleinement mesuré la nécessité d&rsquo;un plan d&rsquo;action global pour assurer la sécurité alimentaire du pays.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Pourtant d&rsquo;un point de vue légal, la Tunisie garantie de manière indirecte la sécurité alimentaire des citoyens à travers l&rsquo;article 21 de la Constitution :  » L’État garantit aux citoyens les libertés et les droits individuels et collectifs. Il leur assure les conditions d’une vie décente. »</span></p></blockquote>
<h4><b>Une situation préoccupante</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">En décembre 2017, le think thank tunisien <a href="http://www.ites.tn/">ITES </a></span><span style="font-weight: 400;">publié la « <a href="http://www.onagri.nat.tn/uploads/Etudes/securite%20alimentaire.pdf">Revue stratégique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Tunisie</a>« . </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La <a href="http://www.fao.org/fileadmin/templates/wsfs/docs/Issues_papers/Issues_papers_FR/L%E2%80%99agriculture_mondiale_%C3%A0_l%E2%80%99horizon_2050.pdf">publication</a> s&rsquo;ouvrait sur un état des lieux guère réjouissant de la situation. Il y est certes fait état d&rsquo;une agriculture et d&rsquo;une disponibilité alimentaire qui s&rsquo;améliorent en Tunisie. Mais la réalité d&rsquo;un monde dans lequel il faudrait, selon les chiffres de la FAO, augmenter de 70% la production mondiale pour nourrir les 9 milliards d&rsquo;êtres humains d&rsquo;ici 2050, reste un défi qui concernera</span> <span style="font-weight: 400;">également la Tunisie. Et le changement climatique, la dégradation des ressources naturelles notamment de l’eau et du sol, le manque d’investissement pour leur entretien et leur utilisation durable, sont autant de défis qu&rsquo;il faut relever, note le rapport. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La publication dresse une liste des défis de tous les secteurs concernés par la sécurité alimentaire, avant de proposer une liste de recommandations, sans qu&rsquo;elles semblent suivies d&rsquo;actions. « Pourtant les défis sont énormes, mais il y a une absence de prise en charge de la question », considère le professeur et économiste Karim Ben Kahla qui s&rsquo;est joint aux membres du think thank de l&rsquo;ITES pour rédiger la revue.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour M. Ben Kahla il existe des lacunes du point de vue des responsables politiques et il n&rsquo;y a pas réellement de prise de conscience de la part des autorités.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Ma peur c&rsquo;est que nous soyons soit dans le déni, soit dans la panique, face à la notion de sécurité alimentaire. Il y a un déni car on ne regarde pas les problèmes en face. Mais j&rsquo;ai peur que l&rsquo;on passe du déni à la panique. »</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors les Tunisiens vont-ils mourir de faim?</span> <span style="font-weight: 400;">« Non, ce n&rsquo;est pas comme ça que ça se passe. C&rsquo;est une mort lente, avec des catastrophes naturelles de plus en plus rapprochées et de plus en plus fortes », juge-t-il.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Les défis ont cet aspect systémique : quand on pose la question de la sécurité alimentaire : tout dépend de tout. La formation, l&rsquo;agriculture, l&rsquo;inflation, le climat, la santé, la nourriture&#8230; c&rsquo;est un système en soi », explique le professeur. </span></p>
<h4><b>Un début d&rsquo;action publique ?</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Face aux défis que la Tunisie va devoir relever pour assurer la stabilité alimentaire, l&rsquo;Observatoire National de l&rsquo;Agriculture <a href="http://www.onagri.nat.tn/conjonctures">(ONAGRI)</a> lui s&rsquo;est mis au travail. Cet établissement public a vu le jour en 1999, avec pour but de collecter et diffuser des informations sur l&rsquo;agriculture et la pêche. Sur leur site la sécurité alimentaire a une entrée dédié, preuve que cette notion est prise en compte. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En janvier 2018 le ministère de l’agriculture et des ressources hydraulique relative à la création d’une commission technique nationale chargée de préparer une <a href="http://www.onagri.nat.tn/conjonctures#c-14">étude prospective</a> sur la sécurité alimentaire et le développement de l’export à l’horizon 2030.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette étude prospective a été lancée et un comité de travail mis en place, explique Nachaat Jaziri,  sous-directrice de l&rsquo;ONAGRI dans son bureau, accompagnée de sa collègue Sonia Dridi. Plusieurs réunions ont permis aux intervenants de <a href="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Rapport-vf_secutirt%C3%A9-alimentaire.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">poser un scénario</a> qui collerait le plus aux évolutions possibles de la situation tunisienne, afin de s&rsquo;accorder sur les stratégies à mettre en place, explique-t-elle. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« On ne peut pas rester les bras croisés à attendre. La situation est là, notre rôle à l&rsquo;observatoire c&rsquo;est de trouver des solutions », explique Nachaat Jaziri.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Il y aurait donc une timide prise de conscience au sein du ministère de l&rsquo;Agriculture de l&rsquo;importance d&rsquo;agir sur cette question.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D&rsquo;autant plus que la Tunisie fait partie du programme “<a href="https://unictunis.org.tn/files/2017/10/brochure-ODD-TN.pdf">Transformer notre monde</a> : le programme de développement durable à l’horizon 2030”, qui pose des objectifs de développement durable clairs, comme le fait d&rsquo;assurer une stabilité de la sécurité alimentaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais il semble que la prise de conscience vienne avant tout de la société civile car</span> <span style="font-weight: 400;">après l&rsquo;ITES et le Synagri, c&rsquo;est le Forum Tunisiens des Droits Économiques et Sociaux qui a organisé un <a href="https://www.flehetna.com/fr/ftdes-annd-atelier-de-travail-sur-le-droit-lalimentation-le-22-mars-2019">atelier de travail sur le droit à l&rsquo;alimentation</a> en mars dernier. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A la fin du mois de juin 2019 une <a href="https://www.flehetna.com/fr/oit-conference-sur-lingenierie-et-la-securite-alimentaire-les-24-et-25-juin-2019">conférence sur l&rsquo;ingénierie et la sécurité alimentaire</a> a été organisée à Tunis. </span><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;idée était de mettre en commun les contributions du monde de l&rsquo;ingénierie pour renforcer la sécurité alimentaire en Afrique et de proclamer une déclaration sur la sécurité alimentaire vue par les ingénieurs. Une initiative émanant de la société civile qui semble finalement être la force motrice de la réflexion sur cette question. </span></p>
<h4><b>La sécurité alimentaire : une question hautement politique</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité alimentaire, puisqu&rsquo;elle concerne toute la chaîne alimentaire, permet d&rsquo;assurer la sécurité d&rsquo;un pays et ouvre une réflexion sur tout le système dans lequel nous vivons. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Karim Ben Kahla la notion est complexe et demande une vision large de la part des responsables politiques, permettant d&rsquo;agir sur toutes les variables. Le fait est, selon lui, que pour le moment chacun semble appréhender cette notion avec son prisme et donc de manière restreinte. « Or il faut agir à tous les niveaux : les écoles, les familles, les médias&#8230; modifier la publicité alimentaire, la consommation, repenser la stratégie pour l&#8217;emploi, relancer l&rsquo;agriculture.</span><span style="font-weight: 400;"> » Un chantier énorme, qui demande donc d&rsquo;être capable de repenser tout le système dans lequel nous vivons et concilier des propositions qui se posent en extrême, tout en prenant réellement en compte la situation environnementale et les efforts qui doivent être faits pour préserver la planète.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais si l’on élargit encore le regard posé sur cette question, on voit que face à cette question de la production de denrées alimentaires des visions du monde s’affrontent. En effet, la notion de sécurité alimentaire est hautement politique. Elle interroge directement les choix de société fait par les responsables politiques et le positionnement idéologique adopté face au monde globalisé et au système de marché.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi en réponse, la notion de souveraineté alimentaire permet d’appréhender autrement les notions de sécurité et insécurité alimentaire, et interroge la manière dont un pays produit des denrées alimentaires et se soucie de la survie de sa population. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour M. Ben Kahla, en ce moment en Tunisie, il y aurait d&rsquo;un côté, les tenants de l&rsquo;idée d&rsquo;un marché sans agriculture, pour lesquels il suffirait d&rsquo;importer toutes les denrées alimentaires dont nous pouvons avoir besoin. D&rsquo;un autre côté, il y aurait les tenants de l&rsquo;idée de ne produire des denrées alimentaires qu&rsquo;en autosuffisance et d&rsquo;avoir une agriculture sans marché. Deux postures qui découlent de visions politiques du monde qui mettent face à face sécurité alimentaire et souveraineté alimentaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or il semble que la situation environnementale de la Tunisie ne laisse que peu de place au débat idéologique et oblige à avancer sur des solutions pratiques. </span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/tunisie-securite-alimentaire-etat-des-lieux-fr/">Sécurité alimentaire en Tunisie : « On ne peut pas rester les bras croisés »</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Présidentielle: le poids du choix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2019 17:16:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dimanche 13 octobre, les Tunisiens ont élu un nouveau président de la République, après des semaines à devoir&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Dimanche 13 octobre, les Tunisiens ont élu un nouveau président de la République, après des semaines à devoir choisir, au rythme d’une campagne improbable. Un choix compliqué à arrêter.</em></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les jeux sont faits. Kaïs Saïed a été élu président, une nouvelle assemblée va prendre place, il ne reste plus qu’à former un gouvernement. La Tunisie est arrivée au bout de son marathon électoral, non sans difficulté pour les électeurs. Il aura d’abord fallu s’y retrouver dans la foule des 26 candidats qui se sont présentés au premier tour de la présidentielle le 15 septembre dernier, puis faire un choix entre deux profils étonnants ce dimanche 13 octobre.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De ce vote indécis au premier tour, les Tunisiens sont passés à un vote massif en faveur de Kaïs Saïed pour le second tour. Il a récolté 72% des voix selon les résultats préliminaires officiels, ce dimanche face à Nabil Karoui. Mais si les jeunes lui ont fourni un vote d’adhésion (90% des jeunes inscrits auraient voté pour lui selon Sigma Conseil), d’autres électeurs ont eu du mal à faire un choix, jusqu’à la dernière minute. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur les réseaux sociaux, les débats n’en finissaient plus. Il fallait voter pour l’un ou pour l’autre, contre l’un ou l’autre, il fallait voter blanc ou s’abstenir, alors que sur le terrain la question semblait plus apaisée. Comme le débat dans lequel se sont lancés Marwan et Abir, deux jeunes fiancés de 28 ans, projettant chacun de voter pour un candidat différent. Lui pour Saïed et elle pour Karoui. Le couple s&rsquo;est rendu ensemble vendredi soir sur l&rsquo;avenue pour assister aux rassemblements organisés pour chacun des candidats et chemin faisant ils exposent chacun leurs arguments, tout en continuant à se tenir par la main.</span></p>
<figure id="attachment_4336" aria-describedby="caption-attachment-4336" style="width: 503px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4336 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-450x213.jpg" alt="" width="503" height="238" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Kais-president-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 503px) 100vw, 503px" /><figcaption id="caption-attachment-4336" class="wp-caption-text">Rassemblement en faveur de Kais Saied au dernier jour de campagne. Avenue Habib Bourguiba le 11 Octobre 2019 (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<h4><b>Fin de campagne</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour comprendre le vote de dimanche, il faut remonter à cette fin de campagne éclair, qui aura duré 48 heures, après la libération du candidat Nabil Karoui mercredi 9 octobre. Le candidat à la présidentielle avait été emprisonné le 23 août pour suspicion de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Son absence de la campagne présidentielle avait été source de tensions et de fatigue pour les électeurs qui ont dû, en plus, voter trois fois en moins d’un mois. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est la mini campagne des deux candidats et les conséquences de cette campagne ponctuée d’un scrutin pour les législatives, qui auront permis à de nombreux électeurs de faire un choix. En effet tous n&rsquo;étaient pas forcément convaincus par la victoire de Kais Saied lors du premier tour. Le candidat avait obtenu 18,4% des voix contre 15,6% pour Nabil Karoui. Au second tour, l’écart s&rsquo;est creusé en faveur de Kais Saied, qui a remporté 72,71% des voix,  contre 27,29% pour Nabil Karoui, selon l&rsquo;instance supérieure et indépendante pour les élections (ISIE).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vendredi soir sur l&rsquo;avenue Bourguiba, pour clore la campagne, il y avait deux camps bien distincts : les pro-Saïed et les pro-Karoui. Chacun à un bout de l&rsquo;avenue, le tout dans l’ambiance bon enfant d’une soirée de fin de semaine. Dès 17h, les partisans de l’enseignant de droit se sont retrouvés devant le théâtre municipal, entonnant l&rsquo;hymne national, chants et discours d’ouverture, appelant les Tunisiens de tous bords “de droite, de gauche, croyants, athés…” à se joindre au mouvement .</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A l&rsquo;extérieur des barrières qui délimitent un périmètre autour de l’estrade, Sameh, 23 ans, presse le pas. Cette étudiante en licence est venue au rassemblement car elle a vu l&rsquo;annonce de dernière minute sur Facebook. “Moi je suis pour Kaïs Saïed depuis le début. Son programme me plait.” La jeune femme fait partie de la masse de jeunes électeurs qui a voté pour le constitutionnaliste dès le premier tour.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ahmed, 29 ans, informaticien de Siliana, travaille à Tunis et fait les voyages tous les jours. Avant d’aller prendre un louage pour rentrer chez lui, il a voulu faire un passage rapide par le rassemblement. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Au premier tour, j&rsquo;étais pour Safi Saïd. Puis, j&rsquo;ai encore voté pour lui aux législatives. Mais là, je vais voter pour Kaïs Saïed dimanche. Je suis contre Nabil Karoui. Il n&rsquo;est pas clair. Tous les jours, il a des affaires qui sortent sur les réseaux sociaux. Kaïs Saïed n&rsquo;a pas ce genre de problèmes.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">N&rsquo;a-t-il pas peur d&rsquo;être déçu si son candidat ne tient pas ses promesses ? “Non ! Les législatives ont tout décidé, c&rsquo;est Ennahda qui a remporté le plus de sièges. Moi, je pense qu&rsquo;il faut revenir à un régime présidentiel, avec un homme fort qui gouverne.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Est-il nostalgique ? “Bon, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;au temps de Ben Ali, il y avait des gens qui allaient en prison. Mais au moins, il n&rsquo;y avait pas Ennahda. Et on vivait…”</span></p>
<figure id="attachment_4335" aria-describedby="caption-attachment-4335" style="width: 505px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4335 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-450x213.jpg" alt="" width="505" height="239" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/karoui-president-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 505px) 100vw, 505px" /><figcaption id="caption-attachment-4335" class="wp-caption-text">Drapeau avec slogan « Nabil Karoui président! », tenu par une citoyenne venue écouter le candidat sur l&rsquo;avenue Bourguiba le 11 Octobre 2019. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">A l&rsquo;autre bout de l&rsquo;avenue, Tawfik, tout juste retraité de l&rsquo;univers juridique, n&rsquo;est pas du tout d&rsquo;accord. Il est installé sur un banc avec sa femme, dans le périmètre réservé au rassemblement pour Nabil Karoui. “Kaïs Saïed n&rsquo;a pas l&rsquo;étoffe d&rsquo;un leader. Moi, mon choix c&rsquo;est Karoui depuis le départ. Lui, il sait diriger une entreprise, il a de l&rsquo;expérience, il sait comment mener des hommes. Et puis, Kaïs Saied ne sait même pas communiquer ! Bon Karoui aussi, il doit s&rsquo;améliorer un peu. Mais Kaïs Saïed ne parle même pas en tunisien !” dit-il en faisant référence à la marque de fabrique du candidat juriste qui s’exprime toujours en arabe littéraire, aussi bien dans les amphithéâtres universitaires que lors de ses interventions télévisées. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus loin, Nouha, la vingtaine, une jeune femme vivant dans un quartier populaire, insiste:</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;"> “Karoui va résoudre nos problèmes de pauvreté. C’est pour lui qu’il faut voter!” </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec une amie, elle attend avec impatience de voir son candidat apparaître. Nabil Karoui finira par arriver vers 19h. La foule bigarrée applaudit, crie. Le candidat s’adresse à elle, en reprenant les mêmes idées : “nourrir nos enfants, avoir un toit sur la tête…”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quelques heures plus tard, les deux hommes se sont retrouvés dans un face à face télévisé pour un débat organisé par l’association Munathara, en direct sur plusieurs chaînes. Un moment de télévision historique qui a drainé 6,4 millions de téléspectateurs toutes chaines tunisiennes confondues. Il a été le sujet de toutes les discussions du samedi précédent l’élection. En ce jour de silence électoral pour les candidats et les médias, le “Facebook tunisien” était rythmé par les statuts et commentaires autour du second tour. </span></p>
<h4><b>Le débat : un tournant dans la campagne</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce débat a permis à certains citoyens d’y voir plus clair, notamment ceux qui n’étaient pas forcément dans les meetings des deux candidats vendredi soir ou qui avaient suivi la campagne de loin, via ses rebondissements et tractations politiques autour de l’affaire d Nabil Karoui. </span></p>
<figure id="attachment_4334" aria-describedby="caption-attachment-4334" style="width: 496px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-4334" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-450x213.jpg" alt="" width="496" height="235" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/hedi-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption id="caption-attachment-4334" class="wp-caption-text">Hédi Hedfi, jeune étudiant en sciences juridiques de 21 ans et membre du bureau de vote de la rue de Marseille. Tunis, 13 Octobre 2019. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est ce qu’assure Hédi Hedfi, jeune étudiant en sciences juridiques de 21 ans et membre du bureau de vote de la rue de Marseille, dimanche 13 octobre. “J’ai regardé le débat vendredi soir au café, rue du Ghana dans mon quartier. Les jeunes faisaient des blagues sur les candidats, applaudissaient, réagissent à ce qui était dit. Il y en avait qui ne voulaient pas voter et qui après le débat m’ont dit qu’ils y voyaient plus clair et qu’ils allaient finalement aller voter.”</span><span style="font-weight: 400;">Hédi est donc convaincu de l’apport positif du débat. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Zied Zahar, directeur commercial dans une clinique privée de la capitale, est un peu moins enthousiaste. Ce père de famille est venu voter dans son quartier de l’Ariana mais alors qu’il rentre dans le centre de vote, il n’est encore sûr de rien : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Peut-être que je vais changer d’avis, peut-être même que je vais voter blanc une fois dans l’isoloir. J’aurais aimé que ce soit un vrai débat, que les candidats présentent d’abord leurs programmes, et que par la suite, les journalistes les questionnent.” </span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le candidat pour lequel il a voté au premier tour a été éliminé, il a donc dû se résoudre à un choix difficile, “à un vote utile”, le débat lui ayant permis de mieux cerner les candidats et de l’éclairer à “30%” environ.</span></p>
<h4><b>Vote blanc et abstention</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L’abstention aura fortement marqué les scrutins, même si pour le troisième et dernier rendez-vous électoral, les Tunisiens se sont un peu plus mobilisés avec un taux de participation qui frôle les 58%. Lors de l&rsquo;élection présidentielle de 2014, il avait dépassé les 60%. Cette année, l’abstention et le vote blanc ont été l’objet de nombreuses discussions.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Talel Ksiksi, informaticien freelance à Médenine, vote blanc comme toute sa famille. Aucun des deux candidats ne lui convient: </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Je vais me déplacer pour mettre faire un bulletin blanc dans l’urne. Et j’espère que nous serons nombreux pour que cela soit réellement pris en considération dans le résultat électoral.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le débat de vendredi soir a-t-il éclairé l’opinion selon lui? “J’avais encore un peu d’espoir avant que le débat ne débute, mais au final, c’était encore pire. L’un des candidats me semble être presque stupide, l’autre dit ne pas avoir d’idée et vouloir s’en remettre aux jeunes&#8230;” Alors pour marquer son désaccord, il boycottera les deux profils.</span></p>
<figure id="attachment_4332" aria-describedby="caption-attachment-4332" style="width: 499px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4332 " src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-450x213.jpg" alt="" width="499" height="236" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-450x213.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-768x364.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-900x426.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-370x175.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-270x128.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/10/Court-Article-choix-de-vote-740x351.jpg 740w" sizes="(max-width: 499px) 100vw, 499px" /><figcaption id="caption-attachment-4332" class="wp-caption-text">Ecole primaire et centre de vote Rue de Marseille. 13 Octobre 2013. (Sana Sbouai)</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une démarche de rejet encore plus prononcée, Mehdi Bel Hadj Aïssa, lui, ne vote pas. Il a publié un statut Facebook pour expliquer sa démarche :</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> “J&rsquo;ai longtemps hésité entre les deux, vote blanc ou abstention, ça sera abstention pour moi. Je ne suis pas serein à l&rsquo;idée de laisser un bulletin vierge au pays des magouilleurs. </span><span style="font-weight: 400;">Et puis, je pense que finalement l&rsquo;abstention aura plus de visibilité au niveau des chiffres. C&rsquo;est triste quelque part de se dire que je suis descendu dans la rue un jour pour revendiquer un droit dont je vais pas profiter aujourd&rsquo;hui. Mais la classe politique est aussi à l&rsquo;image d&rsquo;une grande partie du pays, sale, tricheuse et corrompue&#8230; On récolte ce qu&rsquo;on sème après tout.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce consultant de 36 ans n’était pas convaincu par les deux candidats et en plus, ne fait pas confiance aux institutions, et craint que quelque coche une case sur son bulletin vierge . Il a voté au 1er tour et aux législatives, mais les candidats du second tour ne portent pas les valeurs auxquelles il croit. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Si le vote blanc avait un sens et était comptabilisé alors je me serais peut-être déplacé.” Dans son entourage l’abstention prend le dessus également.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Plusieurs pages Facebook ont appelé d’ailleurs pendant le scrutin à comptabiliser le vote blanc lors de ce scrutin pour qu’il soit considéré comme un “geste politique”. D’après l’ISIE, plus de 26 000 votes blancs ont été dénombrés pour le scrutin des législatives. L&rsquo;instance en a dénombré plus de 15 000 pour le second tour de la présidentielle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est pourtant, portés par cette envie de lutter contre les “magouilles” que de nombreux Tunisiens ont donné leur voix à Kaïs Saïed. Un choix évident pour certains, compliqué pour d’autres, de résignation parfois. Mais un choix, tout de même, fait en toute liberté.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur l&rsquo;avenue Bourguiba dimanche soir, l&rsquo;ambiance était à la fête. Les citoyens sont sortis pour célébrer la victoire de Kaïs Saïed pour certains, le simple fait que cette élection ait été menée jusqu&rsquo;au bout sans bévue. Chants, klaxons, drapeaux, accolades. Kaïs Saïed l&rsquo;a promis : il sera le président de tous. </span></p>
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		<title>La société civile amère face aux élections</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Oct 2019 17:46:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[Société civile]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Egalité entre les citoyens, accès à la justice… les associations tunisiennes auraient aimé que ces questions de fond&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 40px;"><em>Egalité entre les citoyens, accès à la justice… les associations tunisiennes auraient aimé que ces questions de fond émergent lors des élections. Cela n’aura pas été le cas. Une déception qui s’ajoute au fait que leur travail a été récupéré par les politiques, qui ont imposés des débats superficiels.</em></p>
<p><span style="font-weight: 400;">“Le résultat du premier tour des présidentielles n’a rien de surprenant. En réalité, c’est une réponse de la population face à l’inaction des responsables au pouvoir depuis 2011.” Abderrahmane Hedhili, président du FTDES pourrait avoir l’air résigné, pour autant ce militant de longue date sait parfaitement que les batailles pour changer une société se mènent  sur le temps long. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dimanche 15 septembre, les Tunisiens ont voté lors du premier tour des présidentielles pour l’enseignant de droit Kaïs Saïed et pour l’homme d’affaires emprisonné Nabil Karoui. Deux hommes aux profils opposés aux habitués du sérail. Lors des élections législatives du 6 octobre, c’est un parlement morcelé qui est apparu. Avec encore une fois, un fort taux d’abstention pour ce scrutin et une sanction contre les partis installés.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les candidats ayant une carrière politique ont été écartés lors de la présidentielle, et pour Alaa Talbi, du FTDES, ce vote sanction, doublé d’une forte abstention, s’explique facilement : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“Nous avons aujourd’hui une population épuisée, après toutes les promesses fictives entendues pendant les précédentes élections, après les visites occasionnelles et opportunistes des candidats. Il y a une déception totale de la population et l’émergence d’une nostalgie de l’avant 2011.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais ce qui inquiète surtout les militants associatifs c’est de voir que les questions sur les droits et libertés n’étaient pas à l’ordre du jour. Pourtant, depuis 2011 de nombreux acteurs de la société civile travaillent à mettre en place une société plus juste en Tunisie. Les élections de cet automne représentent un moment de cristallisation de ce combat. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que le débat identitaire a cette fois été écarté, c’est la question de la situation économique et sociale qui a pris le dessus, mettant de côté des sujets comme l&rsquo;accès à la justice, l’égalité entre les citoyens, la lutte pour l’intégrité des responsables politiques, la lutte contre les abus et les mauvaises pratiques de la dictature. En lieu et place de quoi les candidats se sont concentrés sur des questions importantes pour les citoyens, mais moins décisives quant au modèle de société à mettre en place.</span></p>
<h4><b>Le travail de fond des associations récupéré par les candidats </b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Au début du mois d’octobre a eu lieu une conférence de presse pour lancer la campagne “</span><a href="http://laroujou3.com/"><span style="font-weight: 400;">La roujou3</span></a><span style="font-weight: 400;">” (</span><i><span style="font-weight: 400;">Plus jamais</span></i><span style="font-weight: 400;">) et présenter une</span> <span style="font-weight: 400;">analyse de l’offre des partis politiques et des candidats aux élections législatives à propos de la  justice transitionnelle, ainsi que les résultats d&rsquo;une </span><a href="http://laroujou3.com/sondage/"><span style="font-weight: 400;">enquête de perception</span></a><span style="font-weight: 400;"> nationale sur la Justice Transitionnelle. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Seif Ben Tili, de Bawsala, association membre de cette campagne au côté du FTDES et de ASF, explique la non prise en compte de questions clés :</span><span style="font-weight: 400;"> “La fracture se joue du fait de la prévalence de questions sociales sur les questions sociétales. Si on fait un tour des programmes on voit que la majorité des partis évoquent de problèmes socio-économiques, si bien que les candidats qui jouent là dessus sont les premiers dans les sondages. Il est difficile de dire à une personne qui a faim de venir exercer son droit à l&rsquo;accès à la justice par exemple. Je pense que cet aspect économique et important, mais il faut aussi pousser pour que les droits fondamentaux aient une prévalence sur d’autres questions en politique.”</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">La société civile, entendue comme force de pression non-gouvernementale qui agit pour influencer les politiques gouvernementales, a permis en Tunisie de dresser un état des lieux de la situation vécue par la population dans toute sa diversité et faire émerger des batailles pour les droits et les libertés individuelles qui n’avaient que peu de place avant la révolution.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cet état des lieux aurait été absorbé par les candidats pour construire un discours populiste, sans que les questions de droits et de liberté n’émergent. Une tactique politicienne pour Seïf Ben Tili : “La période électorale est le moment de cristallisation des questions décisives : les politiciens commencent à attirer les gens via des questions économiques et cela permet d’échapper à d’autres questions qui gênent ou qu’ils ne veulent pas traiter.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alaa Talbi, du FTDES, va plus loin : </span><span style="font-weight: 400;">“A la fin on a l’impression que le travail de terrain de la société civile donne, comme résultat, un second tour entre Kais Saied et Nabil Karoui. Sont-ils les meilleurs profils pour récupérer cette masse (NDLR : de votants), je me pose la question. Mais en attendant il faut constater qu’ils étaient les seuls à s’adresser aux différentes catégories de la population. Et cette situation est en partie la faute des grands partis politiques.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">M. Talbi ne s’étonne pas que les candidats n’adressent pas les questions d’équité et d’égalité, alors même que la population se dit intéressée par ces sujets. Ainsi dans le sondage dévoilé dans le cadre de “La roujou3” 50% des Tunisiens interrogés disaient vouloir un Président de la République intègre. “Mais nous avons pour l’instant un des candidats au second tour qui est emprisonné dans une enquête pour suspicion de blanchiment et d’évasion fiscale. Je pense que cela marque le gouffre qui existe entre les besoins et attentes des citoyens et ce que la classe politique propose”, continue M. Talbi.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si les principes défendus par la société civile semblent ne pas encore avoir été intégrés par les candidats pour l’instant, celà ne signifie pas qu’il faut se résigner. </span><span style="font-weight: 400;">Gabriele Reiter, directrice du bureau de l&rsquo;Organisation Mondiale Contre la Torture à Tunis, qui se bat pour que les pratiques du passé disparaissent, tempère le sentiment général : « 2011-2019 c&rsquo;est beaucoup trop court. En Europe de l&rsquo;Est, en Amérique Latine pour changer les choses il a fallu des générations.</span><span style="font-weight: 400;"> Cela</span><span style="font-weight: 400;"> prend du temps. » Selon elle pour la question de la torture il y aurait une volonté politique de changer les choses, mais la mise en pratique prend du temps.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est justement pour que la situation change que l’organisation Amnesty International vient de publier une </span><a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2019/10/tunisia-new-parliament-must-prioritize-human-rights/"><span style="font-weight: 400;">lettre ouverte adressée aux futurs députés</span></a><span style="font-weight: 400;">. Un texte qui met en avant dix sujets en matière de droits humains, sur lesquels les parlementaires sont invités à travailler : liberté d’expression, liberté d’association, justice transitionnelle, égalité des genres ou encore dépénalisation de l’homosexualité… Pour Amnesty, le parlement doit accorder la priorité aux droits humains. Des sujets peu abordés lors des campagnes électorales. </span></p>
<h4><b>Un éclatement de l’offre</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Autre point saillant des élections : une offre pléthorique de candidats. Vingt-six candidats pour les présidentielles et 1506 listes pour les législatives. De nombreuses listes ne sont pas affiliées à des partis politiques et sont formées d’indépendants, dont des membres de la société civiles affirment que certains sont des personnes corrompues et que des financements proviendraient de contrebandiers. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Reste que dans la grande majorités les indépendants sont des citoyens ordinaires ou venant du monde associatif. Alaa Talbi explique ce phénomène : “Il y a une forte présence de listes alternatives pour ces législatives : il y a des listes qui ont vu le jour suite à des dissensions entre partis et il y a aussi des listes créées par des gens qui sont persuadés de l’échec de la notion de parti politique, et qu’il faut donc que les idées viennent d’ailleurs. Il y a aussi cette fois-ci des listes avec des gens qui viennent directement du monde associatif et qui veulent défendre leur propre projet et non servir les projets d’un parti, comme cela a pu être le cas en 2014.”</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">C’est que selon lui, ce n’est pas seulement les citoyens qui sont épuisés : “Nous sommes devant une réalité amère. La société civile propose des alternatives depuis des années mais personne ne nous répond.”</span></p></blockquote>
<h4><b>Quand le monde associatif franchit la frontière avec la politique</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L’exemple du parti Aïch Tounsi parle de lui-même : ce mouvement socio-politique créé en 2018, s’est mué en parti politique et s’est lancé dans la campagne des législatives, sans grand succès. “Nous voulons faire de la politique en dehors de la manière dont les partis se définissent en Tunisie. Nous sommes issus de la société civile car nous sommes proches des citoyens, nous sommes allés les voir, nous allons discuter avec eux sur le terrain, pour savoir de quoi les gens ont besoin. Mais aussi parce que notre conception des choses c’est de dire que tous les citoyens peuvent se mêler de la politique et ont un mot à dire.” C’est ce qu’explique Yosra Sassi, en deuxième position sur la liste Aïch Tounsi, dans la circonscription Tunis 1. Cette avocate a été approchée pour intégrer la liste. Elle raconte avoir faire partie d’une association il y a quelques années. Tout comme un de ses colistiers Yousri Garnit, personnel administratif au sein de la Cité des Sciences. Il explique lui aussi que les Tunisiens en ont marre des partis, que la confiance est perdue et qu’il faut agir autrement. Finalement ce mouvement n’obtiendra qu&rsquo;un siège au parlement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais la société civile peut-elle prendre le pouvoir ? Alaa Talbi n’y croit pas et interroge le futur :  “Le fait que des listes soient issues d’associations, qui travaillent pour leur propre compte, doit faire l’objet, de mon point de vue, d’un débat national : quel rôle pour la société civile? Est-ce que l’on continue à proposer des alternatives ? De faire de l’observation ? Ou est-ce que l’on veut prendre le pouvoir ?”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est que le rôle de la société civile est particulier en Tunisie. La maîtresse de conférences Hèla Yousfi écrivait dans un article publié sur le site </span><a href="https://orientxxi.info/magazine/faut-il-encenser-la-societe-civile-en-tunisie,1673"><span style="font-weight: 400;">OrientXXI</span></a><span style="font-weight: 400;"> en 2017 que le prix Nobel attribué à la société civile tunisienne était “en quelque sorte la consécration de son pouvoir grandissant.” Pour l’auteure cette composante de la société  est devenue un acteur clé du champ politique, notamment après qu’un ministre chargé des relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile ait été nommé. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">La société civile “ne se contente plus d’un contre-pouvoir, elle devient une actrice incontournable dans la fabrique de la décision politique”, écrivait Mme Yousfi. Elle soulignait aussi les clivages autour des missions de cette force.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Alaa Talbi lui est catégorique : “ Je ne crois pas à la thèse de la société civile qui va prendre le pouvoir. Donc je pose la question du point de vue éthique. Mais ça n&#8217;empêche pas qu’il faille avoir un débat sur l’avenir des partis politiques en Tunisie, sur la question de la confiance des citoyens qui s’érode, et sur la crise de confiance qui semble s’exporter vers la société civile.”</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/la-societe-civile-amere-face-aux-elections-fr/">La société civile amère face aux élections</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Législatives : “5 minutes pour choisir pour 5 ans”</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Oct 2019 16:38:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblé des Représentants du Peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Elections législatives]]></category>
		<category><![CDATA[ISIE]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sana Sbouai]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dimanche 6 octobre, les électeurs tunisiens ont choisi leurs députés. Abstention, large choix électoral, rôle des médias, discussion sur les réseaux sociaux et place de la présidentielle sont autant d'éléments qui ont impacté cette journée. Reportage sur le terrain. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Le temps est bon ce dimanche matin. D&rsquo;ailleurs, à Marsa ville, les terrasses sont pleines. Contrairement à la cour d&rsquo;école et aux bureaux de vote installés dans l&rsquo;école rue Taïeb Mhiri. «Le nombre d&rsquo;électeurs reste faible. Les jeunes ne sont pas venus. Mais il n&rsquo;est que dix heures trente», constate Khaled Ben Chaabane, chef de centre de vote, en jetant un oeil à sa montre. «On ne peut pas émettre de jugement à 10h30&#8230; Espérons qu&rsquo;ils viennent plus tard.» Le bureau comptait alors une centaine de votants pour les plus de 45 ans, mais moitié moins pour la tranche 18-25.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le fort taux d&rsquo;abstention lors du premier tour de la présidentielle, l&rsquo;étalement des rendez-vous électoraux sur trois dimanches, le grand nombre de listes, et la bataille judiciaire et médiatique autour de l&#8217;emprisonnement du candidat Karoui, sont autant d’éléments qui pèsent et érodent le processus démocratique. Les électeurs l&rsquo;ont montré : ils veulent sanctionner les responsables politiques en votant pour des outsiders ou en s&rsquo;abstenant. Pas sûr donc que la mobilisation soit forte et que le souhait de Khaled Ben Chaabane soit exaucé.</span></p>
<h4><b>Faible mobilisation</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce chef de service dans le transport aérien a vu la mobilisation faiblir d’élection en élection. C&rsquo;est en effet le sixième scrutin dans lequel il s&rsquo;implique. Depuis la Révolution, il a été présent comme chef de centre ou observateur pour tous les rendez-vous électoraux.  «Servir la Nation, ma patrie, est un honneur pour moi. C’est mon geste, moi qui suis un simple citoyen.» L&rsquo;homme refuse la nostalgie qui prendrait d’assaut certains, leur faisant regretter l&rsquo;époque de la dictature.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Avant 2011, quand il y avait des élections je ne participais pas. Aujourd&rsquo;hui, il faut être combatif et ne pas comparer la situation actuelle avec l&rsquo;époque de la dictature. Il y a un désespoir des jeunes, certes, mais il faut combattre pour notre avenir et choisir.»</span></p>
<h4><b>«Toutes ces listes&#8230; C&rsquo;est le bazar mais c&rsquo;est sympathique»</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais comment faire un choix? Noha, professeur de langue arabe est venue voter dans la matinée. «Pour les présidentielles, je suis venue en fin de journée et je n&rsquo;ai pas trouvé d&rsquo;ambiance. En venant le matin, je pensais en trouver un peu, mais ce n&rsquo;est toujours pas le cas&#8230; Peut-être que les gens ne savent pas pour qui voter, en plus d&rsquo;être déçus des responsables politiques?»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette femme d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;années parle du coût de la vie qui a augmenté, de la déception des citoyens, mais se concentre sur les acquis. «Aujourd&rsquo;hui nous avons la liberté de voter. Avant 2011, je ne venais pas, je savais que l&rsquo;on choisissait pour moi. Il est vrai que ce qui manque c&rsquo;est la dignité, après tout les gens ne peuvent même pas vivre normalement&#8230; mais tout de même toutes ces listes&#8230; c&rsquo;est le bazar mais c&rsquo;est sympathique! Ça découle de la liberté!»</span></p>
<h4><b>Une couverture médiatique focalisée sur la présidentielle</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans le centre de vote de la rue de Marseille, à quelques mètres de l&rsquo;avenue Bourguiba, l&rsquo;affluence est un peu plus importante. Peut-être car la journée avance et que l&rsquo;activité se fait plus intense. Reste qu&rsquo;à 11h le taux de participation était de 6,8%.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Devant l&rsquo;école et dans la cour, les journalistes sont nombreux à s&rsquo;affairer, cherchant à faire des interviews le temps que démarre le point de presse de la </span><a href="https://eeas.europa.eu/election-observation-missions/eom-tunisia-2019_fr"><span style="font-weight: 400;">Mission d&rsquo;observation de l&rsquo;Union Européenne</span></a><span style="font-weight: 400;">. «L&rsquo;attention médiatique était concentrée sur la présidentielle, ce qui peut-être n&rsquo;aide pas à mobiliser les citoyens sur les législatives&#8230;» déplore Fabio Massimo Castaldo, le chef de la mission et vice-président du Parlement européen.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une réalité que soulignent les membres de l&rsquo;</span><a href="http://www.isie.tn"><span style="font-weight: 400;">ISIE</span></a><span style="font-weight: 400;">, quelques minutes plus tard lors de leur point de presse. Ils rappellent que les législatives sont des élections décisives pour le pays, que le taux de participation enregistré lors de la matinée est en deçà de ce qu&rsquo;ils avaient espéré et que les événements autour des élections ont sans doute impacté la mobilisation. Toutefois Nabil Baffoun, le président de l&rsquo;instance, tempère : «Il faut aussi garder en tête que nous en sommes à nos premières années de démocratie et que les responsabilités, quant à la faible mobilisation, sont communes. De ce fait, il nous faut tous travailler ensemble pour motiver les Tunisiens à se déplacer pour voter», invitant les médias à relayer son appel aux Tunisiens de l&rsquo;étranger comme aux Tunisiens de l&rsquo;intérieur du pays à aller voter. «C&rsquo;est un acte qui prend 5 minutes et qui décide des 5 années à venir pour le pays.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Rue de Russie, près de la gare ferroviaire de Tunis, Mohamed Gafsi partage les préoccupations de M. Baffoun. Ce chef de centre est cadre au sein du ministère des Affaires sociales. Il explique être au premier rang face à la progression de la misère dans le pays. Face à l’exposition des demandes depuis la révolution, il raconte que le ministère fait comme il peut, distribue des aides, en fonction des budgets, «mais ce n&rsquo;est jamais assez face à la réalité dans laquelle nous nous trouvons aujourd&rsquo;hui.»</span></p>
<blockquote><p><em><span style="font-weight: 400;">«C&rsquo;est un acte qui prend 5 minutes et qui décide des 5 années à venir pour le pays.»-Nabil Baffoun</span></em></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Il était déjà mobilisé lors de la présidentielle dans le même bureau. Il déplore le manque d&rsquo;engouement des électeurs, notamment des plus jeunes et semble affecté par la situation. Il est 16h15 et les 18-25 ans représentent 2% des votants qui se sont déplacés dans son bureau. «Regardez, même les personnes d&rsquo;un grand âge sont là, elles sont venues&#8230; Mais les jeunes eux, ils ont autre chose à faire&#8230; Pourtant les législatives sont les élections les plus importantes. Du point de vue de l&rsquo;avenir du pays, des prérogatives…  Même si les gens se trouvent face à une offre qui ne leur convient, je pense qu&rsquo;ils doivent essayer de choisir au mieux.» A 15h, l&rsquo;ISIE annonçait un taux de participation de 23%.</span></p>
<h4><b>Faire son choix en discutant sur les réseaux sociaux</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Devant le bureau justement, deux jeunes hommes sont venus voter. Bilel et Mohamed Aziz, tous deux étudiants de 19 ans, ont voté pour la première fois lors des présidentielles. Ils sont revenus ce dimanche et comptent bien être présents le week-end prochain. «C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il y a des jeunes autour de moi qui disent qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas le temps, que le pays n&rsquo;ira jamais mieux, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de choix. Il y a aussi eu les médias qui n&rsquo;expliquaient pas bien les choses, qui ne parlaient que de la présidentielle&#8230; Moi je pense que l&rsquo;on peut quand même faire avancer le pays», raconte Bilel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mohamed Aziz veut défendre sa génération : «Moi, je suis venu car c&rsquo;est bon, les vieux ont voté, et moi je crois que je dois dire mon mot pour construire mon avenir. C&rsquo;est important de se faire entendre et que l&rsquo;on ne décide pas pour moi.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ils n&rsquo;ont pas suivi les débats politiques à la télé, mais se sont concertés via les réseaux sociaux. «A la télé de toute façon ils disent n&rsquo;importe quoi, les plateaux c&rsquo;est que du blabla!»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Rue de Marseille, Arbia 20 ans, étudiante en biologie, a elle aussi utilisé les réseaux sociaux pour se décider : «On a parlé avec des amis, on a regardé dans des groupes ce que disaient les gens, pour ne pas faire un vote utile ou je ne sais pas quoi encore !» Ce sont ses premières élections. Elle les a attendues de pied ferme. «J&rsquo;attendais avec impatience d&rsquo;avoir l&rsquo;âge légal pour pouvoir m&rsquo;inscrire et voter!»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La jeune fille est venue au bureau de vote accompagnée de son père. Il se souvient de 2011 : «On était tous content de voter. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est différent. On a gagné la liberté, mais une liberté entre guillemets en fait, juste celle de parler.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Arbia tempère d&rsquo;un geste de la tête : «Pouvoir voter, c&rsquo;est une liberté.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Derrière eux, les portes du centre de vote vont bientôt fermer. Quelques électeurs retardataires entrent, carte d&rsquo;identité à la main, en pressant le pas.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Puis l&rsquo;alarme sonne dans l&rsquo;école, il est 18h. La porte se ferme. S&rsquo;en est fini du vote. Dans chaque bureau les observateurs attaquent la dernière ligne droite. C&rsquo;est maintenant le moment du dépouillement, du comptage et de l&rsquo;ultime vérification. Les urnes sont descellées, leur contenu renversé sur des tables. Il va falloir déplier tous les immenses bulletins et comptabiliser les voix.</span></p>
<h4><b>Fin de partie : 41,22% de participation</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A L&rsquo;ISIE c&rsquo;est le dernier point presse de la journée. Nabil Baffoun s&rsquo;installe avec ses 8 collègues. Adèle Brinsi commente la journée  : «Le taux de participation n&rsquo;est pas ce que nous espérions, mais finalement 41,22 % ce n&rsquo;est pas si catastrophique. Il est vrai que chaque institution doit prendre ses responsabilités. L&rsquo;ISIE est responsable du registre électoral et à ce propos elle a fait son travail. Les partis politiques doivent aussi s&rsquo;interroger.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que les membres de l&rsquo;ISIE continuent de répondre aux questions des journalistes, Belabbès Benkredda, commente la situation. Il est le fondateur de </span><a href="https://www.munathara.com/"><span style="font-weight: 400;">Munathara</span></a><span style="font-weight: 400;">, l&rsquo;organisation qui a mis sur pied les débats entre les candidats, diffusés en direct à la télé. Le jeune homme préfère regarder le verre à moitié plein : «Le taux d’abstention est moins grave que ce que l&rsquo;on pouvait penser finalement. L&rsquo;espace public a complètement était occupé par la campagne présidentielle. Je m&rsquo;attendais à une participation plus faible. Donc c&rsquo;est pas mal, même si cela reste dommage.» Et puis, comme pour calmer l&rsquo;impatience de ceux qui voudraient que tout fonctionne tout de suite il rappelle de sa voix calme que mettre en place de nouvelles habitudes «c&rsquo;est un travail sur le long terme.» Exactement comme la mise en place de la démocratie.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/legislatives-5-minutes-pour-choisir-pour-5-ans-elections-fr/">Législatives : “5 minutes pour choisir pour 5 ans”</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>“Pour la première fois, les périphéries ont gagné contre les centres du pouvoir.” Interview de Mohamed Sahbi Khalfaoui, politologue</title>
		<link>https://www.researchmedia.org/interview-khalfaoui-politologue-premier-tour-presidentielle-fr/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Sep 2019 18:58:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblé des Représentants du Peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Carthage]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que l’ISIE vient d’annoncer les résultats préliminaires du premier tour de l'élection présidentielle, pour lequel les candidats Kaïs Saïed et Nabil Karoui sont arrivés en tête, le chercheur et enseignant en science politique Mohamed Sahbi Khalfaoui livre son analyse.</p>
The post <a href="https://www.researchmedia.org/interview-khalfaoui-politologue-premier-tour-presidentielle-fr/">“Pour la première fois, les périphéries ont gagné contre les centres du pouvoir.” Interview de Mohamed Sahbi Khalfaoui, politologue</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Quelle est votre analyse de la mobilisation électorale lors de ce premier tour ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C’est un vote sanction. Les deux candidats qui se trouvent en tête du scrutin avaient une posture d’outsider, loin devant les candidats des partis classiques. Un chiffre retient l’attention si l’on regarde les 6 premiers candidats. Les trois candidats issus du système gouvernant ont récolté 30% des voix alors que mis bout à bout Safi Saïd, Nabil Karoui et Kais Saïed récoltent 40% des voix. Ce chiffre exprime la fracture qui existe entre une grande partie des électeurs et la classe gouvernante. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C’est une sanction contre le système en place et contre les méthodes classiques de campagnes. Il y a d’un côté Kaïs Saïed qui fait une campagne sans coût financier et Nabil Karoui qui était présent sur le terrain pendant 3 ans, face aux autres candidats qui ont fait des campagnes habituelles, avec affichage urbain un contact restreint sur le terrain avec les électeurs. Les méthodes utilisées par les Saïed et Karoui sont plus crédibles pour les électeurs. Quelque part Kaïs Saïed réinvente la politique en son sens premier, c’est à dire dans le lien que l’on doit trouver entre un élu et l&rsquo;électeur. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Est-ce que ce résultat questionne la notion de populisme ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour moi, le populisme est une maladie de vieillesse de la démocratie quand elle perd son sens initial de gouvernement du peuple. Aujourd’hui, la démocratie est pervertie par le fait qu’elle devient une démocratie par l’oligarchie. Et là-dedans, il y a une coupure par rapport aux attentes populaires. En Tunisie, il y a une forte crise économique, comme dans le monde entier. Or la montée de ces crises économiques donnent la montée de courants populistes et la Tunisie ne déroge pas à la règle : il y a une crise économique, il faut trouver un coupable, et la classe politique est désignée comme tel. Le fait d’avoir plus de 50% d’abstention est un rejet clair de la classe politique par les citoyens.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Toutefois, il y a pour moi quatre critères pour définir le populisme :</span></p>
<ul class="ul1">
<li class="li3"><span class="s1">le rejet des élites<br />
</span></li>
<li class="li3"><span class="s1">l&rsquo;absence de l&rsquo;aspect programmatique<br />
</span></li>
<li class="li3"><span class="s1">le lien entre le candidat et le peuple sans passer par les corps intermédiaires.<br />
</span></li>
<li class="li3"><span class="s1">la vénération d&rsquo;une construction imaginaire qui est le « Peuple, le vrai ».<br />
</span></li>
</ul>
<p class="p1"><span class="s1">Ces critères peuvent s’appliquer à Kaïs Saied, à Nabil Karoui, et comme à d&rsquo;autres candidats de cette élection. Dans ce sens, le populisme était présent dans ce scrutin. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les chiffres de la participation électorale varient d’une région à une autre avec Kebili et Tunis en tête de la mobilisation et Béja en queue de peloton. Que peut-on lire dans ces tendances ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Je considère ces clivages qui définissent les alignements des électeurs, comme un héritage de l’époque de Bourguiba. Il existe selon moi réellement un clivage entre le vote urbain et le vote rural, tout comme il existe un clivage entre le centre du pouvoir et ses périphéries.  </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">J’avais pronostiqué avant les élections une possible victoire de Zbidi, Chahed ou Mourou du fait de leur appartenance sociale : l’un est originaire du Sahel et deux des grandes familles tunisoises. Pourtant aujourd’hui, pour la première fois, si on fait exception de Moncef Marzouki qui n’a pas été élu directement, le pays va être dirigé par un président qui ne vient ni du Sahel, ni de la capitale, ces deux régions qui sont le centre du pouvoir depuis 1705. Pour la première fois, les périphéries ont gagné contre les centres du pouvoir. Pour moi, c’est un message important dans la mesure où les électeurs ont choisi un changement radical. Un changement au niveau des politiques, mais également du fait de l’appartenance sociale du candidat, en plus que d’être un rejet de la classe dirigeante de 2014. C&rsquo;est l’une des conclusions de ce scrutin qu’il faut indiquer.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Quid de la théorie écologique de la mobilisation des électeurs lors de ce scrutin ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En 2014, on a eu un vote Nord versus Sud. Je ne suis pas certain que cette image sera la même pour ce scrutin et je pense que nous allons avoir une mosaïque différente. Mais je maintiens que l’on vote avec son identité sociale, la façon dont on se perçoit. Je crois que les deux candidats expriment bien ça : les ménagères qui votent pour Karoui doivent en partie le faire, car il fait du caritatif et que pendant 3 ans, il est allé dans des régions dont l’État semble jusqu’à ignorer l&rsquo;existence. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">D’un autre côté, selon un sondage, 37% de l&rsquo;électorat jeune a voté pour Kaïs Saied: c&rsquo;est l’image du professeur sérieux, qui parle arabe littéraire parfaitement, avec l’image de rigueur qui lui incombe et cette idée que c’est une personne incorruptible. C’est un peu le souvenir de ce professeur qui influence notre parcours que l’on a tous rencontré. Ce n’est pas anodin qu’il y ait des jeunes qui votent pour la première fois de leur vie, qui doivent sans doute à peine sortir du lycée ou de la fac, qui votent pour un universitaire, malgré l’aspect dangereux de son discours et de ses idées. Tout cela s’explique par le lien avec l’image que l’on se donne de nous-mêmes. On vote pour soi-même et pour un idéal.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Il n’y a donc pas tant de dépolitisation que ça des jeunes?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">J’ai l’impression que les jeunes tunisiens vivent avant tout un sentiment d’aliénation. Il y a de nombreux jeunes qui ne sont ni à l’école, ni à la fac, ni employés. Ils peuvent alors avoir l’impression d’être un poids pour leur famille et d’être en rupture avec le système social. Je pense que ce sont ces jeunes qui ne se sont pas déplacés. Mais je crois aussi qu’on ne peut généraliser le vote des jeunes. En fonction de la situation de chacun, il y a des postures sociales qui ne sont pas les mêmes et donc des votes ou une mobilisation qui divergent. Les données empiriques permettent de comprendre le vote pour un candidat, mais pas forcément la mobilisation d’une partie de la population.</span></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/interview-khalfaoui-politologue-premier-tour-presidentielle-fr/">“Pour la première fois, les périphéries ont gagné contre les centres du pouvoir.” Interview de Mohamed Sahbi Khalfaoui, politologue</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Jendouba, un gouvernorat qui attend le changement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Sep 2019 15:09:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[Jendouba]]></category>
		<category><![CDATA[Municipalité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dernier gouvernorat en terme de participation à l&#8217;élection présidentielle de 2014, à la traîne quant aux indices de&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><i>Dernier gouvernorat en terme de participation à l&rsquo;élection présidentielle de 2014, à la traîne quant aux indices de développement, le gouvernorat de Jendouba bénéficie d’une diversité territoriale et de richesse naturelles, mais qui ne profitent pas directement à la région.</i></p>
<p>Pour se rendre à Jendouba, chef-lieu du gouvernorat du même nom, il faut emprunter une autoroute traversant un paysage de vallées verdoyantes. Loin de l’aridité des gouvernorats du sud, cette région donne l’image d’une contrée vivante, prospère, nourricière. Pourtant selon l’INS en 2016 le taux de pauvreté du gouvernorat était de 22,4%, soit 7 points au dessus de la moyenne nationale. En 2012, il se classait en 21eme position sur 24 en matière de développement selon un rapport du ministère du Développement régional.</p>
<p>A quelques encablures du chef-lieu se trouve l&rsquo;agglomération de Ben Béchir. Ce jour-là, comme tant d’autres jours, une voiture à la plage arrière encombrée par une énorme citerne d’eau et de nombreux bidons rangés à la hâte, se fraie un chemin sur une piste cabossée, pleine de trous et de flaques. C’est qu’il a plu la veille et que le paysage porte encore les stigmates des intempéries. Il a plu, mais un colporteur d’eau roule pour livrer des clients.</p>
<p>Dans le gouvernorat de Jendouba tout le monde n’a pas accès à l’eau potable. Un comble pour Kamel Ben Othman, 2e vice-président de la municipalité.</p>
<blockquote><p>“Nous sommes le château d’eau du pays. Nous sommes le gouvernorat le plus pluvieux.”</p></blockquote>
<p>Le rapport de l’INS de 2014 corrobore ses dires. La situation des délégations est inégale. Malgré les nombreux barrages et les stocks d’eau, la desserte des ménages en eau du robinet est de 99% à Jendouba, mais tombe à 33% dans la délégation de Fernana.</p>
<p><b>Un gouvernorat en grande partie rural</b></p>
<p>M. Ben Othman explique que la géographie de la région est une richesse, car elle permet une diversité de cultures, mais elle est aussi une difficulté car le gouvernorat est rural à 70%. Cette ruralité rend parfois compliqué le travail des autorités, surtout depuis le changement de découpage des municipalités.</p>
<p>L’élu raconte que la superficie de la municipalité s’est élargie et est passée de 980 hectares à 44 000 hectares aujourd’hui. De ce fait la population prise en charge a changé passant de 40 000 citoyens à plus de 100 000 habitants. Le budget lui n’a pas changé, déplore M. Ben Othman, obligeant la municipalité à continuer à agir avec les mêmes sommes mais face à des demandes qui augmentent  : “Elles sont plus nombreuses et nous avons des difficultés pour y répondre, surtout en ce qui concerne les zones rurales nouvellement incluses dans nos prérogatives.”</p>
<p>La municipalité de Jendouba n’est pas la seule à se retrouver avec un périmètre et un nombre de citoyens élargis. D’après M. Ben Othman plusieurs municipalités du gouvernorat ont fait part de la difficulté de leur situation.</p>
<p>Pour autant il croit dans de possibles changements et dans la nécessité de la municipalité à être moteur : “Nous allons essayer de faire quelques projets d’aménagement pour lutter contre les inondations, mais aussi concernant l’éclairage public et l&rsquo;état des pistes, pour une meilleure mobilité des citoyens” car M. Ben Othman explique que la ville, à l’image du gouvernorat est une zone rurale et que la question de l’accessibilité est un problème.</p>
<p>La mobilité pose des problèmes aux citoyens dès leur enfance. Il souligne que l’abandon scolaire est important ici. Une des raisons est la situation financière des familles, qui fait  que des enfants sont très tôt mis au travail. Le gouvernorat serait le premier pourvoyeur d’enfants-domestiques selon l’<a href="https://www.unicef.org.tn/jai-decroche-et-apres/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">UNICEF</a>. Mais l’abandon scolaire s’expliquerait aussi par le problème d’accessibilité et de distance. Il arrive en hiver que le pluie ou la neige empêchent les enfants de se rendre à l’école du fait des trop grandes distances à parcourir à pieds ou parce que les routes ne sont pas praticables. Il en découle que dans certaines délégations le taux d’analphabétisme atteint les 40%, toujours d&rsquo;après le <a href="http://www.ins.tn/fr/publication/jendouba-travers-le-recensement-g%C3%A9n%C3%A9ral-de-la-population-et-de-l%E2%80%99habitat-2014" target="_blank" rel="noopener noreferrer">recensement de l’INS de 2014</a>.</p>
<p><b>La santé à la traîne</b></p>
<p>M. Ben Othman n’est pas le seul à parler de la question de l’accessibilité. A la Direction régionale de la santé, M. Mohamed Rouiss commence par expliquer que les infrastructures de santé sont insuffisantes dans la région, malgré les 118 centres de santé de base dispatchés sur tout le gouvernorat. Il souligne également le manque de médecins et notamment de spécialistes. En effet, selon les chiffres de l’<a href="http://www.ins.nat.tn/fr/publication/tunisie-en-chiffres-2016" target="_blank" rel="noopener noreferrer">INS,</a> le gouvernorat comptait 0,6 médecin pour 1000 habitants contre une moyenne nationale de 1,3.</p>
<p>L’ancien médecin urgentiste ajoute que la population du gouvernorat est particulièrement touchée par des maladies génétiques : “Nous sommes un foyer de drépanocytose et de thalassémie.” Des maladies qui pourraient être dépistées en amont si les femmes bénéficiaient d’un suivi de grossesse explique Rachida Gharbi, chef de service.</p>
<p>En plus d’être sous-doté en médecins et matériel, un des problèmes de ce gouvernorat, c&rsquo;est l&rsquo;accès, expliquent les deux professionnels de la santé.</p>
<blockquote><p>“Ce problème touche le personnel médical qui a du mal à se déplacer jusqu’aux malades, les patients qui ont du mal à venir jusqu’à nous et impacte également certains cas d’urgence si un transfert est nécessaire à Tunis, puisque nous n’avons pas tous les spécialistes et tout le matériel sur place”, détaille M. Rouiss.</p></blockquote>
<p><b> Un gouvernorat qui ne bénéficie pas des richesses qu’il produit</b></p>
<p>Comme d’autres gouvernorats du pays, <a href="http://www.tunisieindustrie.nat.tn/fr/doc.asp?docid=593&amp;mcat=13&amp;mrub=105" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Jendouba</a> vit l’injustice d’être un gouvernorat producteur de richesses qui ne bénéficie guère à son développement. Il est pourtant un lieu de production agricole, de ressources forestières, de matières premières mais qui ne sont pas transformées sur place, il est doté de zones touristiques en bord de mer et en montagne et pourrait profiter d’échanges commerciaux avec l’Algérie du fait de sa zone frontalière.</p>
<p>Mais le gouvernorat ne vit pas de ses richesses et la situation de la population est inquiétante pour Taoufik Soltani, chargé des affaires sociales à la mairie et fonctionnaire du ministère des Affaires sociales.</p>
<blockquote><p>“Quand je travaillais à l’Ariana par exemple, les demandes des citoyens n’étaient pas les mêmes. Ici, les jeunes sont dans un situation de grande précarité, alors qu’ils devraient être dans l’âge où l’on travaille et construit sa vie.”</p></blockquote>
<p>Le <a href="http://www.ins.tn/fr/publication/jendouba-travers-le-recensement-g%C3%A9n%C3%A9ral-de-la-population-et-de-l%E2%80%99habitat-2014" target="_blank" rel="noopener noreferrer">taux de chômage</a> est ici de 25%, de quelques points au-dessus de la moyenne nationale mais en dessous de celui de certains gouvernorats du sud et de l’intérieur. Il monte jusqu’à 35% pour les femmes.</p>
<h4><b>Lutter contre le chômage à petite échelle</b></h4>
<p>Pour lutter contre le chômage M. Ben Othman à la mairie a bien des idées : “Il faut développer l’éco-tourisme, les industries agro-alimentaires ou encore les industries de transformation des matières premières.”</p>
<p>D’autres solutions sont envisagées, mais avec un prisme libéral. Oussame Dhif, le premier délégué du gouverneur, fraîchement arrivé dans la région, explique que la lutte contre le chômage passe par des aides à l&rsquo;entrepreneuriat, via des subventions et des formations. « Il y a des difficultés dans ce gouvernorat, notamment avec les jeunes diplômés au chômage. Nous essayons de trouver des solutions, des emplois dans l&rsquo;agriculture, les services&#8230;. Mais nous sollicitons aussi l&rsquo;aide des associations pour aider les jeunes à se lancer dans des projets personnels, à avoir des subventions.”</p>
<p>Essayer de multiplier les solutions ce que fait Eya Abidi, trésorière de l&rsquo;association <a href="https://www.facebook.com/friguia.strategies/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Friguia for Strategies</a> : “Nous formons des jeunes dans tout le gouvernorat en leur offrant un accompagnement professionnel et en leur permettant de comprendre l’écosystème autour de lui. Il y a ainsi eu des créations de start-up dans le domaine de l’agriculture ou du service, mais ce qui manque encore c’est l&rsquo;aspect innovant.”</p>
<p>Elle a noté pendant ces formations la défiance des jeunes envers les responsables politiques. Elle reste pourtant optimiste quant aux possibilités d’amélioration de la situation des citoyens dans le gouvernorat.</p>
<h4><b>La société civile prend les choses en main</b></h4>
<p>Walid Bouslimi de l&rsquo;association Article 12, est aussi optimiste. L’organisation qui a débuté sous la forme d’un mouvement en 2014, demande plus de justice sociale et d’égalité à Jendouba. Le nom du mouvement est tiré de l’article 12 de la Constitution qui veut que :</p>
<blockquote><p>“L&rsquo;Etat a pour objectif de réaliser la justice sociale, le développement durable, l&rsquo;équilibre entre les régions et une exploitation rationnelle des richesses nationales en se référant aux indicateurs de développement et en se basant sur le principe de discrimination positive ; l’Etat œuvre également à la bonne exploitation des richesses nationales.”</p></blockquote>
<p>En février dernier, l’association a organisé un mouvement qui a occupé l’espace public pendant la nuit pendant trois mois et a permis aux citoyens et aux responsables politiques de se rencontrer, d&rsquo;échanger sur les problèmes et d’essayer de trouver des solutions.</p>
<p>Lui veut plus de collaboration entre les associations et les autorités. Il croit dans le développement possible de la région, veut tabler sur les richesses naturelles produites, créer de grands projets industriels, renforcer la possibilité pour les citoyens d’entreprendre, se défaire des lourdeurs administratives et des blocages qu’il incombe aux autorités : “les responsables politiques se moquent de la situation en réalité, alors que nous essayons de faire avancer les choses.”</p>
<p>Tout comme le chargé des affaires sociales à la municipalité, Walid Bouslimi n’hésite pas à parler de la tentation radicale et terroriste pour des jeunes qui ne trouvent aucune solution face à la précarité, et qui sont malgré tous connectés au reste du monde et peuvent mesurer l’injustice de leur situation. La région est en effet régulièrement le lieu d’affrontements et d’arrestations de personnes présentées comme terroristes par les autorités.</p>
<p><b>Une faible mobilisation électorale</b></p>
<p>Renouer le dialogue entre la population et les autorités semble pourtant une tâche difficile. Pour les élections municipales de 2018 seulement 28% du corps électoral du gouvernorat s’était déplacé, plaçant ainsi le gouvernorat parmi les trois derniers du classement national.</p>
<p>En 2014, pour la présidentielle, le taux de participation était de 52,8%, faisant du gouvernorat celui avec le plus faible taux de participation du pays. L’issue du scrutin de cet automne sera décisive pour savoir si la défiance continue ou si la confiance est retrouvée.</p>
<p><em>Article réalisé avec l&rsquo;aide de Nada Trigui.</em></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/jendouba-un-gouvernorat-qui-attend-le-changement/">Jendouba, un gouvernorat qui attend le changement</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Présidentielles tunisiennes : Que disent les photos et affiches électorales ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 11:30:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[Elections Présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[image]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Impossible de les rater : les têtes des candidats à la présidentielle s&#8217;affichent partout. Sur les panneaux publicitaires&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Impossible de les rater : les têtes des candidats à la présidentielle s&rsquo;affichent partout. Sur les panneaux publicitaires comme dans les emplacements prévus à cet effet, l’espace public déborde d’images électorales. Mais que disent ces affiches officielles et ces publicités électorales? Le photographe Hamideddine Bouali et le conseiller en stratégie communication et politique Kerim Bouzouita, partagent leur décryptage.</p>
<p><i>Kerim Bouzouita, docteur en anthropologie et conseiller en stratégie communication et politique, s’est penché sur les affichages publicitaires urbains, qui monopolisent les panneaux publicitaires.</i></p>
<p><b>Pour les affiches publicitaires, il y a eu deux approches : </b>des photos qui servent un message et d&rsquo;autres qui ne renvoient pas un sens particulier.</p>
<p>Par exemple la photo de Mongi Rahoui : souriant, posture détendue à la manière d&rsquo;une photo d&rsquo;affiche d&rsquo;émission TV. Elle est prise à hauteur d&rsquo;oeil. Cela envoie un message de proximité et de jeunesse. Rahoui est « jeune », il est « cool ». Cela sert un message particulier : c&rsquo;est la nouvelle image de la gauche. Il contraste avec la gauche historique incarnée par Hamma Hammami. Il le ringardise en quelques sorte.</p>
<p>Entre toutes les affiches publicitaires celles de Nabil Karoui sont les plus originales. C&rsquo;est le seul à mettre en scène son électorat. Il n&rsquo;est pas seul. C&rsquo;est tout à fait cohérent avec la posture populiste du candidat. Populiste dans le sens où il affirme être plébiscité par « le vrai peuple ». Mais ce « vrai peuple » ne sert qu&rsquo;à mettre en valeur le candidat. Le candidat est toujours en avant plan sur les photos, en position centrale. C&rsquo;est bien lui l&rsquo;acteur principal de cette mise en image.</p>
<p><b>Sur la qualité des images il y a une inégalité. </b>Ainsi pour Hatem Boulabiar et Abir Moussi c&rsquo;est particulier. Ce ne sont pas des shooting studios. Mais des photos basse résolution.</p>
<p>Certaines photos ont eu des interventions lourdes en retouches. Parfois le traitement a été trop invasif, du coup, on perd les détails et les textures des visages et des cheveux. Et surtout on perd la sincérité du visage, comme c’est le cas pour Abir Moussi et Selma Elloumi.</p>
<p>D&rsquo;autres candidats ont des photos plus pertinentes et ont laissait les signes du temps ou de la fatigue, qui donnent de la sincérité au visage et donc à la photo : les poches sous les yeux, les rides&#8230;</p>
<p><b>L’angle de prise n’est pas toujours le même.</b> Par exemple Hamma Hammami est photographié en contre plongée très prononcée, point de vue utilisé afin d&rsquo;accentuer les attributs de force et de domination du candidat. C&rsquo;est un choix diamétralement opposé à son choix de 2014 où sa photo d&rsquo;affiche jouait la proximité. Là, c&rsquo;est un choix de « leader maximo ». On imagine que par ce choix, c&rsquo;est l&rsquo;attribut de force qu&rsquo;on souhaite montrer chez le candidat, la force étant la condition à la restauration de l&rsquo;autorité de l&rsquo;Etat, tant plébiscitée par les citoyens.</p>
<p>La photo de Youssef Chahed en plan rapproché poitrine et de face tente aussi le même exercice.</p>
<p><b>Après, au-delà des prises de vue et des artifices photoshop, l&rsquo;expression sur les photos est intéressante.</b> Certaines photos révèlent une expression clairement déchiffrable, comme celles de Mongi Rahoui et celle de Selma Elloumi. Pour d&rsquo;autres photos, c&rsquo;est plus compliqué. On voit des mimiques qui ne renvoient pas une émotion identifiable, du coup, aucun message politique n&rsquo;en émane.</p>
<p><b>L&rsquo;éclairage est aussi très fluctuant.</b> On retrouve des éclairages de travers qui donnent un résultat clair obscur sur le visage, éclairage privilégié pour les effets dramatiques.</p>
<p>Le choix de la non photo du candidat Abdelkarim Zbidi est aussi intéressant. Cela correspond au caractère politique du candidat et à son message de « sacrifice de soi » ( ونكران الذات ). C&rsquo;est une composante de la doctrine militaire tunisienne. Du coup, l&rsquo;absence de photo renforce ce message. Durant les premiers jours d’affichage dans les rues il n’y avait pas de portrait de lui, mais un message : « Un président pas une photo ».</p>
<p><b>Pour les fonds d&rsquo;affiche il y a deux tendances. </b>Les fonds neutres qui mettent en valeur le candidat, il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre que lui. Il y a aussi des fonds contextuels avec l&rsquo;idée de tout de même donner un message. Parfois on a l&rsquo;impression que c&rsquo;est un choix esthétique sans aucune forme d&rsquo;utilité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-4053" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-450x360.png" alt="" width="450" height="360" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-450x360.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-768x614.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-875x700.png 875w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-370x296.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-270x216.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre-740x592.png 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Sans-titre.png 945w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></p>
<p><i>Hamideddine Bouali, photographe, s’est concentré sur les affiches officielles des candidats, placardées sur les emplacements officiels.</i></p>
<p><b>Une affiche électorale doit répondre à trois axes : le publicitaire ; le portrait ; le politique avec le slogan. </b>Le concepteur doit prendre en compte ces trois langages. Mais il faut se baser sur le fait que la culture arabo-musulmane est une culture de l’oralité et non de l’image. Nos souverains n’ont pas été peints sauf la dynastie husseinites qui est d’origine ottomane. Par contre il y a des descriptions. En arabe le photographe (el mousawwar) c&rsquo;est le créateur, c’est l&rsquo;un des noms de Dieu. Il y a donc une suspicion dans ce nom.</p>
<p>A l&rsquo;avènement de l’indépendance il y a eu des dictateurs : avec Bourguiba et Ben Ali. Ils produisaient une image et le peuple la recevait. Il n’y avait que des images au service du souverain. D’ailleurs, sous Ben Ali, son portrait était partout au point que l’on pouvait oublier de le voir. La révolution tunisienne a permis la libération de la parole et de l’image. Mais il n’y a pas encore de maîtrise de la photo à caractère politique.</p>
<p><b>Pour les affiches officielles des candidats à la présidentielle 2019, de manière générale, il n’y a aucune créativité, aucune affiche n’est inattendue ou provoque un effet de surprise. </b>Sur les trois critères de base on remarque qu&rsquo;aucune affiche n’a cet aspect publicitaire : clair, percutant, créatif. Pour l’aspect du portrait : c&rsquo;est un exercice qui ambitionne de réactualiser la présence de quelqu’un qui n’est pas là. Il ambitionne de montrer l’être de la personne, en plus de son paraître. Or dans ces photos on ne voit pas ça. Enfin pour ce qui est du slogan : il n’y a pas vraiment d’espoir qui émerge.</p>
<p>Il y a une prudence à outrance dans ce qui a été réalisé. Finalement, ce qui ressort, c’est l’égo des candidats, mais rien d’autre. Et c’est dommage car il y a de la place pour de la créativité.</p>
<p>Quand on entre dans le détail des photos, il y a différents points à observer.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-4054" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-450x360.png" alt="" width="450" height="360" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-450x360.png 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-768x614.png 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-875x700.png 875w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-370x296.png 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-270x216.png 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1-740x592.png 740w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/09/Cover-1.png 945w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></p>
<p><b>Les portraits des candidats ne se valent pas.</b> Certains candidats sont photographiés assez loin, ce qui crée une distance, d’autres sont cadrés de manière plus rapproché comme pour établir un rapport d’altérité et un contact avec l’électeur. Certains portraits sont en fait trop proches, créant un effet négatif. Des défauts techniques apparaissent dans la réalisation de certains portraits : trop de retouche, des reflets dans les lunettes, des photos inversées pour changer le sens du regard. Il y a aussi les mimiques qui sont parfois naturelles et donnent un air avenant, mais qui parfois ne sont pas à propos : un candidat qui a l’air de réfléchir, alors que ce n’est pas le moment, un autre qui semble avoir été dérangé alors qu’il faisait quelque chose, un candidat gonflé à bloc comme s’il allait en découdre&#8230;</p>
<p><strong>Le regard :</strong> il y a ceux qui nous regardent en face et ceux qui ont un regard fuyant. Ils pensent ainsi être en train de regarder vers l’avenir. En réalité ils ne regardent pas l&rsquo;électeur dans les yeux et n’établissent pas un contrat de confiance. Certains candidats ont même un regard austère, leur donnant un air peu avenant.</p>
<p><strong>La place des mains est aussi à analyser</strong>. Il y a les bras croisés qui sont un signe de repli, les mains jointes qui sont un signe de rassemblement, les mains qui tiennent un coin de veste comme pour dire “je n’ai que ce que je porte sur le dos” ou encore la main sur le cœur à la façon de Ben Ali.</p>
<p><strong>Le fond est un élément important.</strong> Certains ont choisi une couleur neutre, d’autres proposent des dégradés ou des halos plus clairs. Certaines photos ont un fond, mais qui n’est pas toujours à propos. Des candidats émergent d’une foule, d’autre choisissent des paysages qui ne correspondent pas toujours ou que l’on a du mal à identifier. Certains choisissent de éléments de la nature alors même qu’ils ne parlent jamais d’environnement.</p>
<p><strong>La typographie</strong> est un autre élément à observer. Est-ce que la taille est la bonne ? Est-ce qu’il s’agit d’un nom dactylographié ou d’une écriture manuelle, qui donne l’impression de la signature d’un contrat et donc d’un accord entre le candidat et l’électeur?</p>
<p>Cet élément est en rapport direct avec le slogan : est-il clair ? Pertinent? Ou alors redondant et trop imposant visuellement?</p>
<p><em>Article réalisé avec l&rsquo;aide de Nada Trigui</em></p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/presidentielles-tunisiennes-que-disent-les-photos-et-affiches-electorales/">Présidentielles tunisiennes : Que disent les photos et affiches électorales ?</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Le dessalement d&#8217;eau de mer, loin d&#8217;être une solution miracle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Mar 2019 16:22:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Dessalement]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.researchmedia.org/?p=3421</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si le dessalement est une technique de production d'eau potable qui semble susciter l'engouement de responsables politiques en Tunisie, à travers le monde les avis sont plus réservés. Ainsi en janvier 2019, un rapport de l'ONU s'inquiétait des conséquences de cette technique. En Tunisie, les chercheurs n'ont pas un avis unanime, même si on les sent, pour la plupart, réticents.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Barrages se vidant trop vite, pluie rare et besoins en eau grandissants. Pour résoudre cette équation compliquée la Tunisie semble avoir trouver la solution: dessaler l&rsquo;eau de mer et les eaux saumâtres. Dessaler pour produire de l&rsquo;eau potable.</p>
<p>En 2023 le pays devrait compter 25 stations de dessalement gérées par la Sonede (Société nationale d&rsquo;exploitation et de distribution des eaux), pour produire de l&rsquo;eau distribuée aux consommateurs. La technique doit permettre de répondre au problème du stress hydrique que le pays connait, du fait de sa situation géographique, des usages agricoles gourmands en eau, et d&rsquo;infrastructures de distribution détériorées.</p>
<p>Si du côté des responsables politiques et de la Sonede, la solution du dessalement semble être sollicitée sans retenue, les chercheurs ne font pas preuve du même engouement. En effet, différentes études internationales font état des inconvénients et impacts du dessalement, des résultats que les chercheurs ont bien intégrés. Le dessalement est une technique polluante, énergivore, coûteuse&#8230; et si elle apparait comme une solution dans certaines régions, les chercheurs soulignent que d&rsquo;autres efforts doivent être faits en Tunisie.</p>
<h4><strong>Le dessalement, une nécessité, mais pas la seule réponse à la pénurie d&rsquo;eau</strong></h4>
<p>Depuis son bureau de l&rsquo;Ariana, Amor Bayouli, consultant international, ingénieur de génie rural, eaux et forêts explique : « Le dessalement en Tunisie est une nécessité, mais pas la seule réponse à la pénurie d&rsquo;eau potable. »</p>
<p>Pour lui la Tunisie « va trop loin dans le dessalement. » M. Bayouli a participé, en 2016, à l&rsquo;étude stratégique « Eau 2050 » qui est l&rsquo;élaboration de la vision et de la stratégie du secteur de l’eau, et qui a pour but de « contribuer au développement socioéconomique, en sécurisant la disponibilité et l’accès à la ressource en eau pour la Tunisie à l’horizon 2050, de manière efficiente, équitable et durable, suivant une approche de gestion intégrée des ressources en eau ».</p>
<div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=https%3A%2F%2Fwww.africanwaterfacility.org%2Ffileadmin%2Fuploads%2Fawf%2FProjects%2FPCRs%2F2016_AWF_PAR_EN_Tunisie_Strategie_Eau2050.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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<p>De son point de vue, le dessalement est une réponse à la crise de l&rsquo;eau, mais une réponse qui a de nombreux désavantages. cite pêle-mêle le coût énergétique de la production d&rsquo;eau à partir d&rsquo;eau de mer, l&rsquo;émission de gaz à effet de serre, le coût financier de ces technologies, le manque de maîtrise de ces technologies qui sont fabriquées à l&rsquo;étranger, l&rsquo;impact des rejets de saumures qui n’est pas réellement mesuré en Tunisie, l’impact des rejets des produits chimiques utilisés en pré et post traitement de l’eau de mer&#8230;</p>
<p>Si aujourd&rsquo;hui les autorités penchent pour la solution du dessalement, afin de produire de l&rsquo;eau potable, « sans essayer d&rsquo;améliorer les défauts du système existant » c&rsquo;est presque par orgueil selon l&rsquo;expert : « Maintenant que nous n’avons plus de grands projets de prestige, comme de grands barrages à construire, on passe au dessalement&#8230; » déplore-t-il.</p>
<p>Pour lui la stratégie globale de la gestion de l&rsquo;eau ne doit pas s’arrêter à cette seule solution. Il estime que le travail qui doit être fait doit se concentrer sur la résorption des pertes du réseau de distribution d&rsquo;eau existant. C&rsquo;est en évitant de gaspiller de l&rsquo;eau que le pays pourrait lutter contre la soif.</p>
<p>Chiffres à l&rsquo;appui il montre  que les projets de dessalement sont principalement implantés dans les endroits où il y a un taux de perte d&rsquo;eau important sur le réseau de distribution de la Sonede.</p>
<p><strong>Une solution, qui ne doit pas être vue comme un miracle </strong></p>
<p><strong> </strong>De son côté Mohamed Salah Romdhane, responsable de <a href="http://www.inat.tn/fr/structures-de-recherche/unit%C3%A9-de-recherche/unit%C3%A9-de-recherche-%C3%A9cosyst%C3%A8mes-ressources-aquatiques">l’unité de recherche « Ecosystèmes et ressources aquatiques »</a> au sein de l’Institut National Agronomique de Tunisie est un peu plus modéré. Il considère que le dessalement est une solution parmi d’autres, mais qu&rsquo;elle ne résout que ponctuellement des problèmes d’approvisionnement en eau</p>
<p>Ce professeur à l&rsquo;INAT est spécialisé dans le domaine aquatique. Il a participé à la première étude d&rsquo;impact de la station de Gabès, réalisée en 1991. Selon lui à l&rsquo;époque, sur les trois solutions proposées pour répondre à la pénurie d&rsquo;eau potable, le dessalement arrivait en dernier, devancé par le transfert d&rsquo;eau du Nord au Sud du pays et par la solution d&rsquo;approvisionnement dans la nappe phréatique intercalaire profonde. « Mais on était à peine en train d&rsquo;achever notre étude que la décision politique avait été prise », se souvient-il.</p>
<blockquote><p>Lire aussi: <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-1-fr/">Dessalement / Djerba: de l&rsquo;eau de mer à boire pour étancher sa soif? </a></p></blockquote>
<p>Pour ce qui était des impacts de la station de Gabès le professeur explique qu&rsquo;à l&rsquo;époque le rejet de saumure en milieu naturel était une première en Tunisie et selon lui aucun problème n&rsquo;aurait été constaté. Pour la faune et la flore, il explique qu&rsquo;il faut prendre en considération la région : à Gabès l&rsquo;industrie du phosphate serait tellement considérable que le reste ne pouvait se mesurer. « On ne peut pas juger l&rsquo;impact des rejets du dessalement du fait des rejets importants de l&rsquo;industrie du phosphate », avance-t-il.</p>
<p>Questionné sur de possibles impacts environnementaux du dessalement il se souvient simplement que pour la station de Ben Guerdane une mauvaise estimation avait été faite de la capacité de l&rsquo;étang d&rsquo;évaporation, dans lequel les saumures ont été rejetées. Au bout d&rsquo;un an cet étang a débordé et il a fallu faire des rejets ponctuels dans une lagune de la région.</p>
<p>Des rejets de saumures qui auraient eu une retombée positive : « Dans cet étang on a retrouvé une petite crevette des eaux salées qui est très importante pour l&rsquo;aquaculture, qui s&rsquo;y est développée de manière importante du fait du fort taux de salinité », explique-t-il en attrapant un pot plein de ces oeufs de crevettes.</p>
<figure id="attachment_3423" aria-describedby="caption-attachment-3423" style="width: 4128px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-3423" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman.jpg" alt="" width="4128" height="2322" srcset="https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman.jpg 4128w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-450x253.jpg 450w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-768x432.jpg 768w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-900x506.jpg 900w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-370x208.jpg 370w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-270x152.jpg 270w, https://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/1-crevettes-dessalement-tunisie-barralaman-740x416.jpg 740w" sizes="(max-width: 4128px) 100vw, 4128px" /><figcaption id="caption-attachment-3423" class="wp-caption-text">Oeufs de crevette retrouvés dans l&rsquo;étang d&rsquo;évaporation à Ben Guardane. (Sana Sbouaï pour Barr al Aman)</figcaption></figure>
<p><strong>Un nécessaire travail d&rsquo;étude des impacts </strong></p>
<p>Mais comme Amor Bayouli, M. Romdhane a une réserve. Il sait bien que pour les projets des quatre futures stations de dessalement d&rsquo;eau de mer les études d&rsquo;impact, les plans de gestion environnementaux et les mesures d&rsquo;atténuation sont faits et projetés. Mais il s&rsquo;interroge sur la concrétisation de ces mesures de suivi. « En matière d&rsquo;environnement, si on ne fait pas de suivi, c&rsquo;est comme si les études n&rsquo;avaient pas été faites. Or, avec les industriels ce n&rsquo;est pas ce qui est regardé. Sur des projets pareils, on se penche plutôt sur la production et la rentabilité&#8230; » explique le professeur.</p>
<p>C’est donc aux autorités tunisiennes de s’assurer qu’il n’y a pas d’impacts négatifs de ces technologies sur l’environnement et la santé des consommateurs, continue-t-il.</p>
<p>En effet, souligne-t-il, « on sait que les rejets de saumures dans la mer, avec un tel taux de salinité, sont mortels pour la faune et la flore. La question de la diffusion des saumures dans les fonds marins doit donc être surveillée et réalisée de manière à avoir le moins d’impact sur les endroits. »</p>
<p>D&rsquo;après lui, la Sonede va réellement se mettre à mesurer les impacts sur le long terme. Mais M. Romdhane se demande tout de même comment ce suivi va être réalisé :  pour le moment la Sonede ne dispose pas d&rsquo;un département de recherche sur le dessalement.</p>
<p><strong>Une solution qui doit être accompagnée d&rsquo;autres initiatives</strong></p>
<p>En matière de recherche Béchir Hamrouni, lui justement, s&rsquo;y connait. Il est le président de<a href="http://www.attde.org/"> l’Association tunisienne de dessalement</a>, docteur ès sciences en chimie analytique, et directeur de l’Unité de recherche « Dessalement et traitement des eaux », qui a officiellement vu le jour en 2011.</p>
<p>Au sein de la Faculté de sciences de Tunis, le professeur Hamrouni travaille depuis le début des années 80 sur le dessalement de l’eau en Tunisie. Avec des collègues il avait réalisé à l&rsquo;époque un recensement de toutes les unités de dessalement que comptait le pays entre 1950 et 1981. La Tunisie était alors pourvue de 30 unités de dessalement, dont 21 étaient en service, avec une production de prés de 4000 m3 par jour d’eau, qui servaient à l’industrie et non à la production d’eau potable pour les citoyens.</p>
<p>Son association a vu le jour pour former des Tunisiens dans ce domaine, développer la recherche scientifique sur cette question, et créer des modules d’apprentissage sur le dessalement au sein de l&rsquo;université tunisienne.</p>
<blockquote><p>Lire aussi: <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-2-fr/">Dessaler l&rsquo;eau de mer : la solution du verre à moitié plein</a></p></blockquote>
<p>A travers l&rsquo;unité de recherche prés d&rsquo;une vingtaine de thèses ont été soutenues et une dizaine est en cours sur le dessalement, avec des études menées sur la maîtrise des procédés de dessalement, l&rsquo;aspect de la pollution, l&rsquo;analyse de la qualité de l&rsquo;eau distribuée&#8230;</p>
<p>Pour lui, la technique du dessalement est une des solutions au manque d’eau, mais il considère également qu&rsquo;elle a ses limites et il souligne avant tout les coûts énergétiques et financiers du dessalement de l’eau de mer.</p>
<p>« Le dessalement est une des solutions mais elle doit être accompagnée de deux choses selon nous : d&rsquo;abord il faut continuer à lutter contre le gaspillage, surtout avec la fuite des canalisations qui atteint presque 40% à certains endroits ; ensuite il faut revenir à la collecte des eaux pluviales de manière efficace. »</p>
<p><strong>L&rsquo;impact des saumures</strong></p>
<p>Le professeur Béchir Hamrouni souligne l&rsquo;importance à accorder au suivi de l&rsquo;impact des rejets, car, même s&rsquo;il pense qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effets indésirables du point de vue de la consommation de cette eau, il explique tout de même : « Le souci vient des saumures qui sont rejetées. Le taux de salinité est important. Il faut faire attention aux rejets dans l&rsquo;eau de mer. C&rsquo;est ça qu&rsquo;il faut vraiment vérifier. » En effet, pour produire de l&rsquo;eau potable il faut la débarrasser des éléments qu&rsquo;elles contient. Ces éléments sont ensuite rejetés dans la mer, pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer. Ceci augmente le taux de salinité de l&rsquo;endroit où les saumures sont rejetées. Il faut donc vérifier régulièrement cet impact sur la nature.</p>
<p>Or plusieurs études scientifiques dans le monde ont montré cet impact nocif sur les fonds marins avec <a href="http://hmf.enseeiht.fr/travaux/bei/beiere/book/export/html/1164)">des exemples ici en France</a>, ou plus proche <a href="http://thesis.univ-biskra.dz/2529/">de nous en Algérie</a>. En janvier 2019 , c&rsquo;est l&rsquo;ONU qui s&rsquo;inquiétait dans un rapport rendu public, de l&rsquo;augmentation des rejets de saumure, du fait de l&rsquo;essor de l&rsquo;usage de la technique du dessalement.</p>
<div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=https%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FJones-et-al.-2019-1.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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<p>L&rsquo;essor de cette technique fait même craindre à certains experts, comme le mentionne le rapport, que le dessalement devienne un problème environnemental de plus, face au manque d&rsquo;eau.</p>
<p>Ce rapport de l&rsquo;ONU, publiait en janvier 2019, vient renforcer ce que l&rsquo;association WWF avançait en 2007 déjà. Dans « <a href="https://www.actu-environnement.com/ae/news/wwf_dessalement_rapport_2913.php4">Dessalement : option ou distraction dans un monde assoiffé ?</a> », le Fond Mondial pour la Nature s&rsquo;inquiétait « des impacts potentiellement négatifs que peut provoquer le déploiement anarchique de cette technique sur l&rsquo;environnement et le climat directement ou indirectement. » Douze ans plus tard l&rsquo;essor important de cette technique, perçue comme une solution miracle par certains, montre que le WWF avait raison.</p>
<h4><strong>Une politique de rafistolage </strong></h4>
<p>Raoudha Gafrej, universitaire et experte en gestion de l&rsquo;eau, a beaucoup de réserves face au dessalement et écrit régulièrement dans les médias pour expliquer ses recherches sur la gestion de l&rsquo;eau. Elle explique d&rsquo;abord qu&rsquo;il y a des zones en Tunisie où il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre alternative à la pénurie d&rsquo;eau, comme à Kerkennah et à Djerba. Et elle ajoute que le dessalement peut également être une manière d&rsquo;alléger la pression sur certaines nappes phréatiques.</p>
<p>https://www.facebook.com/2293790277303062/videos/1092492497592900/?hc_ref=ARQb27wvnd4r9l8RkPH9yl2qdCKoZhOCrmEVcz-uBKK17WZLEZagCelHGRW9Mue4BtY&#038;__xts__[0]=68.ARAJiGU4BjCzjZTSmGDYSDIMaN21ZINNkuT-fQN4uh5pY_e-83ZBNEfV1hUloPu3g7X6zuUJp2UlQbzk6ZpOQ6B4WqZIjx9_p23mTm6wWU0ZeIDfEv7Kvq6-PMgNqnW_QvdKMkHXVAMSIxaGrkQwp2Byt4X-mKtuFEWyJJM-TxuzdlLp8Oq6xjnwZw-4fY3c_W88rG-l2GUTJW7bz2Gf0dZ6SJ__MSdFVMUDVbIEmI9gmItLyqM1OoXXxk4JTjiU8nuMmv3SBZXmMC26XmgLVcStWJWQ6QPiJj-v2-tGETd3rLRSWpDjewb9g4mQ1cPyx6I9rsF2lnm-iQbkRFd9QBr2Idk6hl1CoOE6fFY&#038;__tn__=FC-R</p>
<p>Mais elle est catégorique : le dessalement est une mauvaise solution. C&rsquo;est une solution choisie dans l&rsquo;urgence face à une situation sans solution. Les infrastructures de distribution de l&rsquo;eau sont tellement détériorées, les pertes sur le réseau sont si importantes, que le dessalement est la seule manière aujourd&rsquo;hui de répondre rapidement à la pénurie. Une situation qui vient d&rsquo;une mauvaise gestion politique et dont le pays fait les frais aujourd&rsquo;hui, estime l&rsquo;universitaire.</p>
<blockquote><p>« C&rsquo;est un sac de noeuds » explique Mme Gafrej. Avec le dessalement « On va fabriquer de l&rsquo;eau potable qui coûte très cher et qui va se retrouve dans un réseau de distribution dont les conduites sont des passoires. Et on va perdre cette eau&#8230; »</p></blockquote>
<p>Ce qu&rsquo;il faudrait c&rsquo;est justement changer les canalisations souligne-t-elle. Des travaux qui ont un coût que la Sonede ne peut pas supporter, faute d&rsquo;augmenter sa tarification continue-t-elle. « Il faudrait soit que l&rsquo;Etat permette à la Sonede d&rsquo;augmenter ses tarifs, soit que l&rsquo;Etat la subventionne », explique Raoudha Gafrej.</p>
<p>Selon ses calculs, la production d&rsquo;eau potable qui sera assurée par les 4 grandes stations de dessalement d&rsquo;eau de mer à venir sera équivalente aux pertes actuelles sur le réseau&#8230;</p>
<p>« Mais il est impossible de dire qu&rsquo;il faut augmenter les tarifs de la Sonede, on va nous répondre que les Tunisiens n&rsquo;ont pas les moyens. Ce qu&rsquo;on ne dit pas c&rsquo;est qu&rsquo;on paie l&rsquo;eau 750 millimes aujourd&rsquo;hui, mais que demain elle coûtera 4 dinars&#8230; » Et de terminer sur le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui « la politique de l&rsquo;eau, c&rsquo;est du rafistolage&#8230; »</p>
<p><strong>Pas de voix d&rsquo;opposition </strong></p>
<p>Mais alors si les chercheurs sont réticents quant à l&rsquo;usage du dessalement, pourquoi une opposition massive ne se fait pas entendre ? Il y a plus d&rsquo;un an Raoudha Gafrej s&rsquo;est ouvertement opposée au projet de 40 stations mobiles de dessalement. Un projet qui a finalement été abandonné, se réjouit-elle.</p>
<p>S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de force de la société civile qui s&rsquo;oppose au dessalement, d&rsquo;après elle c&rsquo;est que « ces trois dernières années de sécheresse ont déstabilisé le pays. Or l&rsquo;urgence c&rsquo;est de faire du dessalement : les gens ont soif, les barrages se sont vidés&#8230; Et personne ne dit rien, car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres alternatives. »</p>
<p>Comme elle le souligne deux choses sont nécessaires pour éviter de passer tout de suite au dessalement. Il faudrait d&rsquo;abord réhabiliter les conduites. « Or il faut une dizaine d&rsquo;années pour le faire&#8230; donc on va vers le dessalement, une solution plus rapide, mais plus coûteuse. »</p>
<p>Et pour cela il faut de l&rsquo;argent et il faudrait que les tarifs de la Sonede augmentent « mais ça personne n&rsquo;osera le dire non plus », continue-t-elle. « Il aurait fallu une autre politique de l&rsquo;eau depuis des années, car la politique de base n&rsquo;est pas la bonne&#8230; » conclut-elle.</p>
<p><strong>Changer nos habitudes</strong><strong> </strong></p>
<p>C&rsquo;est le chimiste aujourd&rsquo;hui retraité Larbi Bouguerra qui a l&rsquo;avis le plus tranché. <a href="https://www.partagedeseaux.info/Enjeux-environnementaux-et-economiques-du-dessalement-de-l-eau">Dans un article publié en 2008 intitulé « Enjeux environnementaux et économiques du dessalement de l’eau »</a> il expliquait que « le dessalement est une manière de ne pas résoudre les problèmes. » Il explique que : « Les ressources naturelles telles que l’eau sont et resteront limitées et finies. Les promesses du dessalement sont trompeuses. L’abondance illimitée, dans quelque domaine que ce soit, n’est qu’une illusion. »</p>
<p><a href="http://www.leaders.com.tn/article/15258-le-dessalement-de-l-eau-un-engouement-oublieux-des-retombees-sur-l-environnement">En 2014, il expliquait les impacts de la technique du dessalement en la replaçant dans le contexte tunisien</a>. Il tentait par ses mots de rappeler que le problème est ailleurs : il ne s&rsquo;agirait pas exclusivement de devoir produire de l&rsquo;eau potable, mais bien de gérer au mieux les stocks existants. Ainsi le chercheur appelle à une réhabilitation du système de distribution, mais aussi une réflexion sur le système agricole et notre système de consommation en général. Il faudrait changer nos habitudes.</p>The post <a href="https://www.researchmedia.org/djerba-dessalement-eau-mer-sana-sbouai-3-fr/">Le dessalement d’eau de mer, loin d’être une solution miracle</a> first appeared on <a href="https://www.researchmedia.org">Research Media</a>.]]></content:encoded>
					
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		<title>Dessaler l&#8217;eau de mer : la solution du verre à moitié plein</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sana Sbouaï]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Mar 2019 15:00:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article fr]]></category>
		<category><![CDATA[Dessalement]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Medenine]]></category>
		<category><![CDATA[Sadri Khiari]]></category>
		<category><![CDATA[Sana Sbouai]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le dessalement semble avoir été adopté comme solution miracle pour pallier à la raréfaction de l'eau potable en Tunisie. Cette technique est déjà utilisée dans l'industrie, l'agriculture et l'hôtellerie. Reste qu'elle commence à faire parler d'elle dans la  production d'eau potable distribuée aux consommateurs, alors même qu' elle n'est pas sans implications et conséquences.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3334" class="elementor elementor-3334">
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									<p>Youssef Chahed a l&rsquo;air conquis. Peut-être pense-t-il avoir résolu le problème du manque d&rsquo;eau potable en Tunisie. Après avoir inauguré la première station tunisienne de dessalement d&rsquo;eau de mer, à Djerba, en mai 2018, le premier ministre, déclarait aux médias: </p>								</div>
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									<p><em>« Ce projet a été fait par des Tunisiens compétents, plus de 180 millions de dinars y ont été investis, c&rsquo;est très important (&#8230;) et c&rsquo;est pour fournir de l&rsquo;eau potable aux Tunisiens. »</em></p>								</div>
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									<p>Il aurait ensuite <a href="https://tunivisions.net/11847/chahed-ordonne-daccelerer-la-realisation-de-la-station-de-dessalement-de-leau-de-mer-de-sousse-pour-mettre-fin-a-la-penurie-en-eau-potable/">donné des instructions pour accélérer la réalisation</a> de la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Sidi Abdelhamid à Sousse.</p>								</div>
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									<p>La solution a la pénurie d&rsquo;eau potable semble ainsi toute trouvée. Comme celle au développement du secteur agricole. En effet en août de la même année, le secrétaire d’Etat aux ressources hydrauliques et à la Pêche, Abdallah Rabhi, <a href="http://www.gnet.tn/actualites-nationales/face-au-stress-hydrique-la-tunisie-envisage-le-dessalement-des-eaux-a-forte-salinite/id-menu-958.html">annonçait l’élaboration d’un plan directeur de dessalement des eaux saumâtres pour développer le secteur agricole</a>.</p>								</div>
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									<p>Des mouvements qui vont dans le sens des investissements faits par l&rsquo;Etat. En février 2017 Samir ben Taïeb, ministre de la pêche et des ressources hydrauliques avait expliqué qu&rsquo;entre 2017 et 2018 c&rsquo;étaient 200 millions de dinars qui devaient être injectés pour pallier à la pénurie d&rsquo;eau,<a href="http://www.businessnews.com.tn/article,520,70122,1"> avec la mise en fonction de 40 stations mobiles de dessalement.</a></p>								</div>
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									<p>La Tunisie investit dans le dessalement, cette technique qui consiste à retirer les sels de l&rsquo;eau saumâtre et de l&rsquo;eau de mer, afin de la rendre consommable. C&rsquo;est que le pays a soif. De manière attendue, chaque été, des manifestations ont lieu, des citoyens descendent dans la rue, crient leur mécontentement face à une situation difficile : l&rsquo;eau se fait rare. Et rien ne va aller en s&rsquo;arrangeant : <a href="https://www.leconomistemaghrebin.com/2018/01/22/stress-hydrique-nouveaux-defis-leau-tunisie/">selon les estimations de la Sonede</a>, en 2020 la Tunisie mobilisera 95% de ses ressources en eau. Selon un classement établi par <a href="https://www.wri.org/blog/2015/08/ranking-world-s-most-water-stressed-countries-2040">le think thank américain World Resources Institute</a> la Tunisie fait partie des 33 pays à très fort risque de stress hydrique en 2040.</p>								</div>
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									<h4><strong>L&rsquo;eau, une ressource en voie de raréfaction</strong></h4><p>Le stress hydrique, le fait de consommer plus d&rsquo;eau que les stocks existants dans le pays, est déjà une réalité vécue par de nombreux citoyens : pression faible, mince filet d&rsquo;eau coulant, coupures d&rsquo;eau intempestives&#8230; <a href="https://www.afdb.org/fr/news-and-events/african-water-facility-ensuring-long-term-water-safety-in-tunisia-15928/">En 2015, le volume d&rsquo;eau disponible par habitant et par an était de 450 m3, contre un seuil minimum considéré de 1000 m3 par l’ONU.</a></p>								</div>
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									<p>Selon les chiffres de la Sonede : la consommation de l&rsquo;eau en Tunisie se répartie à plus de 80% pour l&rsquo;agriculture, à 11% pour une consommation domestique, 6% pour l&rsquo;activité industrielle et 1% pour le tourisme.<br /><br /></p>								</div>
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									<p>La surexploitation des ressources hydriques oblige à chercher des solutions pour pallier à la raréfaction de cette ressource. La technique de dessalement est de plus en plus plébiscitée par les décideurs politiques.</p><p><a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=56">Le site internet de la Sonede</a> donnait déjà en 2015 les grandes lignes d&rsquo;un plan de réalisation de 3 stations de dessalement d&rsquo;eau de mer, avec pour projet la construction de stations à Djerba, Zarat (Gabès) et Sfax.</p>								</div>
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									<p>Alors, le dessalement est-il la solution miracle qui va permettre à la Tunisie de boire à sa soif ? Le fait est que la Tunisie a déjà une expérience de cette technique de production d&rsquo;eau potable et que, si la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Djerba est la première du genre, les stations de dessalement d&rsquo;eau saumâtre existent déjà dans le pays.</p>								</div>
				</div>
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									<h4><strong>Seize stations de dessalement en Tunisie</strong></h4><p>Dans le quartier de Montfleury le siège social de la Sonede est un bâtiment sur le versant d&rsquo;une colline, qui offre une vue imprenable sur Tunis. A l’entrée de l’immeuble une fontaine rappelle, s’il le fallait, que l’institution publique gère l’eau du pays.</p><p>Dans son bureau du 2<sup>e</sup> étage M. Abderraouf Nouicer, directeur central des études et de l&rsquo;unité de gestion du projet de dessalement Djerba, est assailli de coups de téléphone et de personnes tapant régulièrement à sa porte pour lui demander son avis ou son aval.</p><p>Il reçoit tout de même et prend le temps d’expliquer l’existant et les projets mis en place à moyen terme. La dessalement pour produire de l&rsquo;eau potable existe en Tunisie depuis 35 ans. « La première station de dessalement date de 1983 et est installée à Kerkennah » explique-t-il.</p><p>Au total, aujourd’hui, la Sonede dispose de 16 stations de dessalement : quinze d’eau saumâtre, c’est-à-dire de l’eau pompée dans les nappes phréatiques et d’une station d’eau de mer.</p><p>Si la première station voit le jour en 1983, jusqu&rsquo;en 2015 le pays n&rsquo;en comptabilisera que 5 au total. C&rsquo;est entre 2015 et 2018 que les choses s&rsquo;accélèrent avec « une forte montée en puissance du dessalement » et l&rsquo;implantation de 11 nouvelles stations, explique M. Nouicer.</p><p> </p>								</div>
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									<p>Stations de dessalement mises en place avant 2015:</p>								</div>
				</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-7da4e7e">
				1/ Kerkennah, 1983			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-36a8658">
				2/ Gabes, 1999			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-8f3eb62">
				3/ Zarzis, 2000			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-8f3eb62" class="elementor-progress-wrapper" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="45" aria-valuetext="45% (15 000 m3)">
			<div class="elementor-progress-bar" data-max="45">
				<span class="elementor-progress-text">15 000 m3</span>
							</div>
		</div>
						</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-5e5a793">
				4/ Djerba, 2000			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-5e5a793" class="elementor-progress-wrapper" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="60" aria-valuetext="60% (20 000 m3)">
			<div class="elementor-progress-bar" data-max="60">
				<span class="elementor-progress-text">20 000 m3</span>
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		</div>
						</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-8b11c07">
				5/ Ben Guardane, 2013			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-8b11c07" class="elementor-progress-wrapper" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="5.4" aria-valuetext="5.4% (1800 m3)">
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				<span class="elementor-progress-text">1800 m3</span>
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						</div>
				</div>
					</div>
		</div>
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				<div class="elementor-widget-container">
									<p>Les stations 6 à 15 entre 2015 et 2018 avec production au total sur ces 10 stations de  36 500 m3 par jour:</p>								</div>
				</div>
				<div class="elementor-element elementor-element-ff27c4f elementor-widget elementor-widget-progress" data-id="ff27c4f" data-element_type="widget" data-widget_type="progress.default">
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-ff27c4f">
				6/ Beni Khedech (Mednine)			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-ff27c4f" class="elementor-progress-wrapper progress-warning" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="13" aria-valuetext="13% (800 m3)">
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				<span class="elementor-progress-text">800 m3</span>
							</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-9ca5485">
				7/ Mareth (Gabes)			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-9ca5485" class="elementor-progress-wrapper progress-warning" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="83" aria-valuetext="83% (5000 m3)">
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				<span class="elementor-progress-text">5000 m3</span>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-48531dc">
				8/ Matmata			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-48531dc" class="elementor-progress-wrapper progress-warning" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="67" aria-valuetext="67% ( 4000 m3)">
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-1cb6fa2">
				9/ Belkhir			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-1cb6fa2" class="elementor-progress-wrapper progress-warning" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="26" aria-valuetext="26% ( 1600 m3)">
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				<span class="elementor-progress-text"> 1600 m3</span>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-b14e8aa">
				10/ Kebili			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-b14e8aa" class="elementor-progress-wrapper progress-warning" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="100" aria-valuetext="100% (6000 m3)">
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		</div>
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-7b39bd0">
				11/ Douz			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-7b39bd0" class="elementor-progress-wrapper progress-warning" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="67" aria-valuetext="67% (4000 m3)">
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-ee2bff8">
				12/ Soukh Lahad			</span>
		
		<div aria-labelledby="elementor-progress-bar-ee2bff8" class="elementor-progress-wrapper progress-warning" role="progressbar" aria-valuemin="0" aria-valuemax="100" aria-valuenow="67" aria-valuetext="67% (4000 m3)">
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-fd93903">
				13/ Tozeur			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-2ce89d3">
				14/ Nefta			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-f111ddf">
				15/ Hezoua			</span>
		
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								<span class="elementor-title" id="elementor-progress-bar-148d1c8">
				16/ Djerba, 2018			</span>
		
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									<p>Au total la Tunisie produit 110 900 m3 d&rsquo;eau potable par jour à partir d’eau saumâtre et 50 000m3 d&rsquo;eau potable produits par jour à partir eau de mer.</p><p>Soit un total de 160 900 m3 d&rsquo;eau potable produits par jour dans tout le pays via ces 16 stations de dessalement. Une production dérisoire au regard de celle du voisin algérien, dont, par exemple, la seule station de dessalement d&rsquo;Alger produisait, en 2008 déjà,<a href="http://energy.gov.dz"> 200 000m3 d&rsquo;eau potable par jour.</a></p>								</div>
				</div>
					</div>
		</div>
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		</section>
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									<h4><strong>Vingt-cinq stations au total prévues d&rsquo;ici 2023</strong></h4><p>Mais le pays ne compte pas en rester là et 9 autres stations de dessalement doivent voir le jour d&rsquo;ici cinq ans. Une stratégie que Abderraouf Nouicer qualifie de « montée en puissance » avec notamment une seconde phase de construction de station déjà en cours. Ainsi 6 unités de dessalement d&rsquo;eaux saumâtre doivent voir le jour d&rsquo;ici 2023, avec au total une capacité de production de 31 000 m3 jour.</p><p>Trois stations de dessalement d&rsquo;eau de mer également prévues :</p><ul><li><b>Sousse</b> : pour 2020 avec une production de 50 000m3 à 100 000m3 par jour</li><li><b>Zarat</b>: contrat signé, travaux débuteront en 2019 avec 50 000m3 à 100 000m3 par jour</li><li><b>Sfax</b>: dossier d’appel d’offre, doit produire de 100 000m3 à 200 000 m3 jour.</li></ul><p>Ces nouvelles stations doivent produire 280 000m3 d&rsquo;eau potable par jour, ce qui, ajouté à l&rsquo;existant, devrait donner un total de 440 000m3 d&rsquo;eau potable par jour. Sachant qu&rsquo;en Tunisie nous consommons 467m3 d&rsquo;eau par an et par personne, on peut considérer que la production journalière d&rsquo;eau potable couvrira les besoins annuels de 940 citoyens. Et que sur un an de production se sont les besoins de 344 000 personnes qui seront couverts, soit l&rsquo;équivalent de la moitié de la population de Tunis intramuros.</p><p>M. Nouicer explique que cette montée en puissance est peut-être un peu « trop ». Comprenez : elle demande une capacité d&rsquo;adaptation à l&rsquo;opérateur public, qui doit faire face à la demande d&rsquo;eau potable, sans que les conditions soient toutes réunies pour que les choses se déroulent au mieux.</p><p>Mais, explique-t-il, la demande est là et « on a plus le choix. Le fait est que la production d&rsquo;eau en technique conventionnelle (NDLR : l&rsquo;eau de source, des barrages, ou des nappes souterraines) atteint sa limite en Tunisie. »</p>								</div>
				</div>
					</div>
		</div>
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									<h4 style="tab-stops: 181.55pt;"><b>Le dessalement, une technique coûteuse </b></h4><p style="tab-stops: 181.55pt;">Au regard de la situation, la technique du dessalement apparait effectivement comme une solution magique. Si l&rsquo;eau recouvre 71% de la surface de la terre, 97%  est salée. L&rsquo;eau est donc une ressource existant en abondance, mais pas l&rsquo;eau potable. Reste que la technique de dessalement est coûteuse, en investissement comme en production.</p><p style="tab-stops: 181.55pt;">Il existe plusieurs techniques de dessalement. La distillation ; l&rsquo;électrodialyse, qui sépare les sels de l&rsquo;eau sous l&rsquo;effet d&rsquo;un champ électrique ; et l&rsquo;osmose inverse où la séparation est réalisée via une membrane semi-perméable. En Tunisie c&rsquo;est la technique de l&rsquo;osmose inverse qui est utilisée pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer.<b></b></p><p style="tab-stops: 181.55pt;"> </p>								</div>
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									<p>Mais cette technique, si elle semble de plus en plus plébiscitée, coûte cher : « Le dessalement est une technologie qui est couteuse en investissement, en traitement  et en production de l’eau. Si bien qu&rsquo;en Tunisie on ne peut pas aller rapidement vers son déploiement. Pour un opérateur c’est une charge lourde », explique M. Nouicer.</p><p>Pour exemple la station de Djerba a coûté 180 millions de dinars , celle de Gabés doit coûter 215 millions de dinars, celle de Sousse nécessite<a href="https://africanmanager.com/17_tunisie-quatre-centrales-de-dessalement-fourniront-250-mille-metres-cubes-par-jour-en-2021/"> un investissement de 130 millions de dinars et celle de Sfax 900 millions.</a></p><p>Des investissements réalisés via des financements étrangers comme l&rsquo;explique le site de la Sonede. Ainsi pour la création des 10 stations de dessalement d&rsquo;eau saumâtre qui ont vu le jour en 2015 et 2018<a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=56"> le financement du projet vient de la Banque Allemande de développement (KFW) et du budget de la Sonede.</a></p><h5>Projet de loi 68/2013 portant adoption d&rsquo;un traité pour la station de dessalement d&rsquo;eau de mer de Djerba</h5><p><div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FPDL_68_2013_Djerba_Dessalement_Station.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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							<span>En cours de chargement&hellip;</span>
						</div>
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						</div>
						<p>
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							<span>|</span>
							<a href="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/PDL_68_2013_Djerba_Dessalement_Station.pdf" class="ead-document-btn" target="_blank">
								<img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.researchmedia.org/wp-content/plugins/embed-any-document/images/open.svg" alt="Ouvert" width="12" height="12"/> Ouvrir dans un nouvel onglet							</a>
					</div>
				</div>
			</div>
		</div><p class="embed_download"><a href="http://www.researchmedia.org/wp-content/uploads/2019/03/PDL_68_2013_Djerba_Dessalement_Station.pdf" download >﻿Télécharger </a></p></div></p><p>Les 6 autres unités de dessalement qui doivent voir le jour entre 2018 et 2023 sont également  financées par la Banque allemande de développement. Pour ce qui est des 3 stations de dessalement d&rsquo;eau de mer à venir les financements proviennent pour la station de Djerba de la KFW et de l&rsquo;Agence Française de Développement (AFD) ; pour celle de Zarat de la KFW ; pour celle de Sfax de l&rsquo;Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA).</p><p> </p><p>Une réalité qui questionne la capacité de la Tunisie à opter pour cette solution, qu&rsquo;elle semble incapable de financer de manière autonome et qui, potentiellement, peut interroger sur le choix des technologies mises en place dans les unités de dessalement. Surtout quand M. Nouicer explique que</p><p>« Pour la fabrication des outils nous n’avons pas de compétences en Tunisie, ça demande des technologies, de la recherche, que nous ne possédons pas. »</p>								</div>
				</div>
					</div>
		</div>
					</div>
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									<h4><strong>Un mètre cube à 2,035 dinars </strong></h4><p>L&rsquo;absence de compétences ne semble pas être un frein  à l&rsquo;implantation de cette technique. Lors d&rsquo;une conférence organisée à la Cité des sciences en novembre 2018, Mohamed Zaara, ingénieur, Directeur central de l&rsquo;unité de gestion du projet de la station dessalement eau de mer de Sfax, expliquait, sans en démordre, que la technique de l&rsquo;osmose inverse est la meilleure solution vers laquelle se tourner.</p><p>Dans une présentation d&rsquo;un lobbysme affichée, l&rsquo;homme ne cachait pourtant pas le prix d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable produit à partir d&rsquo;eau de mer dessalée : 2,035 dinars dont  0,780 millimes étaient des frais d&rsquo;investissement, pour un projet à long terme de production de 100 000m3 par jour.</p><p>Mais une fois les investissements réalisés, le dessalement en lui-même coûte cher en terme de production d&rsquo;eau potable.</p><p>« Comme le conventionnel a atteint ses limites il faut chercher des alternatives.  D’où le dessalement, qui est coûteux car c&rsquo;est une opération délicate qui demande des investissements pour le traitement de l&rsquo;eau et les frais d’exploitations des unités. » explique M. Nouicer.</p><p>Ainsi un mètre cube d&rsquo;eau potable produit à partir d&rsquo;eau de mer coûte donc 2 dinars, alors qu&rsquo;un mètre d&rsquo;eau conventionnelle, <a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=139">c&rsquo;est à dire l&rsquo;eau provenant de barrages, coûte lui, 845 millimes.</a></p><p>« Les politiques ont conscience du fait que nous sommes en insuffisance de ressources hydrauliques et nous devons aller vers le dessalement. Mais ils ont aussi conscience du coût de ces techniques », assure Abderraouf Nouicer. </p>								</div>
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									<h4><strong>Une technique énergivore </strong></h4><p>En plus d&rsquo;un coût financier important le dessalement est une technique énergivore. En effet, explique M. Zaara : 3 kWh sont nécessaires à la production d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable, avec la technique d&rsquo;osmose inverse. Ainsi sur les 2 dinars du coût de production d&rsquo;un mètre cube d&rsquo;eau potable à partir d&rsquo;eau de mer, 0,880 millimes sont dédiées à l&rsquo;énergie de production.-</p><p>Mais Abderraouf Nouicer veut convaincre : « Avec les avancées technologiques de moins en moins d’énergie est nécessaire pour dessaler l’eau et produire un m3 d’eau potable, ce qui est en faveur du dessalement dans certains cas, plutôt que de continuer à transférer de l&rsquo;eau du nord vers le sud du pays. »</p><p>Si M. Nouicer semble trouver des avantages à la technique du dessalement, les ong de protection de l&rsquo;environnement sont moins enthousiastes. En 2007, l&rsquo;ONG <a href="http://wwf.panda.org/wwf_news/?107520/WWF-Report-Desalination-option-or-distraction-for-a-thirsty-world">WWF </a>s&rsquo;alarmait de l&rsquo;expansion de cette technique de production d&rsquo;eau potable, énergivore et fortement productrice de gaz à effet de serre. Ainsi on se retrouve à alimenter un cercle dont on ne sort plus : l&rsquo;eau se fait rare, la planète se réchauffe, et pour avoir de l&rsquo;eau nous développons des techniques qui renforcent ce réchauffement.</p><p>En 2008, <a href="https://www.larecherche.fr/le-dessalement-est-il-%C3%A9cologique-0">le magazine français <i>La Recherche</i></a> avait calculé qu&rsquo;en Espagne une production de 2,7 millions de mètres cubes par jour « se traduisait par <em>l&rsquo;émission dans l&rsquo;atmosphère de 5.476 tonnes de CO2 par jour, ce qui accroîtrait de 0,6% les émissions de CO2 de l&rsquo;Espagne</em><em>« . </em></p><p>Une des réflexions pour lutter contre la pollution engendrée par la consommation énergétique des unités de dessalement est l&rsquo;alimentation via des énergies  renouvelables. Ainsi dans la station de Ben Guardane  un tiers de l&rsquo;énergie nécessaire est produite via des panneaux solaires. « Il y a également un projet d&rsquo;éolienne sur une station du sud tunisien », explique M. Nouicer. Mais il tempère  » ça reste compliqué aujourd’hui de développer les énergies renouvelables, du fait de l&rsquo;énorme consommation des unités de dessalement. Il faut pourtant penser à la composante énergie. C’est pour cela qu’en Tunisie on prend les équipements hyper performants, qui réduisent les coûts de traitement de l’eau », assure Abderraouf  Nouicer, faisant ainsi référence au choix des filtres et des pompes , matériel étranger qui constituent le cœur des unités de dessalement.</p>								</div>
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									<h4><strong>Impacts  écologiques </strong></h4><p>En plus de couter cher et d&rsquo;être énergivore, le dessalement a un impact sur l&rsquo;environnement du fait des rejets de saumures et de produits chimiques engendrés.</p><p>Lors du dessalement d&rsquo;eaux saumâtres il est nécessaire de créer des étangs d&rsquo;évaporation dans lesquels les saumures sont rejetées, et que pour le dessalement de l&rsquo;eau de mer, les saumures sont rejetées dans les fonds marins, avec un impact sur la faune et la flore aux alentours, puisque le taux de salinité des saumures est deux fois plus élevé que celui de l&rsquo;eau de mer.</p><p>Autour de la planète des études sont réalisées pour mesurer l&rsquo;impact des rejets. Ainsi en France ou en Algérie par exemple, les chercheurs tentent d&rsquo;alerter sur les impacts sur les fonds marins. Le WWF a publié une étude en 2007, s&rsquo;alarmant des conséquences environnementales de l&rsquo;essor du dessalement. Plus proche de nous, en janvier 2019 c&rsquo;est l&rsquo;ONU qui publiait un rapport sur l&rsquo;impact des rejets et appelait à  réguler le dessalement.</p><p><div class="ead-preview"><div class="ead-document" style="position: relative;padding-top: 90%;"><div class="ead-iframe-wrapper"><iframe src="//docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.researchmedia.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FQadiretall2019-Stateofdesalination-1.pdf&amp;embedded=true&amp;hl=en" title="Document embarqué" class="ead-iframe" style="width: 100%;height: 100%;border: none;position: absolute;left: 0;top: 0;visibility: hidden;"></iframe></div>			<div class="ead-document-loading" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0;top:0;z-index:10;">
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									<h4><strong>Une autre solution est-elle possible ?</strong></h4><p><a href="http://www.sonede.com.tn/index.php?id=43&amp;L=0">En se penchant sur les informations fournies par la Sonede</a>, on peut lire qu&rsquo;en  2017 « un taux de rendement global de 70% sur les réseaux, soit 30% d&rsquo;eau produite perdue.</p><p>Lutter contre les pertes ne serait-elle pas une solution plus logique et plus respectueuse de l&rsquo;environnement, que le déploiement de stations de dessalement partout dans le pays ?</p><p>« Les pertes sont inévitables dans la distribution de l’eau. On peut les réduire. Dans le sud du pays par exemple il y a des pertes plus importantes que dans le nord, du fait du long chemin parcouru par l&rsquo;eau&#8230; Il y a toute une remise en état des conduites qui doit être fait et ça demande un effort financier. »</p><p>Un effort financier aussi important que celui demandé par la création de station de dessalement ? Abderraouf Nouicer botte en touche : « Le dessalement est inévitable. Il faut effectivement travailler à l’économie d’eau. Mais on a plus de ressources. Il faut des efforts conjugués à faire. C’est vrai qu’il faut réduire les impacts et limiter les fuites. Mais il faut aussi augmenter les ressources et améliorer la qualité de l’eau potable fournie. »</p><p>Et il conclut, sûr de lui, sans aucun cynisme : « Heureusement qu&rsquo;en Tunisie la mer s’étend devant nous. »</p><p>Si la mer s&rsquo;étend effectivement devant nous, certains chercheurs dans le monde s&rsquo;inquiétent des  effets du dessalement. Des études ont ainsi été publiées en 2007 par le WWF et en janvier dernier par l&rsquo;ONU, sur les impacts de l&rsquo;essor de cette technique et les conséquences de cette activité. Au point que certains experts considérent que le dessalement pourrait bientôt devenir un problème environnemental de plus.</p>								</div>
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